Sommaire de la saison pour les
cultures fourragères
Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario
Table des matières
- Sommaire
- Destruction de la luzerne par l'hiver
- Nouveaux semis
- Insectes
- Pourriture brune et pourridié des racines (Aphanomyces)
- Stocks de foin
- Rendements et qualité de la première coupe
- Deuxième, troisième et quatrième
coupes
- Pâturages
- Période critique de récolte d'automne
- Ensilage de maïs
- Les défis de 2008
- Les « nouvelles » maladies de la luzerne
- Cicadelle de la pomme de terre
- Stratégies de maintien d'inventaires suffisants
de fourrage en cas de sécheresse
- Prévention de la destruction de la luzerne par
l'hiver
- Pâturages tournants
Pour toute question, urgence ou pour émettre des commentaires
sur ce rapport, veuillez appeler Info Culture, au 1 888 449-0937. Vous
pourrez également trouver des renseignements techniques sur la
page Grandes cultures du site Web du MAAARO, à l'adresse http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/index.html.
Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F
Guide agronomique des grandes cultures (30 $), la publication 812F Guide
de protection des grandes cultures (15 $), la publication 75F Guide de
lutte contre les mauvaises herbes (15 $) et la publication 505 Ontario
Weeds (15 $). Ces publications sont disponibles à votre centre
de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888
466-2372.
Sommaire
Cette saison, dans la province, les rendements des cultures fourragères
ont été très variables selon la quantité de
pluie reçue. Le Régime d'assurance de précipitation
pour les cultures fourragères indique que de nombreuses régions
de la province n'ont pas reçu assez de pluie pendant certains mois
ou tous les mois de la saison de production; cela inclut de nombreux secteurs
du Sud Ouest et du centre de l'Ontario, celui de Quinte et ceux d'Algoma
et de Manitoulin dans le Nord. Les quantités de pluie ont cependant
été suffisantes dans la plus grande partie de l'Est ontarien,
où les rendements de fourrage ont été égaux
ou supérieurs à la moyenne. Les stocks de fourrage sont
très bas dans certaines des régions affectées. De
façon générale la fenaison s'est déroulée
dans de très bonnes conditions, de sorte que la qualité
du produit est bonne à excellente.
Destruction de la luzerne par l'hiver
Bien que certains aient craint une destruction de la luzerne par l'hiver,
le taux de survie a été très bon à excellent
dans la plupart des régions, y compris dans l'Est de l'Ontario.
Nouveaux semis
En avril et au début de mai de cette année, les semailles
se sont déroulées dans de très bonnes conditions
et, dans la plupart des cas, juste au meilleur moment. Il en a résulté
un bon établissement dans les régions qui ont reçu
des quantités suffisantes de pluie en mai et juin. Là où
la pluie a manqué, le succès des nouveaux plants a été
plus inégal. La lutte contre les mauvaises herbes dicotylédones
a été problématique à certains endroits.
Les semis d'été qui avaient été effectués
pendant la période optimale semblent avoir donné des résultats
irréguliers à la suite de la longue sécheresse d'août
et du retard de la levée.
Insectes
Les populations de charançon postiche de la luzerne ont atteint
les seuils d'intervention dans le Sud Ouest, mais finalement très
peu d'épandages ont été nécessaires. Les populations
de cicadelle de la pomme de terre ont dépassé les seuils
dans de nombreuses régions de la province, notamment dans les comtés
riverains du lac Érié, et elles ont aggravé les effets
de la sécheresse, ce qui a entraîné une mauvaise repousse
et de faibles rendements. Des épandages ont été effectués
sur une très petite partie de la superficie touchée, mais
de plus en plus de producteurs envisagent maintenant d'opter pour les
variétés de luzerne résistantes à la cicadelle
de la pomme de terre.
Pourriture brune et pourridié des racines (Aphanomyces)
La pourriture brune de la luzerne est un nouveau facteur de risque de
pertes hivernales qui doit être pris en compte lors de l'évaluation
des peuplements. Les sondages préliminaires permettent de penser
que cette maladie pourrait jouer un rôle important et être
répandue en Ontario. Elle est causée par un champignon pathogène
qui se développe très bien dans les sols plutôt frais.
L'infection des racines par cet organisme peut nuire à l'état
de santé du plant au cours de l'hiver et favoriser l'apparition
d'autres maladies, la mortalité hivernale, l'affaiblissement des
peuplements et des pertes de rendement.
Le pourridié dû à Aphanomyces est une autre maladie
fongique qui pourrait aussi provoquer d'importantes pertes de production
de luzerne. En 2007, de nombreux champs de luzerne présentaient
des symptômes visibles d'infection par Aphanomyces, bien que cela
n'ait été confirmé par aucune analyse de laboratoire.
Le pourridié dû à Aphanomyces est considéré
comme l'une des principales maladies des jeunes plants de luzerne poussant
dans des sols humides. Aphanomyces s'attaque également aux plants
de luzerne complètement développés et il peut nuire
énormément au rendement et à la vigueur des peuplements
établis. Il inhibe le développement des racines de luzerne
et réduit le nombre de racines secondaires, de poils absorbants
et de nodules; par conséquent, dans les régions sèches,
les champs affectés ont donné de très mauvais résultats
et leur repousse a été très faible ou inexistante.
Stocks de foin
Dans la plupart des régions de la province, grâce aux excellents
rendements de 2006, les stocks de foin reportés au printemps de
2007 étaient supérieurs à la normale. Cependant,
là où les rendements de 2007 ont été beaucoup
plus faibles, les stocks de fourrage sont réduits et l'offre de
foin est très réduite. Les secteurs situés au nord
du lac Érié, de Lambton et Elgin à Niagara, ont été
particulièrement affectés. C'est également le cas
des régions d'élevages vache veau qui s'étendent
du comté de Bruce aux lacs Kawartha et à Quinte, et également
d'Algoma et Manitoulin. Dans ces secteurs touchés par la sécheresse,
les rendements de première coupe étaient généralement
de 65 à 100 % de la normale, mais ceux de la deuxième et
de la troisième coupe se situaient souvent entre 0 et 50 % de cette
valeur. Le Régime d'assurance de précipitation pour les
cultures fourragères a reçu 909 réclamations et versé
5,9 millions de dollars en dédommagements, contre 2,2 millions
en 2006. En 2007, dans l'ensemble de la province, 52 % des participants
au programme ont reçu un dédommagement. On peut consulter
les données sur les précipitations et les détails
du Régime d'assurance récolte à l'adresse http://www.agricorp.com/fr-ca/programs/rainfall.asp.
Dans ces mêmes régions, la diminution de l'offre de foin
a entraîné une hausse des prix. De nombreux producteurs de
vaches veaux ont soit vendu une partie de leur cheptel au début
de l'automne, soit eu recours à d'autres formes de fourrage comme
le maïs d'ensilage (là où cela était possible).
Il était relativement facile de produire du foin pour chevaux,
mais les rendements obtenus étaient souvent très faibles.
Comme il existe une pénurie de foin dans de nombreux États
de l'Est des États Unis, la demande pour le foin à chevaux
de l'Ontario est élevée. Cependant, sous l'effet de la hausse
des coûts de transport et de l'augmentation de la valeur du dollar
canadien, les exportateurs ont de plus en plus de mal à faire face
à la concurrence sur ce marché.
Rendements et qualité de la première coupe
Les températures ont accusé un certain retard, avec des
nuits fraîches au début d'avril, puis un réchauffement
graduel en mai. Il s'en est suivi un léger décalage de la
maturation de la luzerne et une proportion d'herbacées supérieure
à la normale dans les peuplements mixtes de luzerne herbacées.
Pour la première coupe d'ensilage préfané de luzerne
de " qualité laitière ", les dates optimales de
récolte se situaient généralement vers la troisième
ou la quatrième semaine de mai dans la plus grande partie du Sud
de l'Ontario. De façon générale, les conditions météorologiques
ont permis de procéder à temps à la récolte
de l'ensilage de première coupe, de sorte que la qualité
du produit était assez voisine des repères de 20, 30 et
40, sauf dans l'Est de l'Ontario où la récolte a dû
être un peu retardée à cause de la pluie. Les teneurs
en protéines brutes (PB) et en fibre au détergent neutre
(FDN) ainsi que la digestibilité des fibres (dFDN) étaient
généralement proches des valeurs normales.
En juin, les conditions météorologiques ont été
généralement bonnes pour la production de foin sec; cependant,
dans certaines régions dont certains secteurs de l'Est de l'Ontario,
il a été plus difficile de produire du foin de première
coupe sans dommages dus à la pluie. Ces conditions généralement
favorables à la production de foin sec ont permis une réduction
des besoins d'épandages d'acide propionique ou d'ensilage en balles.
Deuxième, troisième et quatrième
coupes
Les rendements de la deuxième et de la troisième coupes
ont été extrêmement variables puisque les pluies étaient
localisées, mais ils étaient généralement
nettement inférieurs à la moyenne dans de nombreuses régions.
Dans de nombreux champs, on a effectué une coupe en l'absence de
rendement notable dans l'espoir d'amorcer une repousse. Les analyses de
laboratoire montrent que bien qu'une grande partie du produit de la deuxième
et de la troisième coupes ait subi un stress dû à
la sécheresse, sa qualité était supérieure
à ce qui avait été prévu. Là où
on a effectué une quatrième coupe, la qualité et
le rendement étaient très bons.
Pâturages
Comme dans le cas du foin et de l'ensilage préfané, le
temps frais et sec du printemps a ralenti la " poussée printanière
" des pâturages. Quelques dommages se sont produits là
où on a sorti le bétail en fonction de la date plutôt
que du stade de développement des pâturages. De nombreux
pâturages ont commencé le " trou d'été
" en avance, ce qui a rendu nécessaire un supplément
de fourrage entreposé.
Pendant l'été, la bonne gestion des pâturages et
les pâturages tournants ont permis de réduire la consommation
de fourrage entreposé. Là où le bétail avait
été placé dans un pâturage " de sacrifice
" pendant la période sèche, les peuplements se sont
rétablis plus rapidement en automne. De nombreux peuplements ont
été gravement endommagés par un surpâturage
continu là où les inventaires de bétail excédaient
la production de fourrage, cet effet ayant été aggravé
par la sécheresse.
Les fourrages annuels comme le sorgho-soudan, le navet et l'avoine tardive
sont de plus en plus souvent employés pour le pâturage et
l'affourragement d'été. Ces cultures permettent de combler
dans une certaine mesure les parties basses de la courbe de croissance
des fourrages vivaces et de prolonger la saison de pâturage en automne.
Période critique de récolte d'automne
Comme l'automne était sec et que les quantités de fourrage
disponibles étaient limitées, d'importantes superficies
de fourrage ont été récoltées pendant la période
critique d'automne. Cela pourrait avoir pour effet d'accroître les
risques de pertes de luzerne dues à l'hiver. Au printemps, on devra
faire un suivi précis de ces cultures pour déterminer s'il
faut prendre des mesures correctives. Certains producteurs qui avaient
besoin de fourrage ont attendu les gelées meurtrières avant
d'effectuer la dernière coupe.
Ensilage de maïs
Les rendements et la qualité du maïs à ensilage ont
été très variables. Dans la plupart des régions,
ces cultures étaient prêtes à la récolte à
la fin d'août et au début de septembre, soit environ trois
semaines avant la date normale. L'ensilage de maïs est arrivé
à maturité et a séché très rapidement,
de sorte qu'une partie de la récolte a été faite
à une teneur en humidité trop basse. Dans les régions
gravement touchées par la sécheresse, le maïs récolté
pour l'ensilage avait très peu d'épis ou même pas
du tout. L'ensilage de maïs récolté et stocké
en piles ou en silos boudins constituait un bon aliment de fin de saison
pour les élevages laitiers et de bovins de boucherie qui avaient
besoin de fourrages supplémentaires.
Les défis de 2008
Les « nouvelles » maladies de la luzerne
La pourriture brune de la luzerne et le pourridié dû à
Aphanomyces pourraient causer de graves dégâts aux peuplements
de luzerne en Ontario. Les résultats préliminaires d'un
sondage sur la pourriture brune de la luzerne montrent qu'elle est commune
et répandue dans la province. Il est difficile de lutter contre
cette maladie, mais des variétés résistantes sont
actuellement en cours de développement. Bien que de nombreux champs
aient des symptômes visibles de pourridié dû à
Aphanomyces, il faudra effectuer des études sur la présence
de la race 1 et de la race 2. Cependant des variétés résistantes
à cette maladie sont vendues dans le commerce.
Cicadelle de la pomme de terre
Les densités de cicadelles de la pomme de terre sont souvent élevées
dans certaines régions de la province (comme les comtés
voisins du lac Érié), où elles causent des dommages
importants, de fortes baisses de rendement et de nombreuses pertes de
jeunes plants. On sous estime souvent les dommages que cet insecte peut
infliger aux cultures de luzerne. Il faudra effectuer davantage d'opérations
de dépistage et procéder à des épandages d'insecticides
en cas de dépassement des seuils. Dans les secteurs où les
populations de cicadelles
de la pomme de terre sont souvent nombreuses, on devrait envisager
l'emploi de variétés résistantes.
Stratégies de maintien d'inventaires suffisants
de fourrage en cas de sécheresse
La sécheresse a des répercussions sur les rendements des
pâturages et des fourrages, et elle fait diminuer les inventaires
de fourrage. En cas de temps sec, les producteurs doivent donc élaborer
des stratégies de gestion pouvant inclure le pâturage tournant,
l'utilisation d'espèces fourragères résistantes à
la sécheresse, la lutte contre les maladies de la luzerne et le
recours à des fourrages annuels dont l'ensilage de maïs. Pour
plus de renseignements, voir
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/info_fordry.htm.
Pour mieux faire face aux risques de sécheresse, les producteurs
de fourrage peuvent souscrire au Régime d'assurance de précipitation
pour les cultures fourragères.
Prévention de la destruction de la luzerne par
l'hiver
La destruction de la luzerne par l'hiver fait encore de graves dégâts
dans certaines régions de la province, notamment dans l'Est de
l'Ontario. Il existe de nombreux facteurs de risque à cet égard
: conditions climatiques, type de sol, drainage, complexe de plusieurs
maladies, dommages produits par la cicadelle de la pomme de terre, variété,
fertilité et gestion des coupes. Voici quelques unes des options
qui permettent de réduire les pertes hivernales : amélioration
du drainage et de la structure du sol, réduction de la pression
due aux insectes, maintien de la fertilité, sélection de
variétés résistantes à l'hiver et très
résistantes aux maladies, éviter les intervalles très
courts entre les coupes et respecter la période critique de récolte
d'automne.
www.omafra.gov.on.ca/english/crops/facts/91-072.htm
Pâturages tournants
On peut améliorer nettement la productivité en passant
du pâturage continu au pâturage tournant; il suffit de subdiviser
les champs et de déplacer fréquemment le bétail d'un
endroit à l'autre. Le système de pâturage tournant
permet de doubler la production de fourrage par rapport au système
continu, et également de réduire les quantités de
foin qui seront consommées pendant le trou d'été.
L'idéal est d'avoir 10 à 12 enclos, des périodes
de pâturage de 2 à 5 jours et une période de repos
de 28 à 40 jours. Même avec un système moins intensif
(4 ou 6 enclos, périodes de pâturage de 5 à 10 jours
et période de repos de 30 jours ou plus), il est possible d'obtenir
une meilleure productivité qu'avec un pâturage continu.
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub19/p19toc4.htm