Manuel du jardinier
Chapitre 4: Légumes
Brocoli, chou, chou chinois, chou de Bruxelles, chou frisé, chou rave, radis, rutabaga

Table des matières

  1. Introduction
  2. Tache alternarienne
  3. Nervation noire d’origine bactérienne
  4. Chenilles : piéride du chou, fausse arpenteuse du chou, fausse teigne des crucifères
  5. Hernie des crucifères
  6. Mildiou
  7. Mosaïque
  8. Cécidomyie du chou fleur
  9. Mouche du chou
  10. Liens connexes

Introduction

Ce chapitre contient une description de divers ravageurs des cultures de crucifères ainsi que des conseils sur diverses méthodes de traitement excluant l'utilisation de pesticides. Les jardiniers amateurs peuvent encore se procurer certains biopesticides et certains pesticides à faible risque pour lutter contre les mauvaises herbes et les ravageurs des pelouses et des jardins. Pour avoir plus d'information, voir le Chapitre 2 de ce manuel et le site Web du ministère de l'Environnement. Pour obtenir des conseils sur la lutte contre certains ravageurs ou mauvaises herbes en particulier, s'adresser à un horticulteur, à un maître jardinier ou à un centre de jardinage de votre localité.

Tache alternarienne

La tache alternarienne est une maladie fongique du feuillage. Les taches sont brunes et, à l'instar des cibles, marquées de cercles concentriques. Par temps humide, elles forment une moisissure feutrée brun foncé. Le champignon peut se propager par le biais des semences ou survivre deux ans dans des résidus végétaux infestés.

Méthodes de lutte

Appliquer de bonnes méthodes d'arrosage et d'entretien. Arroser le sol plutôt que les feuilles, et de préférence le matin pour permettre aux plants de s'assécher avant le soir. Éviter d'arroser trop. Éliminer et détruire les résidus de culture à la fin de la saison. Acheter des semences traitées à l'eau chaude.

Nervation noire d'origine bactérienne

Les plantes peuvent devenir infectées du stade de plantule jusqu'à la récolte et même pendant l'entreposage. On aperçoit à la bordure des feuilles de chou une flétrissure en forme de " V ", souvent jaunâtre. Les nervures de la partie atteinte peuvent être noires ou brun foncé. On les voit lorsqu'on sectionne les pédoncules et les tiges des rutabagas et des navets, et les racines du chou rave. Elles prennent la forme d'un anneau ou d'un arc noir. La bactérie hiverne sur la semence ou dans celle ci ainsi que dans les déchets de végétaux infectés. Les bactéries peuvent aussi se répandre par le biais d'outils contaminés ou par les éclaboussures d'eau.

Méthodes de lutte

Acheter les plants chez un détaillant fiable ou utiliser des semences traitées à l'eau chaude. Dès les premiers signes de nervation noire, ramasser tous les plants contaminés et les détruire. Éviter d'arroser trop. Après avoir manipulé des résidus de culture infectés, désinfecter les outils et les gants.

Chenilles : piéride du chou, fausse arpenteuse du chou, fausse teigne des crucifères

Chaque année, la piéride du chou constitue un problème courant partout en Ontario. C'est une chenille vert pâle d'une longueur maximale de 30 mm, qui porte une bande orangée pâle sur le dos. Elle est difficile à distinguer du feuillage et se retrouve souvent le long de la nervure médiane de la feuille. La présence de papillons blancs signale que la ponte d'œufs est en cours.

La fausse arpenteuse du chou est une chenille vert pâle ornée de stries blanches sur le dos et les côtés, qui atteint 4 cm à l'âge adulte. Elle se reconnaît à son mode de déplacement qui porte à croire qu'elle arpente la distance parcourue. Elle se nourrit du feuillage et peut causer des dommages importants.

Les larves de fausse teigne des crucifères sont des chenilles vertes de 1 cm de long. Quand on les dérange, elles reculent souvent en se tortillant rapidement ou se laissent glisser de la plante le long d'un fil de soie. Elles font de petites perforations dans les feuilles tout en laissant un peu de tissu qui recouvre chaque trou. Leur mode de déplacement et le type de dommages qu'elles causent permettent de les distinguer de la piéride du chou.

Méthodes de lutte

Inspecter les plants fréquemment (tous les jours si possible). Enlever à la main toutes les chenilles et les tous les œufs que l'on a trouvés et les détruire. Au début de la saison, les cloches peuvent empêcher les adultes de certaines espèces de pondre sur les semis. Ces insectes sont sensibles à certaines maladies virales et bactériennes, et ils ont plusieurs parasites qui permettent parfois de réduire leurs populations.

Hernie des crucifères

La hernie des crucifères est une maladie très grave causée par un champignon terricole indélogeable. Elle provoque des enflures en forme de massue sur les racines et, dans les cas graves, déforme tout le système racinaire. Les plants deviennent rabougris et flétrissent pendant les journées chaudes. La terre de jardin peut être infestée par des plants contaminés ou de la terre provenant de champs infestés. La terre infestée collée à des outils ou à du matériel peut aussi propager la maladie. Les sols acides favorisent le développement de la hernie des crucifères. Les mauvaises herbes de la famille des crucifères, par exemple la moutarde, le cresson palustre, le diplotaxis des murs, le cresson alénois et la bourse à pasteur, sont aussi des hôtes de prédilection, qui maintiennent la présence du champignon dans le sol.

Méthodes de lutte

Faire pousser les plants à partir de semences ou n'acheter que des plants sains chez des fournisseurs fiables. Vérifier si les racines ont des hernies. À la récolte, déterrer toutes les racines touchées et les jeter, même si le sol était déjà infesté avant la mise en terre. Jeter tous les plants qui se trouvent dans les caissettes ou les boîtes contenant des plantules infectées. S'il y a des plants infestés dans le jardin, les enlever et les détruire aussitôt que l'on remarque un flétrissement. Ne pas composter les racines atteintes par la maladie. Dans la mesure du possible, enlever toutes les mauvaises herbes de la famille des crucifères qui se trouvent dans le jardin. Incorporer au sol de la chaux agricole pour porter le pH à environ 7,2. L'ajout de chaux hydratée (vendue chez les marchands de matériaux de construction) changera plus rapidement le pH. Le taux d'application est de 1 kg par 6 m2. Enfouir la chaux à la pelle ou au rotoculteur environ trois semaines avant la plantation. Faire analyser le sol pour en connaître le pH.

Mildiou

Le mildiou est un champignon qui se manifeste principalement par temps froid et humide, au printemps et à l'automne. Sur la partie supérieure du feuillage, il produit des taches jaunes qui deviennent ensuite brunâtres et légèrement bigarrées de marques sombres. Par temps humide, une moisissure blanche duveteuse peut apparaître à l'emplacement des taches, sur la face inférieure des feuilles.

Méthodes de lutte

Planter des variétés résistantes. Éviter de placer les plants trop près les uns des autres pour permettre une ventilation suffisante. Ne pas trop les arroser pour qu'ils aient le temps de sécher entre les arrosages.

Mosaïque

La mosaïque provoque les malformations suivantes sur le rutabaga et le navet : collet long et crochu, racine petite et chétive. De plus, à la fin de l'été, le chou, le chou fleur et le brocoli sont parfois affectés; les plantes, perdant continuellement leurs feuilles basses, ont alors des tiges allongées et des pommes mal développées.

Le virus est transmis par les pucerons.

Méthodes de lutte

Faire les plantations tôt pour limiter la transmission du virus par les pucerons. Lutter contre ces derniers. Pour trouver de l'information sur la lutte contre les pucerons, voir la partie pertinente sous Ravageurs et maladies touchant de nombreux légumes.

Cécidomyie du chou fleur

La cécidomyie du chou fleur est une téphrite originaire d'Europe et d'Asie et dont la présence sur des crucifères a été constatée pour la première fois en Ontario en 2000, et qui est maintenant largement répandue dans la province. C'est une minuscule mouche brun clair (1,5 à 2 mm), difficile à distinguer des autres espèces apparentées présentes en Ontario. Les larves sont de petits asticots (0,3 à 3 mm de long) d'abord translucides et qui prennent une teinte blanc jaune en vieillissant. Elles se nourrissent habituellement en grappes sur les tissus jeunes, près des points végétatifs. Les plantules endommagées apparaissent souvent vrillées et leur point végétatif peut présenter une cicatrice brune bien visible (galle). Par la suite, sous l'effet des lésions produites par l'insecte lorsqu'il se nourrit, les inflorescences deviennent vrillées et déformées. Ces lésions peuvent être confondues avec d'autres types de problèmes (déficience en certains éléments nutritifs, stress dû à la chaleur, dégâts produits par la gelée). La première génération de cécidomyies du chou fleur apparaît entre la mi mai et le début juin. En Ontario, on compte de quatre à cinq générations qui se recoupent.

Méthodes de lutte

Il est très difficile de lutter contre la cécidomyie du chou fleur. Elle se propage souvent à de nouvelles régions avec des plants provenant de secteurs infestés. Approvisionnez vous auprès de fournisseurs fiables et n'apportez pas de plants infestés dans les régions où le ravageur est absent. Hacher et enterrer les résidus infestés. La plupart des pupes se trouvent dans le sol, à moins de 5 cm de la surface, et un travail du sol en profondeur permet de réduire leur nombre. Les pupes restent dans le sol pendant deux ans; par conséquent, dans les sols infestés, éviter de cultiver des crucifères pendant deux ou trois ans. On remarque une variabilité considérable pour ce qui est de la susceptibilité des variétés de plantes à la cécidomyie du chou fleur. Le moment de la mise en terre peut aussi avoir son importance : les dommages peuvent être moins graves dans les plantations mises en place avant l'émergence des adultes au début juin.

Mouche du chou

Chaque année, la mouche du chou endommage gravement les jeunes plants. Il y a trois générations d'adultes qui pondent dans le sol au voisinage des plants en mai, au début juillet et à la mi août. La première génération est la plus dévastatrice. La mouche du chou se nourrit de racines et les blessures qu'elle y laisse deviennent des points d'entrée pour la pourriture des racines. La plante dépérit et vire au gris bleu, et les bordures des feuilles s'enroulent. Les racines peuvent se casser lors de l'arrachage. Habituellement, les jeunes plants meurent tandis que les plants plus âgés survivent malgré une croissance réduite.

Méthodes de lutte

Pour éviter les dégâts produits par la première génération de larves dans le rutabaga, reporter les premiers semis au début de juillet (à la mi juin dans le Nord de l'Ontario). Les parties endommagées par les deuxième et troisième générations doivent être enlevées avant la cuisson. Semer dans un châssis bien couvert par une moustiquaire ou un coton à fromage, pour empêcher les mouches de pondre à proximité des plantules. Au moment du repiquage dans le jardin, glisser autour de la tige de chaque plant un collet de 10 cm x 10 cm en papier goudronné ou en plastique rigide, percé d'un petit trou au centre et fendu sur le côté. Poser le collet à plat sur un sol lisse et placer un caillou sur la fente pour le maintenir en place.

Liens connexes


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 16 juin 2010
Dernière révision : 9 août 2010

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