Manuel
du jardinier
Chapitre 6: Plantes ornementales
Lutte contre les ennemis
des plantes ornementales
Table des matières
- Introduction
- Pucerons
- Scolyte de l'écorce
- Mineuse
du bouleau (petite)
- Charançon noir de la
vigne, charançon de l'if et charançon de la racine du fraisier
- Perceurs
- Agrile du frêne
- Dépérissement du bouleau (agrile du bouleau)
- Famille des chenilles
- Chrysomèles
- Liens connexes
Introduction
Le
présent chapitre contient une description de divers ravageurs des plantes
ornementales ainsi que des conseils sur des méthodes de lutte excluant
l'utilisation de pesticides. Les jardiniers amateurs peuvent encore se procurer
certains biopesticides et certains pesticides à faible risque pour lutter
contre les mauvaises herbes et les ravageurs des pelouses et des jardins. Pour
avoir plus d'information, voir le Chapitre 2 de
ce manuel et le site Web du ministère
de l'Environnement. Pour obtenir des conseils sur la lutte contre certains
ravageurs ou mauvaises herbes en particulier, s'adresser à un horticulteur,
à un maître jardinier ou à
un centre de jardinage de votre localité.
NOTE À L'INTENTION
DES PROPRIÉTAIRES D'ARBRES : L'interdiction sur les pesticides
prévoit une exception pour l'embauche d'un exterminateur titulaire d'un
permis et habilité à employer des pesticides commerciaux pour protéger
la santé de vos arbres. Cette exception ne vise que les ravageurs qui menacent
la santé des arbres. Par exemple, on ne peut l'invoquer pour lutter contre
des espèces qui nuisent à la qualité des fruits sans tuer
l'arbre lui même. Pour pouvoir s'en prévaloir, les exterminateurs
titulaires d'un permis doivent obtenir l'avis écrit d'un professionnel
spécialiste de l'arboriculture établissant que l'emploi d'un pesticide
est nécessaire au maintien de la santé de l'arbre. Pour plus d'information,
communiquer avec le ministère de l'Environnement.
À noter
que de nombreux arbres tolèrent certains dommages, en particulier au feuillage,
sans en souffrir de façon durable. Les descriptions de ravageurs ci dessous
sont accompagnées de conseils sur les méthodes de lutte culturale,
mais dans de nombreux cas la mise en uvre de celles ci peut ne pas être
nécessaire.
Pucerons
Les pucerons sont de
petits insectes mous piriformes de diverses couleurs, qui vont du vert au rouge
en passant par le brun et le noir. Ils affaiblissent la plante qu'ils infestent
en en suçant la sève, généralement à l'extrémité
des pousses et sur la face inférieure des jeunes branches. Les feuilles
infestées peuvent s'enrouler et se crisper. De nombreuses espèces
sécrètent également une substance aqueuse appelée
miellat, qui rend la plante poisseuse et permet le développement de la
fumagine, dépôt pulvérulent couleur de suie. La plupart des
espèces de pucerons produisent plusieurs générations par
saison de croissance.
De nombreuses plantes sont susceptibles d'être
infestées par des pucerons, en particulier le bouleau, le chrysanthème,
le cerisier décoratif, le pommetier, le chèvrefeuille, l'érable
de Norvège, le tilleul, le rosier, la spirée, la viorne obier, le
saule et les annuelles à fleurs.
Le puceron du chèvrefeuille
mesure 2 mm de long; sa couleur va du vert pâle au ton crème, avec
une couche de cire fine et poudreuse qui recouvre son corps. Il s'en prend au
chèvrefeuille, provoquant ainsi l'arrêt de la croissance et le rabougrissement
de la plante, de même que la formation de balais de sorcière et l'enroulement
des feuilles vert pâle. Le puceron du chèvrefeuille hiverne sur les
rameaux à l'état d'ufs, qui éclosent au printemps,
dès le débourrement.
Méthodes de lutte
Avant
que les bourgeons ne commencent à éclore au printemps, tailler toutes
les branches affectées bien en dessous du balai de sorcière. On
peut aussi choisir de pulvériser en même temps une huile pour traitement
d'hiver. Dans la mesure du possible, remplacer les variétés sensibles
par des souches plus résistantes. Pour connaître d'autres méthodes
de lutte, voir pucerons dans la partie consacrée
aux pommiers.
Scolyte de l'écorce
Les
scolytes de l'écorce s'enfoncent dans le tronc et les branches des arbres
et y déposent leurs ufs. Une fois écloses, les larves creusent
dans le bois des galeries transversales d'où partent des galeries perpendiculaires
aux premières, ces galeries finissant par faire le tour du tronc. La pupaison
a aussi lieu sous l'écorce; les nouveaux adultes émergent en perforant
l'écorce et partent coloniser d'autres arbres.
Ces insectes jettent
s'attaquent surtout aux arbres vieillissants ou affaiblis par le choc de transplantation,
par des blessures mécaniques ou par des conditions de sol défavorables.
Le pin, l'épinette, le thuya occidental, le genévrier rouge, le
tilleul, l'érable, l'aubépine, le cerisier ornemental et le sorbier
d'Amérique sont leurs essences de prédilection.
L'éclaircissement
du feuillage et le dépérissement des feuilles ainsi que la présence
de sciure sur l'écorce sont les premiers signes annonciateurs d'un problème.
Si l'on inspecte l'écorce de plus près, on aperçoit de petits
trous circulaires d'environ 2 mm de diamètre sur le tronc et les branches.
En ce qui concerne les scolytes du bois, les galeries sont également obturées
par un amas noir de mycétophores.
Méthodes de lutte
Les
arbres à transplanter doivent être placés dans un terrain
soigneusement préparé et les arbres enracinés doivent être
protégés contre les maladies abiotiques, en particulier celles qui
affectent l'écorce. Un programme de fertilisation adéquat augmentera
également la vigueur des arbres en réduisant la concurrence avec
le gazon environnant. Arracher et détruire tous les arbres et arbustes
infestés.
Mineuse du bouleau (petite)
À
la mi mai, puis à nouveau au début de juillet, de petites tenthrèdes
noires émergent du sol et pondent leurs ufs sur le feuillage. Dès
qu'elles éclosent, les larves pénètrent dans la feuille,
où elles sont protégées contre les traitements insecticides.
Les ravages se traduisent par de grandes taches brunes sur les feuilles. Les feuilles
gravement minées virent au jaune, puis tombent au milieu de l'été.
La petite mineuse est un parasite du bouleau très commun et s'en prend
particulièrement au bouleau blanc d'Europe.
Méthodes de lutte
Sur
les petits arbres, tuer les mineuses en écrasant leurs galeries. Pour réduire
le nombre d'individus, on peut ramasser et détruire les feuilles endommagées
ou tombées.
Charançon noir de la vigne, charançon
de l'if et charançon de la racine du fraisier
Le charançon
noir de la vigne ou charançon de l'if est un coléoptère noir
mesurant entre 9 et 13 mm de long, incapable de voler et dont la tête est
prolongée par un rostre. L'adulte du charançon noir de la vigne
s'alimente la nuit, découpant des échancrures dans le bord des aiguilles
ou des feuilles. Le jour, il se cache dans des endroits sombres, sous des débris
végétaux ou des paillis. Le charançon est un ravageur sournois,
parce que les dommages les plus graves sont infligés par les larves et
se produisent sous la surface du sol. L'azalée, le fusain, la pruche, le
rhododendron, l'if et le thuya occidental sont les essences de prédilection
du charançon noir de la vigne.
L'adulte du charançon de la
racine du fraisier est un insecte brun foncé légèrement plus
petit (6 mm) que le charançon noir de la vigne, incapable lui aussi de
voler et qui s'attaque essentiellement aux plantes herbacées d'ornement,
au thuya occidental, à l'épinette et au genévrier. Il s'alimente
la nuit et ronge les feuilles et les aiguilles.
Les larves des charançons
mesurent environ 1 cm de long, ont un corps arqué de couleur blanche, sont
dépourvues de pattes et ont la tête brune. On peut les trouver à
une profondeur de 2 à 25 cm autour des racines. Elles se nourrissent de
racines fibreuses et dépouillent les racines plus épaisses de leur
écorce, entravant ainsi la croissance des plantes, qui se dessèchent
et se décolorent, puis finissent par mourir.
Méthodes de
lutte
Étaler des feuilles de plastique sous l'arbre et secouer les
branches, puis tuer les adultes qui sont tombés. Enlever et détruire
tous les fruits tombés. On peut étendre des sacs de jute à
la base des arbres pour attirer les adultes qui cherchent des cachettes. Les inspecter
souvent, ramasser et tuer les charançons. Dans le commerce, on vend aussi
des nématodes parasites qui permettent de réprimer les populations
de scarabées. Les lâcher à la fin de l'été ou
au début de l'automne ainsi qu'au milieu du printemps pour viser les populations
à l'état larvaire. Bien suivre les instructions figurant sur l'étiquette.
Perceurs
Les
larves des perceurs du bois creusent des galeries dans le bois. Au cours des années,
elles peuvent affaiblir la plante et finir par la tuer. Les signes d'infestation
comprennent des trous dans l'écorce du cerisier ornemental, du prunier
et du pêcher, ces trous s'accompagnant de la présence de sciure ou
d'une substance collante. Les jeunes arbres, en particulier ceux qui viennent
d'être transplantés, sont très sensibles aux attaques des
perceurs du bois. Les plantes affaiblies ou vieillissantes sont également
vulnérables. Pour plus d'information, voir la partie sur les perceurs au
Chapitre 1.
Méthodes de lutte
Protéger
les jeunes arbres et les arbres nouvellement transplantés en leur entourant
le tronc, depuis le sol jusqu'à la branche la plus basse, d'un papier fort
ou de jute. Ne pas utiliser de papier goudronné, car ses émanations
peuvent être nocives pour l'arbre. Continuer d'envelopper l'arbre pendant
2 ans au moins après la transplantation. Cette méthode ne convient
pas aux arbustes, sur lesquels il vaut mieux enlever les tiges infestées.
Enlever la tourbe autour du tronc, le cas échéant, à l'aide
d'un herbicide ou d'un procédé mécanique, puis entourer l'arbre
d'une couche épaisse de paillis et veiller à ce qu'il bénéficie
d'une fertilisation et d'une irrigation adéquates afin de favoriser une
croissance vigoureuse. Lorsqu'on plante un bouleau blanc, il convient d'en entourer
la base d'une couche de paillis de 1 m de diamètre et d'élargir
cette couche à mesure que l'arbre se développe en vue de réduire
le stress auquel il est soumis. Les blessures de l'écorce facilitent l'entrée
des petites larves des perceurs du bois. Il faut éviter d'infliger de telles
blessures avec des outils ou des tondeuses à gazon. Nettoyer les blessures
en les grattant. Si les perceurs du bois sont déjà à l'uvre
dans l'arbre, tenter de les écraser en introduisant un fil de fer dans
chaque trou; sceller ensuite les trous avec du mastic à greffer ou un matériau
semblable. Procéder ainsi au début du printemps et de nouveau à
l'automne.
Agrile du frêne
L'agrile du frêne
est un perceur introduit et envahissant qui a beaucoup reçu d'attention
de la part des médias à cause de l'ampleur des dégâts
qu'il cause. Il attaque et tue toutes les essences de frêne. Il est originaire
d'Asie et a été découvert pour la première fois à
Windsor (Ontario) et à Detroit (Michigan) en 2002; depuis, il s'est propagé
à d'autres régions de la province et du Nord Est des États
Unis. En Ontario, on le signale dans les villes de Hamilton, Toronto et Welland;
dans les municipalités de Durham, York, Peel et Halton; à Sault
Ste Marie, dans le comté de Huron, dans les comtés de Chatham Kent
et Elgin, d'Essex, de Lambton et de Middlsex; dans le comté de Norfolk
et dans la ville d'Ottawa. L'agrile du frêne est un ravageur justiciable
de quarantaine et réglementé par l'Agence canadienne d'inspection
des aliments (ACIA). Pour empêcher sa propagation, l'ACIA restreint les
déplacements de parties de frênes (bois, bois de chauffage, retailles
et déchets) ainsi que l'utilisation des véhicules pour transporter
ces matériaux.
Les agriles du frêne adultes sont de petits
scarabées (8 à 14 mm) vert métallique qui émergent
de l'écorce par de petits trous en forme de D, au printemps et en été.
Les larves s'enfoncent juste sous l'écorce où elles creusent des
galeries tortueuses, ce qui provoque le dépérissement et la mort
des arbres.
Méthodes de lutte
Bien arroser les arbres et
leur assurer un bon apport d'engrais. Les inspecter régulièrement
et signaler tout signe ou symptôme d'infestation à l'Agence canadienne
des aliments, au 1 800 442 2342. Ne jamais transporter de bois de chauffage de
votre domicile à un autre endroit pour éviter de propager cette
espèce envahissante ou d'autres à des régions de la province
où elles sont absentes. Pour connaître les modes de traitement possibles,
veuillez consulter un arboriculteur professionnel de votre localité.
Dépérissement
du bouleau (agrile du bouleau)
Les bouleaux soumis à un stress constituent
un milieu propice aux infestations d'agriles du bouleau, ce qui, en retour, les
prédisposent à l'infection par le champignon du dépérissement.
Cela est particulièrement vrai du bouleau blanc d'Europe, qui vit relativement
peu longtemps (de 15 à 30 ans) et qui a des racines superficielles. Dans
les jardins privés, il croît souvent dans des conditions de sol et
d'humidité inadéquates. Une fois que l'agrile a pénétré
à l'intérieur de l'arbre, il encercle d'abord les branches les plus
hautes et les plus éloignées du tronc, qui meurent ainsi avant que
le tronc lui même ne soit atteint. Blanches et allongées, les larves
mettent deux ans à se développer et creusent juste sous l'écorce
de longues galeries sinueuses qui ressemblent à des bourrelets spiralés
et qui finissent par étrangler les branches et le tronc. Les premiers signes
annonciateurs de la présence de l'agrile sont le jaunissement et l'éclaircissement
du feuillage; l'arbre meurt graduellement, du haut vers le bas.
Au stade
adulte, l'agrile du bouleau est un coléoptère effilé de couleur
bronze olive, qui mesure 12 mm de long; il émerge entre juin et août
de trous creusés dans l'écorce et se nourrit de feuilles.
Méthodes
de lutte
Couper et détruire les branches attaquées avant
la fin de mai. Il est possible de retarder l'uvre des agriles en redonnant
de la vigueur à l'arbre. Les racines du bouleau concurrencent mal le gazon
pour ce qui est de puiser l'humidité du sol. Arroser la zone d'enracinement
à fond plusieurs fois pendant la saison de croissance. Prendre des mesures
contre la petite mineuse du bouleau pour réduire le stress des arbres.
Famille des chenilles
Le principal dégât
causé par les larves appartenant à la famille des chenilles est
la défoliation. Les larves dévorent le feuillage des arbres et des
arbustes, et si l'infestation est importante et se répète au cours
de plusieurs saisons, la plante finit par mourir.
Dans la plupart des cas,
en revanche, les plantes peuvent subir une défoliation considérable
avant d'en être gravement affectées. Les effets des défoliateurs
qui s'activent tôt en saison, par exemple les arpenteuses du printemps,
sont souvent compensés par une nouvelle poussée de croissance en
fin de printemps. Les défoliateurs de fin de saison, comme la chenille
à tente estivale, ne font que peu de dommages, parce que le plus gros de
la croissance, de l'emmagasinage de réserves et de la production de bourgeons
a déjà eu lieu.
Arpenteuses
L'arpenteuse
d'automne et l'arpenteuse du printemps sont de longues chenilles minces de couleur
verte qui se déplacent en allongeant le devant du corps pour ensuite tirer
la partie arrière en un mouvement caractéristique de boucle. Ces
chenilles manifestent leur présence surtout au printemps et se nourrissent
de jeunes feuilles. Leurs infestations sont toutefois sporadiques, pouvant être
fortes une année et disparaître plusieurs années avant de
redevenir problématiques. Les femelles sont des papillons de nuit aptères;
elles grimpent aux arbres à l'automne ou au printemps et pondent des masses
d'ufs sur l'écorce. Les arpenteuses se nourrissent d'un vaste éventail
de plantes, dont le pommier, le chêne, le tilleul et le hêtre.
Méthodes
de lutte
Si les arbres sont isolés, à l'automne et au printemps,
il est possible d'entourer leurs troncs de bandes recouvertes d'une substance
collante (p. ex. Tack Trap, Stick'em) pour attraper les papillons de nuit au moment
où ils remontent.
Livrées, tisseuses, enrouleuses
On
arrive rarement à déceler ces chenilles avant que l'apparition de
toiles, de tentes ou de sciure et d'excréments ne révèle
leur présence, les dommages les plus graves étant toutefois causés
par la défoliation. Bien qu'un grand nombre d'essences puissent être
attaquées, leurs essences de prédilection sont le bouleau, le pommetier,
le cerisier décoratif, l'aubépine, le genévrier, le troène
et le tilleul.
La chenille à houppes blanches est
une chenille à tête rouge garnie d'aigrettes blanches et noires qui
ravage un vaste éventail d'arbres et d'arbustes à feuilles caduques
et persistantes, squelettisant au passage feuilles et aiguilles. Les larves ont
la tête de couleur rougeâtre tirant sur l'orangé et le corps
jaune garni de poils qui forment une crête caractéristique.
La
chenille à tente estivale est une chenille poilue de teinte
jaune pâle qui tisse en août et en septembre de grandes toiles au
sommet des branches du frêne, du bouleau, de l'érable négondo,
du pommetier, du cerisier, du tilleul, du peuplier, du chêne, du noyer et
de bien d'autres arbres.
La chenille épineuse de l'orme
a le corps noir couvert de petites mouchetures blanches et d'épines ainsi
que d'une rangée de gros points rouges sur le dos. La présence de
ces chenilles qui préfèrent l'orme et le saule, mais qui ravagent
aussi le bouleau, l'érable et plusieurs autres essences feuillues, est
évidente du milieu à la fin du printemps.
La chenille
tisseuse du pin est une larve d'un brun jaunâtre qui porte deux
rayures foncées le long de chaque côté du corps. Au cur
de l'été, des colonies larvaires se nourrissent des aiguilles emprisonnées
dans des masses de sciure et d'excréments fixées aux rameaux et
aux branches par des fils tissés d'une manière lâche.
L'enrouleuse
est une chenille qui roule la feuille vers l'intérieur de façon
caractéristique, puis la dévore tout en étant protégée
par cette chambre cylindrique. En Ontario, la tordeuse du pommier et la tordeuse
à bandes rouges attaquent de nombreux arbres, arbustes et arbres fruitiers
d'ornement. On n'arrive à les combattre que par l'application d'insecticides
au début du printemps, avant que les chenilles n'aient cherché refuge
dans la feuille enroulée.
Au printemps, la livrée
d'Amérique se file une tente soyeuse dans les fourches des branches
du pommier, de l'aubépine, du cerisier décoratif et d'autres arbres
et arbustes feuillus. Cette tente sert d'abri nocturne, d'où les chenilles
sortent le jour pour manger. La livrée d'Amérique est noire et poilue;
elle est ornée de lignes brunes et jaunes et de points bleus sur les côtés,
et porte une rayure blanche sur le dos.
La livrée des forêts
est également noire et poilue, mais elle porte des rayures bleues, orangées
et jaune pâle sur les côtés et des " empreintes de pied
" blanches sur le dos. Cette espèce préfère le frêne,
le bouleau, le chêne, le peuplier et l'érable à sucre, mais
s'attaque aussi à un vaste éventail d'autres arbres et arbustes
feuillus. Ses tentes forment un tapis plat sur l'écorce des arbres touchés
plutôt que des toiles dans les fourches des branches, et elles sont donc
moins évidentes que celles de la livrée d'Amérique.
Le
papillon satiné, ainsi nommé en raison de son lustre
qui s'apparente à du satin blanc, apparaît en juillet et est vraisemblablement
en train de se répandre dans la région du Grand Toronto. Les larves,
qui se distinguent par leurs brillantes mouchetures blanches et orangées,
hivernent dans des abris de soie ressemblant à des cocons et commencent
à s'alimenter lorsque les feuilles se sont développées.
La
tisseuse du genévrier est une chenille brun pâle
mesurant environ 12 mm de long qui s'alimente à la base des aiguilles du
genévrier. Les aiguilles attaquées sont rassemblées par des
fils de soie au début de l'automne, puis à nouveau au printemps
suivant.
Méthodes de lutte
L'enlèvement ou la destruction
des tentes expose les chenilles à la vue de leurs prédateurs et
les met à la merci des éléments. Cette façon de procéder
est particulièrement efficace lorsque les soirées sont froides.
Pendant les périodes de temps doux, il faut élaguer et détruire
les rameaux qui portent des tentes. Ramasser à la main la chenille tisseuse
du pin lorsqu'elle est présente en petit nombre. Les livrées produisent
sur les rameaux des colliers d'ufs bruns et durs qui s'apparentent à
de la mousse; il faut enlever ou élaguer ces rameaux avant l'éclosion,
en hiver ou au début du printemps. Les populations de livrées subissent
souvent une pression exercée par une large gamme de prédateurs,
de parasites et de pathogènes naturels.
Spongieuse
La
spongieuse est un important parasite des arbres et arbustes d'Ontario à
la fin du printemps et au début de l'été. C'est une chenille
sombre et velue qui porte une double rangée de cinq paires de points bleus
et de six paires de points rouges sur le dos. Les petits sortent d'une masse d'ufs
de couleur chamois qui a été déposée au cours de l'automne
précédent, et ils se déplacent ou sont transportés
par le vent vers des plantes hôtes propices. Ils dévorent activement
le feuillage de toute plante ligneuse à l'exception du genévrier,
atteignant jusqu'à 7 cm de longueur avant le stade de chrysalide, en juillet.
Incapables de voler, les femelles des papillons de nuit pondent à peu près
n'importe où. Par conséquent, les véhicules automobiles,
les effets de camping et autres objets du même genre propagent régulièrement
les infestations dans d'autres régions. Les spongieuses se nourrissent
des feuilles de nombreux arbres et arbustes mais préfèrent le tilleul
d'Amérique, le bouleau, l'aubépine, le chêne, le peuplier
et le saule.
Méthodes de lutte
Avant l'éclosion, gratter
les masses d'ufs des spongieuses et les jeter dans un bocal contenant du
savon à vaisselle, ce qui tuera les ufs. Après l'éclosion
des petits, les piéger en entourant le tronc des arbres infestés
d'une bande de jute et détruire les chenilles qui s'y réfugieront.
C'est une façon pratique de les supprimer lorsqu'on n'a que quelques arbres
infestés; s'assurer que l'on inspecte cette bande chaque jour. Les populations
de spongieuse subissent souvent une pression exercée par plusieurs prédateurs,
parasites et pathogènes.
Tenthrèdes (mouches
à scie) et leurs larves
Ces insectes avancent en colonies, défoliant
une branche après l'autre. De nombreuses espèces attaquent tant
les conifères que les arbres et arbustes à feuilles caduques.
Les
larves des tenthrèdes qui s'en prennent aux conifères rongent les
aiguilles, minent les bourgeons ou perforent la moelle des jeunes pousses. Le
sapin, le mélèze, l'épinette, le pin et la pruche sont particulièrement
sensibles à leurs attaques. Les larves ressemblent à des chenilles
mais possèdent plus de cinq paires de fausses pattes et n'ont pas d'épines
crochues sur le dos.
Les tenthrèdes qui attaquent les arbres feuillus
sont en général des défoliatrices, mais elles peuvent aussi
être des tordeuses, des tisseuses, des squeletteuses, des foreuses de tige
ou des espèces gallicoles. Le cornouiller, le bouleau, le sorbier d'Amérique,
le chêne, le robinier, le troène et le rosier sont parmi les essences
attaquées le plus fréquemment. Le mois de juin constitue une période
critique pour le développement des larves de tenthrèdes, bien qu'elles
apparaissent en général plus tard sur le troène.
Le
diprion de LeConte a la tête rougeâtre et le corps
jaune parsemé de six rangées de taches noires. Il se nourrit de
vieilles feuilles en juillet et en août. Plusieurs générations
peuvent être présentes en même temps, ravageant ainsi la totalité
du feuillage.
Le diprion du pin sylvestre a la tête
noire et le corps verdâtre marqué de rayures longitudinales foncées;
il se manifeste de la fin de mai jusqu'en juin.
Le pamphile à
tête rouge est la tenthrède tisseuse la plus commune; elle
ravage le pin rouge, le pin blanc, le pin sylvestre et le pin mugo. L'adulte émerge
de la mi avril à la mi mai et pond ses ufs sur des aiguilles âgées
d'un an. Les larves tissent des toiles lâches à la base des aiguilles,
amputant les aiguilles pour se nourrir et filant de grandes toiles où s'accumulent
la sciure et les excréments. Aux endroits où les larves se sont
alimentées, elles laissent de grandes zones dénudées.
La
tenthrède du cornouiller émerge à l'état
d'adulte de la fin de mai jusqu'en juillet pour pondre ses ufs sur la face
inférieure des feuilles du cornouiller. Les larves se nourrissent en colonies
et dévorent la feuille entière, ne laissant subsister que la nervure
principale. Recouvertes au début d'un enduit blanc d'aspect poudreux, les
larves sont jaunes et leurs segments abdominaux portent de grosses taches noires
formant trois rangées longitudinales.
La tenthrède
du sorbier est jaune à l'état de larve et ses segments
abdominaux sont parsemés de taches noires formant quatre bandes longitudinales.
Les larves se manifestent de juin au début d'août et se nourrissent
en colonies. Une seconde génération peut se manifester de la fin
d'août jusqu'au début de septembre. Une fois parvenues à maturité,
les larves se nymphosent et passent l'hiver dans le sol.
La tenthrède
limace du rosier et la tenthrède épineuse du rosier
s'en prennent aux rosiers. La première s'apparente à la tenthrède
squeletteuse du cerisier; il s'agit d'une larve couverte de bave, longue d'environ
1 cm, qui squelettise les feuilles. La seconde découpe des entailles dans
les jeunes pousses pour y déposer ses ufs. Les pousses réagissent
à cette agression en se recourbant vers le côté atteint, qui
vire au noir. Les larves qui éclosent en juin et au début de juillet
sont vertes et jaune orangé, et elles sont parsemées de points noirs.
Une fois parvenues à maturité, les larves se laissent tomber au
sol, où elles s'enfoncent pour passer l'hiver à l'état de
prénymphes.
Méthodes de lutte
Dans la mesure du possible,
retirer à la main et détruire les colonies. Certains de ces insectes
ont des ennemis naturels qui contribuent à maintenir leurs populations
en échec.
Mineuse du thuya
Les larves ravagent
l'intérieur des feuilles du thuya occidental, ce qui fait brunir l'extrémité
du feuillage. Elles passent également l'hiver à l'intérieur
du feuillage. En juin et juillet, les adultes sont de minuscules papillons nocturnes
de couleur grise qui s'envolent en nuées lorsqu'on secoue les thuyas. Les
dommages se remarquent souvent au printemps, mais ils peuvent être attribués
à d'autres facteurs et confondus avec ceux qui sont causés à
l'extrémité du feuillage par l'hiver ou par le sel. Les feuilles
sont minées entre leurs deux épidermes et, si on les observe à
la lumière, on aperçoit les larves dans leurs galeries. Le thuya
peut subir de grands ravages par la mineuse avant d'en souffrir vraiment.
Méthodes
de lutte
Tailler les haies et les petits arbustes avant juin et détruire
les parties enlevées. Cette méthode permet de réduire les
populations de ces insectes avant la sortie des papillons adultes.
Chrysomèle
des racines du maïs
Bien que le maïs soit l'hôte de prédilection
de ce déprédateur, la chrysomèle des racines du maïs
peut également causer des dégâts considérables aux
fleurs d'ornement. De nombreuses chrysomèles volent sur de longues distances
à partir des champs de maïs pour aller ravager les fleurs d'ornement
des jardins. Elles peuvent endommager les pétales et les étamines
des chrysanthèmes, des roses et d'un certain nombre d'autres fleurs.
Les
adultes émergent au cours de la première semaine d'août; ils
sont vert pâle ou jaunes à rayures noires et mesurent environ 6 mm
de long. Il n'y a qu'une génération par année.
Méthodes
de lutte
Il faut ensacher les fleurs destinées à des concours
horticoles pour en éloigner les chrysomèles, et avant de rentrer
fleurs coupées à l'intérieur, les secouer pour en déloger
ces coléoptères.
Vers gris
Les vers
gris sont les chenilles de diverses espèces de papillons; ils ont un corps
mou complètement glabre dont la teinte va du crème clair au noir
en passant par le bronze, et ils peuvent être tachetés ou rayés.
Les adultes sont des papillons de nuit aux couleurs variées. Ils ravagent
les plantes à tige souple pendant la nuit. Certaines espèces se
nourrissent sous le sol; d'autres s'alimentent au dessus du sol, coupant les tiges
ou ravageant les feuilles.
Méthodes de lutte
Protéger
les plantes à massif en les entourant de cylindres faits de papier goudronné
ou de boîtes de conserve vides qu'on enfonce partiellement dans le sol.
Dès que l'on découvre une plante coupée, gratter le sol pour
trouver le ver gris et l'enlever avant de perdre d'autres plants. Les adultes
sont attirés par les mauvaises herbes, dans lesquelles ils pondent; un
bon désherbage permet donc de réduire les populations de ces ravageurs.
Le travail du sol les expose également aux prédateurs. L'apparition
des vers gris a de bonnes chances de se produire dans les nouveaux jardins. Dans
ce cas, travailler le sol en profondeur avant la mise en terre.
Perce
oreilles
Les perce oreilles sont brun roux, mesurent environ 2 cm de long
et portent deux appendices postérieurs ressemblant à des forceps.
Ils s'activent la nuit et se cachent le jour dans le sol, ou bien sous des pierres
ou des débris. Cet insecte ravage de nombreuses espèces de fleurs.
Méthodes
de lutte
Placer sur le sol des bâches ou des planches humides pour
attirer les perce oreilles. Le matin, enlever et détruire les insectes
qui s'y trouvent.
Insectes et acariens gallicoles
Les
galles sont des excroissances anormales que le tissu végétal produit
en réaction aux morsures des insectes gallicoles, à leur salive
ou à leur ponte. Elles sont rarement nocives et doivent être considérées
pour ce qu'elles sont, c'est à dire des curiosités biologiques.
Parmi les plus communes, notons les taches rougeâtres feutrées qui
font leur apparition sur les feuilles des érables, les galles en forme
de poche qu'on observe sur le févier épineux ou les galles qui se
forment sur diverses espèces d'épinette. Les dommages causés
peuvent être disgracieux, mais ils affectent rarement la santé de
l'arbre.
Les insectes gallicoles s'en prennent aux chênes peu importe
l'endroit où ils sont plantés, provoquant la formation de galles
dont la forme, les dimensions et la couleur varient sur les feuilles, les ramilles,
les fleurs et les glands. Le phytopte de l'érable champêtre, qui
élit domicile sur le pétiole des feuilles du chêne rouge,
est l'un des insectes gallicoles les plus communs et sa présence n'endommage
en rien l'arbre. Par contre, elle peut endommager gravement les ramilles.
Le
puceron à galle conique de l'épinette provoque
l'apparition de galles en forme d'ananas à la base des nouvelles pousses
de l'épinette de Norvège, de l'épinette blanche et, à
l'occasion, de l'épinette bleue. Les ufs sont pondus au début
du printemps à la base des bourgeons. Après éclosion, les
nymphes s'en vont ronger les aiguilles en développement. Leurs morsures
continuelles provoquent une prolifération cellulaire anormale qui crée
la série de loges bulbiformes dont la galle est constituée. Les
pousses atteintes sont atrophiées et la croissance réduite. D'abord
vertes, les galles virent au brun plus tard au cours de la saison. Des femelles
ailées immatures sortent de ces galles dès qu'elles s'ouvrent vers
la fin de juillet. Les femelles deviennent matures très tôt au printemps
suivant et pondent sur les aiguilles terminales des masses d'ufs de couleur
blanche, d'aspect cireux et cotonneux, au moment même où les nouveaux
bourgeons sont sur le point d'éclater.
Le puceron de l'épinette
de Sitka s'attaque surtout à l'épinette bleue du Colorado
et à l'épinette d'Engelmann. Il alterne habituellement entre l'épinette
et le Douglas taxifolié mais peut compléter son cycle vital sur
l'un comme sur l'autre. Les femelles immatures passent l'hiver près des
extrémités des ramilles. Elles atteignent la maturité au
début du printemps et déposent leurs ufs sous des masses de
cire cotonneuse. Les nymphes vont ronger la base des aiguilles en développement,
près de l'extrémité des nouvelles pousses, provoquant la
formation de galles coniques qui grossissent rapidement et enveloppent les nymphes.
Les galles sont d'une couleur allant du bleu au violacé et deviennent brunes
à maturité, c'est à dire au début de juin.
Le
phytopte vésiculaire de l'érable et le
phytopte fusiforme de l'érable causent de petites enflures sur
les feuilles de l'érable qui prennent respectivement la forme de vésicules
et de fuseaux. Un autre acarien produit sur les feuilles des galles rougeâtres
ayant l'apparence de taches feutrées. Ces acariens hivernent sur l'écorce
et sur les bourgeons des arbres attaqués, en sortant pour se nourrir au
moment du débourrement. Alors que les déprédateurs se nourrissent
des jeunes feuilles, le végétal réagit en produisant ces
excroissances dans lesquelles les acariens vivent et se multiplient tout au long
de la saison de croissance.
Méthodes de lutte
Dans la plupart
des cas, aucune mesure n'est recommandée, exception faite de l'enlèvement
des galles et de leur destruction.
Sauterelles
Les
sauterelles sont souvent présentes dans les jardins très fournis
situés près de zones envahies par les mauvaises herbes, de boisés
ou de champs abandonnés. Cela est particulièrement vrai pendant
les saisons sèches, lorsque les plantes dont elles se nourrissent ordinairement
sont moins appétissantes, ce qui les incite à migrer vers le jardin.
Méthodes de lutte
Attraper les sauterelles dans des bouteilles
partiellement remplies de mélasse.
Perceur de
l'iris
Les larves de ce perceur se nourrissent à l'intérieur
des feuilles de l'iris, laissant derrière elles des galeries visibles et
entraînant l'apparition de taches gorgées d'eau. Elles creusent vers
le bas jusqu'aux rhizomes (tiges souterraines) et en détruisent le tissu
interne. L'infestation s'accompagne souvent de la pourriture molle bactérienne.
Méthodes
de lutte
En automne, ramasser et détruire toutes les vieilles feuilles
d'iris pour réduire le nombre d'insectes qui survivront à l'hiver.
Diviser les vieilles plantes sans tarder après la fin de la floraison;
enlever et détruire toutes les parties des rhizomes qui sont infestées.
Punaise réticulée
Ces petites punaises
ont un corps découpé rappelant la dentelle. Elles s'en prennent
à l'aster, au chrysanthème, au frêne, au chêne et à
d'autres végétaux, produisant des mouchetures délavées
sur les feuilles attaquées. Un autre indice d'infestation est la présence
sur les feuilles de petits points noirs formés de leurs excréments.
Méthodes
de lutte
Si les punaises réticulées ne sont pas trop nombreuses,
les tuer en écrasant les feuilles entre les doigts.
Chrysomèles
Galéruque
de l'orme et calligraphe du saule
L'adulte de ces petites chrysomèles
brun foncé gruge des trous dans les feuilles. Les larves noires causent
encore plus de dégâts parce qu'elles squelettisent les feuilles.
La galéruque de l'orme attaque l'orme américain et l'orme chinois,
tandis que la chrysomèle du saule s'en prend au peuplier de Lombardie et
au saule.
Méthodes de lutte
Ramasser les adultes à
la main et les tuer.
Criocère du lis
Le
criocère du lis est un ravageur envahissant qui a fait son apparition à
Montréal en 1945. Depuis cette date, il a été signalé
dans tout l'Ontario; il se nourrit de lis, de muguet, de sceau de Salomon et de
fritillaire. Le scarabée adulte est reconnaissable à sa teinte rouge
vif; il a la tête, les antennes, les pattes et le dessous du corps foncés.
Les adultes hivernent dans le sol et les débris végétaux,
et ils pondent sous les feuilles au début du printemps. Les jeunes larves
se nourrissent sur la face inférieure des feuilles, et les plus âgées
sur la face supérieure du feuillage où on les remarque parfois.
Méthodes de lutte
Ramasser à la main et détruire
tous les adultes et les larves. Rechercher les ufs sur la face inférieure
des feuilles, et les écraser. Avant de repiquer, rechercher les signes
de présence du scarabée sur les plants.
Chrysomèle
de la viorne
La chrysomèle de la viorne se trouve communément
dans le Sud de l'Ontario, où elle ravage la viorne trilobée, la
viorne dentée, la viorne obier, la viorne à feuilles d'érable
et la viorne flexible. Les larves aussi bien que les adultes dévorent les
feuilles, ne laissant que les nervures principales. Au milieu de l'été,
les femelles percent des trous dans l'écorce des ramilles et y déposent
leurs ufs, qu'elles scellent avec des excrétions de couleur noire.
Ces excrétions visent à protéger les ufs mais rendent
en fait leur présence évidente si l'on examine de près les
branches et les ramilles au printemps, avant l'éclatement des bourgeons
foliaires. Les ufs éclosent en mai; les larves commencent à
se nourrir en groupes quand les feuilles sont à peu près à
mi chemin de leur croissance, et elles arrivent à maturité au bout
de 8 ou 10 semaines. Les larves se nymphosent, puis tombent au sol où elles
poursuivent leur métamorphose. Au cours de la dernière moitié
de juillet, elles émergent du sol à l'état d'adultes.
Méthodes
de lutte
À l'automne ou au début du printemps, élaguer
les ramilles sur lesquelles des ufs ont été pondus.
Abeille
découpeuse de feuilles
Le travail de l'abeille découpeuse
de feuilles est généralement plus une curiosité qu'une nuisance.
La femelle, petite et noire, perce des trous dans les feuilles du rosier, de l'azalée,
du fusain, du pommetier et d'autres plantes pour garnir ses cellules à
couvain. Cet insecte est solitaire et niche dans des ramilles creuses.
Méthodes
de lutte
Généralement, aucun traitement nécessaire.
Cicadelles
Les
cicadelles aux stades adulte et de nymphes peuvent transmettre des maladies virales
aux plantes hôtes dont elles se nourrissent. De nombreuses plantes annuelles
et vivaces sont touchées, notamment le delphinium, la rose trémière,
le févier épineux, le lupin, le tagète, le rosier et le zinnia.
Pour plus d'information, voir la partie sur les cicadelles au Chapitre
1.
Méthodes de lutte
Faire tomber les nymphes (stades
plus sédentaires) des plants (en particulier de la face inférieure
des feuilles) à l'aide d'un fort jet d'eau. Près des plants infestés,
les plaquettes collantes jaunes permettent parfois de capturer quelques adultes
qui viennent d'arriver, mais elles attirent et capturent aussi des insectes utiles
(prédateurs). Il existe plusieurs prédateurs et parasites naturels
des cicadelles qui contribuent à limiter leurs populations.
Mineuses
Les
larves de nombreuses espèces de mouches, de scarabées, de papillons
et de tenthrèdes se nourrissent en creusant des galeries entre les surfaces
des feuilles. Certaines creusent des galeries en forme de taches ou de serpentins
qui peuvent, en cas d'infestation grave et répétée, réduire
la valeur esthétique et la longévité des arbres, des arbustes
et des plantes herbacées. Les mineuses attaquent souvent le bouleau, le
tilleul d'Amérique, le thuya occidental, le pommetier, l'ancolie de Skinner,
le lilas, l'orme, le chêne, le robinier faux acacia, le seringat, l'épinette
et d'autres essences ornementales.
La densité des populations de
mineuses fluctue d'une année à l'autre; l'usage d'insecticides n'est
donc pas toujours nécessaire.
Méthodes de lutte
Suivre
de bonnes méthodes de nettoyage. Enlever et détruire toutes les
feuilles tombées prématurément et toutes celles qui présentent
des symptômes évidents.
Millipèdes
Ces
animaux ont la forme d'un ver brun foncé long d'environ 3 cm avec au moins
une centaine de pattes. On les trouve normalement enroulés sur eux mêmes,
comme un ressort. Ils se nourrissent de fumier et de matière organique
en décomposition et ne font que rarement du tort aux plantes ornementales;
par conséquent, on devrait tolérer leur présence. On confond
souvent les millipèdes avec le ver fil de fer, qui a une forme cylindrique,
une couleur rougeâtre tirant sur l'orangé, six paires de pattes et
une peau coriace. Ces larves causent des ravages sérieux aux racines des
plantes.
Méthodes de lutte
Aucun traitement nécessaire.
Acariens
Les
acariens font penser à de petites araignées; ils vivent essentiellement
sur la face inférieure des feuilles, dont ils sucent la sève. Leur
présence en grand nombre confère au feuillage une teinte bronze
terne, puis jaunâtre. Plusieurs espèces différentes d'acariens
s'attaquent aux végétaux d'ornement. Le tétranyque à
deux points et le tétranyque rouge du pommier préfèrent un
climat chaud et sec. Ces acariens ravagent le pommetier, l'asclépiade,
le sorbier d'Amérique, le rosier, la potentille, la viorne, la spirée,
l'épinette, le thuya occidental et bon nombre de fleurs herbacées.
Le tétranyque de l'épinette, qui s'en prend au genévrier,
à l'épinette et au thuya occidental, préfère un climat
frais et est considéré comme un acarien de fin de saison. Le phytopte
du poirier cause des ravages importants; il est souvent brun et enroule à
peu près toutes les feuilles des arbres et arbustes infestés, qui
comprennent le cotonéaster, l'amélanchier, l'aubépine, le
poirier et le sorbier d'Amérique. Les phytoptes passent l'hiver sous les
écailles des bourgeons et migrent vers les jeunes feuilles pour s'alimenter
et pondre leurs ufs. Le grand nombre de morsures se traduit par la présence
de grandes plaques de limbe endommagé qui se crispent ou se froissent,
puis brunissent ou noircissent avant de se dessécher.
Méthodes
de lutte
On peut réduire de façon importante les populations
d'acariens à l'aide d'un tuyau d'arrosage; il suffit de diriger un jet
d'eau puissant vers la partie inférieure des feuilles. Répéter
cette opération de temps à autre si les acariens sont en grand nombre.
Comme les plantes soumises à un stress hydrique tolèrent moins bien
les dommages, assurer une bonne irrigation. Les acariens ont de nombreux ennemis
naturels qui limitent leurs populations. Les acariens prédateurs vendus
dans le commerce peuvent également être utiles.
Tenthrède
squeletteuse du cerisier
Bien qu'elle ressemble à une limace, la
tenthrède squeletteuse du cerisier est bel et bien la larve d'une mouche
à scie. Elle est couverte de bave et longue d'environ 1 cm; d'abord vert
foncé, elle vire par la suite à l'orangé. Cette larve squelettise
les feuilles de l'aubépine et du cotonéaster ainsi que celles de
l'amélanchier, du rosier, du cerisier décoratif et du prunier.
Méthodes
de lutte
On peut saupoudrer les larves de talc ou de terre sèche
très fine, ce qui les assèche. Il est également possible
de les déloger au moyen d'un fort jet d'eau.
Perce
pousse européen du pin
Les dommages subis par le pin sont causés
par la larve de ce papillon de nuit, qui passe l'hiver à la base du verticille
terminal des bourgeons, à l'intérieur desquels elle se nourrit en
mai ou au début de juin. Les larves ont la tête noire et le corps
brun. L'adulte est un petit papillon aux ailes supérieures de couleur rouille
ornées de bandes argentées irrégulières. Il apparaît
au début de juin et commence à pondre ses ufs près
des extrémités des pousses de l'année. Le pin noir d'Autriche,
le pin mugo, le pin rouge et le pin sylvestre sont vulnérables à
ce déprédateur.
On peut deviner la présence des larves
à la résine qui s'écoule des bourgeons. Les jeunes pousses
en croissance à cette époque de l'année s'incurvent ou meurent.
La mort de ces pousses stimule le développement des bourgeons latents situés
au dessus de la blessure et produit un balai de sorcière.
Méthodes
de lutte
Si possible, enlever les pousses infestées à la
main à la fin de mai et au début de juin, puis les détruire.
Les jeunes arbres de moins de 20 mètres sont les plus vulnérables.
Nodulier du pin
Le nodulier du pin est la larve
blanc et rose de plusieurs sésies au corps jaune et noir. Cette larve a
un cycle vital de deux ou trois ans et s'attaque aux pins établis. De grandes
masses de résine apparaissent sur le tronc. Les arbres qui subissent déjà
un stress ou qui portent des blessures sont les plus vulnérables.
Méthodes
de lutte
En mai et en juin, les larves et les pupes se dissimulent sous
les masses de résine. Il suffit alors de les ramasser et de les détruire.
Conserver l'arbre en bonne santé afin de réduire le risque d'infestation.
Punaises
Les
terrains avoisinants couverts de mauvaises herbes fournissent nourriture et abri
aux punaises qui migrent dans les jardins. Les punaises déforment les pousses
et les fleurs ou produisent des taches circulaires décolorées sur
les feuilles dont elles aspirent la sève. Elles s'attaquent à une
grande diversité de plantes ornementales et herbacées, dont le frêne,
le chrysanthème, le févier épineux, le tagète, le
zinnia, la marguerite et la menthe.
La punaise terne adulte est brune, alors
que la punaise à quatre raies est jaune verdâtre et ornée
de quatre bandes noires. Les deux espèces ont le thorax triangulaire, mesurent
6 ou 7 mm de long et 3 ou 4 mm de large, sont très actives et s'envolent
dès qu'on s'en approche. La jeune punaise terne est vert pâle, tandis
que la jeune punaise à quatre raies est rouge vif, et toutes deux portent
des marques et des points foncés. Les punaises ternes peuvent causer des
dommages tout au long de la saison, alors que les punaises à quatre raies
sévissent surtout à la fin du printemps et en été.
Méthodes
de lutte
Nettoyer le jardin à fond en automne parce que les punaises
passent l'hiver à l'état de nymphes ou d'adultes dans les débris
végétaux ou dans les mauvaises herbes. Pour réduire le nombre
de sites de reproduction, on peut arracher les mauvaises herbes et tondre l'herbe
autour des jardins. Certains producteurs disent avoir obtenu de bons résultats
en plaçant une rangée de marguerites Shasta comme culture piège
autour de leurs plantations. Cette méthode ne fonctionne que si les marguerites
ont constamment des fleurs, parce que les punaises les quittent à la fin
de la floraison. Ces insectes ont plusieurs ennemis naturels. On peut planter
des espèces productrices de nectar autour cultures à protéger,
ce qui constitue une forme de protection biologique contre les punaises.
Scarabée
du rosier et scarabée japonais
Le scarabée du rosier est
un coléoptère allongé de couleur fauve qui mesure 1,5 cm
de long. Le scarabée japonais est ovale, vert métallique et porte
des ailes cuivrées.
Le scarabée du rosier sort du sol en
grand nombre à la fin de mai, alors que le scarabée japonais se
manifeste au début de juillet, et tous deux ravagent les fleurs et les
feuilles des arbres et des plantes florales. Les deux coléoptères
dévorent le limbe tout en laissant les nervures, transformant ainsi la
feuille en dentelle. Quant aux larves, elles causent des dégâts considérables
en s'attaquant aux racines. Les espèces préférées
du scarabée du rosier sont la rose et la pivoine, mais il s'attaque également
à la rose trémière, au zinnia et à d'autres fleurs.
Le scarabée japonais se nourrit du feuillage de nombreux arbres, arbustes
et fleurs d'ombrage, dont le tilleul, le bouleau, la vigne sauvage, le rosier
et le framboisier, en juillet et en août. Le meilleur moment pour les apercevoir
est à la tombée de la nuit, lorsqu'ils s'envolent des arbres avoisinants
pour pondre sur le sol.
Méthodes de lutte
Si les plantes
touchées sont peu nombreuses, les secouer pour faire tomber les insectes
dans un contenant ou sur une bâche et les tuer en les trempant dans un seau
d'eau savonneuse; on peut également les ramasser à la main. Si possible,
placer les cultures sensibles à l'écart des vignobles ou des gazons,
ou prendre des mesures pour lutter contre les vers blancs dans les pelouses. On
peut ainsi réduire les populations présentes sur une propriété,
sans pour autant empêcher les adultes de venir d'ailleurs. Les centres de
jardinage offrent des pièges à scarabées japonais. Bien que
les appâts vendus avec les pièges soient très efficaces et
puissent attirer un grand nombre de scarabées chaque jour, les recherches
montrent qu'ils attirent davantage d'insectes qu'ils n'en capturent. Par conséquent,
les plantes susceptibles qui se trouvent au voisinage de ces dispositifs risquent
d'être plus endommagées qu'en l'absence de pièges. Dans le
commerce, on vend aussi des nématodes parasites qui permettent de réduire
les populations de scarabées.
Cochenilles
Ces
petits insectes passent presque toute leur vie sous une carapace protectrice,
ou bouclier, attachée à l'écorce des branches et des troncs
d'arbre ainsi qu'aux aiguilles du pin et du genévrier. Ils affaiblissent
les plantes en en suçant la sève. Lorsque l'infestation est importante,
l'écorce se recouvre d'une croûte formée de petits boucliers.
Il peut y avoir une ou deux générations par saison, selon l'espèce.
La
cochenille floconneuse de l'érable est d'apparence cotonneuse,
semblable à du maïs soufflé, et elle s'attaque surtout au févier
épineux et à l'érable, mais aussi au frêne, au hêtre
et au platane occidental.
La cochenille du fusain n'infeste
pas seulement le fusain, mais aussi le pachysandre et le lierre. Le mâle
est petit et blanc, et la femelle est plus grande et brun clair. Une deuxième
génération de nymphes est souvent présente à la fin
d'août et au début de septembre, et on peut encore lutter contre
elle.
La lécanie de Fletcher ressemble à
un gros bouton brun foncé; on la trouve surtout sur l'if, mais aussi sur
le thuya et le genévrier.
La cochenille dorée du chêne
a l'apparence de petites disques dorés qui sont fixés à l'écorce
du chêne ou légèrement enfoncés dans celles ci; elle
touche en particulier le chêne pyramidal.
La cochenille du
genévrier forme un point blanc à centre jaune qui adhère
aux ramilles et aux aiguilles du genévrier.
La lécanie
forme un petit bouton rond de couleur brune sur le frêne, le thuya, le pommetier,
l'orme, le févier épineux, l'érable et le chêne.
La
cochenille du magnolia est l'une des plus grosses cochenilles
d'Amérique du Nord. Ses hôtes primaires sont Magnolia acuminata
(arbre aux concombres), Magnolia x soulangeana (magnolia de Soulange)
et Magnolia stellata (magnolia étoilé). Parvenue à
maturité, la femelle atteint 12,5 mm; elle a le corps ovale, lisse et convexe,
de couleur brun foncé, et elle est recouverte d'une pellicule cireuse.
Elle hiverne à l'état de nymphe sur des pousses âgées
de un ou deux ans, et la nymphe mobile émerge à la fin d'août
ou en septembre. Il n'y a qu'une génération par année. Le
miellat et la fumagine qui adhèrent aux branches et aux feuilles de l'arbre
sont des indices de la présence de la cochenille du magnolia.
La
cochenille virgule du pommier, qui ressemble à une petite
huître, s'attaque au frêne, au hêtre, au contonéaster,
au cornouiller, au lilas, au tilleul, à l'érable, au saule et aux
autres espèces à écorce lisse.
La cochenille
des aiguilles du pin forme des points blancs sur les aiguilles du pin
et de l'épinette, et parfois sur celles de la pruche, du sapin et de l'if.
La
cochenille tortue du pin est brune, son corps est ovale et convexe,
elle mesure environ 6 mm de long et infeste plusieurs espèces de pin.
Méthodes
de lutte
Les oiseaux et les insectes utiles peuvent tenir en échec
une infestation légère. Dans le commerce, on trouve des produits
de lutte biologique qui permettent de limiter les populations de cochenilles.
Limaces et escargots
Les limaces et les escargots
se cachent le jour dans des endroits sombres et humides; ils en sortent pour se
nourrir la nuit. Leurs traces de bave luisantes trahissent souvent leur présence.
L'utilisation de paillis empire le problème posé par les limaces
et les escargots.
Méthodes de lutte
Il semble que les perce
oreilles mettent un frein aux ravages des limaces et des escargots, car ils mangent
les ufs et les jeunes limaces. Débarrasser le jardin des matières
ou objets sous lesquels ces ravageurs peuvent se cacher pendant la journée
: débris végétaux, pierres, planches et billots. Éclaircir
les semis ou espacer suffisamment les espèces à croissance dense.
Disposer dans le jardin, comme appâts, des soucoupes remplies de bière
ou de jus de fruit et les changer souvent. Poser sur le sol des planchettes carrées
de 15 cm de côté et, chaque matin, ramasser les limaces et les escargots
qui se sont cachés dessous. Les barrières permettent aussi de les
exclure des jardins. Il peut s'agir d'écrans de cuivre partiellement enfouis
dans le sol ou de larges bandes de cendres sèches étendues autour
des endroits à protéger. Après la pluie, il faut vérifier
si ces dispositifs sont encore intacts.
Cloportes
Ces
ravageurs ont le corps plat, ovale et gris brun; ils mesurent environ 1 cm de
long et on sept paires de pattes. Ils vivent dans des endroits humides, par exemple
sous des pots de fleurs, des planches, etc., ou dans le fumier et les feuilles
en décomposition. Les cloportes causent rarement des dommages aux feuilles
et fleurs d'ornement, et ils sont le plus souvent utiles parce qu'ils décomposent
la matière organique. Leur suppression est donc rarement recommandée.
Méthodes de lutte
Aucun traitement n'est nécessaire.
Cercopes
Les
cercopes sont des insectes suceurs. Au stade immature, ils s'enrobent d'un amas
protecteur mousseux s'apparentant à de la bave. Les adultes sont bruns
et difficiles à voir, et ils sautent aussitôt qu'on les dérange.
L'atrophie et la déformation des nouvelles pousses sont les signes les
plus communs que les végétaux ont subi des dégâts.
Ils se manifestent en mai et au début de juin, et on il n'y a généralement
qu'une seule génération par saison.
Méthodes de lutte
Ramasser
les insectes à la main et les détruire. On peut également
les déloger à l'aide d'un fort jet d'eau dirigé sur les plants.
Tordeuse des bourgeons de l'épinette
Les
larves de la tordeuse des bourgeons de l'épinette sont brunes et portent
une bande jaunâtre sur les flancs ainsi que des taches claires sur le dos.
Longues de 2,5 cm, ces chenilles tissent un petit nid soyeux en mai ou au début
de juin, pendant qu'elles dévorent les aiguilles de l'épinette et
du sapin. Les adultes émergent en juillet et au début d'août
à l'état de papillons nocturnes de couleur gris terne; les femelles
pondent leurs ufs sur les aiguilles, près de la périphérie
du collet ou du bourgeon terminal qui se trouve sur la cime des arbres et à
l'extrémité des branches. Cet insecte pose rarement un problème
dans les jardins privés.
Méthodes de lutte
Généralement,
aucun traitement nécessaire.
Thrips
Les
thrips sont des insectes étroits et longs de 3 mm que l'on aperçoit
rarement parce qu'ils se dissimulent à l'intérieur de la plante.
Ils en sucent la sève, ce qui cause l'apparition de mouchetures ou de striures
argentées sur les feuilles et les fleurs. Tant les adultes que les larves
fuient à la moindre alerte et se terrent à l'intérieur des
pousses en croissance ou des boutons floraux partiellement ouverts. La plante
qui subit en général de lourds dommages est le glaïeul, mais
l'iris, l'hémérocalle, le dahlia, le rosier et les plantes annuelles
d'ornement peuvent également être touchés. On rencontre plusieurs
espèces de thrips en Ontario, mais leur aspect et leurs dommages sont semblables.
Méthodes
de lutte
Enlever et détruire les fleurs qui sont infestées.
Les dommages peuvent être moins importants lorsque les bulbes sont mis en
terre à une date précoce.
Aleurode des
serres
Ce petit insecte, qu'on appelle communément mouche blanche,
suce la sève des feuilles, entraînant ainsi leur dépérissement.
En outre, la production de miellat par les jeunes nymphes favorise en général
le développement de la fumagine.
Les aleurodes se multiplient rapidement,
ce qui rend leur élimination difficile. Lorsque les plantes sont dérangées,
les aleurodes s'envolent en nuées, et on peut trouver des jeunes nymphes
en grand nombre sur la face inférieure des feuilles. Le coléus,
le fuchsia, l'hibiscus, la rose trémière, l'impatiente, le cerisier
de Jérusalem et le poinsettia sont particulièrement vulnérables.
Méthodes
de lutte
Les aleurodes peuvent poser un grave problème en ce qui
concerne les plantes d'intérieur. Pour cette raison, on doit faire particulièrement
attention quand on rentre des plantes en pot avant l'hiver. Il faut examiner chaque
plante avec soin, puis la tailler sévèrement pour enlever les feuilles
infestées et la tremper sauf les racines et la terre dans une solution
de savon insecticide. Dans une serre, on peut suspendre des plaquettes collantes
jaunes, que l'on trouvera chez les fournisseurs d'articles de jardinage, pour
attirer et capturer les adultes.
Ver blanc et ver fil
de fer
Il s'agit des larves du hanneton, du scarabée japonais, du
hanneton européen et du scarabée du rosier. Ce sont de grosses larves
blanches à tête brune qu'on trouve généralement enroulées
sur elles mêmes, en forme de " C ". Les larves du hanneton européen
et du scarabée du rosier sont plus petites que celles du hanneton. Elles
peuvent poser un problème là où l'on a créé
des massifs floraux sur d'anciennes pelouses. Les dommages les plus importants
causés par les larves sont ceux qu'elles occasionnent aux racines des jeunes
pousses et aux plantules des lits de semence.
Vers fil de fer
Il
s'agit de la larve du taupin; elle est pourvue d'une dure carapace orangée,
de six pattes et d'un corps cylindrique mesurant environ 2 cm de long. Comme les
vers blancs, le ver fil de fer se manifeste souvent dans les nouveaux jardins
où l'on a créé des massifs floraux sur d'anciennes pelouses.
Il exerce ses ravages lorsqu'il dévore les racines des plantes.
Méthodes
de lutte
Pour connaître les méthodes de lutte, voir la partie
sur les vers blancs au Chapitre 4.
Charançon
du pin blanc
Ennemi redoutable du pin blanc, cet insecte s'attaque également
à l'épinette de Norvège, au pin sylvestre et au pin rouge.
Les pins blancs cultivés dans des endroits à découvert (arbres
solitaires) sont particulièrement vulnérables. L'attaque se manifeste
d'abord au printemps par la résine qui s'écoule de la flèche
de l'année précédente. Pendant l'été, les nouvelles
pousses s'atrophient, puis brunissent et meurent; au moins deux années
de croissance terminale sont ainsi détruites. Les pousses latérales
prennent alors le relais de la flèche détruite et l'arbre devient
fourchu.
L'adulte du charançon passe l'hiver sous la couche de végétaux
morts qui se trouve au pied de l'arbre, d'où il émerge au début
du printemps pour pondre ses ufs dans la flèche de la saison précédente.
La larve blanche, dépourvue de pattes, ronge le tour de la base de la nouvelle
pousse avant de se nymphoser et d'émerger à l'état d'adulte,
ce qu'elle fait à la fin de l'été, rongeant alors les branches,
vieilles et jeunes, jusqu'à l'hiver.
Méthodes de lutte
En
juin et en juillet, élaguer et détruire les pousses terminales atteintes
dès qu'on les remarque, de façon à interrompre le cycle vital
de l'insecte.
Pyrale des pousses du pin
La larve
de la pyrale des pousses du pin a la tête noire et le corps gris vert; elle
mesure 15 mm une fois parvenue à maturité. L'activité des
larves se traduit par l'accumulation d'exsudat de résine mélangé
à de la sciure sur les branches des verticilles qui se rattachent au tronc
ou sur les pousses apicales dans lesquelles elles se sont introduites. Les branches
attaquées finissent par mourir.
Méthodes de lutte
En
juin et en juillet, retirer les larves des masses de résine. Élaguer
les pousses endommagées et abattre les arbres gravement infestés.
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