Culture de framboises biologiques dans des abris-serres

En 2009, on a entrepris un projet visant à formuler des recommandations sur la culture de framboises biologiques et de cerises douces dans des abris-serres. Le volet portant sur les cerises est dirigé par Greg Lang. Y participent également John Biernbaum, Dan Brainard et Adam Montri (horticulture), Rufus Isaacs et Matt Grieshop (entomologie), Annemiek Schilder (plantes, sols et microbes et Vicki Morrone (viabilité des collectivités). Les travaux se déroulent sur le campus de l'Université de l'État du Michigan dans un champ de 1,1 acre où se trouvent neuf abris-serres interreliés de 26 pi sur 200 pi (Haygrove Tunnels Ltd.) sur un sol limoneux-sablonneux Spinks. Il y a trois abris-serres pour chacune de ces cultures : les framboises, les cerises douces et une combinaison de framboises et de cerises douces. Les framboises ont été plantées en 2010, et les abris-serres contiennent un rang de chaque variété, soit Himbo Top, Joan J et Polka. Chaque année, les abris-serres sont recouverts de polyéthylène Luminence THB de mai à octobre.

Les premiers travaux relatifs aux framboises portaient sur les méthodes de gestion de la fertilité. On a fait la comparaison entre l'épandage en début de printemps d'un compost à base de fumier d'animaux laitiers et l'utilisation d'engrais organique 8 1 1 McGeary, chacun appliqué dans deux quantités différentes. Les produits ont été incorporés au sol des rangs avant la plantation en 2010, puis épandus sur la surface en 2011 et en 2012. Le compost incorporé au sol a causé des dommages aux framboisiers à cause de la salinité élevée. Cependant, la salinité était redescendue au niveau naturel dès le printemps suivant, ce qui est le signe que le sol des abris-serres est facilement lessivé par les précipitations hors saison, soit lorsque les abris-serres sont enlevés pour l'hiver. Il semblerait que les plants soient suffisamment alimentés en azote en début de saison, que ce soit par le compost ou l'engrais, mais que le feuillage en manque quelque peu plus tard en saison. Lorsque les abris-serres de plastique sont installés en mai, le sol commence à sécher, sauf la partie sous le boyau d'irrigation goutte à goutte. Les nutriments à la surface du sol se dessèchent et ne fournissent qu'un apport négligeable en azote en fin de saison. Les niveaux de potassium et de soufre étaient également déficients après trois ans. En 2013, on a commencé à ajouter aux nutriments solides un engrais supplémentaire de poisson liquéfié (2 2 0) épandu chaque semaine en saison de croissance. Tout a bien fonctionné et le tuyau goutteur n'a pas bouché.

En 2011 et 2012, la production de framboises n'a pas été influencée par les traitements aux engrais, mais il y a eu des écarts selon les variétés (tableau 1). Ce sont les framboisiers Joan J qui ont le plus produit en 2011 et, en 2012, c'était les Himbo Top. Les différentes variétés ont toutes donné une production statistiquement similaire en 2013. Dans l'ensemble, la production a été inférieure au rendement habituel des framboisiers cultivés dans des abris-serres, qui peut dépasser les 18 000 lb l'acre. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce rendement limité. Les carences en nutriments et la présence d'insectes nuisibles sont sans doute à blâmer en partie. La saison 2012 a été très chaude et la production a pu souffrir d'un stress thermique. En 2013, la température était plus fraîche. Les plants ont commencé à produire des fruits au début d'août, mais les volumes ont diminué à la mi septembre, même si les températures semblaient idéales.

Tableau 1. Production de framboises biologiques (lb/acre) en abri-serre, Lansing Est, Michigan.
Variété 2011 2012 2013
Himbo Top 9,000b 7,500a 7,200
Joan J 11,500a 6,800b 6,700
Polka 9,500b 6,600b 6,200

Les quantités suivies par la lettre a sont sensiblement similaires.

Les principaux insectes nuisibles présents étaient la drosophile à ailes tachetées et le tétranyque. L'infestation des fruits par la drosophile a commencé au début de septembre en 2011 et au début d'août en 2012 et 2013. On a pulvérisé en alternance Entrust et Pyganic en 2011 et 2012. Ces traitements ont permis de supprimer les insectes, mais le moment de la récolte était également d'une importance vitale. Les fruits doivent être récoltés à mesure qu'ils mûrissent, et ceux qui sont blets et tombent au sol doivent être ramassés et jetés, car ils servent d'aires de reproduction. Les populations ont été éradiquées par les traitements. Le tétranyque a posé de graves problèmes en 2012, en partie à cause des pulvérisations pour la drosophile (qui ont probablement réduit la population d'acariens phytophages) et du temps chaud et humide. L'acarien phytophage a été introduit en 2010 et en 2013, mais son efficacité demeure inconnue.

Les coûts et le rendement potentiel ont été compilés dans une feuille de calcul (s'adresser au hansone@msu.edu pour obtenir un exemplaire). Les capitaux investis pour établir un acre de framboisiers sous abri-serre ont été recouvrés durant la deuxième année. Le profit annuel net après un an était estimé à environ 12 000 $. Le principal inconvénient de ce type de culture, qui est aussi la raison pour laquelle on ne peut pas le recommander pour le moment, c'est l'incertitude quant à la capacité de contrôler la drosophile à ailes tachetées.

Culture de framboises biologiques dans des abris-serres

Culture de framboises biologiques dans des abris-serres

Photo montrant la variété de framboises : Himbo Top à gauche, Joan J au centre et Polka à droite


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