Mise au point de cultivars hybrides F1 de fraisiers à production continue et propagés par la semence

Traditionnellement, les producteurs ontariens cultivent des fraisiers qui produisent en juin et dont la récolte dure de quatre à six semaines. Par contre, nombre de producteurs incluent dans leurs systèmes de production des fraisiers à production continue, dont les fruits peuvent être récoltés pendant une longue période, procurant des fruits locaux jusqu'à six mois selon le climat et le système de production.

Actuellement, les producteurs canadiens font face à plusieurs défis dans leurs efforts pour cultiver des fraisiers à production continue. Les cultivars actuellement utilisés ont été obtenus en Californie et, par conséquent, ne sont pas vraiment adaptés au climat canadien. Il faut des cultivars adaptés au Canada, des cultivars résistant à l'hiver, adaptés à notre climat, à haut rendement et capables de produire des fruits aussi longtemps que possible. La mise au point de nouveaux cultivars est un projet de longue haleine. À courte échéance, il faut des recommandations pour maximiser la production et réduire les coûts à l'aide des cultivars actuels et de nouvelles techniques de production.

Nous avons à cette fin lancé un projet dans le cadre du volet Activités de recherche et développement dirigées par l'industrie du Programme Agri-innovation de l'initiative fédérale Cultivons l'avenir 2. Il s'agit d'un projet de cinq ans et la recherche est menée dans trois sites de l'Université de Guelph en Ontario, soit la Station de recherche de Cedar Springs et la Station de recherche de Simcoe, toutes deux situées dans le Sud Ouest de l'Ontario, ainsi que la nouvelle Station de recherche agricole de New Liskeard, située dans le Nord-Est de l'Ontario. Voici nos objectifs :

  1. mettre au point et évaluer des cultivars et sélections hybrides F1 à production continue;
  2. élaborer des stratégies de culture en substrat des fraisiers à production continue;
  3. préparer des recommandations de production à l'égard des fraisiers à production continue en tunnels élevés et à
  4. l'extérieur pour divers climats.

Dans le présent article, nous décrivons les recherches que nous avons menées pour mettre au point des fraisiers hybrides F1 propagés par la semence. La recherche est dirigée par Adam Dale de la Station de recherche de Simcoe.

Le recours à des fraisiers hybrides propagés par la semence est une approche radicalement nouvelle car, habituellement, dans le cas des fraisiers, la propagation est normalement végétative. La production d'hybrides F1 suppose des croisements autofécondés pour obtenir une vigueur d'hybridation analogue à la production de maïs hybride. La propagation par semences des fraisiers à production continue peut être réalisée de façon fiable au Canada en surmontant les problèmes rencontrés ici dans la propagation végétative des fraisiers à production continue.

Les cultivars de fraisiers propagés par la semence offrent de nombreux avantages. Tout d'abord, les plants sont faciles à produire et peuvent être plantés à n'importe quel moment de l'année et produisent des fruits 40 jours après la plantation. Puisqu'ils proviennent de semences et non de stolons, les plants sont au départ dépourvus des virus transportés par les pucerons et les nématodes. Les semences peuvent être mises à germer et à pousser sans irrigation par aspersion en hauteur, réduisant les risques d'infection par l'anthracnose. Et enfin, avantage encore plus appréciable, les cultivars propagés par la semence peuvent être des hybrides qui ne pas génèrent pas de stolons, réduisant ainsi les coûts de main-d'œuvre dans les champs.

Pour que les fraisiers hybrides F1 propagés par la semence soient un choix pratique, il faut un système de production de semences efficace et économique. La majorité des cultivars de fraisiers sont hermaphrodites et les fleurs contiennent à la fois la fonction mâle et la fonction femelle, leur permettant de fleurir, de s'autoféconder et de fructifier. Les lignées autofécondées hermaphrodites devraient être pollinisées manuellement pour obtenir des semences hybrides F1. Dans le cadre du projet, des lignées génétiquement femelles sont mises au point et peuvent être pollinisées par les insectes/le vent, rendant la production de semences peu coûteuse.

Pour créer un hybride, il faut des plantes parentes autofécondées. Par contre, les plantes autofécondées manifestent une grave dépression endogamique, de sorte qu'il faut un système de production bien conçu pour surmonter ces difficultés. Nous mettons au point les systèmes de propagation et de manipulation de ces parents autofécondés. Becky Hughes, de la Station de recherche agricole de New Liskeard, a mis au point un système permettant de maintenir les parents autofécondés dans une culture tissulaire. Toktam Taghavi, de la Station de Simcoe, travaille de concert avec Fafard et Frères Ltée afin d'évaluer les effets du substrat et de la fertilité sur les plants autofécondés cultivés en pots.

La recherche est subventionnée par Agriculture et Agroalimentaire canada dans le cadre du volet Activités de recherche et développement dirigées par l'industrie du Programme Agri-innovation, Fafard et Frères Ltée, l'Ontario Berry Growers Association et du partenariat entre le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario et l'Université de Guelph.Mise à jour sur le projet de fraisiers du programme Agri innovation à Simcoe. Examen des essais de substrat avec les chercheurs de l'Université de Guelph et les promoteurs du projet.

Mise à jour sur le projet de fraisiers du programme Agri innovation à Simcoe. Examen des essais de substrat avec les chercheurs de l'Université de Guelph et les promoteurs du projet.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca