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Le Puceron - Le Pire Des Nouveaux Ravageurs
Pendant plusieurs années, les thrips ont occupé la première place en étant le problème parasitique qui a suscité du tracas à presque tous les agriculteurs. Les mouches blanches ont également occupé cette place, particulièrement dans certaines cultures comme le poinsettia, ainsi que pendant toute la période où il a fallu attendre la disponibilité de pesticides efficaces pour les contrôler. Au cours de la dernière ou des deux dernières années, les tétranyques ont suscité plus d'appels téléphoniques que je peux me souvenir, alors que les agriculteurs s'efforçaient de lutter contre ce ravageur avec des produits qui n'étaient plus aussi efficaces que dans le passé. Le plus récent fléau des agriculteurs (en ce qui concerne les ravageurs) est le puceron. Les pucerons ont toujours été considérés comme étant un des ravageurs faciles à contrôler. Nous avons une variété d'outils de gestion des ravageurs efficaces, y compris un certain nombre de produits compatibles avec la lutte biologique, et de plus, les options de lutte biologique sont relativement vastes et efficaces. Que s'est-il donc produit ? À une époque plus simple (il y a 20 ans), les agriculteurs n'avaient à se soucier que d'à peu près une seule espèce de puceron. Le puceron vert du pêcher (PVP) passait le plus clair de son temps sur le point végétatif de la plante et, par conséquent, a été exposé à tous les pesticides appliqués. Évidemment, à cette époque, notre arsenal de pesticides était moins imposant que de nos jours. Toutefois, le pyrimicarbe (en ce temps-là Pirimor et maintenant Pirliss) a été très efficace contre ce puceron et l'est demeuré pendant de nombreuses années. Quand les agriculteurs ont commencé à s'intéresser à la lutte biologique, le puceron était un des ravageurs qu'on affichait pour démontrer l'efficacité de cette stratégie. Une guêpe parasitique très spécifique et efficace (Aphidius matricariae) était disponible commercialement ou pouvait s'introduire naturellement dans les champs pour fournir un contrôle de longue durée. Au début des années 1990, une autre espèce de puceron est arrivée dans le décor et commença à donner une idée des complications qui allaient suivre. Dans la plupart des cas, les agriculteurs pouvaient distinguer les deux espèces d'après la couleur : le puceron vert pâle (PVP) ou le puceron noir (puceron du melon ou du cotonnier - PN). En général, la description était juste, bien qu'il était normal de voir des pucerons 'verts' qui étaient roses ou jaunes, ou des pucerons 'noirs' qui étaient verts, jaunes ou bigarrés. Les agriculteurs ont découvert rapidement d'autres différences entre les deux espèces. Le pyrimicarbe, qui avait toujours été tellement efficace contre le puceron vert du pêcher, se comportait comme de "l'eau sur le dos d'un canard" avec les nouvelles espèces. Par contre, d'autres produits plus anciens comme Thiodan et Trumpet étaient très efficaces. En raison de cette divergence, les agriculteurs ont été contraints pour la première fois à déterminer l'identification des insectes quand un problème de puceron survenait. En ce qui concerne la lutte biologique, là aussi les jeux avaient changé. La guêpe A. matricariae était très efficace contre le PVP, mais pas autant contre le PN. Heureusement, une autre guêpe parasitique a été développée commercialement et a facilité la lutte. Il s'agit de la guêpe Aphidius colemani qui est étroitement apparentée à la guêpe A. matricariae, mais qui pouvait agir efficacement contre les deux espèces de pucerons. Elle a été est par conséquent très utilisée. À la fin des années 1990, deux autres espèces de puceron ont commencé à se manifester de façon sporadique : le puceron de la pomme de terre (PPT) et le puceron de la digitale (PD). Ces deux derniers sont plus gros que le PVP, lequel est plus gros que le PN. Il y a d'autres caractéristiques pour identifier les diverses espèces, mais il est préférable pour l'instant de laisser cette tâche à une personne d'expérience. Ce que nous avons observé au cours des récentes années est que les deux nouvelles espèces de puceron sont de plus en plus courantes et, présentement, l'espèce la plus courante dans les cultures ornementales (du moins en Ontario) semble être le puceron de la digitale (PD). La fourchette de pesticides homologués pour lutter contre les pucerons est beaucoup plus vaste qu'il y a 20 ans et nous avons probablement un meilleur choix de produits pour ce ravageur qu'il y en a pour tout autre ravageur. Cependant, la lutte biologique est devenue plus difficile avec l'arrivée de ces nouveaux ravageurs. La guêpe parasitique A. colemani continue d'être tout aussi efficace contre le PVP et le PN, mais ne l'est pas contre les deux autres espèces. Pour cette raison, nous avons trouvé une autre guêpe parasitique appelée Aphidius ervi. On emploi aussi de plus en plus un autre prédateur naturel efficace contre toutes les espèces de pucerons. La cécidomyie Aphidoletes est un prédateur disponible sur le marché depuis plusieurs années et son emploi est très répandu, particulièrement dans l'industrie des légumes de serre. Toutefois, pour une raison quelconque (peut-être parce que les guêpes Aphidius fonctionnaient si bien auparavant), la cécidomyie Aphidoletes n'a pas été utilisée autant dans les cultures ornementales. On a toujours publicisé la cécidomyie comme un ennemi naturel qui fonctionnait mieux quand il y avait déjà une population de pucerons sur laquelle elle pouvait s'établir. Pour des raisons évidentes, les floriculteurs n'étaient pas enclins à attendre l'arrivée des pucerons pour introduire des mesures de lutte. Toutefois, de nouvelles recherches du Applied Bionomics de la CB ont démontré que la cécidomyie peut être très efficace lorsqu'elle est utilisée de façon préventive, avant que les pucerons ne se développent. Compte tenu des difficultés que plusieurs agriculteurs ont connu avec les pucerons au cours des dernières années, nous prévoyons que l'emploi de la cécidomyie Aphidoletes devrait augmenter. Les pucerons sont sans doute parmi les ravageurs les plus couramment rencontrés et des plus destructeurs, affectant une grande variété de cultures. L'évolution de la nature des différentes espèces de ravageurs tient les agriculteurs en haleine et ne permet à aucun d'entre nous d'être indulgent. Aujourd'hui, ils sont plusieurs à être les "pires ennemis" de l'agriculteur. Demain ? | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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