La lutte contre les ravageurs des fraisiers insensibles à la photopériode

Par by Pam Fisher, ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario Ontario Ministry of Agriculture Food and Rural Affairs

Avant la plantation

Les variétés populaires de fraisiers insensibles à la photopériode Popular dayont tendance à être très vulnérables aux maladies racinaires terricoles et aux nématodes. Les producteurs de fraisiers insensibles à la photopériode doivent donc porter une attention particulière à la santé du sol. Les producteurs qui plantent fraisiers sur fraisiers et ne laissent qu'une année ou deux entre les cultures, se fient souvent aux fumigants appliqués avant la plantation pour lutter contre les ravageurs. -neutral varieties tend to be very susceptible to soil born root diseases and nematodes, and so day-neutral strawberry growers should pay attention to soil health. Sans fumigation du sol, on doit mettre en place de longues rotations (4 à 5 ans) entre les cultures de fraisiers ou semer des cultures de couverture pour réduire les populations de nématodes et les maladies terricoles.

Lutte contre les mauvaises herbes

En plasticulture, on rencontre deux types de problèmes en ce qui a trait aux mauvaises herbes : dans le trou de plantation et dans les allées entre les rangs. Dans les deux cas, il est important de démarrer la culture dans une parcelle où la pression exercée par les mauvaises herbes est peu élevée. On ne doit jamais épandre d'herbicides sur du plastique, car les résidus peuvent se fixer à ce matériau et endommager les plants, ou être lessivés dans le trou de plantation et se concentrer autour des plants.

Pour réduire la pression exercée par les mauvaises herbes, on doit porter attention à la grosseur du trou fait dans le paillis plastique au moment de la plantation. Les trous sont plus petits quand on utilise une roue pour marquer les trous plutôt que si on perce les trous dans le plastique ou si on utilise une sorte de semoir à lames étroit pour pousser les plants à travers le plastique. Après la plantation, il est important de procéder à un désherbage manuel. Certains producteurs assignent une rangée à chaque travailleur, lequel est ensuite responsable de la récolte, et de l'entretien des stolons et des mauvaises herbes dans cette rangée.

Le désherbage des allées exige du matériel spécialisé, soit pour la tonte ou l'application d'herbicides. Un pulvérisateur à rampe pourvu de caches permet au producteur d'appliquer des herbicides pour détruire les mauvaises herbes dans les allées et d'épandre ensuite un produit résiduel.

Lutte contre les insectes nuisibles

Les insectes nuisibles aux fraisiers insensibles à la photopériode sont la punaise terne, la drosophile à ailes tachetées, les tétranyques et les thrips des petits fruits. Il existe beaucoup d'ennemis naturels et d'insectes utiles qui permettent de lutter contre les thrips et les tétranyques. Toutefois, l'épandage d'insecticides contre la punaise terne et la drosophile à ailes tachetées peut nuire considérablement aux ennemis naturels et causer des éclosions sporadiques de ces ravageurs. (Figure 1 : Nymphes de punaise terne).

Il est important de faire le dépistage des punaises ternes durant la floraison et le stade du fruit vert des fraisiers, ce qui représente pour les producteurs de fraisiers insensibles à la photopériode un dépistage hebdomadaire et des décisions à prendre en matière de lutte contre les insectes durant tout l'été et l'automne. (Figure 2 : Dommages causés par la punaise terne).

Les nymphes de la punaise terne causent des dommages aux fraisiers en se nourrissant de fleurs et de fruits verts, ce qui donne lieu à des malformations des fruits en " face de chat " et des fruits difformes. Une faible pollinisation et certaines conditions environnementales peuvent aussi déformer les fruits. On peut distinguer les dommages dus à la punaise terne de ceux qui sont attribuables à ces conditions en examinant les graines. Quand les dommages sont occasionnés par la pollinisation ou l'environnement, les graines restent petites et ne se développent pas. Quand les dommages sont causés par la punaise terne, les graines dans la zone touchée sont entièrement développées et sont à peur près de la même grosseur.

Faites le dépistage des punaises ternes en secouant des inflorescences au-dessus d'une assiette ou d'un plateau. Le seuil d'intervention est d'environ une nymphe de punaise terne par quatre plants ou secousses. On doit examiner environ 100 inflorescences par champ chaque semaine. La méthode d'échantillonnage séquentiel permet de réduire la taille de l'échantillonnage quand les populations sont très élevées ou très basses. Voir www.ontario.ca/LIcultures.

Dans les fraisiers qui donnent des fruits en juin, on peut réduire les dommages causés par la punaise terne en luttant contre les nymphes de la première génération par une ou deux pulvérisations effectuées au bon moment durant la floraison. Toutefois, dans les fraisiers insensibles à la photopériode, la deuxième et la troisième générations de punaises ternes peuvent aussi causer de lourds dommages. Cette seconde génération de punaises ternes atteint habituellement son pic du début à la mi-juillet, quand les fraisiers insensibles à la photopériode sont en pleine floraison. La présence de punaises ternes à ce moment peut causer de graves dommages, d'où l'importance du dépistage.

Les thrips des petits fruits peuvent aussi se manifester durant cette période. Ces thrips sont de minuscules insectes jaunes et effilés que l'on retrouve dans les fleurs. Les thrips endommagent les cellules végétales en les raclant avec leurs pièces buccales et en aspirant leur contenu. Si les thrips sont problématiques dans les fraisiers, on pourra observer un bronzage sous les sépales et sur le fruit autour des graines. Les fruits perdent alors leur fini lustré et peuvent durcir et se fendiller. (Figure 3 : Thrips des petits fruits).

Faire le dépistage des thrips dans le champ en soufflant rapidement sur les inflorescences et en examinant la fleur pour y déceler la présence de thrips. Les seuils d'intervention pour les thrips dans les fraisiers n'ont pas encore été établis pour notre région. Sous climat sec, comme en Israël et en Australie, où ces insectes constituent un problème majeur, les seuils sont de 10 thrips par inflorescence dans le cas de la production d'hiver et de 40 thrips par inflorescence pour la production estivale. (Figure 4 : Dommages aux fraises causés par les thrips des petits fruits).

En Ontario, les thrips des petits fruits sont problématiques pour un faible pourcentage d'exploitations. À ces endroits, on ne peut pas vraiment lutter contre les thrips à l'aide d'insecticides. Les thrips deviennent très rapidement résistants aux insecticides. Les insectes prédateurs, comme les punaises anthocorides, jouent un rôle très important dans la lutte contre les thrips. On peut favoriser leur présence en utilisant des produits contre la punaise terne qui sont acceptables en lutte intégrée et en plantant des cultures-pièges comme l'alysson autour du champ.

La drosophile à ailes tachetées (DAT) est un ravageur important des fraisiers insensibles à la photopériode à la mi-août et tout le mois de septembre. Cette mouche à fruit invasive et vorace pond ces œufs dans les fruits en train de mûrir. Les œufs éclosent avant la récolte et les larves se développent rapidement, ce qui ramollit les fruits et réduit leur durée de conservation. Les producteurs doivent surveiller attentivement les dommages pouvant être causés par la DAT en prélevant régulièrement des échantillons de fruit et en ayant recours au test à l'eau salée pour la détection des larves de DAT. La lutte contre la DAT ne peut se faire à l'aide d'une seule méthode. Les producteurs devront avoir recours à des méthodes culturales ainsi qu'à l'utilisation d'insecticides. La récolte doit se faire au complet tous les deux jours, plutôt que tous les trois ou quatre jours. Les champs doivent être gardés exempts de mauvaises herbes, de stolons et on doit prévenir la croissance végétative excessive, de même que retirer le plus possible de fruits mûrs des champs. En présence de populations élevées de DAT dans la région, il faudra aussi avoir recours à des insecticides.

Certaines années, il devient nécessaire dans certains champs d'avoir recours à des moyens de lutte contre le tétranyque à deux points. Les adultes qui hivernent sont de couleur orange et peuvent hiverner et s'entasser sous les bâches utilisées pour la protection hivernale. Vérifier la présence de tétranyques sur le revers des plus vieilles feuilles. Quand les plants commencent à pousser, les tétranyques se déplacent vers les nouvelles feuilles. Les dommages qu'ils causent se manifestent d'abord par des mouchetures blanches à la face supérieure des feuilles, causant à la longue un bronzage des feuilles qui deviennent rugueuses et roussies. Dans les cas extrêmes, des toiles sont tissées. (Figure 5 : Dommages aux fraises causés par des tétranyques à deux points).

Pour le dépistage du tétranyque à deux points, prélever environ 50 feuilles entièrement ouvertes et moyennement matures sur divers plants dans le champ. Évaluer les populations en examinant la face inférieure des feuilles avec une loupe pour y déceler des œufs, des nymphes et des adultes de tétranyques à deux points. Si ces derniers sont présents sur 25 % des feuilles examinées ou plus, le seuil d'intervention est atteint. Les acariens prédateurs peuvent être utiles dans la lutte contre le tétranyque à deux points, toutefois ces acariens peuvent être tués par les applications de pesticides contre la punaise terne et la DAT.

Lutte contre les maladies

La pourriture grise cause d'importants dommages aux fraisiers insensibles à la photopériode. (Figure 6 : Pourriture grise sur un fruit) Cette maladie apparaît quand la pourriture grise infecte les fraisiers durant la floraison. Une pourriture molle couverte de spores brunâtres ou grisâtres se forme alors près du calice du fruit à mesure que ce dernier mûrit. Appliquez chaque semaine des fongicides contre la pourriture grise durant la floraison, surtout par temps frais et humide. Le champignon responsable de la pourriture grise peut devenir résistant à certains fongicides si ces derniers sont utilisés de manière répétitive. Il est important de connaître les groupes chimiques auxquels appartiennent les fongicides utilisés et de choisir des fongicides de différents groupes dans les cas d'applications successives.

Bien que de nombreux fongicides permettent de lutter contre la pourriture grise, il faut choisir les fongicides ou la combinaison de fongicides qui combattent aussi les deux autres maladies importantes des fraisiers insensibles à la photopériode, soit l'oïdium et l'anthracnose du fruit. (Figure 7 : Anthracnose du fruit).

Certaines variétés, comme Seascape et Portola, sont extrêmement sensibles à l'oïdium. Le temps humide ou de fortes rosées fréquentes peuvent être propices à cette maladie. (Figure 8 : Dommages causés par l'oïdium à des feuilles de fraisiers) Les symptômes d'oïdium se manifestent d'abord sous forme d'une couche poudreuse blanche à la face inférieure des nouvelles feuilles, qui disparaît rapidement. Une légère moucheture pourpre apparaît à la face supérieure des feuilles, se transformant en taches pourpres et menant parfois à une nécrose foliaire. Dans le cas de la variété Seascape, l'oïdium peut infecter le fruit et réduire sa qualité. Un programme efficace de lutte contre l'oïdium devrait être mis en place dès les premières mouchetures et avant que les symptômes se propagent.

L'anthracnose du fruit peut être dévastatrice. Cette maladie est fréquente dans le sud de l'Ontario et moins présente dans les régions plus fraîches. L'anthracnose peut se manifester dès la floraison, mais elle infecte aussi les fruits mûrissants et est alors plus visible. L'anthracnose peut se répandre dans le champ avant l'apparition de symptômes. Les spores sont propagées par les éclaboussures de gouttes de pluie et l'infection est favorisée par les températures tièdes. De petites taches noires apparaissent sur le fruit et s'élargissent en lésions circulaires brun foncé à noires sur le côté du fruit. Les lésions dues à l'anthracnose peuvent aussi apparaître sur les stolons et les pétioles, de même que sur les collets.

La lutte contre l'anthracnose débute avec l'utilisation de plants sains provenant d'un producteur de plants professionnel. Les alvéoles préparées à la ferme risquent davantage d'être porteuses d'anthracnose. Les spores peuvent être transportées dans le champ par le matériel et les travailleurs. Étant donné que les plantations plus anciennes ont tendance à présenter un plus haut taux de maladie, il vaut mieux travailler dans les champs plus anciens en dernier et de nettoyer le matériel entre les parcelles. Éviter de travailler dans les champs quand les plants sont mouillés. Les fongicides pour lutter contre l'anthracnose sont particulièrement importants par temps chaud (soit entre 26 et 32 °C), car les précipitations qui surviennent après ces températures peuvent rapidement propager la maladie.

La lutte contre les ennemis des fraisiers insensibles à la photopériode peut être compliquée. Le dépistage hebdomadaire, conjugué à une bonne compréhension de la biologie des principaux ravageurs, est important.

On peut trouver une liste à jour des ravageurs des fraisiers insensibles à la photopériode, ainsi que les périodes de traitement et les produits recommandés dans la publication 360F du MAAARO, Guide de la culture fruitière 2016-2017.

Pour plus d'information sur les ennemis des fraisiers et le dépistage des ravageurs, voir ontario.ca/LIcultures

Nymphes de punaise terne

Figure 1 : Nymphes de punaise terne

Dommages causés par la punaise terne

Figure 2 : Dommages causés par la punaise terne

Thrips des petits fruits

Figure 3 : Thrips des petits fruits

Dommages aux fraises causés par les thrips des petits fruits

Figure 4 : Dommages aux fraises causés par les thrips des petits fruits

Dommages aux fraises causés par des tétranyques à deux points

Figure 5 : Dommages aux fraises causés par des tétranyques à deux points

Pourriture grise sur un fruit

Figure 6 : Pourriture grise sur un fruit

Anthracnose du fruit

Figure 7 : Anthracnose du fruit

Dommages causés par l'oïdium à des feuilles de fraisiers

Figure 8 : Dommages causés par l'oïdium à des feuilles de fraisiers


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