Pesticides compatibles avec la lutte biologique?Pour le gestionnaire de lutte intégrée (LI), l'idéal serait de trouver un pesticide qui maîtrise tous les ravageurs et qui est totalement compatible avec tous les agents de lutte biologique (ALB). La réalité est quelque peu différente. Si on diminue un peu ses attentes, que dire d'un pesticide qui maîtrise un ou deux ravageurs et qui est compatible avec quelques ALB? Voilà qui est plus réaliste, mais il reste quelques questions : comment définir la compatibilité des pesticides et comment utiliser les pesticides en accord avec la lutte biologique? Dans l'idéal, un programme de lutte biologique se déroule exactement suivant le plan établi et il permet un excellent contrôle à long terme de tous les ravageurs. Les choses se passent rarement ainsi, sinon jamais. Pour diverses raisons les populations d'ennemis naturels ou de ravageurs se retrouvent déséquilibrées, de nouveaux ennemis ou des ravageurs secondaires se sont établis dans la culture et on devra faire un usage pertinent de pesticides. Dès que l'on songe à implanter la lutte biologique dans les cultures de serre, la question des pesticides compatibles est toujours de mise. Qu'on pense aux listes d'effets secondaires liés à la toxicité aiguë des pesticides pour divers ennemis naturels; elles sont généralement classées sur une échelle de 1 à 4, et elles décrivent le taux de mortalité d'un pesticide par rapport à un ennemi naturel spécifique (1 = 0-25 %; 4 = 75-100 %), de même que la durée, en jours ou en semaines, pendant laquelle les résidus restent actifs et continuent de l'être. Ces renseignements sont très utiles et les producteurs doivent bien comprendre, quand ils doivent s'en servir, l'impact des différents pesticides sur leur programme de lutte biologique. Toutefois, au-delà de savoir si un pesticide éradique ou non les ravageurs, il faut tenir compte de ses effets et dans ce domaine, le résultat n'est jamais tout à fait noir ni tout à fait blanc. Il faut considérer les " effets graves mais non létaux ", qui peuvent réduire l'efficacité des ALB. Notons par exemple : réduction de l'habileté du prédateur ou du parasite à trouver sa proie, plus grande difficulté de déplacement en général, diminution de la ponte des ufs (nombre d'ufs, survie et éclosion de ces derniers), de la durée de vie de l'adulte, des capacités d'accouplement des mâles ou des femelles, ou des deux. La liste est longue et il en coûterait cher d'effectuer les essais pour connaître mieux ce type d'information. C'est pourquoi la plupart des producteurs essaient de s'en tirer avec le minimum d'information (nombre d'adultes/de larves éradiqués, pour combien de temps?) mais il faut considérer la situation globale quand on parle de " compatibilité ". Quant
aux pesticides utilisés à l'intérieur d'un programme de lutte
biologique, on peut les classer par groupes, selon la façon dont ils devraient
être utilisés ou évités :
En matière de la lutte biologique, le producteur s'assurera de bien comprendre le rôle que doivent jouer les pesticides à l'appui de son programme; il doit aussi bien en connaître les limites et être conscient qu'à l'heure actuelle dans ce domaine on est loin de disposer de toutes les connaissances.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
| |||||||