Sommaire de la saison 2013 pour le soya

Table des matières

  1. Saison de croissance
  2. Nématode à kystes du soya
  3. Moisissure blanche
  4. Scarabée japonais
  5. Cercosporose
  6. Récolte
  7. Défis et possibilités pour 2014

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Le soya continue d'être en tête des cultures en Ontario avec une superficie estimée de 2,55 millions d'acres ensemencées en 2013. Les prix élevés actuels comparativement à ceux des autres cultures, dont le maïs, laissent prévoir des superficies encore plus importantes en 2014. La majorité des superficies de 2013 étaient déjà ensemencées au 20 mai alors que, dans certaines régions, les semis n'ont pu être terminés avant la mi-juin en raison d'un excès d'humidité. Malheureusement, certaines superficies n'ont pas pu être ensemencées en raison de précipitations trop importantes. Les gels printaniers ont provoqué certains dommages, mais la majorité des semis n'étaient pas levés au moment de ces épisodes. De très fortes averses se sont produites dans certaines régions et ont réduit les densités de peuplement, rendant ainsi nécessaire le réensemencement de certains champs. Les sols étant saturés d'eau, les pourritures racinaires ont été plus fréquentes qu'à l'habitude. En 2013, les producteurs ont également dû faire face notamment à de faibles densités de peuplement, à de la moisissure blanche, au puceron du soya, au nématode à kystes du soya (NKS) et au scarabée japonais. L'excès d'eau a continué d'être problématique en juillet, entraînant à l'occasion la concentration des plants le long des drains, des pourritures racinaires et des plants décolorés. Le printemps relativement humide a été suivi par un mois d'août sec dans les principales régions productrices de soya. De manière générale, un printemps humide suivi par un manque d'humidité durant le mois d'août réduira le potentiel de rendement en soya, mais pour la majorité des producteurs, les rendements de 2013 ont été plus élevés que prévu. Avec seulement 42 % des superficies déclarées à Agricorp jusqu'à maintenant, le rendement moyen provincial est de 46 boisseaux/acre. Habituellement, ce chiffre diminue légèrement avec les déclarations subséquentes. La moyenne provinciale des cinq dernières années est de 44 boisseaux/acre. Bien que les conditions aient été sèches au début de la récolte, l'automne est rapidement devenu plus humide. Dans les sols lourds, les champs mal drainés ou dans les régions où les averses ont été très fréquentes, il a été difficile de procéder à la récolte du soya. Au début décembre, certaines superficies n'avaient pas été encore récoltées. Cependant, des conditions de croissance favorables, l'amélioration génétique, ainsi qu'une utilisation accrue des variétés résistantes au nématode à kystes ont contribué à hausser globalement les rendements. La culture du soya est plus intensive qu'elle ne l'était il y a 20 ans. Voir le site gosoy.ca pour de l'information sur les essais de rendement 2013 dans le soya. La sélection des variétés constitue la plus importante décision des producteurs pour améliorer leurs rendements.

Saison de croissance

Le temps frais et humide en juin et juillet a fait en sorte que les nodules racinaires ont pris plus de temps que la normale pour fixer l'azote de l'air. Les plants ont donc été nettement plus pâles, ce qui ne fut pas le cas ces dernières années puisque les saisons de croissance avaient été plus chaudes et plus sèches durant le stade végétatif tardif. Dans la plupart des cas, c'est dans la dernière moitié de juillet et le mois d'août que les rendements en soya sont déterminés, bien que le mois de septembre puisse être aussi très déterminant à cet égard. Les conditions de croissance durant cette période ont plus d'impact sur le rendement que les conditions pendant les premiers stades de développement des plants. À la fin juillet, bon nombre de champs, surtout dans la région centrale de la province, n'étaient pas en bon état. Toutefois, les conditions météorologiques s'étant améliorées en août et septembre, au moment du stade reproductif des plants, la majorité des cultures ont pu s'en remettre. Le puceron du soya a été observé dans de nombreuses régions, mais il n'a pas été nécessaire d'effectuer des traitements pour la majorité des superficies du Sud-ouest. Par contre, les seuils d'intervention ont été atteints pour bon nombre de superficies dans l'Est ontarien. Dans certains cas, les populations de pucerons ont chuté naturellement en raison de la présence de prédateurs et des conditions météo, ce qui met en lumière l'importance du dépistage pour établir s'il est vraiment nécessaire d'avoir recours à de coûteux traitements insecticides.

Nématode à kystes du soya

Le NKS continue de se propager à travers la province et sa présence est confirmée dans différents sites jusqu'au Québec. Dans le comté de Huron, un projet de l'AASR réalisé en vue d'améliorer la sensibilisation au NKS a permis de transmettre 103 échantillons de sol à AAC, dont 54 % contenaient des NKS. Par ailleurs, 25 % des échantillons analysés présentaient des concentrations de NKS considérées comme élevées. Cela démontre fortement l'importance pour les producteurs de soya de faire analyser leur sol pour la détection du NKS. Une fois que ce dernier est détecté, il est alors possible de prendre des mesures appropriées pour limiter les pertes de rendement (photo à droite).

Moisissure blanche

La moisissure blanche est une grave maladie du soya qui peut réduire les rendements jusqu'à 75 %. L'apparition de moisissure est favorisée par des conditions fraîches et humides durant la floraison. Le problème fut majeur dans certains champs isolés du sud-ouest de la province et fut plus généralisé dans l'Est ontarien. Compte tenu des conditions relativement humides dans certaines régions, la pression de la moisissure blanche a en fait été moins forte que prévu dans le Sud-ouest. Cela est probablement attribuable à la faible concentration d'inoculum au cours des dernières années. Il est important d'identifier les champs atteints cette année et de planifier en conséquence les semis des cultures subséquentes vulnérables. La tolérance à la moisissure blanche diffère beaucoup selon les variétés. Les taux de semis doivent demeurer faibles dans les champs qui présentent un historique de la maladie; par ailleurs, le semis en rangées espacées aidera à réduire les teneurs en humidité dans la couverture végétale.

Scarabée japonais

Le scarabée est rarement suffisamment problématique dans les champs de soya pour justifier des traitements. Les populations sont habituellement localisées. Toutefois, si les populations d'insectes sont élevées, ces derniers peuvent défolier les plants de soya rapidement en quelques semaines à peine (voir photo à droite). Quelques champs ont dû être traités en Ontario contre le scarabée japonais cette année.

Cercosporose

Cette lésion foliaire et les graines pourpres sont causées par un champignon pathogène qui passe l'hiver dans les résidus du soya et les téguments. L'infection des plants se produit lorsque les températures sont humides et assez chaudes. Bien que les pertes de rendement attribuable à Cercospora soient habituellement faibles, les graines pourpres peuvent grandement réduire la qualité des semences. Au cours de la dernière récolte, on a trouvé des graines pourpres dans de nombreux échantillons de graines de soya. Les stratégies de lutte contre cette maladie incluent la rotation, le travail du sol et l'application d'un fongicide foliaire.

Récolte

La récolte a commencé tôt, mais elle a été interrompue par environ trois semaines de temps humide. On a signalé des rendements aussi faibles que 11 boisseaux/acre dans des champs où les précipitations avaient été excessives ou qui avaient été touchés par de la maladie, et aussi élevés que 80 boisseaux/acre dans des champs où l'humidité était adéquate et qui étaient dotés d'un système de drainage souterrain.

Défis et possibilités pour 2014

On estime que jusqu'à 20 % des champs cultivés en Ontario présentent une teneur en potassium (K) inférieure à la concentration idéale. L'application de potassium au printemps avant les semis constitue une pratique acceptable dans les champs où les analyses de sol révèlent des carences. Tout champ dont la teneur en K est inférieure à 100 ppm pourrait subir des pertes importantes de rendement, surtout au cours de saisons sèches. Une récolte de 50 boisseaux/ac prélève 70 lb/acre de K. Il arrive que des plants affichent une carence en K en raison de la présence de nématodes à kystes du soya (photo à droite). Toujours vérifier la présence possible de NKS en présence de symptômes de carence en K dans un champ.

Les prix favorables et les rendements relativement élevés au cours des dernières années devraient faire grimper encore les superficies en 2014. Avec des rotations plus courtes, les producteurs de soya devront se montrer vigilants dans le choix des variétés résistantes, faire du dépistage et effectuer des traitements au bon moment et de la manière indiquée.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 décembre 2013
Dernière révision : 07 juillet 2017

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