Manuel du jardinier
Chapitre 5: Fruit
Pommiers, pommetiers, poiriers

Table des matières

  1. Introduction
  2. Pommiers pommetiers
  3. Poiriers
  4. Liens connexes

Introduction

Le présent chapitre contient une description de divers ravageurs des cultures de fruits à pépins ainsi que des conseils sur des méthodes de lutte excluant l'utilisation de pesticides. Les jardiniers amateurs peuvent encore se procurer certains biopesticides et certains pesticides à faible risque pour lutter contre les mauvaises herbes et les ravageurs des pelouses et des jardins. Pour avoir plus d'information, voir le Chapitre 2 de ce manuel et le site Web du ministère de l'Environnement. Pour obtenir des conseils sur la lutte contre certains ravageurs ou mauvaises herbes en particulier, s'adresser à un horticulteur, à un maître jardinier ou à un centre de jardinage de votre localité.

Note à l'intention des propiétaires d'arbres : L'interdiction sur les pesticides prévoit une exception pour l'embauche d'un exterminateur titulaire d'un permis et habilité à employer des pesticides commerciaux pour protéger la santé de vos arbres. Cette exception ne vise que les ravageurs qui menacent la santé des arbres. Par exemple, on ne peut l'invoquer pour lutter contre des espèces qui nuisent à la qualité des fruits sans tuer l'arbre lui même. Pour pouvoir s'en prévaloir, les exterminateurs titulaires d'un permis doivent obtenir l'avis écrit d'un professionnel spécialiste de l'arboriculture établissant que l'emploi d'un pesticide est nécessaire au maintien de la santé de l'arbre. Pour plus d'information, communiquer avec le ministère de l'Environnement.

À noter que de nombreux arbres fruitiers tolèrent certains dommages, en particulier au feuillage, sans en souffrir de façon durable. Les descriptions de ravageurs ci dessous sont accompagnées de conseils sur les méthodes de lutte culturale, mais dans de nombreux cas la mise en œuvre de celles ci peut ne pas être nécessaire.

Pommiers pommetiers

Les pommetiers ornementaux qui produisent des fruits sont attaqués par les mêmes insectes et souffrent des mêmes maladies que les pommiers. Voir aussi au Chapitre 7, plantes ornementales.

Carpocapse de la pomme

Le carpocapse adulte est un papillon gris brun dont les ailes supérieures sont ornées de lignes brunes sinueuses et les ailes inférieures bordées de franges. La larve, à corps rose et à tête brune, mesure 2,5 cm de longueur. Le carpocapse pond ses œufs sur le fruit. Les larves y pénètrent dès l'éclosion et y restent jusqu'à maturité. Elles se font remarquer par les déjections sombres et poudreuses qu'elles expulsent des galeries. Les fruits infestés tombent souvent avant de mûrir. Dans un fruit coupé en deux, on remarque facilement les traces laissées par les larves qui se sont alimentées des pépins. Cela permet de distinguer cette espèce de la tordeuse orientale du pêcher, un autre ravageur commun des pommiers qui creuse aussi des galeries dans la chair des fruits, mais sans s'attaquer aux pépins.

Méthodes de lutte

Certains ennemis du carpocapse de la pomme s'attaquent aux larves lorsqu'elles sortent des fruits et se dirigent vers le tronc de l'arbre; cependant la maîtrise des populations est moins facile que pour d'autres insectes. Ramasser régulièrement les fruits infestés ou tombés et les jeter aux ordures ou les enfouir à au moins 60 cm de profondeur. On pourra ainsi réduire la population de ce ravageur pour l'année suivante. Enrouler des bandes de carton ou de jute autour des troncs à partir de la mi juin; certaines larves se rassembleront dessous. Les jeter dans un sac de plastique ou un seau d'eau savonneuse. Dans le commerce, on trouve des pièges à phéromones munis d'attaches et destinés à réduire les populations de carpocapse en empêchant leur accouplement; cependant ces dispositifs sont conçus pour les vergers commerciaux comportant une superficie ininterrompue d'au moins 10 acres d'arbres, et ils ont donc peu de chances de donner de bons résultats dans la plupart des jardins d'amateurs.

Pourriture noire et tache ocellée

La pourriture noire du fruit et la tache ocellée de la feuille sont des maladies fongiques qui se déclarent souvent vers la fin de l'été sur les pommiers non traités, juste avant la maturité des fruits. De petites taches circulaires, ocre au centre et bordées d'une auréole plus sombre, apparaissent sur les feuilles. Les fruits portent de petites taches violettes ou rouges qui s'élargissent et virent au brun foncé; les grosses taches peuvent présenter des anneaux concentriques de pustules noires.

Les fruits atteints pourrissent complètement pendant l'entreposage. Le champignon survit dans les fruits et sous les arbres ainsi que dans les chancres et les branches mortes.

Méthodes de lutte

Éviter de planter près de boisés qui pourraient constituer des sources de maladie. Aucun cultivar n'est complètement résistant à la tache noire, mais certains sont moins susceptibles. Planter ces variétés tolérantes lorsqu'elles sont disponibles. La coupe des branches malades et du bois mort joue un rôle important dans la réduction des sources d'inoculum. Détruire les parties maladies. Détruire les fruits momifiés et, à la fin de la saison, enlever tous les fruits tombés.

Feu bactérien

Il s'agit d'une maladie grave des pommiers et des poiriers causée par une bactérie qui est présente dans la plupart des régions de l'Ontario où l'on cultive des pommiers; cependant, c'est dans le Sud Ouest de la province qu'elle cause le plus de dégâts. Les fleurs sont généralement les premières à être infectées; elles flétrissent, brunissent ou noircissent et se recroquevillent. La maladie se propage ensuite aux dards et aux feuilles, et les jeunes rameaux noircissent et se recroquevillent plus tard au cours de l'été. Et enfin les feuilles brunissent ou noircissent et commencent à suinter; elles pendent au bout des branches en formant une sorte de canne de berger. Sur l'écorce des plus grosses branches, il peut apparaître des lésions enfoncées brun rougeâtre qui exsudent un liquide brun orangé. Le temps chaud et humide ou pluvieux favorise la propagation de la maladie. Si les fleurs sont infectées, les abeilles et d'autres pollinisateurs propagent la bactérie aux fleurs de pousses ou d'arbres sains. Les fruits sont infectés pendant la saison de croissance, à partir des lésions produites par les insectes, les forts vents, la pluie ou la grêle. Ils ont d'abord une teinte grise ou verte ou un aspect gorgé d'eau, puis ils se ratatinent et deviennent brun foncé et momifiés.

Méthodes de lutte

Couper les rameaux à 25 cm sous la partie touchée et les détruire. Si on utilise un sécateur, après chaque coupe, tremper ses lames dans une solution à une partie de produit javellisant pour quatre parties d'eau. Les parties succulentes en croissance sont sensibles à l'infection par le feu bactérien; par conséquent, éviter l'épandage de grandes quantités d'engrais azotés et l'excès de taille d'hiver qui stimule la croissance végétative pendant la saison suivante. Les gourmands constituent de bons points d'entrée pour le feu bactérien en direction des grosses branches, des branches maîtresses et des troncs. Les enlever périodiquement pendant la première partie de la saison de croissance. Lutter contre les insectes suceurs tels que les cicadelles, les pucerons et les punaises pour réduire le nombre de lésions infligées aux feuilles et aux pousses. Planter des variétés tolérantes, si elles sont disponibles. Les plantes ornementales de la famille des rosacées et les poiriers abandonnés sont des hôtes de cette maladie.

Tavelure

La tavelure est la maladie la plus courante et la plus grave des pommiers partout en Ontario. À l'occasion, elle touche aussi les poiriers, en particulier la variété Flemish Beauty. La tavelure se manifeste sur les feuilles par des taches vert olive virant au brun foncé et au noir. Sur les fruits, elle se manifeste par des taches sombres de forme irrégulière; si l'attaque est forte, la peau se fendille et le fruit devient difforme. Parfois, les feuilles tombent et la récolte de l'année suivante s'en trouve compromise. Le champignon de la tavelure passe l'hiver sur les feuilles mortes qui jonchent le sol. Lors des pluies printanières, les spores sont libérées dans l'air et infectent les jeunes feuilles et fruits du pommier.

Méthodes de lutte

En automne, ramasser et brûler les feuilles tombées ou en faire du paillis. Malheureusement, cette pratique ne suffira pas s'il y a des pommiers négligés dans les environs immédiats. Une fois que le champignon de la tavelure est établi dans un arbre, chaque pluie provoque de nouvelles infections. Au moment de la plantation, choisir des variétés résistantes.

Mineuse à tente

Les larves de la mineuse à tente causent des boursouflures tachetées en pénétrant dans le tissu compris entre les deux épidermes des feuilles. L'adulte est un minuscule papillon nocturne (3 mm à 4 mm de longueur), orné de marques brunes et blanches. La mineuse donne trois générations par année. La première commence au printemps avec la ponte des oeufs au revers des jeunes feuilles du pommier, entre les stades pré bouton rose et bouton rose avancé. Les larves se nourrissent du parenchyme où elles creusent des galeries ou tunnels durant quatre à cinq semaines. Elles deviennent nymphes dans leurs galeries et en sortent au stade adulte. Il n'est pas nécessaire de combattre les infestations faibles ou modérées de mineuse (une à sept galeries par feuille). Cependant, les infestations graves freinent la croissance des fruits et provoquent leur chute prématurée.

Méthodes de lutte

Il est souvent inutile de lutter contre cet insecte parce que ses populations sont réduites par des ennemis naturels. La mineuse endommage davantage les arbres soumis à un stress, et la meilleure prévention consiste donc à garder les arbres en bonne santé. En automne, on peut ramasser et brûler les feuilles tombées ou en faire du paillis pour réduire les populations de mineuse.

Mouche de la pomme ou ver chemin de fer

La larve de la mouche de la pomme ou ver chemin de fer pose un problème dans la plupart des régions de l'Ontario. L'adulte est une mouche noire de 6 mm de longueur aux pattes jaunes et à l'abdomen tacheté de jaune. La mouche pond sur les fruits de la fin juin à la mi août. Les larves, petites et blanches, percent d'innombrables galeries dans les fruits, qui deviennent bosselés et tombent. À la fin de leur croissance, les larves quittent les pommes trop mûres et s'enfoncent dans le sol pour l'hiver. Si cet insecte n'est pas combattu également chez les pommiers voisins, il est très difficile d'en venir à bout.

Méthodes de lutte

Accrocher dans les arbres des boules rouges ou des pièges jaunes gluants que l'on trouve dans les centres de jardinage, afin de capturer les adultes et d'empêcher la ponte. Ces dispositifs peuvent être rendus encore plus efficaces si l'on y ajoute des appâts pour la mouche de la pomme. Ramasser les fruits dès qu'ils tombent, les jeter à la poubelle ou les enfouir à au moins 60 cm de profondeur pour avoir moins de mouches et de fruits endommagés l'été suivant. Encourager tous les voisins à en faire autant. Si possible, détruire les pommiers et les pruniers sauvages ou non entretenus des alentours ainsi que les aubépines.

Oïdium

L'oïdium a l'aspect d'un feutre mycélien blanc qui couvre les feuilles et les pousses issues des bourgeons terminaux des pommiers. Les feuilles infectées sont étroites, repliées, décolorées et cassantes. Pendant l'été, il est fréquent qu'elles brunissent et meurent. Les pousses gravement infectées sont nanifiées.

Le blanc ou oïdium s'attaque parfois aux jeunes pousses des pommiers. Les variétés Cortland, Ida Red et Jonathan sont les plus sensibles.

Méthodes de lutte

Couper les pousses terminales, les branches et les rameaux infectés. Faciliter la circulation de l'air et la pénétration de la lumière. Lorsqu'elles existent, planter des variétés moins sensibles.

Pucerons

Les pucerons s'en prennent souvent aux pommes, aux cerises douces et, dans une moindre mesure, aux cerises acides. Pendant tout l'été, ils attaquent l'extrémité végétative des rameaux, en sucent la sève et provoquent l'enroulement, la crispation et le jaunissement des feuilles. En cas d'infestation grave, les fruits peuvent être affectés. On remarque une moisissure noire de suie sur les pommes. La lutte est très difficile une fois que l'insecte est installé et que les feuilles sont enroulées. Le puceron rose du pommier, l'une des principales espèces des vergers, se nourrit des feuilles et des bouquets floraux; les dommages qu'il provoque sont légèrement différents de ceux des autres pucerons ravageurs des arbres fruitiers. En se nourrissant, cette espèce peut laisser des feuilles enroulées et des amas de feuilles difformes.

Pour plus d'information, voir la partie sur les pucerons au Chapitre 1.

Méthodes de lutte

Contrôler les quantités d'azote (éviter les excès d'engrais) pour éviter une croissance exubérante des parties terminales et réduire ainsi les populations de pucerons. Enlever les drageons à la main au début de juin pour éliminer toute croissance végétative inutile susceptible de les attirer. Les arbres non taillés offrent un bon abri à ces ravageurs. Les printemps frais et humides sont peu propices aux parasites et prédateurs des pucerons, ce qui facilite la prolifération de ces derniers. Ces ravageurs ont de nombreux prédateurs, parasites et pathogènes qui contribuent à maintenir les populations à un niveau acceptable. On peut acheter dans le commerce certains ennemis naturels des pucerons (voir Chapitre 2) qui, dans certains cas, permettent de mieux les maîtriser.

Tordeuse orientale du pêcher

Voir la partie sur les ravageurs et maladies touchant de nombreuses cultures fruitières.

Tordeuse à bandes obliques

En Ontario, plusieurs espèces d'enrouleuses s'attaquent aux pommes, mais la tordeuse à bandes obliques est la plus commune. La gamme d'hôtes de cet insecte est extrêmement étendue; il se nourrit sur toutes les espèces d'arbres fruitiers et feuillus (érable, aubépine, pommetier), le cornouiller à grappes et les ronces (framboisiers). L'insecte passe l'hiver sous forme de larve et redevient actif au début du printemps; il produit deux générations par an. La chenille peut atteindre une longueur de 20 à 30 mm, et elle est vert clair, foncé ou jaunâtre avec une tête brun foncé à noire; l'adulte est un papillon havane clair à brun foncé avec des bandes plus foncées sur les ailes. L'espèce endommage les bourgeons, les feuilles et les fleurs dont elle se nourrit au printemps; elle laisse aussi diverses traces sur les fruits : piqûres d'aiguille isolées, multitude de minuscules trous circulaires ou galeries étendues et peu profondes qu'elle creuse en se nourrissant.

Méthodes de lutte

Pour rendre les sites d'alimentation moins propices à l'insecte, éclaircir soigneusement à la main pour ne laisser que des fruits isolés. Tailler pour maintenir le couvert végétal ouvert, et éviter l'excès d'azote. Bien que les larves de tordeuse à bandes obliques s'attaquent à tous les cultivars de pommiers, elles endommagent davantage certains de ceux ci, peut être parce qu'ils sont plus difficiles à tailler et ont de plus grandes feuilles. Planter des variétés plus tolérantes lorsqu'elles sont disponibles.

Poiriers

Carpocapse de la pomme

Ces insectes pondent leurs œufs sur les poires, où les larves entrent et se développent. Pour plus d'information, voir la partie sur les pommiers.

Pourriture noire et tache ocellée

Ces maladies fongiques affectent souvent les arbres non traités juste avant la maturité des fruits, vers la fin de l'été. Pour plus d'information, voir la partie sur les pommiers.

Feu bactérien

Pour plus d'information, voir la partie sur les pommiers.

Tavelure

La tavelure est la maladie la plus courante et la plus grave des pommiers partout en Ontario, mais elle peut aussi affecter les poiriers, surtout la variété Flemish Beauty. Pour plus d'information, voir la partie sur les pommiers.

Phytopte du poirier

Le phytopte du poirier est un acarien qui produit des boursouflures et des nécroses sombres sur les feuilles du poirier. Lorsque les dommages sont étendus, ils peuvent affaiblir l'arbre. Pour plus d'information, voir acariens, dans la partie sur les ravageurs et maladies touchant tous les fruits.

Méthodes de lutte

Si les symptômes sont limités à quelques feuilles, les enlever avant que les boursouflures ne rougissent et les jeter.

Psylle du poirier

Les psylles sont des insectes suceurs apparentés aux pucerons et aux cicadelles; au stade adulte, elles ont l'aspect de très petites cigales. Le psylle du poirier est reconnaissable au miellat qu'elle sécrète sur les feuilles et dont elle s'entoure. Le miellat se transforme ensuite en une substance semblable à la suie. Le temps chaud avant et pendant la floraison favorise les fortes infestations. Dans les cas graves, les feuilles se décolorent et se nécrosent par endroits, les fruits s'atrophient et les arbres s'affaiblissent. On peut aussi trouver du miellat à la fin de l'été, puisque le psylle du poirier donne plusieurs générations.

Les adultes, brun rougeâtre, apparaissent au début du printemps et pondent sur les rameaux. Adultes et larves se nourrissent de la sève de la plante.

Méthodes de lutte

Les syrphes, les coccinelles et les chrysopes sont des prédateurs des psylles et peuvent contribuer à réduire leurs populations.

Tenthrède squeletteuse du cerisier

Cet insecte est la larve d'une mouche à scie. C'est une larve visqueuse, d'abord vert foncé puis orangée, longue d'environ 1 cm. Elle découpe de grands trous à bords irréguliers dans les feuilles de poirier, de cerisier et de prunier, ou elle les dévore complètement en ne laissant que le réseau de nervures. On la reconnaît aussi aux traînées de bave qu'elle laisse sur les feuilles.

Méthodes de lutte

Saupoudrer ces larves de talc ou de terre très fine pour les dessécher. Il est également possible de les déloger au moyen d'un fort jet d'eau.

Tordeuse orientale du pêcher

Voir la partie sur les ravageurs et maladies touchant de nombreuses cultures fruitières.

Tordeuse à bandes obliques

Voir partie sur les pommiers.

Liens connexes


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 16 juin 2010
Dernière révision : 9 août 2010

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