Manuel du jardinier
Chapitre 6: Plantes ornementales
Lutte contre les maladies des plantes ornementales

Table des matières

  1. Introduction
  2. Jaunisse de l'aster
  3. Chute des aiguilles de conifères à l'automne
  4. Pourriture molle bactérienne
  5. Tache noire
  6. Moisissure grise (botrytis, feu de la tulipe)
  7. Chancres
  8. Chancre cytosporéen de l'épinette
  9. Tumeur du collet
  10. Fonte des semis
  11. Maladie hollandaise de l'orme
  12. Feu bactérien
  13. Brûlure des pousses du genévrier
  14. Anthracnose, tache foliaire, brûlure foliaire
  15. Tache foliaire
  16. Rouge de l'épinette (chute des aiguilles)
  17. Rouge du pin (chute des aiguilles)
  18. Oïdium (blanc)
  19. Pourridié (pourriture des racines)
  20. Pourridié agaric
  21. Rouilles
  22. Rouille du pommier, rouille du cognassier et rouille de l'aubépine
  23. Rouille de la rose trémière
  24. Rouille du rosier
  25. Rouille tumeur occidentale du pin
  26. Rouille vésiculeuse du pin blanc
  27. Tavelure
  28. Fumagine
  29. Tache goudronneuse de l'érable
  30. Moisissure blanche
  31. Flétrissures et brûlures bactériennes
  32. Flétrissure fusarienne (fusariose)
  33. Flétrissure verticillienne (verticilliose)
  34. Carie du bois
  35. Liens connexes

Introduction

Le présent chapitre contient une description de divers ravageurs des plantes ornementales ainsi que des conseils sur des méthodes de lutte excluant l'utilisation de pesticides. Les jardiniers amateurs peuvent encore se procurer certains biopesticides et certains pesticides à faible risque pour lutter contre les mauvaises herbes et les ravageurs des pelouses et des jardins. Pour avoir plus d'information, voir le Chapitre 2 de ce manuel et le site Web du ministère de l'Environnement. Pour obtenir des conseils sur la lutte contre certains ravageurs ou mauvaises herbes en particulier, s'adresser à un horticulteur, à un maître jardinier ou à un centre de jardinage de votre localité.

Note à l'intention des propiétaires d'arbres : L'interdiction sur les pesticides prévoit une exception pour l'embauche d'un exterminateur titulaire d'un permis et habilité à employer des pesticides commerciaux pour protéger la santé de vos arbres. Cette exception ne vise que les ravageurs qui menacent la santé des arbres. Par exemple, on ne peut l'invoquer pour lutter contre des espèces qui nuisent à la qualité des fruits sans tuer l'arbre lui même. Pour pouvoir s'en prévaloir, les exterminateurs titulaires d'un permis doivent obtenir l'avis écrit d'un professionnel spécialiste de l'arboriculture établissant que l'emploi d'un pesticide est nécessaire au maintien de la santé de l'arbre. Pour plus d'information, communiquer avec le ministère de l'Environnement.

À noter que de nombreux arbres tolèrent certains dommages, en particulier au feuillage, sans en souffrir de façon durable. Les descriptions de ravageurs ci dessous sont accompagnées de conseils sur les méthodes de lutte culturale, mais dans de nombreux cas la mise en œuvre de celles ci peut ne pas être nécessaire.

Jaunisse de l'aster

La jaunisse est causée par un mycoplasme et ses symptômes ressemblent à ceux des viroses. Elle affecte l'aster chinois, le calendula, le coréopsis, le cosmos, le delphinium, la marguerite, le tagète, le pétunia, le phlox, le zinnia et bon nombre d'autres fleurs et mauvaises herbes. Elle infecte également la carotte, le céleri et la laitue. La croissance des plantes est ralentie et les feuilles du haut jaunissent; la floraison est également retardée et les fleurs risquent de pourrir en prenant l'aspect de feuilles verdâtres. C'est la cicadelle à six points qui dissémine cette maladie.

Méthodes de lutte

Il est préférable d'enlever rapidement les plants touchés et à les détruire. Il peut également être utile de lutter contre les cicadelles pour ralentir la propagation de la maladie.

Chute des aiguilles de conifères à l'automne

Ce phénomène naturel n'est pas une maladie. Tous les conifères perdent une certaine quantité d'aiguilles chaque année. Dès le début de l'automne, les aiguilles tournées vers l'intérieur de l'arbre (celles qui sont situées le plus près du tronc) jaunissent ou brunissent et tombent. Le thuya et de nombreux genévriers portent des écailles qui recouvrent les ramilles. Ces espèces perdent aussi leurs ramilles les plus anciennes à l'automne.

Les arbres peu vigoureux ou qui s'ajustent difficilement à des conditions stressantes comme la sécheresse, le choc de transplantation, le mauvais drainage ou le sol compacté risquent de perdre une plus grande partie de leur feuillage qu'ils ne le feraient en un an dans des conditions normales. Dans ce cas, il suffit d'identifier le problème et de le résoudre pour réduire au minimum la chute des aiguilles ou des écailles.

Pourriture molle bactérienne

Cette maladie bactérienne s'attaque aux plantes ornementales, dont l'iris, le dahlia, le chrysanthème et le géranium. Il n'est pas rare que la pourriture de l'iris succède à une infestation de perceurs. La bactérie pathogène entre par les trous faits par les perceurs, causant une dégradation rapide et malodorante des tissus, qui deviennent mous et coulants. L'intérieur du rhizome se désagrège en une masse jaunâtre infecte, l'extérieur demeurant intact. Les feuilles se fanent, alors que leur base devient mouillée et se déchire.

Méthodes de lutte

Diviser les rhizomes des iris infectés en ne gardant que les plus sains. Éviter de replanter trop en profondeur. Quant aux autres plantes, les éliminer aussitôt qu'on observe les symptômes de la maladie et les jeter. Le meilleur moyen de prévenir la pourriture molle bactérienne consiste à supprimer le perceur de l'iris.

Tache noire

La tache noire est une maladie commune du rosier. Des points dont la couleur va du rouge au noir apparaissent sur les feuilles, qui jaunissent et tombent en partant de la base des tiges. La maladie s'aggrave rapidement lorsque les feuilles sont souvent mouillées par la rosée, la pluie ou les arrosages. La défoliation réduit le nombre et la qualité des roses et risque d'affaiblir la plante au point qu'elle ne pourra pas survivre à l'hiver. Le champignon qui cause cette maladie passe l'hiver sur les feuilles infectées et dans les fentes de l'écorce des tiges.

Méthodes de lutte

Si aucun paillis n'a été employé, ramasser régulièrement les feuilles en été et en automne. Si l'on utilise un paillis, déchausser le rosier de sa protection d'hiver avant d'en étendre une couche fraîche au début du printemps. Éviter d'arroser les feuilles; arroser plutôt le sol. Sinon, arroser le matin pour que les feuilles sèchent rapidement. Certaines pépinières fournissent des listes de cultivars plus résistants à la tache noire que d'autres.

Moisissure grise (botrytis, feu de la tulipe)

Ce champignon attaque les fleurs d'un grand nombre de plantes ornementales, y compris le bégonia, la tulipe, la pivoine, le pétunia, le géranium, le glaïeul et le rosier. Sur la tulipe, la maladie débute par l'apparition de petites taches dont la teinte va du beige au brun. Par temps humide, elle tue rapidement fleurs et feuilles, pénétrant ensuite la tige et le bulbe et les faisant souvent pourrir complètement. Voilà pourquoi la moisissure grise est également appelée feu de la tulipe.

La moisissure grise envahit habituellement les feuilles sénescentes (vieillissantes), les fleurs ouvertes ou les organes blessés. On assiste alors à la prolifération rapide du champignon sur les tissus végétaux affectés, qui se couvrent d'un duvet renfermant une myriade de spores. Les parties de la plante qui sont atteintes brunissent et se ramollissent, finissant par pourrir. Il arrive souvent que des masses de tissu fongique noires et dures appelées sclérotes se développent tard dans la saison et persistent dans le sol tout au long de l'hiver, provoquant ainsi l'infection d'une autre culture vulnérable l'année suivante.

Méthodes de lutte

Enlever rapidement toutes les parties des plantes qui sont fanées, sénescentes et malades, en particulier lorsqu'on prévoit du temps humide. Améliorer la circulation de l'air autour des plantes.

Chancres

Les chancres tuent des segments d'écorce sur le tronc et les branches de nombreuses espèces d'arbres et d'arbustes. La couleur de la zone d'infection diffère généralement de celle de l'écorce avoisinante. L'écorce atteinte peut être enfoncée, fendillée, crevassée ou détachée. Il peut apparaître de petites fructifications foncées, habituellement de teinte rougeâtre, orangée ou noire et formant des points qui atteignent tout au plus 0,5 ou 1 mm, surtout par temps humide, lorsque les champignons produisent des sécrétions de spores blanches, ambrées, orangées ou noires. Les chancres qui encerclent le tronc font mourir la plante.

En règle générale, les végétaux en bonne santé peuvent se défendre contre les infections des champignons microscopiques qui causent le chancre. Cependant, l'état du sol ou les conditions ambiantes peu favorables affaiblissent arbres et arbustes, créant ainsi un milieu propice au développement des champignons. Toute blessure causée à l'écorce par des insectes, la taille et les tondeuses à gazon constitue un foyer d'infection potentiel par ces champignons. Des chancres peuvent également apparaître sur la face sud des arbres exposés au soleil et à des températures élevées le jour et à de fortes gelées la nuit.

Les peupliers sont souvent très durement touchés, en particulier le peuplier de Lombardie. Ce dernier ne survit généralement pas plus de 15 à 20 ans à cause du chancre. Les feuilles des petites branches commencent par brunir, puis l'arbre meurt graduellement du haut vers le bas. L'écorce des pousses et des branches malades présente des crevasses et porte de petites tuméfactions ovales ou étirées. Par temps humide, des vrilles de couleur ambre libèrent des spores, que la pluie projette ensuite sur les branches saines.

Méthodes de lutte

Arracher et détruire les arbres gravement infestés. Il est possible de scier près du sol et de détruire les arbres partiellement affectés; les souches formeront rapidement un nouvel arbre, mais ce dernier se réinfectera au bout de quelques années.

Chancre cytosporéen de l'épinette

Cette maladie endommage l'épinette bleue du Colorado et l'épinette de Norvège, mais elle attaque aussi l'épinette blanche, le sapin baumier et la pruche du Canada. Elle défigure l'arbre atteint mais le tue rarement. Des conditions inadéquates comme la sécheresse et la compaction du sol favorisent l'apparition de la maladie.

Au printemps et au début de l'été, les aiguilles qui se trouvent sur les branches inférieures des arbres âgés d'au moins dix ans jaunissent, puis brunissent. Elles tombent pendant l'hiver, dénudant et enlaidissant les rameaux atteints. Cela indique que le chancre a complètement encerclé la branche. Habituellement, les chancres produisent une résine jaune clair qui s'écoule goutte à goutte sur les rameaux inférieurs et forme une croûte blanche.

Méthodes de lutte

Couper les branches malades afin d'empêcher le vent et la pluie de disséminer les spores du champignon. Enlever les parties touchées pour assainir les blessures causées au tronc par le chancre. Enlever toute l'écorce interne brune ou altérée, tout en s'assurant que le bord des coupures est lisse. En effet, la plaie se refermera plus rapidement si elle a une forme ovale et des bords unis. Désinfecter les outils d'élagage après chaque coupe en les plongeant dans une solution composée d'une mesure d'eau de Javel pour trois mesures d'eau. Il n'est pas nécessaire de traiter les blessures avec du mastic à greffer liquide ou en pâte. Améliorer les conditions de croissance en fertilisant et en arrosant adéquatement les arbres par les racines. Prendre soin d'irriguer en profondeur au cours des longues périodes de sécheresse.

Tumeur du collet

La tumeur du collet est causée par une bactérie terricole qui se trouve dans la plupart des terres de jardin. Cette maladie attaque fréquemment le rosier, le fusain, le forsythia, les arbres fruitiers, le framboisier et bien d'autres plantes. Les conifères ne sont pas prédisposés à cette maladie. La bactérie pénètre par les blessures, et des galles ou tuméfactions ligneuses se forment sur les racines, sur la tige ou à la base de la plante.

Méthodes de lutte

Éviter autant que possible de blesser les arbres. Ne pas acheter de plantes dont les racines portent des galles. Là où la maladie a sévi gravement, remplacer le sol avant d'y cultiver une autre plante ou replanter des espèces non prédisposées à cette affection.

Fonte des semis

Si les plantules, notamment celles qui sont cultivées en pots ou en caissettes à l'intérieur ou dans un châssis froid, se couchent et meurent, elles ont été attaquées par l'un des champignons de la fonte des semis. Si les tiges brunissent ou noircissent et ont l'aspect de fil de fer près du sol, c'est Rhizoctonia qui est en cause. Si les racines et les tiges inférieures sont gorgées d'eau et de couleur brun roux, il s'agit de Pythium ou Phytopthora. La plupart des semis sont susceptibles à ces champignons du sol.

Méthodes de lutte

Enlever les pousses, les aiguilles et les cônes morts qui restent dans les arbres et qui abritent le champignon. Espacer suffisamment les arbres; assurer une bonne circulation de l'air et un bon ensoleillement.

Maladie hollandaise de l'orme

Chez l'orme d'Amérique, on reconnaît la maladie hollandaise de l'orme à l'étiolement et la mort rapides de feuilles, de rameaux ou même de branches entières. Le champignon est transmis par des scolytes de l'écorce de l'orme lorsqu'ils passent d'un rameau à l'autre pour se nourrir; il se propage rapidement en congestionnant le système vasculaire de l'arbre. Au début, une ou deux branches seulement peuvent être affectées, mais l'arbre entier meurt en général au bout d'un ou deux ans.

Méthodes de lutte

Détruire le bois des ormes infectés.

Feu bactérien

Cette maladie bactérienne provoque la mort soudaine de jeunes rameaux et de branches entières, donnant au végétal une allure écorchée. Les essences ornementales touchées sont le cotonéaster, le pommetier, l'aubépine, le sorbier d'Amérique, le buisson ardent, le cognassier, le poirier d'ornement et l'amélanchier. La brûlure bactérienne se répand au moment de la floraison, moment où des éclaboussures de pluie ou des insectes transmettent la bactérie à la plante.

Méthodes de lutte

Rabattre les rameaux et les branches malades à 30 cm en dessous de la partie infectée et les détruire. Si l'on se sert d'un sécateur, désinfecter les lames après chaque taille dans une solution composée d'une mesure d'eau de Javel pour trois mesures d'eau. Les arbres avoisinants peuvent constituer une source de contamination. Éviter l'excès d'engrais azotés.

Brûlure des pousses du genévrier

Plusieurs champignons causent le dépérissement des ramilles du genévrier en général et du genévrier sabine, du genévrier de Virginie et du genévrier des Rocheuses en particulier. Des chancres gris ocré s'accompagnant du dépérissement de l'extrémité de la ramille sont les symptômes caractéristiques indiquant la présence de cette maladie. Il est parfois facile de confondre ces symptômes avec les dommages causés par le gel. Comme les champignons transmettant la brûlure des pousses du genévrier sont actifs à diverses périodes de l'année, il est impossible d'identifier l'organisme en présence sans procéder à un examen microscopique en bonne et due forme.

Méthodes de lutte

Enlever les ramilles malades pour empêcher qu'elles ne s'infectent à nouveau. Éviter de tailler les arbres à l'automne. Assurer une bonne circulation d'air. Ne pas encourager la croissance des parties molles succulentes par un excès d'élagage et de fertilisation. Éviter la sécheresse.

Anthracnose, tache foliaire, brûlure foliaire

Ces maladies communes et similaires affectent l'érable, le platane à feuilles d'érable, le platane occidental, le frêne, le chêne, l'aubépine, le marronnier d'Inde et le catalpa. Elles frappent plus fort lorsque les mois de mai et de juin connaissent du temps frais, pluvieux et nuageux. Les arbres attaqués plusieurs années de suite s'affaiblissent et leurs branches meurent graduellement.

L'infection débute tôt au printemps, lorsque les spores libérés par les feuilles tombées au sol ou par les bourgeons et ramilles malades se répandent sur les nouvelles pousses foliaires. En mai, on reconnaît les premiers symptômes : bourgeons qui ne se gonflent pas et feuilles qui se couvrent de petites taches. Au début de l'été, les petites taches se sont déjà transformées en grandes taches noires ou brun foncé. Les feuilles affectées se flétrissent et tombent prématurément.

Méthodes de lutte

Dans tous les cas où l'on a affaire à des arbres isolés, il vaut mieux ramasser toutes les feuilles mortes qui jonchent le sol autour du tronc pour éviter qu'elles abritent le champignon pathogène jusqu'au printemps suivant. Brûler ou jeter les feuilles ramassées aux ordures. Il est à noter, toutefois, que cette méthode ne peut être réellement efficace qu'à condition que toutes les feuilles qui se trouvent à proximité de l'arbre soient ramassées et que le champignon ne survive pas sur des chancres situés sur l'écorce de l'arbre, comme le fait le champignon transmettant l'anthracnose au platane occidental. Stimuler la croissance des arbres par la fertilisation des racines et l'irrigation en profondeur. Assurer une bonne circulation d'air.

Tache foliaire

Plusieurs champignons et bactéries produisent des taches foliaires sur des plantes comme le bégonia, le coléus, l'impatiente, le tagète, le sauge, le chrysanthème, le delphinium, le zinnia, l'iris, le muguet et le phlox. Une variété différente s'attaque au catalpa et à l'aubépine. Cette maladie affaiblit mais tue rarement la plante, bien que ses effets soient amplifiés par temps humide. La tache foliaire se manifeste très souvent par l'apparition de petites taches allant du brun foncé au noir sur les feuilles inférieures, puis par sa progression vers le haut de la plante. Les taches s'agrandissent jusqu'à former de grandes zones noircies. Les feuilles mortes ne tombent pas.

Méthodes de lutte

Enlever toute partie de plante infectée pour empêcher l'hivernage de la maladie jusqu'à la saison de croissance suivante. Favoriser le séchage rapide des feuilles en distançant bien les plants et en enlevant les mauvaises herbes. Éviter d'arroser en soirée.

Rouge de l'épinette (chute des aiguilles)

Causée par le champignon pathogène Rhizophaera, la maladie du rouge provoque la mort et la chute prématurées des aiguilles de l'épinette bleue et de l'épinette blanche. Elle affecte d'abord les jeunes aiguilles qui se trouvent sur les branches les plus basses, d'habitude en mai et en juin. À la fin de l'été, les aiguilles présentent des marbrures jaunes, qui virent par la suite au brun ou au brun violacé. On observe également des rangées de minuscules points noirs sur les aiguilles. Le champignon hiverne dans les aiguilles infectées restées dans l'arbre ou tombées au sol, et il est propagé au printemps suivant par le vent et les éclaboussures de pluie.

Méthodes de lutte

Espacer suffisamment les arbres; assurer un ensoleillement adéquat et une bonne circulation de l'air.

Rouge du pin (chute des aiguilles)

Lorsqu'elles sont atteintes du rouge du pin, les aiguilles de la saison précédente virent au rouge à la fin de l'hiver et au début du printemps, et tombent à la fin du printemps et au début de l'été. Des fructifications noires apparaissent sur les aiguilles tombées. Seules les aiguilles de l'année demeurent dans l'arbre. Cette maladie dépouille le pin noir d'Autriche et le pin sylvestre d'une grande partie de leurs aiguilles.

Méthodes de lutte

Espacer suffisamment les arbres; assurer un ensoleillement adéquat et une bonne circulation de l'air.

Oïdium (blanc)

L'apparition de taches blanches poudreuses sur les tiges et les feuilles constitue le symptôme initial de cette maladie. La feuille entière peut s'infecter en cas d'épidémie. Chez certaines espèces, telles que le rosier, les jeunes pousses peuvent s'infecter en premier, tandis que chez d'autres espèces, telles que le phlox, la maladie s'attaque d'abord aux feuilles les plus basses. Parmi les autres végétaux vulnérables, on note le bégonia, le chrysanthème, le pommetier, le delphinium, le lilas, l'érable de Norvège, le troène, le muflier et le zinnia.

On peut s'attendre à des infections d'oïdium dans la deuxième moitié de l'été, lorsque les journées sont ensoleillées et sèches et les nuits fraîches. Ces conditions atmosphériques se traduisent par des fluctuations extrêmes du taux hygrométrique, ce qui favorise l'éclosion de la maladie. L'oïdium est disgracieux, et lorsque les végétaux ne sont pas traités, il cause du tort à leur santé et les rend moins vigoureux.

Méthodes de lutte

Placer les plantes sensibles là où il y a une bonne circulation d'air. Dans le cas des plantes qui tolèrent le plein soleil, on peut réduire l'incidence de l'oïdium en les plaçant dans un endroit ensoleillé. Il a été démontré que l'arrosage par aspersion en hauteur effectué pendant la journée limite la propagation de la maladie et réduit sa gravité. Éviter ce type d'arrosage en fin de journée. En automne, enlever les résidus végétaux afin d'éliminer les sources d'inoculum pour le printemps suivant. Là où l'oïdium a été présent dans le passé, choisir des variétés résistantes si possible.

Pourridié (pourriture des racines)

Des champignons comme Pythium, Phytophthora, Rhizoctonia et Fusarium causent le pourridié et la pourriture du bas des tiges des plantes herbacées d'ornement et de certaines plantes ligneuses. Ces champignons terricoles sont plus communs lorsqu'on utilise un substrat contaminé pour les semis d'intérieur ou lorsque le sol à l'extérieur est mouillé durant de longues périodes.

Méthodes de lutte

Enlever et détruire les racines des plantes infectées et le sol qui les entoure. N'employer que du substrat stérilisé pour les semis. Ne pas enfoncer trop profondément les plantules ou les plantes ligneuses au moment de leur mise en terre. Choisir un site bien drainé, arroser suffisamment mais sans exagération et espacer largement les plants dans le jardin. Ne pas planter de bulbes présentant des taches creuses ou décolorées.

Pourridié agaric

Causé par Armillaria, le pourridié agaric s'attaque surtout aux plantes ligneuses affaiblies par la sécheresse et par d'autres facteurs de stress. Les racines et le bas du tronc présentent des éventails de filaments blanchâtres sous l'écorce; le bois interne est décoloré. Des rhizomorphes, sortes de lacets noirs, apparaissent à la surface des racines et propagent le champignon d'une plante à l'autre à mesure que la plante s'étend dans le sol. À l'automne, des grappes de champignons de couleur miel peuvent apparaître au pied des plantes infectées.

Méthodes de lutte

Éviter de planter les arbres trop profondément, de les arroser trop copieusement ou de les planter sur un terrain mal drainé.

Rouilles

Les rouilles sont des maladies typiques des temps frais qui ont besoin d'eau pour germer et infecter les feuilles. Les champignons des rouilles s'attaquent à des espèces particulières de végétaux; la rose trémière, le groseillier alpin, le géranium, le pin, le rosier, le fuchsia et le muflier constituent les essences envahies le plus fréquemment. De petites taches ou lésions dont la couleur varie de l'orangé au brun roux et qui sont chargées de spores poudreuses apparaissent vers le milieu de l'été sur la face inférieure des feuilles et sur la tige.

Méthodes de lutte

Il est difficile de lutter contre ces maladies, mais on recommande d'éviter l'arrosage par aspersion en hauteur en fin de journée, et de détruire toutes les feuilles et tous les débris végétaux infectés.

Rouille du pommier, rouille du cognassier et rouille de l'aubépine

Ces maladies sont causées par des champignons ayant un cycle vital complexe de deux ans. Ils nécessitent deux plantes hôtes : le genévrier rouge et un arbre ou arbuste décidu. Pour la rouille du pommier, c'est le pommier ou le pommetier qui sert d'hôte secondaire, alors que pour la rouille du cognassier, c'est le pommier, le pommetier, le cognassier ou l'amélanchier qui joue ce rôle et pour la rouille de l'aubépine, c'est l'aubépine elle même qui sert d'hôte intermédiaire.

Le champignon hiverne sur les ramilles ou les feuilles du genévrier, sous forme de galle réniforme ou piquetée. Au cours des chaudes pluies printanières qui tombent entre le milieu et la fin du mois de mai, les galles gonflent, formant des cornes gélatineuses de couleur orange vif. Les spores qui s'échappent de ces cornes sont dispersées par le vent jusqu'à l'hôte décidu.

Au départ, l'infection de l'hôte feuillu se manifeste par la présence de petits points jaune pâle. À la mi été, la rouille du pommier produit, sur la face inférieure des feuilles, des structures orangées en forme de coupe desquelles jaillissent des protubérances cornues. Quant à la rouille du cognassier, elle n'infecte que le fruit, provoquant le plissement de l'extrémité du calice (les restes de la fleur) et sa coloration vert foncé. À la fin de l'été, les spores provenant de ces structures sont dispersées à nouveau sur les genévriers, et le cycle recommence.

Méthodes de lutte

Retirer les galles des genévriers infestés. Enlever si possible les hôtes intermédiaires.

Rouille de la rose trémière

Pour combattre efficacement la rouille, il faut enlever du secteur toutes les mauves négligées et les mauves à feuilles rondes en raison de leur sensibilité à la même rouille.

Rouille du rosier

La plupart des rosiers de jardin sont prédisposés à la rouille du rosier. Des masses de spores poudreuses dont la teinte varie du jaune à l'orange vif se forment sur la face inférieure des feuilles et sur les pousses. La surface supérieure de la feuille présente des taches brun roux. Les feuilles gravement infectées jaunissent, puis se dessèchent et tombent. Des pluies ou rosées fréquentes s'accompagnant de températures qui varient entre 18 et 22 °C sont propices à l'apparition de cette maladie.

Méthodes de lutte

Enlever et détruire les feuilles infectées.

Rouille tumeur occidentale du pin

La rouille tumeur occidentale du pin s'attaque en général au pin gris, au pin noir d'Autriche et au pin mugo. Elle cause la formation de galles ligneuses piriformes sur les branches et sur le tronc. Ces galles sont de nature perpétuelle et s'élargissent chaque année, atteignant une taille de 10 à 30 cm avant de mourir. Les branches dépérissent de façon marquée et présentent des balais de sorcière.

Méthodes de lutte

Enlever les arbres ou les branches qui sont infestés.

Rouille vésiculeuse du pin blanc

Cette rouille a besoin de deux hôtes pour achever son cycle vital. Le premier de ces hôtes est le pin blanc et le second, le groseillier rouge ou le cassissier. Le champignon envahit d'abord les branches, puis se propage lentement jusqu'au tronc et finit par tuer l'arbre. L'écorce est infectée et devient orangée lorsque le tronc enfle et se couvre de vésicules. Les vésicules qui croissent sur le pin libèrent des spores que le vent dissémine sur le groseillier et le cassissier. À la fin de l'été, les spores sont libérées par les groseilliers ou les cassissiers infectés et disséminées sur les pins en bonne santé, et le cycle recommence.

Méthodes de lutte

Élaguer les branches infectées. Ne pas planter des pins blancs et des groseilliers ou des cassissiers sur le même terrain.

Tavelure

Cette maladie touche le pommetier et le buisson ardent. Des taches vert olive apparaissent sur les feuilles, ces taches virant par la suite au brun foncé et au noir. Sur les fruits, elle se manifeste par des taches sombres et de forme irrégulière. Si l'attaque est forte, la peau se fend et le fruit devient difforme. Parfois, les feuilles tombent et la récolte de l'année suivante est compromise.

Le champignon de la tavelure hiverne sur les feuilles mortes qui jonchent le sol. Les pluies de printemps provoquent la libération des spores fongiques dans l'air et ces spores infectent les jeunes plantes. Si la qualité des fruits du pommetier n'a pas d'importance, il n'est pas nécessaire que le traitement soit aussi rigoureux que sur le pommier cultivé pour ses fruits. Toutefois, il faut empêcher que les feuilles subissent des dommages graves, car la santé de l'arbre risque d'être compromise.

Méthodes de lutte

Tailler les arbres de manière à assurer une bonne circulation de l'air dans le feuillage. Il existe des variétés résistantes de buisson ardent et de pommetier.

Fumagine

La fumagine, dépôt noir pulvérulent ressemblant à de la suie, est causée par les champignons qui se développent sur le miellat, excrétion sucrée d'insectes suceurs comme les pucerons et les cochenilles. Elle peut couvrir en tout ou en partie les aiguilles ou les feuilles d'arbres et d'arbustes.

Méthodes de lutte

On peut arrêter la production de fumagine en prenant des mesures contre les insectes. Il est possible de déloger le miellat et certains insectes au moyen d'un fort jet d'eau.

Tache goudronneuse de l'érable

Le symptôme caractéristique de cette maladie est l'apparition de petites taches noires de forme irrégulière qui font penser à du goudron. Ces taches apparaissent vers le milieu de l'été sur la face supérieure des feuilles infectées, et la face inférieure des feuilles brunit sous les taches. Le feuillage gravement affecté tombe prématurément. Le champignon hiverne sur les feuilles malades qui jonchent le sol et infecte le feuillage sain au printemps suivant.

L'érable argenté, l'érable rouge et l'érable de Norvège sont les plus sensibles, mais l'érable à sucre et l'érable faux platane peuvent aussi être affectés. Les jeunes arbres peuvent être très affaiblis par la chute des feuilles.

Méthodes de lutte

Bien que les taches nuisent à la beauté des feuilles, cette maladie est rarement assez grave pour que la pulvérisation d'un fongicide soit justifiée. À l'automne, enlever et détruire les feuilles infectées afin de réduire les chances d'infection au printemps suivant.

Moisissure blanche

Pendant les périodes pluvieuses ou lorsque les arrosages sont fréquents, cette maladie causée par le champignon Sclerotinia touche les plantes annuelles comme le tagète, la pervenche et la sauge qu'on cultive en massifs denses. Les symptômes en sont la pourriture et le brunissement soudains des tiges et des feuilles les plus basses, accompagnés de touffes cotonneuses de mycélium blanc portant en leur centre des organes de fructification ronds et noirs appelés sclérotes. Les sclérotes peuvent vivre dans le sol pendant très longtemps.

Méthodes de lutte

Enlever et jeter les plants malades et les feuilles mortes dès qu'on remarque leur présence. Ne pas les composter ni les enfouir. Éviter les éclaboussures d'eau sur les feuilles. Lors de la mise en terre, espacer suffisamment les plants pour permettre une bonne circulation d'air.

Flétrissures et brûlures bactériennes

Pour des informations complètes sur les flétrissures et les brûlures bactériennes, voir au Chapitre 1 la partie sur les maladies des plantes.

Flétrissure fusarienne (fusariose)

Les champignons terricoles du genre Fusarium causent de nombreuses pourritures et flétrissures chez les plantes herbacées d'ornement. L'un d'entre eux attaque le bulbe du lys, de la tulipe, du narcisse et du crocus. La base du bulbe pourrit et présente un tissu de teinte brun violacé qui est traversé par des filaments roses. Un autre s'en prend à l'œillet, alors qu'un troisième affecte le chrysanthème de jardin. Ces deux types de fusariose se manifestent par le jaunissement des feuilles d'un côté de la tige ou causent le flétrissement complet des branches ou des pousses atteintes. La tige montre une coloration brun roux au niveau du sol. Il peut se produire un rabougrissement de la plante.

Méthodes de lutte

Déterrer et enlever toutes les parties infectées de la plante, y compris les bulbes et les racines. Remplacer les sujets malades par des plantes résistantes au type de fusariose en cause. Améliorer le drainage du sol pour empêcher l'engorgement par l'eau. Augmenter la teneur en matières organiques du sol pour contrer le risque de stress hydrique pendant l'été.

Flétrissure verticillienne (verticilliose)

La verticilliose, maladie causée par un champignon terricole, s'attaque à de nombreuses espèces ornementales d'arbres, d'arbustes et de fleurs. Le champignon pénètre le végétal par les racines et bouche graduellement les vaisseaux conducteurs d'eau. Les essences sensibles comprennent l'érable, le frêne, le tilleul, le catalpa, le dahlia, l'aster, le chrysanthème, l'impatiente, le phlox et le muflier. Une fois mis en présence du champignon, le sol demeure contaminé indéfiniment.

La verticilliose passe par des phases aiguës et chroniques. Le flétrissement, l'enroulement, le jaunissement ou le noircissement soudains du feuillage, suivis de la chute prématurée des feuilles, sont les symptômes initiaux de l'infection. L'arbre entier peut se flétrir subitement après de nombreuses années de croissance, ou une seule branche peut mourir pendant que les autres demeurent saines. On trouve parfois des stries noires, brun foncé ou vert olive sur les cernes annuels extérieurs du bois, lesquelles peuvent ouvrir la voie à l'infection par de longs chancres. Quand la maladie se limite au bois d'une seule année, on observe un cloisonnement du bois malade (voir la partie sur la carie du bois).

Méthodes de lutte

Améliorer la vigueur des arbres infectés par la fertilisation et l'arrosage. Élaguer les branches infectées. Là où un arbre a été détruit par la verticilliose, il est préférable de planter une essence résistante comme le noyer, le chêne, le sorbier des oiseaux, le platane occidental, n'importe quel conifère, le buis, le poirier ou le mûrier.

Carie du bois

De nombreux champignons microscopiques sont responsables de cette maladie, qui attaque arbres et arbustes et pénètre généralement dans le végétal par des blessures causées par des insectes ou des outils. Les végétaux en bonne santé recouvrent normalement leurs blessures d'un tissu cicatriciel appelé cal qui constitue un ensemble de barrières chimiques empêchant les champignons de la carie de pénétrer dans le bois. Ce processus se nomme cloisonnement. Toutefois, lorsque des facteurs de stress comme la sécheresse, la défoliation et le dérangement des racines compromettent la santé du végétal atteint, ces mécanismes de défense normaux sont affaiblis.

Les champignons de la carie du bois croissent verticalement dans la colonne de bois affectée, provoquant la décoloration, la pourriture et parfois même la désintégration complète du bois. Cette infection produit des arbres structurellement faibles, voire creux, qui constituent un danger pour les propriétés ou bâtiments avoisinants. Après une croissance étendue au sein du végétal, les champignons produisent des structures de reproduction sur l'écorce, sur la partie inférieure du tronc et sur les racines; parmi les plus communes, notons les structures qui prennent la forme de gros champignons, de champignons en étagères, de liège ou d'excroissances poreuses et plates.

Méthodes de lutte

Les arbres endommagés devraient être examinés par un arboriculteur compétent qui évaluera la solidité, et le bois mort devrait être élagué. Réduire les facteurs de stress qui affaiblissent l'arbre, arroser suffisamment et fertiliser à l'occasion. Éviter dans la mesure du possible de causer des blessures aux arbres et enlever avec une lame l'écorce détachée et les bords déchirés des blessures. Des recherches ont montré que le mastic à greffer liquide ou en pâte ne stimule aucunement la fermeture des blessures et n'empêche pas non plus l'infection par la carie du bois.

Liens connexes


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 16 juin 2010
Dernière révision : 9 août 2010

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca