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Duponchelia fovealis - Prononcer son nom est juste le début de la bataille
Un petit papillon indéfinissable est devenu le dernier d'une
longue file de ravageurs et de maladies exotiques à causer
une menace à l'industrie après avoir été
signalé pour la première fois en Ontario dans trois
serres au printemps 2005. Ce papillon n'a pas de nom commun, seulement
le nom scientifique indiqué dans le titre. Cet insecte est
indigène du sud de la région méditerranéenne
et des Iles Canaries. Toutefois, au cours des 20 dernières
années, on l'a de plus en plus rencontré dans les serres
des régions plus tempérées du nord de l'Europe.
On pense que les infestations du Canada ont été occasionnées
par l'importation de matériel végétal. Bien qu'il
puisse facilement survivre dans une serre, il ne pourra pas survivre
à l'extérieur dans les conditions de nos hivers canadiens. Le papillon adulte est brun gris et mesure environ 10 à 12 mm de longueur. Il a un abdomen fin et long qui se tient quasiment à angle droit à l'extrémité. Ses vols sont principalement nocturnes, bien qu'il soit facile de le déranger durant le jour. Lorsque cela arrive, il fait des vols courts erratiques avant de s'installer de nouveau dans la culture. Lorsqu'elle est complètement développée, la chenille de couleur brun crème mesure 20 à 30 mm de longueur et tisse souvent une toile autour de la base des plantes. En vue de la pupaison, la larve se tisse un cocon en y incorporant des particules de sol et des débris ce qui la rend difficile à détecter. Le cycle biologique de l'uf au stade adulte dure de 6 à 8 semaines, selon la température. L'importance économique de ce ravageur comporte deux facettes. Premièrement, il peut causer des dommages considérables aux plantes en se nourrissant des feuilles, des couronnes et des tiges et également en perçant les tiges de certaines plantes. Dans les légumes comme le poivron, il peut percer le fruit. Par contre, dans certaines cultures comme la rose, un grand nombre de Duponchelia peuvent survivre dans les débris de la plante sans causer de dommages significatifs. La seconde facette et probablement la plus importante est que la présence du papillon risque d'entraîner des restrictions au commerce pour toutes les cultures destinées à l'exportation vers les États-Unis. Le Duponchelia n'est pas une espèce établie en Amérique du Nord et fait partie de la liste des phytoparasites justiciables de quarantaine. L'insecte a été intercepté à plusieurs reprises sur du matériel végétal, essentiellement sur des poivrons de serre, qui étaient destinés vers les États-Unis et qui provenaient des Pays-Bas. La marchandise a été rejetée ou détruite. Le même destin risque d'arriver aux interceptions en provenance du Canada. Les implications à la fois au niveau du producteur et de l'industrie dans son ensemble pourraient être très néfastes. Heureusement pour les trois serriculteurs de l'Ontario qui ont signalé une infestation de Duponchelia, une entente a été réalisée qui va permettre à chacun d'entre eux de continuer à récolter et expédier son produit, à condition de respecter certaines mesures de gestion culturale. Ces conditions d'assainissement, d'inspection et de récolte ont été conçues pour éliminer les risques de voir un stade quelconque du cycle biologique du Duponchelia sortir de la serre avec l'expédition d'un produit. En même temps, des mesures de lutte doivent être mises en place pour tuer le ravageur. Quelles sont donc les options de lutte ? Est-il nécessaire de dire que lorsqu'un ravageur est reporté au Canada pour la première fois, il est peu probable qu'un pesticide spécifiquement homologué pour le combattre existe. Dans ce genre de situation, où un besoin urgent d'homologation est nécessaire, un processus qu'on appelle "Homologation pour utilisation d'urgence" entre en jeux. Dans le cas du Duponchelia, l'ARLA, qui travaille conjointement avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), le gouvernement provincial de l'Ontario (MAAARO) et l'industrie (Fleurs Canada), a inscrit une utilisation additionnelle à l'étiquette de trois produits existants pour une durée de 2 à 3 mois. Le DDVP (dichlorvos), un fumigant et le Pounce (perméthrine)sont maintenant homologués pour lutter contre le papillon adulte Duponchelia et le Dipel (Bacillus thuringiensis) a été homologué pour lutter contre la chenille. Pour les personnes qui connaissent la durée que requiert l'homologation normale d'un pesticide, nous avons ici un exemple parfait de la coopération entre l'industrie et le gouvernement. Présentement, les serriculteurs touchés mettent en application un programme d'éradication, lequel est sous la surveillance de l'ACIA. Il y a peut-être quelques producteurs qui songent à
un traitement préventif contre le Duponchelia en utilisant
les pesticides ci-haut mentionnés. Il y a toutefois deux points
dont il faut tenir compte. Premièrement, les pulvérisations
excessives ou superflues peuvent entraîner des risques accrus
à la santé des travailleurs ainsi que des risques d'exposition,
et peuvent aussi interrompre les programmes de lutte biologique ou
de lutte intégrée. Deuxièmement, si on suspecte
la présence de Duponchelia ou s'il est effectivement présent,
et que le programme de lutte n'est pas supervisé par l'ACIA,
alors il sera difficile de connaître le succès de l'éradication.
Un producteur pourrait penser qu'il a réussi à éradiquer
une infestation pour s'apercevoir un peu plus tard qu'une population
résiduelle s'est développée et s'est transformée
en problème majeur.
Figure 1. Le Duponchelia adulte. Photo: Central Science Laboratory, Royaume-Uni.
Figure 2. La chenille du Duponchelia. Photo: Central Science Laboratory, Royaume-Uni. | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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