Sommaire de la saison pour les cultures fourragères 2008
Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario

Tableau des matières

  1. Sommaire
  2. Les défis de 2009

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Sommaire

En 2008 les pluies fréquentes au cours des mois de juin, de juillet et la plus grande partie du mois d'août ont causé des maux de tête aux producteurs ontariens qui tentaient d'obtenir des cultures fourragères et des fourrages de qualité. Il y a eu très peu de foin sec sans moisissures ou dommages dus à la pluie jusqu'à très tard dans la saison. Beaucoup de foin a aussi été de qualité moindre, sa maturité avancée étant causée par le retard dans les récoltes, les dommages dus à la pluie et les problèmes de fermentation. Des rendements élevés de fourrages de moindre qualité sont assez répandus partout dans la province, avec seulement de petits secteurs où l'on a récolté de grandes quantités de fourrage qui n'était pas endommagé par la pluie. Il y a beaucoup de fourrage de faible qualité à bon marché, mais peu de stocks de foin de haute qualité non endommagé par la pluie, qui sont à des prix beaucoup plus élevés. Les conditions des pâturages étaient excellentes.

La destruction de la luzerne par l'hiver

Bien que certains aient craint une destruction de la luzerne par l'hiver, le taux de survie a été très bon à excellent dans la plupart des régions, dont surtout l'Est de l'Ontario. Des exceptions ont été signalées dans certains champs mal drainés et dans des champs avec beaucoup de déchaussage. Les semis de l'an dernier qui étaient minimes à cause du manque de pluie en 2007 ont semblé grandement améliorés cette année.

Les nouveaux semis

En avril et au début de mai de cette année, les semailles se sont déroulées dans la plupart des cas juste au bon moment. Il en a résulté un bon établissement dans les régions qui ont un bon drainage. Là où des pluies excessives ont suivi les semis, le succès des nouveaux plants a été plus inégal et certains champs présentaient des symptômes visibles de pourridié des racines (Aphanomyces) et de pourriture brune (Phytophthora). Les pulvérisations étant rendues impossibles par les pluies fréquentes et les conditions venteuses, la maîtrise des dicotylédones annuelles a été difficile dans certains champs. Les semis d'été qui avaient été effectués pendant la période optimale semblent avoir germés et s'être bien établis.

Les insectes

Les populations de charançon postiche de la luzerne ont atteint les seuils d'intervention dans le Sud-ouest, mais ont été maîtrisées par des coupes, mais peu d'épandages ont été nécessaires. Les populations de cicadelle de la pomme de terre (CPT) étaient inférieures aux seuils critiques dans la plus grande partie de la province, y compris dans les comtés plus sensibles riverains du lac Érié. Des épandages ont été effectués sur une très petite partie touchée, même avec des pluies au-dessus de la moyenne et très peu de symptômes de la présence de la CPT. De plus en plus de producteurs envisagent maintenant d'opter pour les variétés de luzerne résistantes à la cicadelle de la pomme de terre.

Pourriture brune et pourridié des racines (Aphanomyces)

La pourriture brune des racines (PBR) de la luzerne est une maladie causée par un champignon pathogène qui se développe très bien dans les sols plutôt frais, et c'est un nouveau facteur de risque de pertes hivernales. Les sondages permettent de penser que cette maladie pourrait jouer un rôle important et être répandue en Ontario. L'infection des racines par cet organisme peut nuire à l'état de santé du plant au cours de l'hiver et favoriser l'apparition d'autres maladies, la mortalité hivernale, l'affaiblissement des peuplements et des pertes de rendement.

Le pourridié dû à Aphanomyces est une autre maladie fongique qui pourrait aussi provoquer d'importantes pertes de production de luzerne. Il est considéré comme l'une des principales maladies des jeunes plants de luzerne poussant dans des sols humides. Aphanomyces s'attaque également aux plants de luzerne complètement développés et il peut nuire énormément au rendement et à la vigueur des peuplements établis. Il inhibe le développement des racines de luzerne et réduit le nombre de racines secondaires, de poils absorbants et de nodules. Nombre de nouveaux semis ont des symptômes visuels de pourridié des racines. Cependant en 2008 les symptômes dans les peuplements établis n'étaient pas aussi visibles que pendant la saison 2007 beaucoup plus sèche, quand les racines endommagées ont limité la repousse. Les cultivars résistants à Aphanomyces, race 1 et race 2, sont disponibles sur le marché.

Rendement et qualité de la première coupe

La luzerne est sortie de la période de dormance fin mars début avril, selon la zone. Les températures ont accusé un certain retard, avec des nuits fraîches au début d'avril, puis un réchauffement graduel en mai. Il s'en est suivi un léger décalage de la maturation de la luzerne et une proportion légèrement supérieure à la normale de graminées dans les peuplements de mélanges luzerne graminées.

Pour la première coupe d'ensilage préfané de luzerne de « qualité laitière », les dates optimales de récolte se situaient généralement vers la quatrième semaine de mai dans la plus grande partie du Sud de l'Ontario. À partir du 30 mai, des retards pour la première coupe ont été causés par les pluies fréquentes, de sorte que la qualité était plus faible par rapport aux repères de 20 % PB - 30 % FDA - 40 % FDN. Les producteurs laitiers optent le plus possible pour le stockage d'ensilage préfané et de balles enrubannées de plastique. Il reste que les périodes propices à la récolte étaient extrêmement courtes et les andains de fourrages ont souvent reçu de la pluie, rallongeant les périodes de préfanage. Les précipitations ont provoqué le lessivage des sucres solubles, ce qui a réduit les teneurs en protéines et en énergie digestibles. Certains fourrages endommagés ont été à nouveau soufflés dans les champs.

Des taux d'humidité élevés à la récolte et un préfanage plus long ont provoqué des problèmes de fermentation. Dans certaines situations, des teneurs élevées en acide butyrique réduisent les quantités d'aliments ingérés. Quand c'est le cas, une analyse du profil de fermentation permet d'établir un diagnostic et sert d'outil pour équilibrer les rations. Les analyses de laboratoire indique des teneurs en protéines et en énergie digestibles plus faibles, ce qui se répercute en une production réduite de lait par vache et des coûts plus élevés des aliments. Les fourrages de qualité inférieure rendent plus difficile pour le producteur laitier de maintenir sa production cet automne.

Avec ces conditions météorologiques il a été extrêmement difficile de produire du foin sec sans dommages dus à la pluie. Là où il y avait un très mauvais drainage, les eaux de surface restées dans les champs pour des périodes prolongées ont empêché de circuler dans les champs avec l'équipement. Dans plusieurs parties de la province on signale dans le commerce une forte hausse de la demande de plastique pour enrubanner les balles et d'acide propionique.

Deuxième, troisième et quatrième coupes

Comme pour la première coupe, les rendements de la deuxième et de la troisième coupes ont été excellents, mais les conditions de séchage ont continué d'être difficiles. Très peu de foin a été produit sans dommages dus à la pluie jusqu'au milieu août, quand on a pu récolter du fourrage de très haute qualité. Par rapport à la luzerne, la proportion de graminées était beaucoup plus élevée que la normale. Comme les conditions de séchage étaient propices et que l'on a besoin de fourrage de haute qualité, on en a beaucoup récolté pendant la période critique de récolte d'automne. Si la croissance se révèle bonne toute l'année, le risque deviendrait acceptable.

Stocks de foin

Dans la plupart des régions de la province, les stocks de foin reportés au printemps 2008 étaient inférieurs à la normale, à cause des rendements inférieurs de 2007. En 2008, les rendements étaient généralement supérieurs à la moyenne, mais la plus grande partie de la première et de la deuxième coupes ont subis des dommages dus à la pluie. Une assez grande quantité du foin produit à la fin août et en septembre n'était pas endommagée par la pluie. De manière générale, les stocks de moins bonne qualité endommagés par les intempéries sont au-dessus de la moyenne. Il est difficile de fournir et d'acheter des stocks de coupe précoce, à haute teneur en éléments nutritifs et de foin pour chevaux non endommagés par la pluie; ils sont très rares. Les propriétaires de chevaux du pays sont préoccupés par le manque de foin de qualité adéquate.

Comme il existe une pénurie de foin dans de nombreux états de l'Est des États-Unis, la demande pour le foin à chevaux de l'Ontario est élevée. Cependant, les stocks de foin de qualité sont très bas et ils rendent difficiles pour les exportateurs de foin de répondre à la demande du marché. Aussi, sous l'effet de la hausse des coûts du transport et de la remontée du dollar canadien, les exportateurs ont de plus en plus de mal à faire face à la concurrence sur ce marché.

En 2008, le Régime d'assurance de précipitation pour les cultures fourragères a reçu 34 réclamations et versé 64 000 dollars, principalement dans l'Extrême Sud-ouest de la province, surtout à Dunwich, contre 5,9 millions de dollars en 2007 et 2,2 millions en 2006.

Pâturages

Avec des précipitations au-dessus de la moyenne, les pâturages étaient excellents dans la plupart des régions. La « poussée printanière » et le « trou d'été » ont tout deux été moins prononcés. Peu de pâturages ont recouru à un supplément de fourrage entreposé.

Quelques dommages se sont produits là où on a sorti le bétail en fonction de la date plutôt que du stade de croissance du pâturage. De nombreux peuplements ont été gravement endommagés en 2007 par un surpâturage continu là où les inventaires de bétail excédaient la production de fourrage.

L'adoption accrue des pâturages tournants a contribué à augmenter la productivité. Le secteur du commerce de clôtures signale une augmentation des ventes de clôtures portables et temporaires. Ce matériel permet au producteur d'optimiser la gestion des pâturages et d'aménager des périodes de repos qui favorisent la reprise de la croissance.

Période critique de récolte d'automne

Comme les première et deuxième coupes étaient endommagées par la pluie et que les quantités de fourrage de qualité disponibles étaient limitées, d'importantes superficies de fourrage ont été récoltées pendant la période critique d'automne. Cela pourrait accroître les risques de pertes de luzerne dues à l'hiver. Au printemps, on devra faire un suivi précis de ces cultures pour déterminer s'il faut prendre des mesures correctives.

Ensilage de maïs

Les rendements et la qualité du maïs à ensilage ont été généralement bons. Dans la plupart des régions, ces cultures ont été récoltées avec dix jours à deux semaines de retard. Dans le Sud- ouest, le maïs à ensilage a été récolté à une teneur en humidité trop basse, alors que dans le Nord une grande partie de l'ensilage a été endommagée par le gel. Dans certaines situations on manquait d'espace de stockage pour l'ensilage de maïs à cause d'une plus grande proportion de fourrage qui est transformé en ensilage préfané plutôt qu'en foin sec. L'ensilage de maïs stocké en piles ou en silos boudins constituait un bon aliment de fin de saison pour les élevages de bovins laitiers et de bovins de boucherie qui avaient besoin de fourrages supplémentaires.

Les défis de 2009

La gestion de la récolte pour un foin sec de qualité

À cause des pluies fréquentes et des courtes plages de temps possibles pour la fenaison, les quantités de foin sec de qualité non endommagé par la pluie ou les moisissures ont été réduites. Il peut être décourageant d'essayer de prédire le climat. Cependant un bon entretien et un bon réglage de la conditionneuse, le séchage en javelles, du râtelage et une gestion stratégique de l'andainage, l'utilisation d'acide propionique pour conserver le foin, ou le passage d'un système de foin sec au préfanage ou à un système de balles pourront aider les producteurs à réduire les risques d'obtenir un foin de mauvaise qualité. Pour plus de détails, voir Prévenir le foin moisi à l'aide d'acide propionique.

Les « nouvelles » maladies de la luzerne

La pourriture brune de la luzerne et le pourridié dû à Aphanomyces sont des maladies pouvant causer de graves dégâts aux peuplements de luzerne en Ontario. Les résultats préliminaires d'un sondage sur la pourriture brune de la luzerne de Woodstock à l'Est de l'Ontario montrent qu'elle est commune et répandue dans la province. Il est difficile de lutter contre cette maladie, mais des variétés résistantes sont actuellement en cours de développement. Bien que de nombreux champs aient des symptômes visibles de pourridié dû à Aphanomyces, il faudra effectuer des études sur la présence de la race 1 et de la race 2. Cependant des variétés résistantes à cette maladie sont vendues dans le commerce.

La cicadelle de la pomme de terre

Les densités de cicadelles de la pomme de terre (CPT) sont souvent élevées dans certaines régions de la province (comme les comtés voisins du lac Érié), où elles causent de fortes baisses de rendement et de nombreuses pertes de jeunes plants. Les nouveaux semis de luzerne sont les plus vulnérables. On sous-estime souvent les dommages que cet insecte peut infliger aux cultures de luzerne. Il faudra effectuer davantage d'opérations de dépistage et procéder à des épandages d'insecticides en cas de dépassement des seuils. Dans les secteurs où les populations de cicadelles de la pomme de terre sont souvent nombreuses, on devrait envisager l'emploi de variétés résistantes.

Pâturages tournants

On peut améliorer nettement la productivité en passant du pâturage continu au pâturage tournant; il suffit de subdiviser les champs et de déplacer fréquemment le bétail d'un endroit à l'autre. Le système de pâturage tournant permet de doubler la production de fourrage par rapport au système continu et également de réduire les quantités de foin qui seront consommées pendant le trou d'été. L'idéal est d'avoir de 10 à 12 enclos, des périodes de pâturage de 2 à 5 jours et une période de repos de 28 à 40 jours. Même avec un système moins intensif (4 ou 6 enclos, périodes de pâturage de 5 à 10 jours et période de repos de 30 jours ou plus), il est possible d'obtenir une meilleure productivité qu'avec un pâturage continu.

Stratégies de maintien d'inventaires suffisants de fourrage en cas de sécheresse

La sécheresse a des répercussions sur les rendements des pâturages et des fourrages, et elle fait diminuer les stocks de fourrage. En cas de temps sec, les producteurs doivent donc élaborer des stratégies de gestion pouvant inclure les pâturages tournants, l'utilisation d'espèces fourragères résistantes à la sécheresse, la lutte contre les maladies de la luzerne et le recours à des fourrages annuels dont l'ensilage de maïs. Pour plus de détails, voir La gestion des fourrages pendant les années sèches. Pour mieux faire face aux risques de sécheresse, les producteurs de fourrages peuvent souscrire au Régime d'assurance de précipitation pour les cultures fourragères.

Prévention de la destruction de la luzerne par l'hiver

La destruction de la luzerne par l'hiver fait encore de graves dégâts dans certaines régions de la province, notamment dans l'Est de l'Ontario. Il existe de nombreux facteurs de risque à cet égard : conditions climatique, type de sol, drainage, complexe de plusieurs maladies, dommages produits par la cicadelle de la pomme de terre, variété, fertilité et gestion des coupes. Voici quelques-unes des options qui permettent de réduire les pertes hivernales : améliorer le drainage et la structure du sol, réduire la pression due aux insectes, maintenir la fertilité, choisir des variétés résistantes à l'hiver et très résistantes aux maladies, éviter les intervalles très courts entre les coupes et respecter la période critique de récolte d'automne.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 5 novembre 2008
Dernière révision : 07 juillet 2017

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