Cultures appâts et plantes banques - des solutions de lutte antiparasitaire hors de l'ordinaireLa plupart des producteurs savent (depuis leur toute première récolte probablement) que les insectes et les acariens préfèrent d'emblée certaines cultures à d'autres, et certaines variétés aussi. Ils ont donc mis à profit cette connaissance de diverses façons. Par exemple :
Voilà toutes des stratégies de LI parfaitement légitimes, une étape de plus avec les autres moyens pour maîtriser les populations de ravageurs. Ces stratégies sont toutefois en réaction à une situation souvent due aux pratiques culturales habituelles du floriculteur. Il y a un changement de point de vue si le producteur modifie délibérément ses pratiques culturales et commence à exploiter les différences de susceptibilité aux ravageurs entre les cultures et les variétés. C'est ici que les cultures appâts et les plantes banques entrent en jeu. Voyons quelques définitions.
Certains producteurs innovateurs commencent maintenant à réfléchir à des façons d'appliquer les principes décrits ici, en les adaptant à leur propre situation et en combinant les deux éléments, la plante piège et la plante banque. À la base, la plante piège utilisée doit évidemment être plus attirante pour le ravageur que ne l'est la culture principale. Il s'ensuit alors que dans certaines cultures, ça ne marchera pas puisque elles semblent être les plus attrayantes de toutes pour certains ravageurs. Par exemple, existe-t-il une plante plus attirante que le rosier pour l'acarien? Le gerbera pour l'aleurode? Ou la cinéraire pour le puceron? Peut-être pas, mais ces plantes peuvent par ailleurs (comme d'autres tout aussi irrésistibles) servir de plante appât. De nombreuses cultures souffrent de dégâts dus aux infestations d'aleurodes, peut-être pas totalement incontrôlées, mais assez pour être une nuisance constante. Pensons aux cultures comme l'alstroemeria, le rosier et certaines cultures de printemps. Un producteur de fuchsia du Niagara a dû lutter contre les aleurodes chaque année depuis qu'il est engagé dans cette culture. Il a adopté la lutte biologique pendant plusieurs années puis a songé aussi aux plantes appâts et aux plantes banques. La tomate est une plante appât de choix, elle agit comme un aimant sur les aleurodes, mais elle donne également de bons résultats dans les programmes de lutte biologique. Après les avoir ensemencées en décembre, il a libéré la guêpe parasite Encarsia formosa directement sur les tomates. En février ou en mars, les plants étaient assez gros pour que l'on constate des résultats. Quand il a expédié ses fuchsias en mai, tous les plants de tomates étaient gravement infestés d'aleurodes parasités. Quant aux fuchsias, pour la première fois depuis le début de cette culture, ils ont quitté la serre sans parasite et sans avoir été traités aux pesticides. On pourra à de nombreuses autres occasions mettre à profit nos connaissances sur les préférences alimentaires des ravageurs. Il suffit parfois d'un peu d'imagination et de volonté pour trouver des solutions qui sortent de l'ordinaire en matière de lutte antiparasitaire.
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