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Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario
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| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
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| Date de création : | 8 novembre 2007 |
| Dernière révision : | 8 novembre 2007 |
Pour toute question, urgence ou pour émettre des commentaires sur ce rapport, veuillez appeler Info Culture, au 1 888 449-0937. Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO, à l'adresse http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/index.html. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures (20 $), la publication 812F Guide de protection des grandes cultures (15 $), la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes (15 $) et la publication 505 Ontario Weeds (15 $). Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.
La production de céréales d'automne a été difficile dès les semis, le temps humide de l'automne 2006 ayant entraîné l'ensemencement d'une petite superficie (550 000 acres) à une date tardive. Pendant toute la saison de croissance de 2007, le manque d'humidité a créé un stress supplémentaire pour les cultures d'automne et de printemps, notamment dans le Sud Ouest et le centre de l'Ontario. Cependant l'Est ontarien a fait figure d'exception à cet égard, puisqu'il a généralement reçu assez de pluie pendant la saison de croissance des céréales.
Néanmoins, malgré l'importance de ces difficultés et la variabilité extrême des rendements, à l'échelle de la province, ceux ci étaient finalement très voisins de la moyenne. Dans la plupart des cas, on note une qualité excellente, de bons poids au boisseau et une quasi absence de déclassements. La principale conséquence néfaste a été la faiblesse des rendements de paille, qui a fait monter les prix vers des sommets inégalés et provoqué une réduction des approvisionnements dans certaines régions.
Une superficie record évaluée à 1,2 millions
d'acres a été ensemencée en blé cet automne,
ce qui s'explique en partie par les excellentes conditions qui ont
prévalu et par les prix du blé très élevés.
Grâce au temps anormalement chaud qui s'est prolongé
tout le mois d'octobre, le blé est dans un état idéal
à l'approche de l'hiver.
Le temps sec qui a caractérisé l'été 2006 a pris fin en septembre, et le mois d'octobre a été froid et humide. De nombreux producteurs ont éprouvé des difficultés à récolter leur soya, puis ils ont semé le blé dans un sol détrempé alors qu'il pleuvait encore. Le blé semé vers l'Action de grâces a été le plus touché; dans les champs les plus durement frappés, le blé n'avait survécu que le long des drains alors même que l'hiver était encore loin. Des superficies importantes ont été ensemencées en novembre et en décembre, et même en janvier dans quelques cas. Une bonne proportion de ce blé semé tardivement a donné de bons résultats, souvent meilleurs que ceux du blé d'octobre; en effet, au printemps 2007, Agricorp a désigné 90 % des peuplements tardifs comme acceptables. Ces résultats impressionnants s'expliquent probablement en partie par le temps exceptionnellement chaud qui s'est prolongé jusque tard en janvier.
Le printemps hâtif et sec a permis d'effectuer les épandages de produits azotés et d'herbicides à temps. Le taux de survie a été variable, de nombreux champs présentant des zones dénudées. Cependant le gros des cultures a été laissé en place parce que les prix étaient élevés et que la demande de paille était forte. Pendant toute la saison, le temps sec a limité l'incidence des maladies, mais les populations de pucerons sont devenues extrêmement nombreuses et ont dépassé les seuils dans certains champs, provoquant de nombreuses infections tardives par le virus du nanisme jaune de l'orge. Toutefois, comme cette maladie est apparue assez tard, elle n'a pas beaucoup nui aux rendements. Au mois de mai, plusieurs vagues de froid se sont accompagnées de gelées qui ont produit d'importants dégâts; dans de nombreux champs, la crise a été évitée de peu juste avant l'épiaison du blé précoce.
En mai, c'étaient les champs sablonneux qui avaient le plus bel aspect; cependant la persistance du temps sec a fini par avantager les champs argileux qui n'avaient pas belle allure au départ. Avec la sécheresse prolongée, les inquiétudes suscitées par Fusarium ont disparu.
Les producteurs ont été très étonnés par la récolte. Malgré la présence de buttes brûlées et de zones inondées, les rendements sont restés voisins de la moyenne. Les remorques et les camions ployaient sous la charge, les poids au boisseau atteignaient souvent 64 à 66 lb/bo et la qualité était généralement excellente. Le rendement moyen pour toute la province était de 75,8 bo/ac, soit seulement 2 % de moins que la normale. Cependant les rendements de paille étaient très faibles, n'atteignant que des deux tiers de la moyenne dans la plupart des régions.
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De nombreux producteurs qui se souvenaient encore du déluge de 2006 ont résolument choisi de semer tôt, et ils ont ensemencé une importante superficie avant le 15 septembre et même en août. La hausse des prix a entraîné un accroissement de la superficie ensemencée en blé d'automne, qui a atteint une valeur record de 1,2 millions d'acres. Le temps exceptionnellement chaud qui a duré tout le mois d'octobre a stimulé la croissance des parties aériennes et accentué la pression due à la maladie foliaire. Bien qu'il reste à voir le produit de cet ensemencement précoce et les effets de la maladie, les cultures semblent généralement en excellent état. Le rendement pourrait être très élevé et même dépasser le seuil de 100 bo/ac.
Le temps sec a permis d'effectuer les semis à temps dans un sol en excellent état. Dans certains champs, la levée a été irrégulière parce que les sols étaient secs ou que les semis avaient été effectués à faible profondeur.
Plusieurs périodes de nuits froides ont compliqué le choix du moment de la mise en uvre de la lutte contre les mauvaises herbes, mais la plupart des épandages d'herbicides ont pu avoir lieu en temps opportun. Grâce à l'absence de pluie, l'incidence des maladies est restée extrêmement faible. Les dépisteurs de la rouille de l'avoine étaient en alerte parce que la présence de cette maladie atteignait des niveaux record sur l'hôte intermédiaire (nerprun), mais le temps sec l'a empêchée de se propager. Les populations de pucerons dépassaient largement les seuils dans certains champs, d'où une incidence significative du nanisme jaune de l'orge dans les cultivars sensibles. L'absence d'humidité a fait que les plants sont restées très courts, ce qui a pratiquement éliminé tout risque de verse.
L'Est de l'Ontario a reçu une bonne quantité de pluie
pendant la formation des grains, alors même que la sécheresse
se prolongeait dans le Sud Ouest et le centre de la province. Le blé
de printemps a tout de même été touché
par une rouille tardive, qui a cependant eu peu d'effet sur les rendements.
Ceux ci ont été extrêmement variables et même
inférieurs à une demi tonne par acre dans certaines
régions. On a relevé de meilleurs rendements dans l'Est
de l'Ontario, où ils étaient voisins de la moyenne ou
supérieurs à celle ci. Le produit était d'excellente
qualité et les poids au boisseau étaient élevés;
cependant, dans l'Est ontarien, les rendements plus élevés
de la récolte de blé de printemps se sont accompagnés
d'une baisse de la teneur en protéines. À l'échelle
provinciale, les rendements de l'orge et de l'avoine étaient
de 1,13 t/ac (4 % de moins que la moyenne); celui du blé de
printemps était de 51 bu/ac (7 % de plus que la moyenne), ce
chiffre reflétant les meilleurs résultats obtenus dans
l'Est de l'Ontario. Comme dans le cas du blé d'automne, les
rendements de paille étaient très bas, de nombreux producteurs
ayant déclaré la moitié de la valeur normale.
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On dit souvent que les semis de blé sont le reflet des conditions qui prévalaient pour la récolte de soya. D'une année à l'autre, ce mode de pensée a créé grandes fluctuations de la superficie ensemencée en blé d'automne, ainsi que de l'offre. Pour qu'on puisse mieux répondre à la demande, il faut que la superficie de blé soit plus constante, et les semis précoces peuvent y contribuer. Cependant, cette pratique expose les cultures à plusieurs risques qui sont inexistants dans le cas des semis plus tardifs (nanisme jaune de l'orge, mouche de Hesse, moisissure des neiges). Pour éviter que l'adoption de telles méthodes ne compromette les récoltes, il faudra effectuer des recherches sur les outils de gestion pertinents, y compris dans le domaine de la génétique et des pesticides.
Au fur et à mesure que la superficie ensemencée augmentera, on sera de plus en plus tenté d'inclure le blé dans des rotations qui s'y prêtent moins bien (blé après du maïs, blé après de l'orge, blé après du blé). Il faudra donc évaluer les conséquences possibles de ces rotations ainsi que les méthodes de réduction de leurs répercussions néfastes éventuelles.
La présence accrue des pucerons que l'on a remarquée cette année pourrait devenir un phénomène plus fréquent si les effets du réchauffement climatique se confirment. En Ontario, il existe peu de données sur les seuils et les techniques d'intervention On assiste à l'apparition de nouveaux fongicides, certains à modes d'action multiples, qui ont donné de meilleurs résultats que prévu en 2007; cependant, il reste à confirmer ces données et à étudier les effets de ces modes d'action multiples.
En 2007, la rouille de l'avoine n'a pas atteint les proportions que
l'on craignait, mais dans de nombreux cas elle a vaincu la résistance
génétique des variétés actuelles. Il faudra
donc poursuivre les opérations de dépistage et de lutte
et travailler à la création de nouvelles souches résistantes.
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