Manuel du jardinier
Chapitre 1: Comment les dommages sont causés
Dommages d'origine abiotique

Table des matières

  1. Dommages d'origine abiotique
  2. Liens connexes

Dommages d'origine abiotique

Les affections d'origine abiotique sont celles qui ne sont causées ni par un organisme vivant, ni par un virus, mais plutôt par le sol, les conditions météorologiques, ou des perturbations physiques ou chimiques résultant de l'activité humaine. Elles touchent généralement le feuillage et le système racinaire, ce dernier étant le plus gravement atteint.

La plante risque de mourir à moins qu'on améliore l'état des racines. Sa réaction aux dommages d'origine abiotique dépend de la gravité du problème et de l'espèce végétale en question. Le chêne, l'érable, le frêne et l'épinette, par exemple, sont des essences très sensibles à la compaction du sol, à la sécheresse, aux dommages causés aux racines ou aux variations soudaines de température. Les dommages d'origine abiotique peuvent aussi affaiblir la plante et la rendre plus vulnérable aux insectes et aux maladies.

Pour combattre les affections d'origine abiotique, améliorer l'ensemble des conditions de culture, éliminer les facteurs en cause et, dans la mesure du possible, sélectionner des variétés pouvant résister à ces types de dommages.

Pollution de l'air

La pollution de l'air (particulièrement l'ozone, les oxydes d'azote et l'anhydride sulfureux) cause davantage de dommages à certaines plantes qu'à d'autres et sévit plus gravement dans certaines régions de l'Ontario que dans d'autres. L'ozone et les oxydes d'azote sont présents dans le smog. Quant à l'anhydride sulfureux, il est principalement formé par la combustion du charbon et du pétrole.

Le type de dommage varie selon le niveau de pollution et le degré de sensibilité de la plante. Les symptômes comprennent l'apparition de mouchetures sur les feuilles ou chlorose et le vieillissement prématuré des feuilles.

Chute des aiguilles de conifères à l'automne

Il s'agit d'un phénomène naturel et non d'une maladie. Tous les conifères perdent une quantité variable d'aiguilles chaque année. Dès le début de l'automne, celles qui font face à l'intérieur de l'arbre (les plus près du tronc) jaunissent ou brunissent et tombent. Les thuyas et de nombreux genévriers ont des aiguilles en forme d'écaille qui recouvrent les ramilles. Chez ces espèces, les ramilles les plus anciennes tombent aussi à l'automne.

Les arbres peu vigoureux ou stressés par la sécheresse, le choc de transplantation, le mauvais drainage ou la compaction du sol peuvent perdre une plus grande partie de leur feuillage qu'ils ne le feraient en un an dans des conditions normales. En pareil cas, on pourra limiter la chute des aiguilles ou des écailles en identifiant le problème et en réduisant le stress.

Sol compacté

Le pavage et la compaction du sol autour des arbres empêchent la pénétration de l'air et de l'eau dans la terre. Les travaux effectués sur un terrain paysager avec un matériel lourd ou le passage de nombreux piétons peuvent également entraîner une compaction, surtout sur les sols argileux, ce qui entraîne un dépérissement progressif des arbres, jeunes ou vieux.

Dépérissement

Le dépérissement frappe les arbres d'ombrage et s'observe partout en Ontario. La perte progressive de vigueur et la défoliation des branches en sont les symptômes classiques. Le raccourcissement des entre-noeuds, la diminution de la taille des feuilles et leur décoloration ainsi que l'apparition prématurée de la coloration automnale peuvent également se produire. L'érable, le frêne, le chêne et le hêtre sont particulièrement prédisposés au dépérissement.

Chez les érables de Norvège âgés de plus de 30 ans, par exemple, le dépérissement de certaines branches et la diminution de la taille des feuilles sont fréquents. D'autres arbres peuvent prendre leurs couleurs d'automne prématurément. Le dépérissement peut survenir soit de façon soudaine, soit d'une manière tellement graduelle qu'on peut ne pas le remarquer.

Les causes du dépérissement sont mal connues. On sait toutefois que la compaction du sol, le manque de drainage, l'altération du milieu et l'échauffement trop prononcé du sol produisent un stress sur les racines et prédisposent au dépérissement, tout comme les maladies virales. Ce phénomène peut aussi être dû à la corde ou au grillage employés pour ceinturer l'arbre et qu'on a laissés en place après la transplantation.

Pour prévenir le dépérissement, mettre en œuvre un programme d'arrosage et de fertilisation adéquat qui favorisera une bonne croissance des arbres. En ce qui concerne les arbres plus âgés, éviter de modifier le mode de drainage ou de faire passer du matériel lourd sur leur système racinaire.

Dommages causés par les chiens

Tous les conifères, et en particulier le thuya occidental, sont sensibles à l'urine des chiens mâles. Les symptômes sont le brunissement et le noircissement rapides de la partie inférieure du feuillage, qui prend un aspect graisseux caractéristique. La croissance des parties endommagées ne reprend pas.

Pour prévenir ce genre de problème, protéger la partie inférieure des arbustes.

Sur les pelouses, l'urine de chien tue la partie aérienne du gazon. Parmi les symptômes, on remarque habituellement des zones circulaires ou allongées de gazon mort entourées de gazon vert foncé à croissance plus rapide. Lorsque le degré d'humidité est suffisant, la pelouse se rétablit généralement en deux ou trois semaines. Un arrosage copieux de la portion endommagée contribuera à éliminer les sels de l'urine. Cependant, il peut devenir nécessaire d'envisager la rénovation des pelouses très endommagées.

Œdème

L'œdème se produit lorsque l'humidité du sol subit des fluctuations extrêmes. Il se traduit d'abord par l'apparition, sur la face inférieure des feuilles, de minuscules taches gorgées d'eau qui deviennent bientôt des bourrelets liégeux. Dans sa forme la plus grave, l'œdème fait jaunir et mourir les plus vieilles feuilles. Cette affection est très courante chez le géranium lierre et chez d'autres plantes annuelles aux feuilles couvertes de pruine.

Pour prévenir l'œdème, éviter de faire fluctuer l'humidité du sol, surtout par temps froid ou humide; rempoter dans de plus gros contenants les plants déjà bien développés qui sèchent rapidement.

Dommages causés par la fertilisation

L'engrais mal appliqué ou en quantité excessive peut brûler les plantes; par ailleurs une fertilisation insuffisante peut se traduire par des symptômes de carence comme le jaunissement de l'ensemble du feuillage, ou par un étiolement et une croissance chétive.

Dommages causés par le gel et le froid

Les dommages causés par le gel apparaissent lorsque la température est inférieure au point de congélation après le début de la croissance. Les symptômes varient selon le type de plante :

  • Annuelles: noircissement des feuilles et des tiges. Les plants repiqués dont l'aoûtement n'est pas suffisant y sont particulièrement sensibles.
  • Plantes décidues: recroquevillement des feuilles et noircissement de leur bordure.
  • Arbustes à floraison hâtive: absence d'ouverture des bourgeons floraux ou brunissement et déchiqueture du bord des pétales.
  • Conifères: flétrissure et, parfois, mort des jeunes pousses.

Étranglement par les racines

Les racines qui compriment une partie de la souche d'un arbre sont appelées racines constrictives. Cette affection, qui entraîne le dépérissement d'un grand nombre d'érables rouges et d'érables de Norvège âgés de 25 à 30 ans, constitue aujourd'hui un problème majeur dans nos villes. Les arbres cultivés en pépinière sont les plus prédisposés à l'étranglement par les racines parce qu'ils sont souvent sarclés au ras des tiges ou cultivés en contenants, de sorte que les petites racines contournent le tronc, qu'elles finissent par étrangler après des années de développement.

Les racines constrictives se trouvent en général à moins de 15 cm sous la surface du sol. On peut souvent en soupçonner la présence lorsque la souche ne s'élargit pas normalement à la jonction du tronc et des racines. Les symptômes visibles peuvent être le ralentissement de la croissance pendant plusieurs années, la diminution de la taille des feuilles, l'apparition prématurée de la coloration automnale et le dépérissement. Lorsqu'ils apparaissent, les racines constrictives ont déjà causé des dégâts irréversibles. Comme l'étranglement ne touche généralement qu'un côté de l'arbre, certaines branches peuvent mourir tandis que d'autres restent en bonne santé.

Afin de prévenir l'étranglement par les racines, enlever toutes les racines en spirale des jeunes arbres avant leur mise en terre.

Dommages causés par les herbicides

L'exposition accidentelle aux herbicides peut endommager sérieusement les plantes. Ce phénomène résulte souvent d'un manque de soin apporté à la pulvérisation, de la dérive de l'herbicide ou de son écoulement dans la rhizosphère par lessivage. Ces dommages peuvent être causés même par les produits à risque réduits qui sont encore permis depuis l'interdiction des pesticides utilisés à des fins esthétiques. La nature des dégâts et leur gravité dépendent de la quantité et du type d'herbicide employé. Une légère exposition peut n'avoir aucun effet à long terme; cependant l'exposition à des herbicides persistant dans la zone racinaire pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, peut avoir des conséquences beaucoup plus graves.

Une fois que l'exposition accidentelle s'est produite, il n'y a plus grand-chose à faire pour y remédier si ce n'est l'irrigation et la fertilisation qui permettent d'atténuer le stress subi par la plante. En matière d'exposition aux herbicides, mieux vaut prévenir que guérir. Lire attentivement l'étiquette du produit avant de s'en servir et suivre toutes les instructions . Pour éviter la dérive, ne pulvériser aucun herbicide par temps venteux.

Symptômes propres aux herbicides

Les herbicides non sélectifs tels que le paraquat ne tuent que le feuillage et les tiges qu'ils touchent directement. Les gouttelettes causent de petites taches brunes semblables aux taches foliaires causées par des champignons.

Le glyphosate (qu'on connaît surtout sous le nom de Roundup, son appellation commerciale) est absorbé par les parties vertes des plantes, puis il est diffusé jusque dans le système racinaire. Les symptômes peuvent être le jaunissement et le brunissement des feuilles ainsi que la déformation des nouvelles pousses.

Roussissement des feuilles et des racines

Le roussissement des feuilles est un symptôme typique des végétaux qui absorbent mal l'eau. Le marronnier d'Inde, le chêne et l'érable «Drummondii» ainsi que de nombreuses autres essences sont prédisposés à cette affection qu'on observe surtout le long des voies urbaines.

Le roussissement des feuilles est plus fréquent à la mi-août; généralement, il atteint d'abord les branches du houppier. Il provoque la mort soudaine des feuilles ou le brunissement de leur limbe ou de leur bordure. On a déterminé que le roussissement du feuillage de l'érable et du hêtre à la fin du printemps était lié à l'exposition soudaine du feuillage au plein soleil après une période de temps humide et nuageux.

Le roussissement des racines est causé par une forte concentration de sel dans le sol, qui peut résulter de l'irrigation effectuée avec de l'eau saline ou des résidus du sel épandu sur les routes en hiver.

Pour traiter cette affection, pendant les périodes de sécheresse, arroser profondément une fois par semaine pour réduire le stress causé à l'arbre.

Gaz naturel

Les fuites de gaz naturel des gazoducs endommagent gravement les plantes.

Dommages d'origine chimique

Par temps chaud, la pulvérisation de produits chimiques au milieu de la journée peut endommager le feuillage des plantes, parce que celles-ci subissent déjà un stress et que les pesticides sèchent trop rapidement. Les jeunes pousses encore tendres sont celles qui sont les plus exposées à ces dommages. Les symptômes sont la brûlure du bord des feuilles ou l'apparition de petites taches brunes sur le feuillage, aux endroits où de petites gouttelettes perlent encore.

Mauvais drainage du sol

La plupart des plantes ne poussent pas bien lorsque le sol est gorgé d'eau ou mal drainé, ce qui les prive de l'air nécessaire à la croissance de racines saines. Dans ces conditions, leur système racinaire se développe mal, est affaibli ou s'enfonce très peu dans le sol, et il est ainsi prédisposé au pourridié. Seules certaines espèces de végétaux ligneux tolèrent de telles conditions : érable argenté, saule, cornouiller, sapin baumier, épinette noire et platane occidental.

Dommages causés par le sel

Le sel contenu dans les eaux de ruissellement et les embruns provenant de la circulation automobile produit très souvent des dommages le long des routes où l'on utilise de grandes quantités de sel de déglaçage en hiver. Il pénètre et s'accumule dans les tissus végétaux lorsque ceux-ci sont mouillés et que la température est positive. Les symptômes apparaissent généralement sur la face du végétal qui fait face à la route, du côté exposé aux vents dominants.

Dommages causés par le sel contenu dans les embruns

  • Plantes décidues : absence d'ouverture des bourgeons floraux et foliaires, petite taille et déformation des nouvelles feuilles, dépérissement des rameaux et formation de branches touffues et très ramifiées.
  • Conifères : brunissement des aiguilles ou des ramilles à partir de l'extrémité des rameaux, suivi de leur chute qui fait apparaître des branches dénudées.

Dommages causés par l'absorption excessive de sel par les racines

Les résidus de sel laissés sur les routes et les trottoirs par la fonte de la glace et de la neige s'accumulent dans les sols avoisinants, où ils atteignent une concentration suffisante pour causer des dommages à la végétation. Lorsque le système racinaire d'une plante absorbe une quantité excessive de sel, on remarque parfois une réduction de la taille des feuilles, la brûlure du bord des feuilles et leur chute prématurée. Les essences sensibles à ce phénomène sont le pin blanc, le thuya occidental, l'érable à sucre, le tilleul, le chêne rouge, le chêne blanc et le pommetier.

Le pin noir d'Autriche, l'épinette bleue, le chalef à feuilles étroites, le vinaigrier et l'érable de Norvège tolèrent bien le sel.

Dommages causés par les noyers

Les racines du noyer cendré et du noyer noir (mais pas celles du noyer commun) sécrètent de la juglone, substance toxique pour de nombreuses espèces végétales qui occupent la même rhizosphère. La tomate est l'une des espèces les plus sensibles aux dommages causés par les noyers; les plans flétrissent et s'affaissent à peu près au moment où les fruits arrivent à maturité. L'aubergine, le brocoli, le chou, le chou de Bruxelles, le chou-fleur, le poivron, le pois et la pomme de terre y sont également sensibles. Parmi les végétaux d'ornement qui sont prédisposés à cette affection, on note la potentille, l'azalée, le rhododendron, le fusain, le pin rouge et le pin blanc.

Si une plante croissant à proximité de l'un de ces deux arbres se développe mal, éviter par la suite de planter cette espèce au même endroit. Le traitement le plus radical consisterait à enlever le noyer, mais ses effets toxiques persistent au moins un an après le déracinement. La culture sur billons pourrait constituer une solution de rechange. On peut également planter des végétaux tolérant la juglone, par exemple des légumes comme la betterave, le haricot mange-tout, le maïs sucré ou l'oignon, ou bien des végétaux d'ornement comme le seringa, la viorne, le chèvrefeuille, l'hosta, l'iris, la pervenche et beaucoup d'autres.

Pour plus d'information, voir la fiche technique du MAAARO sur la toxicité des noyers, Walnut Toxicity (disponible en anglais seulement).

Dommages causés par le vent, la grêle ou la foudre

Le vent ou la grêle peuvent déchirer les feuilles des plants de fleurs et de légumes, des arbres et des arbustes. En raison des vents forts qui sont fréquents au printemps, les jeunes feuilles immatures sont les plus exposées à ce phénomène.

Les arbres frappés directement par la foudre peuvent être gravement endommagés (déchirement de l'écorce et noircissement des feuilles).

Dommages causés par l'hiver

De nombreux arbres et arbustes subissent des dommages au cours de l'hiver parce qu'ils ne sont que très légèrement rustiques dans la région où ils poussent. Si l'hiver est particulièrement rude ou que la température fluctue rapidement, les bourgeons foliaires et floraux peuvent mourir. Les dégâts produits par l'hiver passent souvent inaperçus jusqu'à la fin du printemps, moment où l'on peut constater l'affaissement des nouvelles pousses et le noircissement complet du cœur du bois. Pour prévenir ces effets, ne pas employer d'engrais en quantité excessive. Cela permet d'éviter la croissance des pousses à la fin de l'automne et d'assurer un aoûtement adéquat.

Les symptômes des dommages causés par l'hiver sont multiples. Les feuillus à feuilles persistantes et les conifères peuvent se dessécher s'ils sont exposés au vent. Chez les feuillus à feuilles persistantes, un signe précoce de dommages est l'enroulement du bord des feuilles vers le bas et vers l'intérieur. Si la perte d'humidité est importante, les bourgeons, les feuilles, les aiguilles et les rameaux brunissent et finissent par mourir. Pour ce qui est des plantes de fondation, bien les arroser jusque tard en automne, placer un paillis épais sur le sol pour isoler le système racinaire, et étendre des toiles protectrices en jute.

Chez les jeunes arbres à écorce mince tels que l'érable, le tilleul, le platane à feuilles d'érable et le cerisier décoratif, l'hiver produit des gélivures (fentes longitudinales généralement situées sur la face sud-ouest des troncs). Pour circonscrire ce problème, on peut entourer le tronc de jute ou le couvrir de latex blanc.

De nombreux arbres et arbustes ornementaux peuvent n'être que très légèrement rustiques dans la région où ils poussent. Les froids extrêmes ou les fluctuations rapides de la température à la fin de l'hiver peuvent causer la mort des bourgeons foliaires et floraux, ces derniers étant les plus sensibles.

Pour protéger toutes les plantes contre les dommages causés par l'hiver, éviter de surfertiliser; on empêchera ainsi la croissance des pousses à la fin de l'automne et on assurera un aoûtement adéquat. En outre, planter les arbres et arbustes prédisposés aux dommages causés par l'hiver aux endroits les mieux abrités de la propriété.

Liens connexes



Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 4 juillet 2005
Dernière révision : 18 mai 2010

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