Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario
Sommaire de la saison pour le maïs
Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario
Table des matières
- La période de croissance
- La moisissure et les mycotoxines de l'épi
de maïs
- La récolte et le rendement
- Attentes et défis de 2007
Pour toute question, urgence ou pour émettre des commentaires
sur ce rapport, veuillez appeler Info Culture, au 1 888 449-0937.
Vous pourrez également trouver des renseignements techniques
sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO, à l'adresse
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/index.html.
Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication
811F Guide agronomique des grandes cultures (20 $), la publication
812F Guide de protection des grandes cultures (15 $), la publication
75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes (15 $) et la publication
505 Ontario Weeds (15 $). Ces publications sont disponibles à
votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone
au 1 888 466-2372.
La période de croissance
Le pessimisme entourant la production de maïs de 2006 a été
ravivé par l'augmentation du coût de l'énergie
et le faible prix des grains pendant la plus grande partie de la période
de préplantation. La lente remontée des prix du maïs
qui a eu lieu à la fin d'avril et au début de mai, alliée
à de bonnes conditions d'ensemencement, a entraîné
une production d'environ 1,6 million d'acres en Ontario. En 2006,
les producteurs de maïs ont saisi toutes les occasions d'ensemencer,
et la plupart des plantations étaient terminées pour
le 12 mai.
Les conditions d'ensemencement se sont sensiblement dégradées
à la mi-mai, et quelques champs de maïs ont été
tardivement plantés vers la fin de mai. Curieusement, et à
l'inverse des années précédentes, des précipitations
bien réparties et une moyenne supérieure d'unités
thermiques ont permis au maïs tardif de connaître une bonne
croissance, comparativement aux champs ensemencés plus tôt.
Des essais de dates de plantation effectués à Elora,
Exeter et Ridgetown ont donné des rendements de 14, 1 et 8
boisseaux de moins pour le maïs planté à la fin
de mai que pour celui planté respectivement à la fin
d'avril et au début de mai.
La production plus précoce a souffert de l'humidité
et des basses températures. Dans plusieurs champs, les producteurs
ont signalé une croissance lente dans les premiers stades.
La décoloration du maïs allait de brun (feuilles gelées)
à jaune (humidité excessive), en passant par le mauve
(croissance racinaire restreinte). Cependant, le climat idéal
de juillet et août a permis une bonne pollinisation, des épis
uniformes et un nombre élevé de grains dans la plupart
des champs de la province.
L'helminthosporiose du Nord du maïs s'est avérée
la maladie folicole la plus importante de l'année 2006. Elle
a pris beaucoup d'ampleur dans plusieurs régions. Les cas de
sénescence précoce remarqués en 2006 ont été
attribués à la relation entre la vaste accumulation
de réserves (rendement potentiel) et la source limitée
(due aux maladies folicoles). Les inquiétudes de septembre
concernant la cannibalisation des végétaux pouvant entraîner
l'affaiblissement des tiges et la verse se sont révélées
infondées. De nouveau, en 2006, Agriculture et Agroalimentaire
Canada (AAC) et le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation
et des Affaires rurales (MAAARO) ont réalisé une enquête
sur les maladies folicoles du maïs, et noté la présence
grandissante de la Tache grise, maladie qui n'avait pas été
détectée depuis plusieurs années.
La moisissure et les mycotoxines de l'épi
de maïs
La moisissure (principalement Gibberella zeae) et les mycotoxines
qui en découlent (principalement DON) ont transformé
en cauchemar cette année qui promettait pourtant d'être
idéale pour le maïs. Les conditions climatiques qui ont
prévalu avant le stade de floraison femelle et pendant la pollinisation
ont contribué à répandre l'infection par le biais
des soies. L'humidité et les fréquentes précipitations
de septembre ont favorisé le développement de la moisissure
et la production des mycotoxines. Les niveaux de DON sont restés
assez bas : indétectables dans les régions à
l'est de Toronto, la situation allait en s'empirant en progressant
vers l'extrême sud-ouest. Les échantillons prélevés
par le campus Ridgetown de l'Université de Guelf et le MAAARO
montrent que près de 50 % des champs des régions de
Chatham-Kent, Essex et Elgin ont des concentrations de DON supérieures
à 6 ppm. Une grande part du maïs récolté
dans le sud-ouest a été classé grade 2 (classement
morphologique et poids au boisseau) mais pouvait avoir des concentrations
de DON supérieures à 2 ppm. Jusqu'à présent,
Agricorp ne signale que peu de demandes d'indemnisation pour la moisissure
du maïs, tandis que la production continue à être
brassée et mise en marché. Les usines d'éthanol
acceptent le maïs dont la concentration de DON se situe entre
4 et 5 ppm. Il s'agit là d'un débouché pour les
grains qui ne peuvent être utilisés pour l'alimentation
animale et plus particulièrement celle des porcs. Les éleveurs
de ces porcs et les fabricants d'aliments du bétail qui les
fournissent doivent faire preuve d'une grande vigilance lors de l'analyse
et du tri du maïs, afin de respecter les concentrations de vomitoxine
imposées pour l'alimentation des porcs (0 à 2 ppm).
La récolte et le rendement
Les précipitations excessives et le temps nuageux ont gêné
la récolte pendant toute la période allant d'octobre
à décembre. La période de la récolte de
2006 a été la plus pluvieuse et la plus nuageuse jamais
connue. À cause de la pluie, environ 5 % de la production provinciale
n'avait toujours pas été récolté le 13
décembre. Dans les régions isolées aux sols lourds,
ce chiffre pouvait atteindre 25 à 30 %.
Les bonnes conditions de croissance de 2006 ont également
favorisé la sélection d'hybrides de pleine saison. Lors
de certains essais de rendement des hybrides réalisés
par le Comité ontarien du maïs en 2006, le fait de sélectionner
des hybrides à longue saison de végétation a
permis d'augmenter le rendement de 8 bois/acre par degré supplémentaire
d'humidité interne. Cet essai a été réalisé
dans une gamme d'hybrides adaptés à une région.
Le 13 décembre, alors qu'Agricorp avait reçu environ
50 % des rapports de rendement, la moyenne provinciale de rendement
atteignait déjà le volume exceptionnel de 164 bois/acre!
En comparant avec les derniers chiffres de 2004 (131 bois/acre) et
de 2005 (145 bois/acre), on comprend le regain d'optimisme qui entoure
la production de maïs en Ontario.
Attentes et défis de 2007
L'humidité qui a prévalu en automne a empêché
l'ensemencement d'environ 500 000 acres de blé d'hiver. En
2006, du soya était cultivé sur une grande partie de
ces terres. Dans le cadre d'une culture de rotation, le maïs
constitue donc une solution très intéressante. Les rendements
élevés des années précédentes et
l'augmentation appréciable des prix ont aussi stabilisé
la superficie habituellement consacrée à la production
de maïs. Ils incitent également fortement à replanter
du maïs au même endroit dans les cultures de rotation.
Pour la première fois depuis 1985, la conjugaison de tous ces
facteurs pourrait conduire la superficie de maïs pour toute la
province à atteindre ou même dépasser la barre
des 2 millions d'acres.
La récolte dans des champs au sol détrempé a
entraîné la formation d'ornières, le grippage
et des dégâts dus au compactage du sol. Là où
c'était faisable, des producteurs ont dû travailler le
sol pour niveler les ornières et réduire le compactage,
mais dans bien des cas, les sols étaient tellement détrempés
qu'il était tout simplement impossible de travailler le sol
de quelque manière que ce soit. Les difficiles conditions du
sol et l'ampleur de la superficie prévue pour le maïs
en 2007 vont causer des problèmes de gestion de temps pendant
la période de plantation, surtout parce la plupart des producteurs
ne sont plus très optimistes au sujet du report de l'ensemencement
du soya vers la fin mai. Pour se préparer à affronter
2007, ils devront réviser leurs choix de gestion et envisager
des techniques permettant de gagner du temps.
Pour plus de renseignements :
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