Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario
Sommaire de la saison 2006 pour les cultures de céréales
Table des matières
- Sommaire
- Les céréales d'hiver
- Les semis d'automne
- Les céréales de printemps
- Les défis de 2007
Pour toute question, urgence ou pour émettre des commentaires
sur ce rapport, veuillez appeler Info Culture, au 1 888 449-0937.
Vous pourrez également trouver des renseignements techniques
sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO, à l'adresse
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/index.html.
Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication
811F Guide agronomique des grandes cultures (20 $), la publication
812F Guide de protection des grandes cultures (15 $), la publication
75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes (15 $) et la publication
505 Ontario Weeds (15 $). Ces publications sont disponibles à
votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone
au 1 888 466-2372.
Sommaire
La superficie et le rendement record de 2006 ont entraîné
un ensemencement dans de mauvaises conditions pour la récolte
de l'année suivante (2007). En 2006, la superficie de céréales
de printemps a considérablement augmenté, et les rendements
vont de moyens à supérieurs. La qualité a généralement
été bonne pour toutes les céréales, bien
que les poids de l'avoine au boisseau se soient souvent montrés
inférieurs, et que les concentrations de protéines du
blé de force rouge d'hiver soient très basses. L'apparition
de la rouille sur de nouvelles espèces, et ce, en dépit
de la résistance génétique du blé d'hiver
et de l'avoine, risque de constituer un problème pour la production
de l'an prochain et des années suivantes.
Les céréales d'hiver
La superficie record de 1,1 million d'acres s'est accompagnée
d'un nouveau record de rendement de 85,5 bois/acre.
Avec les températures douces qui ont duré jusqu'au
début d'octobre et une récolte précoce du soya,
les conditions de l'automne 2005 étaient quasi-idéales
pour l'ensemencement du blé. Au moins 80 % du 1,1 million d'acres
a été ensemencé tôt ou au moment le plus
propice, ce qui laissait prévoir un excellent rendement potentiel.
La croissance de l'automne s'est avérée excellente dans
les plantations précoces, et ce, même si le temps frais
de la mi-octobre et de novembre a ralenti la croissance des cultures
ensemencées dans des conditions normales. Le temps clément
du début de janvier a fait fondre la couverture de neige. Lorsque
les températures sont redescendues à la fin de janvier,
l'absence de neige a fait craindre des dégâts dus à
la basse température. Cependant, plus tard en saison, on a
pu constater que la culture n'avait que peu souffert de ces conditions
climatiques.
Le réchauffement a de nouveau fait fondre la neige en mars.
Ajoutées à celles de janvier, ces conditions ont provoqué
plus de soulèvement par le gel qu'à la normale. Le problème
a été exacerbé par la profondeur insuffisante
des plantations. Suite à ces dégâts, plusieurs
cultures sont restées très clairsemées jusqu'à
la récolte, et les prévisions de rendement faites pour
ces champs par la plupart des agronomes se sont avérées
complètement fausses. Du fait de l'ensemencement précoce
et des températures clémentes de l'hiver, la production
de blé a pris une avance de 10 jours sur les délais
normaux, sauf dans l'est de l'Ontario, où le manque de neige
et le gel ont détruit plus de 50 % de la culture de blé
d'hiver.
Le mois d'avril a présenté des conditions idéales
pour l'épandage d'azote. Dans certains endroits, les grosses
vagues de froid successives de la fin avril et de mai (jusqu'à
-8° C) ont détruits tous les tissus verts. Ces vagues de
froid ont quelque peu gêné les épandages d'herbicide,
sans toutefois les rendre impossibles. La culture de blé ayant
pris une avance de 7 à 10 jours, le gel nocturne survenu à
la fin mai a fait craindre pour l'épiaison précoce de
certains champs de la région sud-ouest. Dans certains endroits
isolés, le gel a entravé la pollinisation et certaines
zones de ces champs ont eu un rendement NUL. La crise a été
évitée de peu pour cette culture!
De la rouille hivernante a été détectée
dans quelques champs allant de Woodstock jusqu'au corridor de Mount
Forest. Assez rare, la rouille hivernale annonce souvent d'autres
problèmes. Au fur et à mesure de la saison, et bien
que l'épidémie n'ait rien à voir avec l'hivernation,
la rouille est devenue la maladie la plus préoccupante.
Pendant la saison, les cultures ont également subi des maladies
virales (mosaïque rosette, filosité panachée du
blé) ainsi que la strie céphalosporienne. Très
répandue, la strie céphalosporienne a été
liée aux variétés. Dans les champs très
atteints, les rendements ont diminué d'au moins 10 %. Il n'existe
aucun moyen de lutte efficace contre ces maladies.
Heureusement, cette année, le fusarium a brillé par
son absence. La carie naine, quoique bénigne, s'est manifestée
à des concentrations plus élevées que prévu,
ce qui prouve que le traitement des semences est essentiel pour une
lutte efficace.
La récolte a été chaotique, surtout dans le
corridor London-Woodstock. Des précipitations ont retardé
la récolte de deux semaines aux alentours de cette zone, et
de trois à quatre semaines à l'intérieur. Du
coup, la moisissure a déclassé certaines cultures de
la région sud-ouest, et la germination et les faibles indices
de chutes ont réduit le grade au cur de la région
touchée. C'est le blé tendre d'hiver qui a été
le plus atteint : il n'y a pratiquement eu aucune récolte de
blé tendre de qualité.
Les rendements ont été spectaculaires, et après
la récolte, on a constaté une augmentation de 10 % par
rapport au précédent record provincial (85,5 bois/acre
contre 77,5 au précédent record en 2003). Les concentrations
de protéines ont été d'un point inférieures
aux concentrations de l'an dernier, ce qui signifie que la plus grande
partie de la culture de blé de force rouge d'hiver n'a pas
atteint le prix pour la protéine. Tous les autres critères
de qualité étaient excellents, et la cuvée 2006
du blé d'hiver de l'Ontario a été très
appréciée de tous.
Les semis d'automne
Cet automne, la superficie du blé est restreinte. Environ
475 000 acres ont été plantés (à peine
la moitié des intentions); presque tout le blé a été
ensemencé plus tard qu'il ne l'aurait fallu et dans de mauvaises
conditions. Nous connaissons une situation radicalement inverse à
celle de l'automne passé et, jusqu'à présent,
le blé est très mal parti. Parce qu'ils n'ont pas été
en mesure d'ensemencer du blé, plusieurs agriculteurs ont dû
signer des contrats pour la récolte de 2008. Les conditions
climatiques de l'automne ont été inhabituellement humides
et froides, ce qui fait craindre des dégâts automnaux
supérieurs à la normale (inondations). Vu la place que
tient le blé dans les recettes de plusieurs producteurs, cette
situation est très décevante.
Les céréales de printemps
Cette année, étant donné son faible coût
de production par rapport aux autres cultures, la superficie de céréales
de printemps a augmenté. C'est le blé de printemps qui
arrive en tête, avec une augmentation de 40 %, tandis que l'orge
vient en dernier, avec une augmentation de 10 %. Bizarrement, bien
que cette récolte n'ait qu'une qualité marchande très
restreinte, la superficie de grains mélangés s'est accrue
de 20 %.
L'ensemencement s'est déroulé rapidement dans de bonnes
conditions pour le sol : 65 % de la récolte était plantée
le 25 avril, et 80 % le 5 mai. Les occasions d'ensemencement en sol
gelé ont été inférieures à ce que
certains producteurs espéraient. Cependant, l'important gain
de rendement constaté dans la superficie ensemencée
en sol gelé à la fin du mois de mars (40 %) a, encore
une fois, démontré la rentabilité de cette pratique.
La culture a profité du climat généralement
frais et sec dans la plus grande partie de la région agricole.
Grâce à ces conditions, les niveaux de maladies folicoles
sont restés extrêmement faibles presque toute l'année,
jusqu'à ce que la tache helminthosporienne (orge), la rouille
(avoine et blé) et le fusarium (blé) ne deviennent un
problème. Le temps sec a favorisé l'épandage
en temps opportun des engrais et de l'herbicide, ce qui a facilité
la gestion en début de saison. Malheureusement, le climat sec
a perduré dans certaines régions. Les cultures situées
sur des talus érodés se sont flétries et la production
de ces régions a été moindre. Les mauvaises herbes
(plus particulièrement le vulpin) sont également apparues,
obligeant les producteurs à pulvériser pour lutter contre
des graminées annuelles dont ils n'ont habituellement pas à
se préoccuper.
Cette année, les mouchetures physiologiques se sont répandues
dans de nombreux champs, et bien des producteurs les ont prises pour
une maladie. La menace de maladies a été forte pour
l'orge replantée cette année dans les précédents
champs d'orge, mais il s'agissait surtout d'un problème de
rotation. La tache helminthosporienne apparue dans l'orge en fin de
saison a entraîné l'émergence de grains échaudés,
mais n'a pas eu un impact important. Le fusarium a touché la
culture de blé de printemps, et on a évité la
catastrophe dans bien des régions. Bien que la plus grande
partie de la culture ait été épargnée,
quelques champs ont connu des taux très élevés
(9 %). Une fois encore, ces champs comportaient des résidus
de maïs au sol, et la rotation a été pour beaucoup
dans ce problème.
LA ROUILLE! La rouille brune a contaminé l'avoine. Elle surmonte
maintenant la plupart des résistances génétiques
auxquelles les producteurs se sont fiés au cours des dernières
années. Avec les nouveaux développements en génétique,
les producteurs d'avoine auront avantage à effectuer des dépistages
à court terme, et à profiter au maximum des fongicides
foliaires en procédant à des épandages dans les
temps. La prolifération de la rouille a sensiblement réduit
le poids au boisseau dans de nombreux champs d'avoine. Tout comme
le blé d'hiver, le blé d'été n'a pas échappé
à la rouille, les différences entre les hybrides devenant
encore plus définies.
Le hanneton européen a détruit plusieurs champs de
céréales de printemps plantés dans du sol sablonneux
le long de la baie Georgienne. Le taupin a également causé
des dégâts importants dans certains champs, tandis que
certaines régions comme la vallée d'Ottawa et la région
d'Alliston étaient aux prises avec la noctuelle ponctuée,
contre laquelle une lutte a dû être menée dans
certains champs. Les parasites naturels ont cependant été
assez nombreux dans certains endroits pour venir à bout de
ces ravageurs. On a détecté la présence ponctuelle
de criocères des céréales, mais comme pour la
noctuelle ponctuée, les parasites naturels ont limité
les dégâts dans la plupart des champs.
La récolte a été affectée par le temps
sec. Les rendements de l'orge, de l'avoine et des grains mélangés
ont été assez moyens (environ 2 600 lb/acre, ou 2 900
kg/ha). Le poids au boisseau des récoltes d'avoine a été
négligeable, ce qui démontre l'importance d'un ensemencement
précoce pour revenir à une production d'avoine de grande
qualité. Les rendements de blé de printemps se sont
un peu améliorés (6 % de plus que la moyenne, 49,2 bois/acre).
Malgré quelques déclassements dus à la moisissure
dans certaines récoltes tardives, les concentrations de protéines
et la qualité du blé de printemps ont été
excellentes. L'amélioration de la plus grande partie du rendement
de blé de printemps peut une fois encore être attribuée
à l'ensemencement précoce, et au fait qu'une proportion
plus élevée a été cultivée dans
les régions les moins touchées par le temps sec.
Comme toujours, ce rapport ne serait pas complet sans un état
du rendement de la paille provenant de l'orge, qui, pour plusieurs,
représente la seule raison de cultiver. À l'exception
des régions les plus sèches, la récolte de paille
doit son succès à la fraîcheur du climat. La plupart
des producteurs cultiveront donc à nouveau de l'orge l'an prochain,
et ce, bien que le blé de printemps soit plus rentable.
En 2007, on prévoit une augmentation de la culture de blé
de printemps. Pour les régions de sols lourds dans lesquelles
l'ensemencement de blé a été impossible, les
producteurs misent sur un ensemencement en sol gelé du blé
de printemps. Les prix du maïs et du soya augmentent, ce qui
explique que les intentions de cultures d'orge et de grains mélangés
continuent à s'effondrer. Bien qu'elles se restreignent lentement,
les intentions concernant l'avoine semblent moins sensibles au prix.
Bien entendu, tout ceci pourrait avoir radicalement changé
d'ici le printemps!
Les défis de 2007
- La rouille dans le blé et l'avoine : Étant
donné les concentrations élevées de rouille
cette année et son apparition précoce, les producteurs
devront procéder à des dépistages et se préparer
à la lutte. La rouille du blé pourrait atteindre des
niveaux encore plus hauts dans certaines variétés,
s'il y a eu alternance d'espèces. Des analyses d'échantillons
sont actuellement en cours et des résultats seront émis
avant le printemps.
- La gestion du blé tardif : Au printemps
prochain, il sera essentiel d'utiliser des techniques afin d'améliorer
les rendements et de préserver les peuplements douteux. La
superficie ensemencée est faible et la croissance automnale
des plantations déjà en terre est assez mauvaise.
Il faudra effectuer des dépistages précoces dans les
champs et prendre des décisions rapides en ce qui concerne
la culture. Les épandages d'engrais, d'herbicide et de fongicide
devront être faits dans les temps pour améliorer le
potentiel de la faible superficie ensemencée.
- La gestion de l'azote pour les protéines : Les
faibles concentrations de protéines du blé de force
rouge d'hiver ont démontré la nécessité
d'améliorer ou de modifier le mode de gestion. Au cours des
prochaines années, des techniques permettant d'atteindre
des concentrations de protéines acceptables dans le blé
de force rouge d'hiver seront évaluées.
Pour plus de renseignements :
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