Sommaire de la saison pour les
haricots comestibles et canola 2008
Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario
Tableau des matières
- Sommaire de la saison pour les haricots comestibles
- Les défis en 2009
- Les stratégies relatives aux engrais
- La structure du sol
- La lutte contre les ravageurs
- Les fongicides foliaires
- Sommaire de la saison pour le canola
- La période de croissance
- La récolte
- Défis et possibilités en 2009
- Lutte contre les ravageurs
- Gestion des intrants
Pour toute question, urgence ou pour émettre des commentaires
sur ce rapport, veuillez appeler Info Culture, au 1 888 449-0937. Vous
pourrez également trouver des renseignements techniques sur la
page Grandes cultures du site Web du MAAARO, à l'adresse http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/index.html.
Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F
Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection
des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises
herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles
à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone
au 1 888 466 - 2372.
Sommaire de la saison pour les haricots comestibles
Les rendements de haricots comestibles ont été supérieurs
à la moyenne à long terme dans la plus grande partie de
la province. Dans de nombreux cas, les rendements ont été
plus élevés que prévu variant largement entre 10
et 35 quintaux/acre. La moyenne provinciale devrait être légèrement
au-dessus de la normale. La superficie finale devrait être environ
équivalente à la moyenne à long terme, entre 155
000 et 165 000 acres, un peu plus élevée que les prévisions
initiales à cause d'un redressement des prix des contrats à
la fin du printemps.
Le temps pluvieux au moment des semis a mis à l'épreuve
la patience des producteurs qui ont dû attendre de meilleures conditions
du sol. Les semis se sont poursuivis tout le mois de juin jusqu'aux premiers
jours de juillet. La patience des producteurs a été récompensée
grâce à de meilleurs peuplements et à des rendements
supérieurs. Certains des rendements de haricots les plus élevés
étaient issus des semis tardifs. Les champs qui ont eu des pertes
importantes avaient une structure du sol déficiente à cause
du compactage, de problèmes de travail du sol ou des semis.
La culture a dû lutter contre une série de pluies fréquentes
ou très abondantes toute la saison. Le pourridié des racines
et la moisissure blanche ont été les maladies les plus graves.
La moisissure blanche était difficile à maîtriser
à l'aide de fongicides, en partie à cause de la pression
incessante des moisissures provoquée par l'humidité, du
stade de la floraison à celui du remplissage de la gousse. L'anthracnose
était visible dans certains champs de haricots blancs et de haricots
noirs, mais est souvent apparue assez tard en saison et n'a pas nui de
façon importante à la qualité des graines. On a constaté
au dépistage de l'anthracnose quelques signes d'infection foliaire.
Les insectes étaient peu présents pendant la saison, à
part la chrysomèle du haricot qui a endommagé des gousses.
Des populations élevées d'altises ont causé des dommages
clairsemés en début de saison, surtout à proximité
des champs de maïs.
Malgré tous ces écueils, les rendements ont été
surtout plus élevés que la moyenne avec peu de problèmes
de qualité. Le début de la récolte s'est déroulé
dans de bonnes conditions, avec des rendements allant de moyens à
élevés. La récolte s'est poursuivie jusqu'en fin
octobre à cause des dates des semis et du temps pluvieux. Parmi
les principaux défis à la récolte, notons la difficulté
d'établir pour la récolte un prix supérieur à
celui des contrats. Le prix des haricots comestibles a suivi les prix
des denrées qui étaient en chute libre. La superficie consacrée
à la culture du haricot blanc en Amérique du Nord était
inférieure à celle des années passées, mais
des rendements plus élevés que la moyenne ont grandement
augmenté les stocks.
Les défis en 2009
Les stratégies relatives aux engrais
Depuis que les engrais ont atteint des prix record, les analyses de sol
sont plus justifiées que jamais pour déterminer les mélanges
qui seront nécessaires la saison prochaine. Il faut dorénavant
choisir les engrais selon les résultats des analyses du sol plutôt
que les éléments nutritifs prélevés par la
culture, sans mettre le rendement en péril. L'azote représente
un coût de revient important, sans être appuyé par
des essais au champ ou des recherches sérieuses pour en attester
les taux. Les producteurs doivent bien tenir compte des éléments
nutritifs fournis par le fumier ou les labours. Les engrais de démarrage
n'ont pas démontré de résultats uniformes lors des
essais de recherche.
La structure du sol
Le choix de champs avec une bonne structure du sol est primordial à
la réussite des cultures de haricots comestibles. Aucun intrant
de production ne peut " régler " un problème de
moisissure racines. Ne pas cultiver de haricots comestibles dans des champs
avec une teneur en matière organique faible, ou affligés
de problèmes liés au compactage causé par la récolte
d'automne par temps pluvieux et à l'épandage de fumier.
La lutte contre les ravageurs
La zone infestée par le nématode à kyste du soya
(NKS) continue de s'étendre vers l'Est et vers le Nord. Les haricots
comestibles sont des cultures hôtes du NKS, même si son incidence
sur le rendement des diverses classes de haricots n'est pas connue. Pour
l'instant, il faut traiter les cultures de haricots comestibles comme
les cultivars de soya les plus sensibles pour maîtriser le NKS dans
votre rotation. La chrysomèle du haricot survit maintenant à
l'hiver en Ontario et elle se nourrit des cultures de haricots comestibles
toute la saison. Le ver gris occidental du haricot est un nouveau ravageur
du maïs et des haricots comestibles dans le Sud-ouest de l'Ontario.
Les fongicides foliaires
En l'absence de pression de la maladie, il est recommandé de parfois
pulvériser des fongicides foliaires, ce qui serait bénéfique
pour la " santé des végétaux ". Lors de
recherches préliminaires et d'essais au champ ces fongicides n'ont
pas été uniformément bénéfiques pour
le rendement. Plus de recherches et d'essais au champ sont nécessaires
pour que l'on comprenne mieux pourquoi ils réussissent et que l'on
en peaufine l'usage.
Sommaire de la saison pour le canola
On se rappellera de 2008 comme l'année où les cultures
de canola ont atteint des rendements record. Le rendement moyen pour la
province est estimé à un peu plus de 2 000 lb/acre, en hausse
par rapport à la moyenne record de l'an dernier, qui était
un peu inférieure à 1 800 lb/acre. Il y avait beaucoup d'optimisme
au printemps quand on prévoyait des prix élevés record
et des semis hâtifs. Même si les semis se sont poursuivis
jusqu'en fin mai par temps pluvieux, la levée et la croissance
ont été excellentes tout au long de la saison. Les producteurs
ont ensemencé entre 45 000 et 50 000 acres, ce qui n'est pas loin
de la moyenne sur une longue période.
La période de croissance
Un temps chaud et sec en avril a permis de commencer tôt en saison
les semis de canola. À cause du temps anormalement frais et des
sols humides tout le mois d'avril et aussi en mai, les semis des superficies
restantes se sont poursuivis jusqu'en fin mai et au début juin.
Ces retards étaient plus longs dans les zones plus au Nord. La
levée a été excellente et les altises étaient
peu présentes.
Des averses fréquentes sur des sols lourds et plus ou moins drainés
ont stressé les jeunes plants semés tôt. Le mildiou
a infesté les feuilles dans certains peuplements mais est demeuré
dans le couvert inférieur. De juin à août les températures
étaient près des normales saisonnières à long
terme, avec très peu de jours au dessus de 28 °C (82 °F).
Les pluies étaient généralement plus abondantes que
la moyenne, bien distribuées au cours des mois de juillet et d'août.
Ces conditions ont permis la croissance d'un bon couvert végétal
et une excellente phase d'apparition des cosses. La pression due à
la pourriture sclérotique était élevée pendant
la floraison et le remplissage des grains, avec une réduction significative
des niveaux d'infection lors des inspections visuelles dans les zones
traitées avec des fongicides. Cependant, en 2008 les essais avec
des fongicides n'ont pas amélioré les rendements de façon
probante. Une floraison inégale et l'humidité ont rendu
difficile d'effectuer les traitements de fongicides au bon moment.
La récolte
La récolte directe a été difficile à cause
d'un couvert dense, de la verse dans certains cultivars et de la présence
de tiges vertes. Certains producteurs ont choisi l'andainage avec un certain
succès. La récolte a connu des retards pendant que l'on
attendait que les tiges vertes sèchent ou que les teneurs en humidité
des grains baissent pour éviter des coûts de séchage,
auxquels se sont ajoutés des délais causés par le
temps pluvieux et d'importantes pertes dues à un égrenage
prématuré. Le rendement moyen pour la province a atteint
un nouveau record à plus de 2 000 lb/acre. Des rendements entre
2 500 et 3 500 lb/acre étaient habituels.
Défis et possibilités en 2009
Lutte contre les ravageurs
La pourriture sclérotique constitue la maladie la plus grave du
canola et les teneurs en inoculant du sol seront élevées
après la présente saison. Les peuplements de canola qui
ont levé uniformément auront plus tendance à fleurir
en même temps ce qui permettra de cibler le bon moment pour les
traitements de fongicides contre la pourriture sclérotique. La
cécidomyie du chou fleur peut s'attaquer aux cultures de canola
tardives. Dans les zones où elle est présente, il faut éviter
les semis de la fin mai et en juin, ou prévoir un programme de
surveillance et de pulvérisation pour assurer une meilleure protection
jusqu'à ce que des recommandations plus précises soient
établies.
Gestion des intrants
Les prix record qu'ont atteint les engrais et la hausse des prix des
intrants exigent réflexion. Il faut analyser les sols de chaque
champ pour mieux cibler les programmes de fertilité. On a signalé
des carences en soufre dans certains districts de production plus au Nord.
Des producteurs ajoutent maintenant de 15 à 25 lb/acre de soufre
à leur programme de fertilisation pour plus " d'assurance
". Les essais sur les meilleures pratiques de gestion n'ont pas démontré
que le bore en application foliaire était avantageux. Cette question
devra faire l'objet de recherches plus poussées.