Manuel du jardinier
Chapitre 1: Comment les dommages sont causés
Maladies des plantes

Table des matières

  1. Maladies des plantes
  2. Liens connexes

Maladies des plantes

Les parasitoses sont causées par des champignons, des bactéries, des virus et des nématodes. Ces organismes attaquent les plantes et se développent à leurs dépens.

Champignons et bactéries

Les maladies fongiques et bactériennes peuvent être grossièrement classées selon le type de dommages qu'elles causent.

Certaines s'attaquent aux feuilles (maladies foliaires). Celles ci peuvent jaunir, tomber ou se déformer sous l'effet de la flétrissure vasculaire ou de facteurs secondaires tels que la sécheresse ou la pollution atmosphérique. Parmi les maladies communes, on note le botrytis, le blanc, le mildiou, les taches foliaires, la tache noire, les rouilles, l'anthracnose et le rouge.

Les semis sont souvent touchés par la pourriture du collet et le pourridié. Dans ce cas, le bas de la tige paraît gorgé d'eau et, à la longue, la plante finit par pourrir au niveau du sol. Des champignons terricoles comme Pythium et Phytophthora infectent les plantes herbacées et ligneuses. Rhizoctonia et Fusarium provoquent l'apparition de lésions brunes ou noires au bas des tiges et sur les racines.

Les chancres sont des maladies fongiques qui touchent fréquemment les plantes affaiblies par la sécheresse, la perturbation des racines ou un environnement racinaire défavorable. Ils tuent l'écorce et le tissu sous jacent des branches et des tiges en formant des plaques. L'écorce se dessèche, se fendille et se détache facilement en découvrant le bois sous jacent. Les organes de fructification du champignon sont souvent visibles sur les segments d'écorce nécrosés.

La flétrissure vasculaire se produit lorsque les champignons ou les bactéries pénètrent dans le système vasculaire de la plante et l'obstruent, empêchant la sève de parvenir jusqu'aux feuilles. Aux premiers stades, les feuilles se rétablissent souvent pendant les périodes de temps frais et humide. À la longue, cependant, les feuilles et les branches touchées finissent par se dessécher et par mourir, et la plante toute entière meurt peu après. La flétrissure verticillienne et la maladie hollandaise de l'orme sont des maladies graves de ce type.

De nombreuses maladies fongiques et bactériennes qui touchent des cultures différentes ont des noms semblables bien que les espèces pathogènes en cause ne soient pas les mêmes. Par exemple, ce sont des champignons différents qui causent le blanc de la vigne du concombre. Cet aspect revêt parfois une certaine importance parce que l'évolution de la maladie et les méthodes de lutte varient selon le pathogène considéré. Par exemple, le mildiou du concombre est souvent beaucoup plus grave que celui du brocoli.

Champignons

Les champignons constituent un groupe d'organismes qui ont certains points communs avec les plantes mais qui, contrairement à celles ci, sont dépourvus de chlorophylle; pour pouvoir vivre et se reproduire, ils doivent donc prélever leurs éléments nutritifs à partir d'autres organismes vivants ou morts. Ils forment des filaments délicats (mycélium filamenteux) qui se développent sur ou dans les tissus des plantes infectées et qui peuvent être invisibles à l'œil nu. La plupart d'entre eux se reproduisent en formant des millions de spores qui sont propagées par les courants atmosphériques, l'eau, la terre et les insectes. Dans des conditions ambiantes propices, et si un hôte approprié se trouve à proximité, les spores germent et l'infectent. Ils pénètrent par les blessures et les ouvertures naturelles de la plante ou en traversant la couche de tissus superficiels externes (épiderme). De nombreux champignons produisent également des spores de réserve qui peuvent résister à des conditions adverses durant de longues périodes.

Les champignons qui attaquent le feuillage, les fleurs et les tiges sont généralement propagés par des courants atmosphériques ou par des éclaboussures d'eau. Ceux qui infectent les racines, le collet ou l'appareil vasculaire des plantes (flétrissures) peuvent vivre indéfiniment dans le sol, jusqu'à ce que les conditions redeviennent propices à la germination. Les dégâts qu'ils occasionnent sont la dégradation des tissus (pourriture molle), la dégénérescence cellulaire (nécrose ou taches foliaires) et l'obstruction des vaisseaux conducteurs.

Bactéries

Les bactéries sont des micro organismes unicellulaires qui, dans des conditions favorables, se reproduisent rapidement à l'intérieur de la plante. Elles pénètrent par les blessures, les coupures laissées par la taille ou par les pores des feuilles. Bien qu'elles puissent également être disséminées par les outils de jardinage, elles sont le plus souvent propagées par les éclaboussures de la pluie et de l'eau d'arrosage. Une fois à l'intérieur de la plante, elles s'attaquent à la plupart de ses organes.

On associe souvent les bactéries à des flétrissures (p. ex. flétrissure bactérienne du géranium), à des brûlures (p. ex. brûlure bactérienne du lilas) ou à des pourritures molles. Les bactéries des flétrissures bouchent généralement les tissus vasculaires, ce qui gêne l'écoulement de l'eau et des éléments nutritifs. Les brûlures touchent d'abord les jeunes pousses et les couches externes de tissus. Les pourritures molles se développent sur les tissus charnus des parties blessées de la plante qui restent humides pendant de longues périodes.

Les symptômes de flétrissure se manifestent principalement sur les feuilles : grandes nécroses en forme de V, jaunissement et flétrissement. Des bandes grises ou noires peuvent apparaître sur les feuilles et sur les tiges. Par temps chaud et humide, les plantes s'affaissent très rapidement.

Au début, les brûlures peuvent prendre l'aspect de mouchetures noires sur le feuillage et les tiges. Chez de nombreuses plantes ornementales ligneuses, les boutons floraux, les jeunes feuilles et les pousses peuvent noircir complètement et mourir. L'infection se produit au début du printemps, pendant les périodes d'humidité prolongée.

Les pourritures molles se développent souvent sur les fruits ou les légumes près desquels il reste de l'eau stagnante pendant de longues périodes. Elles apparaissent habituellement là où il existe déjà une blessure sur la plante. Les pourritures molles bactériennes dégagent généralement une odeur désagréable et ont un aspect humide et visqueux.

Virus

Les virus ne sont visibles qu'au microscope électronique, et ils ne peuvent se reproduire que dans l'organisme d'un hôte vivant. Les maladies virales les plus communes sont classées en fonction des symptômes qu'elles produisent : mosaïques, chloroses, rabougrissement, marbrures et rayures.

Les symptômes des maladies virales sont très divers, le plus commun étant un jaunissement inégal de la feuille, qui produit une mosaïque de taches jaunes et vertes. Dans le cas de certains virus systémiques, les parties adjacentes aux nervures virent au jaune. D'autres virus peuvent aussi causer l'apparition de taches annulaires, le rabougrissement, la déformation des feuilles et des fleurs, et la mort prématurée.

De nombreux virus sont propagés des plantes infectées aux plantes saines par les insectes. Ils peuvent également être disséminés par les personnes qui manipulent les plants, les coupent ou les taillent. Beaucoup de virus se conservent d'une saison à l'autre dans les tubercules, les bulbes, les cormus et, à l'occasion, dans les semences.

Nématodes

Les nématodes sont des vers microscopiques qui s'attaquent aux racines des plantes pour se nourrir. Le feuillage peut aussi être touché, bien que rarement. Dans certains cas, les racines sont raccourcies avec des excroissances ou des nœuds enflés. (Ne pas confondre les nodosités fixatrices d'azote des légumineuses avec les dégâts causés par une nématodose.) Souvent, de petites lésions sont également visibles. Au fur et à mesure que la maladie progresse, on assiste généralement à l'apparition du pourridié dû à l'invasion d'autres organismes. La plante dépérit graduellement et montre des symptômes de sécheresse, de stress, de carence nutritionnelle et de retard de croissance. Les nématodes préfèrent les sols sablonneux.

Liens connexes



Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 4 juillet 2005
Dernière révision : 18 mai 2010

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