Manuel du jardinier
Chapitre 1: Comment les dommages sont causés
Attaquer le mal à la racine

Table des matières

  1. Attaquer le mal à la racine
  2. Liens connexes

Attaquer le mal à la racine

Diagnostiquer les affections des plantes

En cas de problème dans les cultures, il est important d'effectuer à temps le diagnostic approprié pour pouvoir choisir et mettre en œuvre les méthodes de lutte les plus efficaces. Il sera ainsi possible de limiter les répercussions sur le rendement ou la valeur esthétique des plantes.

Mais pour pouvoir poser un diagnostic, il faut connaître l'apparence normale de la plante et son type de croissance. C'est ainsi qu'on pourra identifier les problèmes à un stade précoce. Il est tout aussi important de pouvoir décrire les éventuelles anomalies. Par exemple, la plante est-elle flétrie, y-a-t-il un dépérissement terminal ou une décoloration, quelle est la répartition des symptômes sur le plant et sur les plants voisins, quelles sont les espèces touchées, etc.

Inspecter soigneusement les plants pour y rechercher des toiles, des mues, des excréments et d'autres traces de présence de ravageurs ou le ravageur lui même. De nombreux insectes, comme les pucerons, les chenilles et les coléoptères, sont parfaitement visibles. D'autres, comme les asticots, manifestent rarement leur présence avant d'avoir causé des dégâts. Si les ravageurs en cause ont déjà été présents dans le passé, il faudra prendre des mesures préventives. Chercher également les moisissures, le mildiou, les champignons et les autres structures productrices de spores. Rechercher aussi la présence d'un liquide opaque (exsudation bactérienne) qui peut être le signe d'une maladie infectieuse. De façon générale, une fois la plante infectée, les dommages subis par les feuilles sont irrémédiables.

Ne pas oublier que de nombreux ravageurs agissent dans sol, où ils sont invisibles. Il pourra être nécessaire de déterrer un plant pour rechercher les insectes terricoles ou les dommages qu'ils ont infligés aux racines.

À noter également que les conditions météorologiques, l'emplacement, l'état du sol et les pratiques culturales (utilisation de pesticides, épandage d'engrais, arrosage) ont aussi un effet sur la croissance des plantes. Ces facteurs sont traités plus en détails dans la partie consacrée aux dommages d'origine abiotique, et ils doivent également être pris en compte lors de l'établissement du diagnostic. Dans bien des cas, c'est un ensemble de facteurs qui est en cause. Les plantes qui subissent déjà un stress en raison de la mauvaise qualité du milieu, par exemple, résistent moins bien aux maladies infectieuses et aux ravageurs.

Pour effectuer le diagnostic, commencer par consulter la partie du présent ouvrage qui est consacrée à l'espèce végétale touchée. Parmi les descriptions de tous les ravageurs et maladies de l'hôte en question, trouver celle qui correspond le mieux aux symptômes observés. Les parties traitant respectivement des fruits et des plantes ornementales contiennent des clés à cet effet. Pour chacune des affections énumérées dans ce manuel, on décrit les symptômes et on suggère des méthodes de traitement.

Il est important de ne pas poser de diagnostic à l'aveuglette. Le présent ouvrage ne couvre que des ravageurs les plus communs. Pour les cas qui ne concordent avec aucune des descriptions présentées ici, trouver d'autres références ou s'adresser à un spécialiste. En cas d'incertitude sur le diagnostic, consulter un pépiniériste ou un centre jardinier, un paysagiste professionnel ou un maître jardinier de votre région. On peut également soumettre des échantillons de plants malades ou d'insectes à un laboratoire commercial comme la clinique de diagnostic phytosanitaire de l'Université de Guelph, mais ce service est payant.

Niveaux de tolérance

Une fois que l'on connaît la cause du problème observé, on peut déterminer si une intervention est nécessaire et, le cas échéant, la méthode à employer. Lors de cette prise de décision, ne pas oublier qu'il est normal que les ravageurs fassent quelques dégâts dans les jardins, et que dans la plupart des cas, les dommages mineurs n'ont pas de répercussions durables.

Prendre en compte l'état général de la plante; si celle ci est stressée pour d'autres raisons, elle résistera moins bien aux ravageurs que si elle est en bonne santé. Le moment où les dommages surviennent revêt également une certaine importance; en effet, les plantes sont souvent plus sensibles à l'action des ravageurs à certains stades de leur développement. Par exemple, les légumes sont extrêmement vulnérables aux insectes, aux maladies et à la concurrence exercée par les mauvaises herbes lorsqu'ils sont à l'état de plantules, mais ils tolèrent bien certains dommages aux stades ultérieurs de leur développement, en particulier sur leurs parties non récoltées. Tenir compte de l'emplacement des dommages et de leur gravité. Par exemple, on peut enlever les feuilles extérieures d'un chou si elles sont abîmées, et il est parfois possible d'éliminer les défauts mineurs sur les fruits.

Et enfin, les méthodes de lutte employées doivent refléter la décision qui a été prise. Si la méthode envisagée n'a des effets qu'après un long délai (par exemple, introduction de certains prédateurs naturels) ou ne permet qu'une maîtrise partielle, on peut décider de la mettre en œuvre lorsque les populations de ravageurs seront plus faibles.

Liens connexes



Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 4 juillet 2005
Dernière révision : 18 mai 2010

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