Sommaire de la saison 2008 pour les cultures de céréales
Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario

Tableau des matières

  1. Sommaire
  2. Les défis de 2009

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Sommaire

Une superficie record évaluée à 1,25 millions d'acres a été ensemencée en blé d'hiver à l'automne 2007, grâce aux excellentes conditions qui ont prévalu. De plus en plus de producteurs ont semé du blé tendre rouge d'automne, les proportions de la culture en 2008 étaient de 73 % de blé tendre rouge (BTR), 15 % de blé de force rouge (BFR) et 12 % de blé tendre d'hiver (BTH). Le rendement final était légèrement supérieur à la moyenne, se chiffrant à 81,6 bo/acre. Le rendement de BTR continue d'être en tête à 83,3 bo/acre, ceux du BTH à 80,1 et du BFR à 77,9 (données fournies par Agricorp). La récolte a été difficile à cause de précipitations fréquentes et des délais qui s'en sont suivis, surtout dans des zones à l'Est de Toronto. La qualité du BTR était surtout bonne, avec d'importants problèmes de germination dans les cultures de BTH et des niveaux plus élevés de Fusarium dans certaines récoltes de BFR. Les teneurs en protéines ont atteint des basses teneurs record dans la plus grande partie de la culture.

Les superficies de céréales de printemps sont moindres pour toutes les classes : blé de printemps 170 000 acres (-5 %), avoine 75 000 acres (-25 %), orge 155 000 acres (-9 %), grains mélangés 115 000 acres (-18 %). La tendance continue dans le cas de toutes les céréales de printemps sauf le blé qui était en hausse jusqu'à cette année. Les rendements se situaient près des moyennes au printemps avec le blé à 51,2 bo/acre, l'orge à 63,3, l'avoine et les grains mélangés tous les deux presque à 70 bo/acre. La qualité de la culture de blé de printemps était très décevante. On a estimé que plus de 40 % de la récolte a été classée de qualité fourragère ou échantillon à cause du Fusarium, surtout dans l'Est de l'Ontario. L'ergot était aussi à des niveaux élevés dans une grande partie des superficies des les régions de cultures du Centre et de l'Ouest.

Les semis se sont déroulés dans des conditions difficiles en automne 2008 et les prix du blé n'étaient pas encourageants pour les producteurs. Toutefois, ces derniers se sont habitués à ce que le blé soit rentable et ils apprécient les avantages de cette culture. Ces caractéristiques importent pour eux et c'est ce qui fait du blé d'hiver la culture en quatrième place, avec une superficie record évaluée à 950 000 acres. En 2009, la tendance fait prévoir un rendement de 79,6 bo/acre. Les nouveaux semis à ce jour semblent en assez bon ou en bon état, et le blé semé tôt (avant l'Action de grâces) semble acceptable, et celui semé plus tard avait des peuplement inégaux ou n'avait survécu que le long des drains dans des sols constamment saturés. Le passage au BTR continue avec des semis à 82 % de BTR, à 11 % de BFR et à 7 % de BTH. Cette superficie de BTH laisse peu de jeu en cas de problèmes, la demande pourrait alors l'emporter sur l'offre.


Les céréales d'automne

Les semis

Les semis à l'automne 2007, les producteurs ont été tôt aux champs et ils ont bien travaillé en semant le blé en août; au 15 septembre de grandes superficies étaient déjà ensemencées. Du temps extrêmement chaud (+ de 32°C) la première semaine d'octobre a permis une croissance considérable du blé semé tôt, les maladies d'automne ont attaqué en force. Les céréales semées après l'Action de grâces n'ont pas bénéficié des mêmes conditions, le temps frais et l'humidité s'étant installés. Une fois l'hiver venu, deux cultures de blés avaient levé; le blé précoce avec une vigueur incroyable et le blé tardif montrant peu de parties aériennes. L'hiver a été rude et long, surtout dans l'Extrême Sud-ouest, avec de fortes précipitations et la formation de gelées. La saturation des sols par l'eau a donné des peuplements clairsemés et des rendements finaux un peu inférieurs à la normale dans cette région. Plus au Nord, cette pluie s'est transformée en neige et l'hiver a été long, mais le blé a quand même survécu. On a signalé une plus grande présence de moisissure des neiges, causée par la longue durée de la couverture de neige. Pour la première fois en Ontario, on a identifié une noctuelle des moissons dans le blé près de Parkhill qui détruisait le peuplement.

La période de croissance

Le printemps était tardif, mais le mois d'avril sec a permis d'épandre l'azote au bon moment. Le temps a été frais et humide en mai, avec de fréquentes gelées et des dommages dus aux herbicides ainsi que des problèmes possibles au stade critique de la pollinisation. Ces deux éléments ont finalement eu peu d'impact. Les virus terricoles (virus de la filosité panachée du blé, virus de la mosaïque du blé et virus de la mosaïque bigarrure du blé), ont causé d'importants dégâts et dans certains cas de graves dommages. Le temps a favorisé les maladies aussi en juin, les symptômes sont restés visibles longtemps. Dans les cas plus graves, la culture a été fauchée pour du foin, puis les champs réensemencés en haricots comestibles. Toutefois, les symptômes se sont résorbés à la mi juin, et le rendement final n'a été que peu affecté. Le temps frais a limité la propagation des maladies foliaires toute la saison, mais on a épandu des fongicides sur d'importantes superficies quand même. Autre élément inattendu, la rouille de la tige s'est attaquée aux variétés sensibles tard en saison, causant dans certains cas des baisses du rendement. On a signalé de faibles infestations par le virus de la jaunisse nanisante de l'orge et une présence faible à modérée des pucerons dans de nombreux champs. Les hannetons européens et les hannetons communs ont continué de ravager les champs affectés, les hannetons européens se déplaçant vers le Nord et l'Est, le point chaud étant maintenant au nord de Toronto. Les producteurs ont perdu de nombreuses cultures touchées en mai puis ont réensemencés ces champs. Le Fusarium était très préoccupant, et le temps très variable au moment de l'épiaison. On estime à 67 % la proportion de la culture qui a été pulvérisée avec un fongicide visant le moment de l'épiaison pour réduire ses effets dévastateurs.

La récolte

La récolte a commencé dans le Sud-ouest au temps sec, avec des rendements un peu décevants mais d'excellente qualité. À mesure que l'on récoltait vers le Nord et l'est, les rendements ont atteint des niveaux qualifiés des « meilleurs jamais connus », mais des précipitations fréquentes ont commencé à causé des retards, puis la qualité s'est détériorée en conséquence. Les grades ont subi une décote à cause de la présence de mildiou, la germination s'est mise de la partie dans toute la culture de blé blanc mou, atteignant des niveaux de presque 80 % dans les cas graves. La pluie constante a empêché les producteurs de travailler à la récolte à cause de sols trop humides, de Niagara et de Toronto à l'Est et au Nord. Pour de nombreux producteurs de Toronto jusqu'à Ottawa, des rendements de record à excellents étaient aussi de très mauvaise qualité à la suite des conditions difficiles de récolte. Les niveaux de Fusarium ont augmenté à mesure que la récolte progressait, les cultures de blé dur rouge étant les plus affectées. Les teneurs en protéines de cette culture étaient très variables, correspondant souvent aux limites les plus faibles. Ces basses teneurs étaient évidentes dans les cultures de blé mou, ces dernières ayant la teneur la plus faible jamais récoltée. Ces teneurs plus faibles en protéines conviennent à de nombreuses applications sur le marché nord-américain du blé mou, mais elles constituent un facteur négatif pour le blé d'exportation outre-mer.

Automne 2008

Les attentes initiales par rapport aux semis hâtifs étaient assez faibles à cause des bas prix, de la récolte tardive du soya et des conditions humides du sol. Cependant dans les régions plus sèches du Sud-ouest, les superficies de blé ont été semés aussi vite que le permettait la récolte du soya, dans certains secteurs les superficies dépassant celles de 2007. Il y a eu peu d'occasion ou de motivation pour semer très tôt, surtout après les résultats décevants de 2008. Le blé ensemencé avant l'Action de grâces a bénéficié de conditions de sols acceptables et d'une chaleur suffisante pour être bien sarclé avant l'arrivée de l'hiver. Le blé semé plus tard a dû affronter le froid et l'humidité ce qui a nui à sa croissance. Dans des sols trop ou mal drainés ce blé connaît déjà une levée difficile dans des zones humides ou entre les drains, et il est bien possible qu'il ne survive pas assez bien pour être conservé le printemps prochain. Certains producteurs ont tenté de réensemencer ces zones, mais les fortes précipitations continues ont limitées leurs chances d'y arriver et nui à leur succès. Les pluies abondantes et les sols humides ont limités la possibilité de semer du blé tardif. Le potentiel de rendement à ce stade pourra difficilement être conforme à la tendance habituelle.

Les céréales de printemps

Les semis

Le temps sec a permis d'effectuer les semis au bon moment dans un sol en excellent état dans la plus grande partie de la zone de culture, sauf pour le Nord de l'Ontario, où les conditions pluvieuses ont nui à la culture et les semis étaient très en retard. Il y a eu peu d'occasion ce printemps pour l'ensemencement en sol gelé, la neige est disparue tardivement et quelques nuits ont connu des gelées par la suite.

La période de croissance

Plusieurs périodes de nuits froides ont compliqué le choix de la mise en œuvre de la lutte contre les mauvaises herbes, mais la plupart des épandages d'herbicides ont eu lieu en temps opportun. Le temps frais en début de période a restreint les maladies à de faibles niveaux. À mesure que les cultures atteignaient le stade de la dernière feuille, les maladies se sont grandement accrues avec le temps chaud et humide qui a suivi. Le mildiou s'est attaqué au blé, la tache pâle à l'orge et la rouille à l'avoine, devenant tous préoccupants. La résistance génétique à la rouille de la couronne et de la tige de l'avoine a flanché dans l'Est de l'Ontario, des pertes importantes s'en sont suivies dans les cultures non traitées. Les producteurs devront être vigilants quant à cet aspect en 2009. Les risques de maladies dues au fusarium ont été extrêmes dans l'Est de l'Ontario, mais contrairement aux cultures de blé d'hiver, de grandes superficies n'ont pas été pulvérisées à cause des mauvais résultats obtenus les années précédentes.

La récolte

Le temps pluvieux a continué pendant le stade de remplissage du grain jusqu'à la récolte, rendant ce processus long et ardu. À l'Action de grâces il restait une partie de la récolte de blé de printemps à effectuer. Ces conditions ont nui à la qualité de la culture, de même que le mildiou, le fusarium et l'ergot. Dans certains cas, l'indice de chute a aussi été grandement réduit. L'année que l'on disait de « Cendrillon » a fait place à une réalité faite de rendements acceptables mais de baisses de qualité se chiffrant jusqu'à 200 $/tonne de moins. Les problèmes au cours de la récolte, auxquels s'ajoutent les bas prix, feront remettre en cause les superficies à consacrer encore aux céréales de printemps l'an prochain.

Les défis de 2009

Rouille de l'avoine

Avec la perte de la résistance génétique à la rouille de la tige et de la couronne, les producteurs sont obligés de repenser toutes leurs stratégies de gestion. Les résultats des essais de rendements ne se sont pas reflétés dans les rendements des fermes où l'on a utilisé des fongicides. Il faut améliorer la résistance génétique et réévaluer le recours aux fongicides à la lumière de ces événements.

Fusarium

Fusarium devenu la némésis de la culture du blé en Ontario, le fusarium continue d'être en première place des défis à relever. Plus que jamais cette année le besoin d'évaluer à la fois de nouveaux fongicides, la résistance génétique et la tolérance, et de travailler à de nouvelles options de classement plus objectives, a été renforcé et tous en sont très conscients à nouveau cette année.

Mildiou

L'incidence du mildiou sur la qualité meunière du blé doit être évaluée plus avant. Alors que le blé n'est plus déclaré de qualité fourragère à cause du mildiou, les exigences de classement américaines sont beaucoup moins sévères quant à cette question. Le déclassement au grade 3 à cause du mildiou doit être reconsidéré.

Place du blé dans la rotation

À mesure que la superficie ensemencée augmentera, on sera de plus en plus tenté d'inclure le blé dans des rotations qui s'y prêtent moins (blé après du maïs, blé après de l'orge, blé après du blé). Il faudra donc évaluer les conséquences possibles de ces rotations, ainsi que les méthodes de réduction de leurs répercussions éventuelles.

Lutte contre les ravageurs

La présence des pucerons, du hanneton européen, de l'ergot et de diverses maladies virales a été préoccupante cette année. En Ontario, il existe très peu de données sur les seuils et les techniques d'intervention. On assiste à l'apparition de nouveaux produits et de nouveaux cultivars avec d'autres caractéristiques génétiques sur le marché. Les seuils et les techniques de lutte doivent être étudiés plus à fond en rapport avec ces divers ravageurs.


Auteur : Les spécialistes des grandes cultures du MAAARO
Date de création : 19 novembre 2008
Dernière révision : 07 juillet 2017

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