Dans cette section

Le scarabée japonais dans les cultures de petits fruits

 

Le scarabée japonais a été signalé pour la première fois au Canada en 1939. Il est bien établi dans certaines parties du sud de l'Ontario depuis un bout de temps. Les résidents des régions de Hamilton-Wentworth et de Niagara, ainsi que ceux de Port Dover et de Windsor sont bien habitués à ce ravageur. Toutefois, de plus en plus de producteurs fruitiers s'intéressent au scarabée japonais à mesure que celui-ci se propage à travers la province.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments a récemment statué que les provinces de l'Ontario et du Québec, ainsi que certaines zones des provinces maritimes sont dorénavant considérées zones largement infestées par le scarabée japonais. Cette situation entraîne d'importantes répercussions pour les producteurs de l'Ontario qui exportent des matières végétales vers des régions exemptes de scarabées japonais. Les agriculteurs concernés doivent consulter la directive D-96-15 de l'Agence canadienne d'inspection des aliments pour connaître les zones où le scarabée japonais est justiciable de quarantaine et pour savoir comment obtenir le certificat requis pour le transport de végétaux vers des zones où l'organisme nuisible est absent.

Le scarabée japonais adulte est trapu et large, de couleur vert métallique brillant et brun. Six touffes de poils blanchâtres garnissent aussi chaque côté de son abdomen. Les scarabées japonais adultes sont très voraces. Ils s'attaquent aux plantes ne laissant que des feuilles squelettiques et mâchent les bleuets et les framboises. Ils ne nourrissent de plus de 300 espèces de plantes, mais ils ont une préférence pour le framboisier, bleuet, pêcher, vigne, prunier et pommier. Les adultes sortent à la fin de juin et au début de juillet, au même moment où les framboisiers commencent à mûrir. Ils sont très actifs pendant 6 à 8 semaines environ et atteignent leur apogée à la fin de juillet, alors que les bleuets sont prêts pour la récolte. Les ravages sont plus intenses durant les journées chaudes et ensoleillées de l'été et sur les parties de plantes directement exposées au soleil.

La larve du scarabée japonais figure parmi les diverses espèces de vers blancs. Elle se nourrit des racines de bleuets et de plusieurs espèces végétales, mais tout particulièrement des racines de graminées. Les œufs sont pondus en grande partie en l'espace de 7 à 10 jours et la survie de ces derniers est précaire dans les sols secs. Les agriculteurs doivent donc gérer soigneusement l'irrigation de leurs champs au moment de la ponte et de l'éclosion des œufs et devraient éviter d'irriguer les allées enherbées entre les rangs. Il existe plusieurs mesures de lutte chimique et biologique contre la larve du scarabée japonais dans les zones engazonnées et enherbées. Bien que la lutte contre la larve soit efficace, les producteurs fruitiers doivent être prêts à faire face aux attaques des adultes qui arrivent des autres régions.

Le Dr. Joseph Kovach, coordonnateur de la LI de l'Université de l'état de l'Ohio, a récemment tenu une conférence sur le scarabée japonais dans le cadre du Ontario Fruit and Vegetable Conference à laquelle des producteurs agricoles ont assisté. Selon son exposé, il semble que le scarabée japonais adulte soit assez facile à éliminer avec des insecticides, mais si l'insecte ravageur apparaît au moment de la récolte, il existe très peu d'insecticides qui ont un délai d'attente avant la récolte suffisamment court. D'autres faits intéressants au sujet du scarabée japonais adultes ont été énoncés :

  • Il est possible de se procurer des pièges capables de capturer un grand nombre de scarabées adultes. Toutefois, ces pièges attirent souvent plus qu'ils ne capturent, ils ne sont pas très recommandés comme mesure de lutte contre le scarabée adulte dans les plantations fruitières commerciales.
  • Les scarabées adultes sont très attirés par les espèces végétales comme l'érable japonais, l'érable plane, le bouleau, le chêne palustre, le tilleul et la vigne vierge; c'est pourquoi il est préférable d'éviter de planter ces espèces à proximité des cultures fruitières.
  • Le scarabée préfère également certaines variétés comparativement à d'autres. Par exemple, le scarabée japonais préfère la variété de framboise Prelude à la variété Royalty. Il en est de même avec le bleuet où la variété Duke attire 3 fois plus les scarabées que la variété Elliot.
  • Les hauts tunnels ont également un effet sur les populations de scarabées. Quand on a comparé les populations de scarabées sur des cultures à l'intérieur de hauts tunnels à celles à l'extérieur des tunnels, seulement 4 % ont été trouvés à l'intérieur comparativement à 96 % sur la même culture non protégée par des tunnels.

En Ontario, quelques produits sont enregistrés pour lutter contre le scarabée japonais. Les insecticides organophosphorés qu'on utilise contre d'autres insectes ravageurs vont souvent supprimer les scarabées japonais présents au même moment. Le Sevin XLR est enregistré pour lutter contre le scarabée japonais adulte dans les cultures de bleuet et il est très efficace. Toutefois, comme dans le cas du framboisier sa période d'attente avant la récolte est de 11 jours, on ne peut l'utiliser à l'approche de la récolte alors que les adultes sont particulièrement actifs. Ce produit est également toxique pour les abeilles, alors soyez prudents lorsque vous l'utilisez à proximité de cultures fruitières automnales qui pourraient être en fleurs. Dans la culture du bleuet, nous avons également les produits Admire 240 F et Alias 240 WG qui sont, quant à eux, enregistrés pour lutter contre la larve du scarabée japonais. Ces produits sont appliqués au sol sous les buissons et dans les allées engazonnés entre les rangs. Ces produits sont importants pour maintenir à un faible niveau les populations de scarabées japonais résidents, mais ils sont très peu efficaces contre les scarabées adultes venant d'ailleurs.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca