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Sommaire de la saison pour les cultures fourragères
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| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
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| Date de création : | 28 novembre 2007 |
| Dernière révision : | 28 novembre 2007 |
Pour toute question, urgence ou pour émettre des commentaires sur ce rapport, veuillez appeler Info Culture, au 1 888 449-0937. Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO, à l'adresse http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/index.html. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures (20 $), la publication 812F Guide de protection des grandes cultures (15 $), la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes (15 $) et la publication 505 Ontario Weeds (15 $). Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466-2372.
Bien que certains aient craint une destruction de la luzerne par l'hiver, le taux de survie a été très bon à excellent dans la plupart des régions, y compris dans l'Est de l'Ontario.
En avril et au début de mai de cette année, les semailles se sont déroulées dans de très bonnes conditions et, dans la plupart des cas, juste au meilleur moment. Il en a résulté un bon établissement dans les régions qui ont reçu des quantités suffisantes de pluie en mai et juin. Là où la pluie a manqué, le succès des nouveaux plants a été plus inégal. La lutte contre les mauvaises herbes dicotylédones a été problématique à certains endroits.
Les semis d'été qui avaient été effectués
pendant la période optimale semblent avoir donné des
résultats irréguliers à la suite de la longue
sécheresse d'août et du retard de la levée.
Les populations de charançon postiche de la luzerne ont atteint les seuils d'intervention dans le Sud Ouest, mais finalement très peu d'épandages ont été nécessaires. Les populations de cicadelle de la pomme de terre ont dépassé les seuils dans de nombreuses régions de la province, notamment dans les comtés riverains du lac Érié, et elles ont aggravé les effets de la sécheresse, ce qui a entraîné une mauvaise repousse et de faibles rendements. Des épandages ont été effectués sur une très petite partie de la superficie touchée, mais de plus en plus de producteurs envisagent maintenant d'opter pour les variétés de luzerne résistantes à la cicadelle de la pomme de terre.
La pourriture brune de la luzerne est un nouveau facteur de risque de pertes hivernales qui doit être pris en compte lors de l'évaluation des peuplements. Les sondages préliminaires permettent de penser que cette maladie pourrait jouer un rôle important et être répandue en Ontario. Elle est causée par un champignon pathogène qui se développe très bien dans les sols plutôt frais. L'infection des racines par cet organisme peut nuire à l'état de santé du plant au cours de l'hiver et favoriser l'apparition d'autres maladies, la mortalité hivernale, l'affaiblissement des peuplements et des pertes de rendement.
Le pourridié dû à Aphanomyces est une autre maladie
fongique qui pourrait aussi provoquer d'importantes pertes de production
de luzerne. En 2007, de nombreux champs de luzerne présentaient
des symptômes visibles d'infection par Aphanomyces, bien que
cela n'ait été confirmé par aucune analyse de
laboratoire. Le pourridié dû à Aphanomyces est
considéré comme l'une des principales maladies des jeunes
plants de luzerne poussant dans des sols humides. Aphanomyces s'attaque
également aux plants de luzerne complètement développés
et il peut nuire énormément au rendement et à
la vigueur des peuplements établis. Il inhibe le développement
des racines de luzerne et réduit le nombre de racines secondaires,
de poils absorbants et de nodules; par conséquent, dans les
régions sèches, les champs affectés ont donné
de très mauvais résultats et leur repousse a été
très faible ou inexistante.
Dans la plupart des régions de la province, grâce aux excellents rendements de 2006, les stocks de foin reportés au printemps de 2007 étaient supérieurs à la normale. Cependant, là où les rendements de 2007 ont été beaucoup plus faibles, les stocks de fourrage sont réduits et l'offre de foin est très réduite. Les secteurs situés au nord du lac Érié, de Lambton et Elgin à Niagara, ont été particulièrement affectés. C'est également le cas des régions d'élevages vache veau qui s'étendent du comté de Bruce aux lacs Kawartha et à Quinte, et également d'Algoma et Manitoulin. Dans ces secteurs touchés par la sécheresse, les rendements de première coupe étaient généralement de 65 à 100 % de la normale, mais ceux de la deuxième et de la troisième coupe se situaient souvent entre 0 et 50 % de cette valeur. Le Régime d'assurance de précipitation pour les cultures fourragères a reçu 909 réclamations et versé 5,9 millions de dollars en dédommagements, contre 2,2 millions en 2006. En 2007, dans l'ensemble de la province, 52 % des participants au programme ont reçu un dédommagement. On peut consulter les données sur les précipitations et les détails du Régime d'assurance récolte à l'adresse http://www.agricorp.com/fr-ca/programs/rainfall.asp.
Dans ces mêmes régions, la diminution de l'offre de
foin a entraîné une hausse des prix. De nombreux producteurs
de vaches veaux ont soit vendu une partie de leur cheptel au début
de l'automne, soit eu recours à d'autres formes de fourrage
comme le maïs d'ensilage (là où cela était
possible). Il était relativement facile de produire du foin
pour chevaux, mais les rendements obtenus étaient souvent très
faibles. Comme il existe une pénurie de foin dans de nombreux
États de l'Est des États Unis, la demande pour le foin
à chevaux de l'Ontario est élevée. Cependant,
sous l'effet de la hausse des coûts de transport et de l'augmentation
de la valeur du dollar canadien, les exportateurs ont de plus en plus
de mal à faire face à la concurrence sur ce marché.
Les températures ont accusé un certain retard, avec des nuits fraîches au début d'avril, puis un réchauffement graduel en mai. Il s'en est suivi un léger décalage de la maturation de la luzerne et une proportion d'herbacées supérieure à la normale dans les peuplements mixtes de luzerne herbacées.
Pour la première coupe d'ensilage préfané de luzerne de " qualité laitière ", les dates optimales de récolte se situaient généralement vers la troisième ou la quatrième semaine de mai dans la plus grande partie du Sud de l'Ontario. De façon générale, les conditions météorologiques ont permis de procéder à temps à la récolte de l'ensilage de première coupe, de sorte que la qualité du produit était assez voisine des repères de 20, 30 et 40, sauf dans l'Est de l'Ontario où la récolte a dû être un peu retardée à cause de la pluie. Les teneurs en protéines brutes (PB) et en fibre au détergent neutre (FDN) ainsi que la digestibilité des fibres (dFDN) étaient généralement proches des valeurs normales.
En juin, les conditions météorologiques ont été
généralement bonnes pour la production de foin sec;
cependant, dans certaines régions dont certains secteurs de
l'Est de l'Ontario, il a été plus difficile de produire
du foin de première coupe sans dommages dus à la pluie.
Ces conditions généralement favorables à la production
de foin sec ont permis une réduction des besoins d'épandages
d'acide propionique ou d'ensilage en balles.
Les rendements de la deuxième et de la troisième coupes ont été extrêmement variables puisque les pluies étaient localisées, mais ils étaient généralement nettement inférieurs à la moyenne dans de nombreuses régions. Dans de nombreux champs, on a effectué une coupe en l'absence de rendement notable dans l'espoir d'amorcer une repousse. Les analyses de laboratoire montrent que bien qu'une grande partie du produit de la deuxième et de la troisième coupes ait subi un stress dû à la sécheresse, sa qualité était supérieure à ce qui avait été prévu. Là où on a effectué une quatrième coupe, la qualité et le rendement étaient très bons.
Comme dans le cas du foin et de l'ensilage préfané, le temps frais et sec du printemps a ralenti la " poussée printanière " des pâturages. Quelques dommages se sont produits là où on a sorti le bétail en fonction de la date plutôt que du stade de développement des pâturages. De nombreux pâturages ont commencé le " trou d'été " en avance, ce qui a rendu nécessaire un supplément de fourrage entreposé.
Pendant l'été, la bonne gestion des pâturages et les pâturages tournants ont permis de réduire la consommation de fourrage entreposé. Là où le bétail avait été placé dans un pâturage " de sacrifice " pendant la période sèche, les peuplements se sont rétablis plus rapidement en automne. De nombreux peuplements ont été gravement endommagés par un surpâturage continu là où les inventaires de bétail excédaient la production de fourrage, cet effet ayant été aggravé par la sécheresse.
Les fourrages annuels comme le sorgho-soudan, le navet et l'avoine
tardive sont de plus en plus souvent employés pour le pâturage
et l'affourragement d'été. Ces cultures permettent de
combler dans une certaine mesure les parties basses de la courbe de
croissance des fourrages vivaces et de prolonger la saison de pâturage
en automne.
Comme l'automne était sec et que les quantités de fourrage disponibles étaient limitées, d'importantes superficies de fourrage ont été récoltées pendant la période critique d'automne. Cela pourrait avoir pour effet d'accroître les risques de pertes de luzerne dues à l'hiver. Au printemps, on devra faire un suivi précis de ces cultures pour déterminer s'il faut prendre des mesures correctives. Certains producteurs qui avaient besoin de fourrage ont attendu les gelées meurtrières avant d'effectuer la dernière coupe.
Les rendements et la qualité du maïs à ensilage ont été très variables. Dans la plupart des régions, ces cultures étaient prêtes à la récolte à la fin d'août et au début de septembre, soit environ trois semaines avant la date normale. L'ensilage de maïs est arrivé à maturité et a séché très rapidement, de sorte qu'une partie de la récolte a été faite à une teneur en humidité trop basse. Dans les régions gravement touchées par la sécheresse, le maïs récolté pour l'ensilage avait très peu d'épis ou même pas du tout. L'ensilage de maïs récolté et stocké en piles ou en silos boudins constituait un bon aliment de fin de saison pour les élevages laitiers et de bovins de boucherie qui avaient besoin de fourrages supplémentaires.
La pourriture brune de la luzerne et le pourridié dû
à Aphanomyces pourraient causer de graves dégâts
aux peuplements de luzerne en Ontario. Les résultats préliminaires
d'un sondage sur la pourriture brune de la luzerne montrent qu'elle
est commune et répandue dans la province. Il est difficile
de lutter contre cette maladie, mais des variétés résistantes
sont actuellement en cours de développement. Bien que de nombreux
champs aient des symptômes visibles de pourridié dû
à Aphanomyces, il faudra effectuer des études sur la
présence de la race 1 et de la race 2. Cependant des variétés
résistantes à cette maladie sont vendues dans le commerce.
Les densités de cicadelles de la pomme de terre sont souvent
élevées dans certaines régions de la province
(comme les comtés voisins du lac Érié), où
elles causent des dommages importants, de fortes baisses de rendement
et de nombreuses pertes de jeunes plants. On sous estime souvent les
dommages que cet insecte peut infliger aux cultures de luzerne. Il
faudra effectuer davantage d'opérations de dépistage
et procéder à des épandages d'insecticides en
cas de dépassement des seuils. Dans les secteurs où
les populations de cicadelles de la pomme de terre sont souvent nombreuses,
on devrait envisager l'emploi de variétés résistantes.
www.omafra.gov.on.ca/english/crops/facts/info_potatoleafhopper.html
La sécheresse a des répercussions sur les rendements
des pâturages et des fourrages, et elle fait diminuer les inventaires
de fourrage. En cas de temps sec, les producteurs doivent donc élaborer
des stratégies de gestion pouvant inclure le pâturage
tournant, l'utilisation d'espèces fourragères résistantes
à la sécheresse, la lutte contre les maladies de la
luzerne et le recours à des fourrages annuels dont l'ensilage
de maïs. Pour plus de renseignements, voir
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/info_fordry.htm.
Pour mieux faire face aux risques de sécheresse, les producteurs
de fourrage peuvent souscrire au Régime d'assurance de précipitation
pour les cultures fourragères.
La destruction de la luzerne par l'hiver fait encore de graves dégâts
dans certaines régions de la province, notamment dans l'Est
de l'Ontario. Il existe de nombreux facteurs de risque à cet
égard : conditions climatiques, type de sol, drainage, complexe
de plusieurs maladies, dommages produits par la cicadelle de la pomme
de terre, variété, fertilité et gestion des coupes.
Voici quelques unes des options qui permettent de réduire les
pertes hivernales : amélioration du drainage et de la structure
du sol, réduction de la pression due aux insectes, maintien
de la fertilité, sélection de variétés
résistantes à l'hiver et très résistantes
aux maladies, éviter les intervalles très courts entre
les coupes et respecter la période critique de récolte
d'automne.
www.omafra.gov.on.ca/english/crops/facts/91-072.htm
On peut améliorer nettement la productivité en passant
du pâturage continu au pâturage tournant; il suffit de
subdiviser les champs et de déplacer fréquemment le
bétail d'un endroit à l'autre. Le système de
pâturage tournant permet de doubler la production de fourrage
par rapport au système continu, et également de réduire
les quantités de foin qui seront consommées pendant
le trou d'été. L'idéal est d'avoir 10 à
12 enclos, des périodes de pâturage de 2 à 5 jours
et une période de repos de 28 à 40 jours. Même
avec un système moins intensif (4 ou 6 enclos, périodes
de pâturage de 5 à 10 jours et période de repos
de 30 jours ou plus), il est possible d'obtenir une meilleure productivité
qu'avec un pâturage continu.
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub19/p19toc4.htm
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