Pourridié noir du fraisierLe pourridié noir du fraisier est une maladie grave et très complexe que l'on a signalée dans les fraiseraies partout dans le monde. Des organismes pathogènes sont associés à la maladie; toutefois, le champignon terricole Rhizoctonia fragariae est probablement le pathogène qui est le plus fréquemment isolé sur les racines de fraisiers qui montrent des symptômes de pourridié noir. Des recherches menées au Connecticut ont clairement indiqué que le nématode des racines combiné avec Rhizoctonia provoque des symptômes de pourridié noir plus graves que l'un ou l'autre de ces organismes seuls. D'autres études menées en Californie ont montré que des pathogènes de champignons aquatiques du genre Pythium peuvent interagir avec Rhizoctonia pour causer de graves symptômes de pourridié noir. Certains facteurs environnementaux sont aussi associés à la maladie, parmi lesquels le compactage du sol, l'humidité excessive et la sécheresse. Le pourridié noir s'attaque aux racines nourricières et aux racines pérennes des fraisiers (figure 1). Souvent les symptômes ne deviennent évidents qu'un an ou deux après la plantation. Les racines infectées développent des lésions noires à la surface, qui s'étendent éventuellement aux tissus internes; la racine affectée noircit entièrement et pourrit de l'intérieur et de l'extérieur. Les symptômes sont souvent difficiles à diagnostiquer à cause de l'épiderme des racines structurelles du fraisier, qui éventuellement commence à emmagasiner de l'eau et à noircir naturellement, indice souvent confondu avec le pourridié noir. Cependant, ces racines pérennes saines sont noires à l'extérieur et blanches à l'intérieur. Les plants infectés dont les racines sont atteintes semblent fanés et rabougris surtout au moment de la fructification, quand s'exerce une plus grande demande pour de l'eau et des éléments nutritifs auprès des racines. D'autres maladies des racines comme la stèle rouge et la flétrissure verticilienne provoquent des symptômes aériens similaires, il ne faut donc jamais présumer que le pourridié noir est responsable des plants fanés et rabougris. Peu importe la cause, les systèmes racinaires des fraisiers qui sont affaiblis et qui sont cultivés dans des systèmes de cultures pérennes montrent souvent une faible vigueur, ils sont plus vulnérables aux blessures dues à l'hiver et sont éventuellement sujet à la mort du collet. Que peut faire le producteur pour lutter contre la maladie? Une fois que la maladie s'est déclarée et que les plants montrent des symptômes, les producteurs ne peuvent plus rien faire pour inverser les dommages. La lutte au pourridié noir commence par la prévention de la maladie, en conservant des plants sains et vigoureux du repiquage jusqu'à la récolte. Le producteur devrait toujours inspecter les racines des plants de fraisiers qui proviennent des pépinières et ne jamais repiquer de fraisiers qui montrent des symptômes de pourridié noir sur les racines. La fumigation des champs avant le repiquage et ne pas repiquer des fraisiers dans des champs où le sol est compacté peuvent réduire les risques de pourridié noir. Des cultures de couverture tel le millet à chandelle et la moutarde orientale, qui ne sont pas des hôtes de Rhizoctonia et suppriment les nématodes des racines, vont aussi réduire les risques de pourridié noir. Le producteur voudra choisir pour la culture des fraisiers des champs bien drainés et éviter de les planter dans les mêmes champs deux ou trois années de suite. On signale que certains cultivars de fraisiers comme le Brunswick, le Bounty, le Cabot et le Cavendish sont plus tolérants au pourridié noir et seraient préférables dans les champs ayant auparavant été affectés par la maladie. Des spécialistes du MAAARO et un chercheur de l'Université de Guelph font équipe et sont à la recherche de nouvelles méthodes de lutte contre le pourridié noir dans les fraisiers.
Figure 1. Pourridié noir se développant sur les racines nourricières et les racines primaires de fraisiers.
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