Sommaire de la saison 2014 pour les céréales

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Jusqu'à la fin de septembre, les conditions d'ensemencement de l'automne 2013 étaient bonnes. Pendant le reste de l'automne, les piètres conditions d'ensemencement ont fait qu'au final, 800 000 acres ont été ensemencées et pour la plus grande partie, ce blé était en terre à la fin de semaine de l'Action de grâces et une forte proportion des semis ont amorcé l'hiver en situation marginale.

La superficie en blé dur rouge a fléchi, passant de 11 % de la récolte en 2012 à 7,5 % en 2013, car les primes de prix se sont érodées en raison de problèmes constants de teneur en protéines. On note, par rapport à l'année précédente, un léger glissement, de 6 % à 5 %, de la superficie ensemencée en blé tendre blanc, de sorte que le blé tendre roux constituait l'essentiel de la récolte, soit 87,5 %. L'orge d'hiver a continué d'afficher une lente reprise des superficies en semis. La superficie ensemencée en céréales au printemps a changé de façon marginale en 2013 : blé de printemps 85 000 acres (pas de hausse), avoine 75 000 acres (+15 %), orge 110 000 acres (-4 %) et céréales mixtes 90 000 acres ( 10 %). Le printemps tardif a freiné toute augmentation éventuelle, tandis que la demande de paille empêchait des pertes importantes en superficie.

L'hiver 2013-2014 a été l'un des plus rudes dont on se souvient. De longues périodes sous les -25° C étaient chose courante. La brève période de températures supérieures à zéro au début de janvier n'a pas fait fondre toute la neige, mais elle a suffi pour la faire durcir ou la changer en glace, de sorte que la plus grande partie de la superficie ensemencée en blé a été gravement touchée par la mortalité hivernale et 15 % de la superficie a dû recevoir d'autres semences. La superficie finale récoltée était de 680 000 acres. Même dans les champs épargnés, de 5 % à 10 % de la superficie était dénudée. La mortalité hivernale découlait à la fois des blessures dues aux grands froids et de la suffocation écoulant du manque d'oxygène. Presque toute la récolte d'orge d'hiver a été perdue. Dans certaines régions, les dommages causés par le temps froid donnaient l'impression qu'il valait la peine de conserver les superficies ensemencées, mais les plantes n'avaient que peu de vigueur et n'ont pu se rétablir vraiment. L'Est ontarien faisait exception, car le taux de survie du blé y a été excellent.

En raison du printemps tardif, le développement des récoltes a pris un retard de 10 à 14 jours qui n'a pu être compensé pendant le reste de l'année. À cause des semis tardifs, certains champs de blé destinés à être réensemencés ont été laissés à récolter. Dans le Sud, il a fallu attendre la mi-avril avant d'observer une croissance appréciable, tandis que dans les régions où la saison est plus courte, la croissance a été retardée jusqu'en mai, ce qui a encore compliqué les décisions de reprise des semis. Les semis de céréales du printemps ont eu lieu incroyablement tard, soit dans les premiers jours de juin. On a planté de l'orge ou du blé de printemps dans certains champs de blé d'hiver, pour remplir les trous et les zones faibles.

L'épandage d'azote s'est terminé fin avril-début mai. On prévoyait un traitement fractionné, mais, faute de temps, il n'y a eu qu'un seul épandage. Sur les sols lourds et argileux, le temps constamment frais et humide a provoqué une dénitrification considérable, d'où une forte perte de rendement. Le déficit en soufre (S) était plutôt fréquent. Le printemps frais et humide a retardé la libération du soufre de la matière organique. L'épandage de soufre a suscité une réponse marquée au niveau du rendement dans certains champs. Le déficit en manganèse était courant dans les sols habituellement déficitaires.

La lutte hivernale contre les mauvaises herbes annuelles ou vivaces s'est transformée en « nébulisation désespérée ». Lorsque les agriculteurs ont pu se rendre dans les champs, les mauvaises herbes étaient déjà montées en graines et le dommage était fait. Pour la deuxième année consécutive, cela a fait ressortir les avantages de la lutte contre les mauvaises herbes à l'automne. Dans nombre d'exploitations, on a raté le créneau permettant la répression annuelle des mauvaises herbes, car les sols étaient constamment mouillés. Le vulpin des prés, qui pose rarement de problème pour le blé d'hiver, a exercé des pressions parasitaires considérables dans les peuplements clairsemés, de sorte qu'on a traité préalablement au glyphosate une proportion de champs supérieure à la normale pour faciliter la récolte.

La proportion de maladies foliaires est demeurée faible pour une bonne partie de la récolte dans l'ensemble de la saison. Il faut signaler des poches isolées d'oïdium et de taches septoriennes à certains endroits. La strie céphalosporienne a posé un problème sur les sols argileux lourds et le blé intervenait fréquemment dans la rotation. Les différences de résistance à la strie céphalosporienne entre variétés étaient évidentes. On a observé dans nombre de champs de graves symptômes de moucheture physiologique, le temps frais et humide provoquant une diminution des cuticules foliaires. La rouille de l'avoine demeure un grave problème et les champs non traités du Sud-Ouest ou de l'Est de la province ont subi d'énormes pertes sur les plans du rendement et de la qualité. Le fusarium n'a posé aucun problème majeur en 2014, même si certains champs isolés ou récoltés tardivement ont été frappés. En raison de la variation extrême de l'épiaison, il a été presque impossible d'épandre des produits contre la fusariose. Certains champs ont souffert de graves « brûlures » dues aux fongicides contre le fusarium et, dans certains cas, le rendement en a souffert. Ces blessures allaient de pair avec les mouchetures physiologiques. Le blé de printemps, particulièrement dans l'Est ontarien, était à nouveau gravement affecté par le fusarium, mais c'est un défi presque annuel dans cette région.

À la mi-juin, les populations de criocères des céréales dépassaient les seuils dans nombre d'exploitations, de Sarnia jusqu'à London, mais ces infestations n'ont pas été prises à temps, car ce n'est pas la zone habituelle de ce ravageur. On a constaté des infestations de criocère des céréales dans les points chauds habituels, où la lutte s'est déroulée en conséquence.

Le temps sec qui a prévalu avant et pendant la pollinisation et le remplissage hâtif du grain ont beaucoup influé sur les rendements du blé d'hiver dans certaines régions. Par contre, le temps frais qui a perduré toute la saison de croissance a permis d'obtenir des rendements supérieurs aux prévisions. Ainsi, les rendements des céréales de printemps ont été exceptionnels, particulièrement les céréales printanières ensemencées tardivement et dont on attendait des rendements plus faibles. Les régions où la saison pour le blé d'hiver est plus courte ont été affligées par des indices de chute plus faibles, la récolte ayant été retardée à cause de la pluie.

Les rendements finaux en blé d'hiver se sont établis légèrement en-deçà de la tendance de 5,2 t/ha (78 boisseaux/acre). Les rendements des céréales de printemps ont atteint presque des niveaux record : le blé de printemps s'établissait à 114 % de la moyenne, à 4 t/ha (58,9 boisseaux/acre) et les céréales de printemps (orge, avoine, céréales mélangées) à 113 % de la moyenne pour s'établir à 3,6 t/ha (67 boisseaux/acre pour l'orge ou 95 boisseaux/acre pour l'avoine). La teneur en protéines du blé de force roux d'hiver était bonne, tandis que certains échantillons de blé de force roux de printemps en avaient une teneur très faible (rendement élevé provoqué par la dilution des protéines).

La demande de paille demeure extrêmement forte et les prix sont généralement de 0,4 à 0,5 dollar/livre en andins, mais on a signalé certains cas où les prix étaient beaucoup plus élevés. La superficie en culture-abri ou culture fourragère faisant suite au blé a continué d'augmenter pour atteindre des niveaux record en 2014. Les semis de trèfle des prés ont été les meilleurs jamais connus pour nombre d'agriculteurs (blé clairsemé, temps froid). Le trèfle à coupe double a posé un problème à la récolte dans nombre de champs de blé : l'année était plus propice à la culture du trèfle à coupe simple. La réaction du trèfle des prés à l'application de soufre a été étonnante.

Les semis de l'automne 2014 ont commencé tardivement. Le temps qu'il faisait à la mi-septembre était idéal et les quelques acres de blé précoce semblaient promettre des résultats excellents. Certains producteurs ont semé du blé à la volée ou par aéronef dans des plantations de soja puisque les perspectives pour ensemencer le blé à temps étaient minces. Une bonne partie de ce blé semé à la volée a subi un important éclaircissement des peuplements à cause des limaces. La pluie a repris pendant la dernière semaine de septembre et s'est maintenue jusqu'en novembre. Le créneau type d'ensemencement de la fin de semaine de l'Action de grâces s'est soldé ainsi : environ 60 % seulement du blé a été planté des conditions où le sol était en mauvais état. Le reste a été ensemencé entre les tempêtes de pluie et une proportion considérable de la récolte dans le Sud-Ouest de l'Ontario a été mise en terre dans la première semaine de novembre. Agricorp a offert une prolongation de sept jours du délai pour l'assurance contre la destruction hivernale, ce qui a donné à nombre de producteurs la motivation de continuer à planter tandis que l'état du sol s'amélioration au fil du temps.

À la fin, on a ensemencé légèrement plus que 600 000 acres de blé. La superficie en semis d'orge d'hiver a totalement disparu. La proportion ensemencée en blé de force rouge d'hiver a connu un bond étonnant de 12 %, surtout en raison d'un bon prix incitatif. Il y a eu une légère augmentation du blé tendre d'hiver, à 6 %, tandis que le blé tendre de printemps conservait la part du lion, pour une superficie de 82 %. Au moment du présent rapport (24 novembre), seuls augurent bien les champs de blé les mieux drainés ou les plus précoces. Une bonne partie de la culture de blé n'est pas encore sortie de terre et, étant donné qu'il a neigé tôt et qu'il pleut énormément, les courriels et les tweets regorgent de photographies de champs de blé inondés. Malgré les contraintes culturales actuelles, la récolte est encore loin et le blé a une capacité étonnante de se remettre et de compenser. C'est une lueur d'espoir!


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 07 janvier 2015
Dernière révision : 07 juillet 2017

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