Les ravageurs difficiles à combattre dans les fraisiers

Vous recherchez une stratégie de lutte antiparasitaire miracle, rapide et efficace? Malheureusement, aucune de ces caractéristiques ne s'applique aux problèmes suivants dans les fraises : thrips des petits fruits, tarsonème du fraisier et anthracnose. Heureusement, par contre, ces ravageurs sont sporadiques et leur activité est reliée à la température. Bien qu'ils puissent causer de très graves dommages, cela ne survient pas tous les ans.

Thrips des petits fruits. Les thrips des petits fruits sont de minuscules insectes qui peuvent causer d'énormes problèmes dans les fraisiers insensibles à la photopériode. Ils endommagent les parties florales et les fruits en développement qui deviennent bronzés, déformés et porteurs de cicatrices (figure 1). Puisque les thrips se réfugient dans les parties florales et que leur pupaison se fait dans le sol, ils évitent ainsi les contacts avec les insecticides. Par ailleurs, comme ils produisent plusieurs générations par année, ils deviennent très facilement résistants aux insecticides. La lutte contre les thrips des petits fruits doit reposer sur une stratégie globale de l'exploitation et faire appel aux insectes utiles et aux acariens auxiliaires. Des programmes de lutte biologique ont été mis sur pied en vue de lutter efficacement contre les thrips dans les serres. Il faut cependant poursuivre les recherches pour que ces programmes puissent s'appliquer à la culture de plein champ.

Ils endommagent les parties florales et les fruits en développement qui deviennent bronzés, déformés et porteurs de cicatrices (figure 1).

Figure 1

Insecticide homologué pour la maîtrise partielle des thrips dans les fraisiers : Delegate WG. Une répétition des traitements après trois ou quatre jours peut être nécessaire quand les populations de thrips sont élevées et augmentent rapidement. Maximum de 3 applications par année. La résistance à ce groupe d'insecticides est problématique dans certaines régions.

Autres stratégies de lutte contre les thrips : Favoriser la présence d'insectes auxiliaires naturellement présents en évitant l'emploi de pyréthrinoïdes et d'autres insecticides toxiques, surtout en début de saison. Désherber, car les mauvaises herbes peuvent favoriser la présence de populations élevées de thrips. Installer des pièges collants jaunes pour un dépistage hâtif des insectes.

Besoins en recherche concernant les thrips : Techniques de dépistage, seuils, d'intervention, recours à des agents de lutte biologique comme Orius et Beauvaria, utilisation des abeilles comme vecteurs (recours aux abeilles mellifères ou aux bourdons pour transférer les biopesticides aux fleurs), mise au point de produits efficaces et de stratégies durables de lutte antiparasitaires pour les fraisiers insensibles à la photopériode.

Tarsonème du fraisier. Le tarsonème commun, en se nourrissant, provoque une distorsion et un flétrissement des feuilles (figure 2) de sorte que le centre de la plante se compose de feuilles durcies et compactes. Sur les plants infestés, les fruits sont petits, de couleur bronzée et les graines sont proéminentes. La première étape dans la lutte contre le tarsonème consiste à bien identifier la source, car les dommages causés par cet insecte sont parfois confondus avec les blessures hivernales, les dommages dus aux herbicides ou d'autres problèmes.

Le tarsonème commun, en se nourrissant, provoque une distorsion et un flétrissement des feuilles (figure 2) de sorte que le centre de la plante se compose de feuilles durcies et compactes.

Figure 2

Les tarsonèmes peuvent être introduits dans de nouveaux champs par des plants multiplicateurs déjà infestés. Les infestations peuvent se présenter d'abord de manière éparse. Avec l'accroissement des populations, les tarsonèmes se déplacent vers de nouveaux plants le long des stolons ou sont apportés vers de nouveaux plants par les travailleurs ou la machinerie. Les champs plus anciens sont plus susceptibles de receler des populations plus fortes de tarsonèmes. Il y a de multiples générations par saison de croissance, mais les pics de populations sont observés au début du printemps (entre les stades bouton et fruit vert) et à nouveau à la fin de l'été (fin août à fin septembre).

Insecticides homologués contre le tarsonème du fraisier : Thionex WSP, Agri-Mek 1.9 EC. Il existe certaines restrictions concernant l'usage de ces produits qui en modifient l'efficacité. Thionex ne sera plus homologué après 2016.

Autres stratégies de lutte contre le tarsonème:

  • Établir de nouvelles parcelles avec des plants sains et éviter d'établir de nouvelles parcelles à proximité des plus anciennes.
  • Planifier le travail de manière à ce que les tâches soient d'abord effectuées dans les nouveaux champs non infestés.
  • Procéder périodiquement aux inspections de dépistage et éliminer soigneusement les plants affichant des symptômes.
  • Minimiser l'utilisation d'insecticides du groupe des pyréthrinoïdes (Decis, Ripcord, Matador, etc.) qui sont hautement toxiques pour les acariens utiles, qui peuvent compromettre la survie des populations d'insectes utiles ainsi que conduire à des foyers d'infestations par le tarsonème du fraisier.
  • Maintenir des cycles courts de culture de la fraise, en récoltant le champ au maximum pendant deux ans si les populations de tarsonème du fraisier le justifient.
  • L'introduction d'acariens prédateurs en plus fortes densités peut être utile pour contrer le tarsonème commun, mais cette stratégie demeure encore expérimentale. Il faut vérifier auprès des fournisseurs quelles sont les meilleures espèces d'acariens prédateurs à utiliser. Certains ont proposé une combinaison de Neoseiulus fallacis et de Neoseiulus californicus.

Besoins en recherche concernant le tarsonème du fraisier : Protocoles de dépistage, seuils d'intervention, pesticides efficaces, solutions de rechange aux pesticides, comme le trempage dans l'eau chaude et l'utilisation de biopesticides.

Anthracnose du fraisier. Le champignon pathogène responsable de la maladie peut se multiplier sur les plants avant que les symptômes apparaissent. En présence de conditions climatiques favorables, les éclosions d'anthracnose se manifestent très rapidement (figure 3). Le problème est plus grave dans les fraisiers insensibles à la photopériode, car les fruits risquent davantage d'être présents quand survient le temps chaud et humide qui favorise la maladie. L'anthracnose se propage d'un plant à l'autre par les spores transmises par les éclaboussures. La maladie peut aussi se répandre par les travailleurs (et la machinerie) lorsqu'ils se déplacent d'un champ à l'autre. Les fongicides appliqués durant la floraison et au stade du fruit vert peuvent être utilisés contre l'anthracnose. Toutefois, seuls quelques fongicides sont homologués contre cette maladie. La résistance peut très rapidement se développer et la question est préoccupante.

Le champignon pathogène responsable de la maladie peut se multiplier sur les plants avant que les symptômes apparaissent. En présence de conditions climatiques favorables, les éclosions d'anthracnose se manifestent très rapidement (figure 3).

Figure 3

Fongicides homologués pour la maîtrise de l'anthracnose du fraisier : Pristine, Cabrio. Fongicide homologué pour la maîtrise partielle de l'anthracnose : Actinovate.

Autres stratégies de lutte contre l'anthracnose : Utiliser des plants sains cultivés selon un programme certifié pour l'établissement de nouvelles parcelles. Les plants issus de la ferme sont plus susceptibles d'être infestés par l'anthracnose. Appliquer des fongicides à large spectre en alternance avec des produits homologués contre l'anthracnose. Éviter de travailler dans les parcelles quand elles sont humides. Éviter de travailler dans les parcelles infestées avant de se rendre aux plus nouvelles parcelles saines. Planifier plutôt les activités pour travailler d'abord dans ces dernières.

Besoins en recherche concernant l'anthracnose du fraisier : Modèles de degrés-jours visant à prédire l'infestation, information sur la résistance aux fongicides en Ontario, utilisation des abeilles comme vecteurs (recours aux abeilles mellifères ou aux bourdons pour transférer les biopesticides aux fleurs), fongicides efficaces et utilisation efficace des biofongicides.


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