Drosophile à aile tachetée en Ontario : ce que nous en avons appris en 2012

La drosophile à aile tachetée (DAT) a été détectée en Californie en 2008 et s'est propagée rapidement dans les régions de production de petits fruits de la côte Ouest en 2009-2010. Elle a vite proliféré dans le sud-est des É.-U. en 2010 et en 2011 et s'est aussi propagée en Europe. En Ontario la DAT a d'abord été détectée en un seul endroit en 2010 et vers la fin de 2011, on a constaté sa présence dans plus de 60 % des pièges des sites de dépistage du MAAARO.

Quoi qu'il en soit, en 2012, sa propagation rapide et la prolifération de ses populations en Ontario et dans les régions environnantes ont été surprenantes.

Dans cet article, nous décrivons brièvement le projet de surveillance de la DAT en 2012 et ce que nous en avons appris. Pour plus de détails et pour consulter le rapport complet, veuillez consulter le site Web du MAAARO à l'adresse www.ontario.ca/ailestachetees. Ce projet a été financé par l'Ontario Berry Growers Association par le biais de Cultivons l'avenir, une initiative fédérale-provinciale-territoriale. Le Conseil de l'adaptation agricole collabore à la prestation des programmes Cultivons l'avenir en Ontario. Le vinaigre de cidre est gracieusement fourni par la compagnie H.J. Heinz de Leamington. Nous avons aussi reçu l'aide de l'Association des fruiticulteurs et des maraîchers de l'Ontario et de nombreux experts conseils en production végétale, en dépistage des cultures et de fermiers.

Nous avons fabriqué nous-mêmes nos pièges à DAT avec des « contenants déli » de 500 ml garnis de rubans adhésifs rouges et poinçonnés de trous de 17,3 mm autour du goulot (figure 1). Le vinaigre de cidre a servi d'appât. Les pièges ont été installés dans 110 emplacements sur le pourtour des champs, dans des hôtes sauvages ou dans les cultures de fraises, de framboises, de bleuets, de petits fruits de spécialité, de fruits de verger, de raisins et de tomates. Les appâts étaient changés chaque semaine et le contenu des pièges était identifié par des étudiants du MAAARO ou la Clinique de diagnostic phytosanitaire de Guelph, grâce à l'entente entre le MAAARO et l'Université de Guelph. On a affiché les résultats chaque semaine sur notre site Web lié à la DAT.

Figure 1 : pièges utilisés en 2012 contre la DAT

Figure 1 : pièges utilisés en 2012 contre la DAT

Les premières DAT ont été prises dans des pièges et prélevées le 29 juin 2012, six semaines plus tôt que l'année dernière. Avant le début août, des DAT avaient été prises au piège dans 90 % des emplacements et dans tous les comtés faisant l'objet du dépistage, de Leamington à Ottawa, à Barrie et même à New Liskeard. Les populations ont commencé à proliférer à la fin de la récolte des framboises et ont augmenté de façon spectaculaire à l'automne.

En 2012, on a constaté des dommages dans toutes les cultures de petits fruits, notamment la framboise, le sureau, les variétés remontantes de fraise, le bleuet, la mûre et même dans des cultures de petits fruits de spécialité comme la baie de goji et l'argousier. Nous avons élevé les premières mouches prélevées dans des fruits vers le 11 juillet, ce qui veut dire que des dommages se sont produits au champ à ce moment-là. On a observé les premiers dommages aux fruits au champ le 25 juillet dans la framboise et le bleuet. Des dommages importants se sont produits à certains emplacements avant que les mouches soient capturées dans des pièges. Au 14 août, on constatait facilement des dégâts dans le bleuet, la framboise et le cultivar remontant de framboise où des pulvérisations n'avaient pas eu lieu.

Nous avons aussi élevé des DAT adultes prélevées de nombreux hôtes sauvages différents, comme la ronce sauvage, le cornouiller, le cerisier de Pennsylvanie, la phytolaque d'Amérique (raisin d'Amérique), l'argousier, la mûre blanche et les solanacées. C'est là un indice que la DAT est un ravageur répandu partout dans la nature, non seulement dans les cultures sensibles.

Comment combattre la DAT en 2013 :

La maîtrise de la DAT nécessite des changements importants et onéreux dans la gestion de vos cultures de petits fruits, et il vous faudra aussi des insecticides additionnels pour lutter contre ce ravageur.

Insecticides : il faut prévoir protéger vos petits fruits contre la DAT pendant le mûrissement et la récolte. En 2012, cinq insecticides étaient homologués pour utilisation d'urgence seulement dans les cultures de petits fruits. Nous espérons des homologations similaires en 2013. Les stratégies de pulvérisation pour les petits fruits seront affichées sur notre site Web. Entre-temps, les producteurs devraient réfléchir comment améliorer la couverture de pulvérisation en émondant ou en mettant des treillis aux plants de bleuets et de framboises cet hiver. Il faudra peut-être acheter du nouvel équipement de pulvérisation.

Hôtes sauvages : observer l'emplacement des hôtes sauvages autour des champs de cultures. S'il est impossible, sinon pas vraiment idéal, de faire disparaître ces hôtes sauvages du terrain, vous devez quand même savoir où ils sont. Ce sera une étape importante de la détection précoce de la DAT l'an prochain.

Récoltes fréquentes : l'élément clé d'un bon programme de lutte contre la DAT est le maintien d'un calendrier serré pour la récolte. Il faut cueillir tôt, souvent et proprement. C'est un défi dans la framboise et la fraise, et encore plus dans le bleuet. Tentez de récolter tous les deux jours dans la framboise, le bleuet et la fraise. Pensez aux changements qui seront nécessaires dans la main-d'œuvre et pour les clients d'auto cueillette.

Dépistage : apprenez-en le plus possible sur la drosophile à ailes tachetées. Assurez-vous de savoir ce qu'il faut rechercher et de quoi les dommages ont l'air dans les cultures de petits fruits. Le dépistage des larves est plus important que celui des ravageurs adultes dans les pièges. Il vous permettra de constater si votre programme de lutte est efficace. Apprenez à faire l'essai de sel dans l'eau, comme indiqué sur notre site Web (visitez le https://www.ontario.ca/ailestachetees, suivez les liens vers dépistage et échantillonnage des fruits).

 


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Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca