Sommaire de la saison pour les cultures de fourrage - 2006 - Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario

Table des matières

  1. Les destructions de luzerne dues à l'hiver dans l'est de l'Ontario
  2. Les nouveaux ensemencements
  3. Les insectes
  4. Des stocks de foin limités dans certaines régions
  5. Le rendement et la qualité des premières coupes
  6. Les deuxième et troisième coupes
  7. Les pâturages
  8. La période critique de la récolte d'automne
  9. Les défis de 2007

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Le fourrage de la plupart des régions du sud de l'Ontario a d'excellents rendements saisonniers et est de bonne qualité. Les stocks de foin et d'ensilage préfané sont à des niveaux moyens à élevés, ce qui crée une pression à la vente par rapport à l'an passé. Le nord-ouest de l'Ontario constitue l'exception : à cause du temps sec, les rendements et les stocks ont considérablement diminué à Rainy River et à Kenora. Les autres régions touchées étaient également situées dans Algoma, Manitoulin, Bruce, Grey, Simcoe et Huron. Le climat humide de mai et juin a déçu les attentes concernant la qualité de la première coupe dans certains comtés de l'est de l'Ontario. Dans plusieurs endroits de la province, comme les comtés du Centre-Est, les hauts rendements des récoltes suivantes ont permis de compenser le temps sec et la pénurie de foin de 2005.

Les destructions de luzerne dues à l'hiver dans l'est de l'Ontario

De nouveau, et même si la situation s'est avérée moins grave qu'en 2005, de nombreux peuplements de luzerne ont été détruits par l'hiver dans l'est de l'Ontario. Jusqu'à 40 % de la culture de luzerne a été touchée et des champs ont été complètement dévastés. La région qui part de Brockville et va jusqu'à la limite du Québec pour remonter jusqu'à Ottawa a été la plus atteinte. Cette mauvaise résistance à l'hiver découle des températures chaudes de l'automne et du gel tardif, suivis par un temps humide et par la saturation des sols survenue en décembre 2005. Le froid extrême et la mince couche de neige de début janvier ont probablement augmenté l'étendue des dégâts provoqués par le gel. Les champs coupés au cours de la période critique de la récolte d'automne 2005 ont été plus gravement endommagés. D'autres facteurs ont contribué à cette situation, comme la formation d'une couche de glace, des ensembles de maladies touchant la racine de la luzerne et le déchaussage des couronnes sur les sols lourds. Les peuplements malades les plus anciens, plantés dans des sols plats et argileux, ont été les plus sensibles aux dégâts.

La destruction de la luzerne par l'hiver n'a pas été très sévère dans la plupart des autres parties de la province, et ce, malgré les récoltes généralisées de la période critique de la récolte d'automne 2005 motivées par les faibles stocks de fourrage et un climat propice. De nouveau, dans plusieurs régions, des récoltes ont eu lieu durant la période critique de 2006. La récolte au cours de cette période contribue à aggraver le risque de destruction par l'hiver, comme nous l'avons constaté dans l'est de l'Ontario.

Les nouveaux ensemencements

La résistance à l'hiver des semis d'été de 2005 a été mauvaise là où le temps sec d'août et de septembre avait diminué ou retardé la levée jusqu'à l'automne. Les conditions d'ensemencement d'avril et du début mai de 2006 furent excellentes. La plupart des nouveaux semis de fourrage étaient en terre au meilleur moment. Alors que la plupart des régions bénéficiaient d'une bonne humidité en mai et juin, certaines zones de Huron, Bruce, Grey et Simcoe étaient asséchées. Dans les régions où les pluies ont été retardées, la levée des nouveaux ensemencements a été compromise.

De manière générale, l'implantation estivale effectuée au cours des dates d'ensemencement optimal semble bien se porter. Les champs ensemencés plus tardivement ont connu une levée tardive à cause du climat sec d'août et risquent de voir leur implantation réduite. Tôt au début du printemps prochain, il faudra les surveiller pour assurer leur résistance à l'hiver.

Les insectes

Quelques seuils d'intervention contre les charançons postiches de la luzerne ont été signalés dans le Sud-Ouest. Cependant, très peu de pulvérisations ont été nécessaires. Les concentrations de cicadelle de la pomme de terre ont été inférieures aux seuils d'intervention dans plusieurs parties de la province, et plus particulièrement dans les comtés limitrophes au lac Érié. Très peu de champs ont été pulvérisés, mais un nombre croissant de fermiers touchés songent actuellement à utiliser des cultivars résistants à la cicadelle de la pomme de terre.

Des stocks de foin limités dans certaines régions

À cause du temps sec, les rendements et les stocks de foin sont limités dans plusieurs régions d'élevage du nord-ouest de l'Ontario, en particulier Rainy River et Kenora. Des demandes d'indemnités dans le cadre de l'assurance de précipitation pour les cultures fourragères ont été reçues pour certaines zones des comtés de Manitoulin, Algoma, Huron, Bruce, Grey et Simcoe. Cette année, Agricorp a payé des indemnités de 2,2 millions de dollars à un total de 400 clients, ce qui est nettement moins qu'en 2005. Les données pluviométriques peuvent être consultées sur le site Web d'Agricorp, à l'adresse www.agricorp.com.

Le rendement et la qualité des premières coupes

Dans la majeure partie du sud de l'Ontario, les dates optimales de récolte de la première coupe de la luzerne pure de « qualité laitière » ont eu lieu aux alentours de la troisième semaine de mai. Les rendements de la première coupe pour l'ensilage de luzerne préfanée ont généralement été excellents. Les précipitations de la dernière semaine de mai ont retardé l'ensilage par certains fermiers, ce qui a provoqué une légère diminution des concentrations de protéines brutes et une légère augmentation des concentrations de fibres par rapport aux seuils cibles de 20, 30 et 40. Malgré tout, et selon les données d'Agri-Food Laboratories, la digestibilité des fibres (DFDN) a généralement dépassé les attentes.

Les conditions climatiques ont généralement été favorables au début de juin pour le séchage du foin, mais les périodes de pluie de la fin juin ont posé des problèmes à plusieurs fermiers. Les pluies excessives qui ont sévi en juin dans certaines régions de l'est de l'Ontario ont gêné la première coupe de foin sec exempt de dégâts dus à la pluie. Grâce aux bonnes conditions de séchage du foin du début de juin, les besoins en épandage d'acide propionique ou d'ensilage en grosses balles ont été réduits dans la plupart des régions.

Les deuxième et troisième coupes

Les rendements des deuxième et troisième coupes ont également varié dans ces régions, mais de manière générale, ils sont restés en dessous de la moyenne. Les analyses en laboratoire de la deuxième coupe révèlent que la plupart des échantillons possèdent un taux correct de protéines, mais des concentrations de fibres supérieures à la normale. La plupart des analyses des troisième et quatrième coupes indiquent des concentrations très élevées de protéines et de très faibles concentrations de fibres.

Les pâturages

La croissance du pâturage a légèrement été retardée par les températures fraîches et le manque de pluie d'avril et du début de mai. Vers la mi-mai, les taux d'humidité du sol se sont rétablis et la croissance a repris son cours normal. Dans la plupart des régions d'élevage, et particulièrement dans les comtés de Bruce, Grey et Simcoe, les mois de juin et le début de juillet ont généralement été chauds et secs. Le taux d'humidité des sols est resté bas jusqu'à ce que les pluies survenant à point nommé vers la mi-juillet restaurent le taux d'humidité dans la plupart des régions. De la fin juillet à septembre, la croissance est restée inférieure à la moyenne. Le gain de poids du bétail en prairies a généralement été supérieur à la moyenne, une herbe de bonne qualité étant disponible durant la saison du pâturage d'été.

On signale cependant plusieurs exceptions à ces bonnes conditions de croissance. Les comtés de Rainy River, Algoma et Manitoulin ont connu un climat sec à extrêmement sec tout au long de l'été. Il a fallu supplémenter à la mi-saison. Dans la région d'Algoma, le bétail a été retiré du pâturage collectif en août.

L'adoption accrue du pâturage en rotation a contribué à augmenter la productivité. Le secteur des ventes de clôtures signale une augmentation des ventes de clôtures portables et temporaires. Ce matériel permet au producteur d'optimiser la gestion des pâturages et d'aménager des périodes de repos qui favorisent la reprise de la croissance.

Le fourrage annuel, comme le sorgho commun, le navet et l'avoine tardive, est de plus en plus utilisé dans les programmes estivaux de pâturage et d'affourragement. Ces cultures permettent de combler certaines périodes creuses de la courbe de croissance du fourrage pluriannuel et d'étendre la saison de pâturage jusqu'en automne.

La période critique de la récolte d'automne

En septembre, dans la plupart des régions, les prés de fauche semblaient prometteurs et la repousse d'automne était vigoureuse. Les superficies de luzerne de certaines régions, présentant un faible risque de destruction par l'hiver, ont fait l'objet de récoltes au cours de la période critique de la récolte d'automne. Une croissance vigoureuse a incité plusieurs producteurs à effectuer une dernière coupe après le gel meurtrier, qui survient généralement au cours de la première semaine d'octobre.

Les défis de 2007

La lutte contre la destruction de la luzerne par l'hiver

La destruction de la luzerne par l'hiver demeure une préoccupation dans plusieurs parties de la province, particulièrement dans l'est de l'Ontario. Plusieurs facteurs de risques y contribuent, comme le climat, le type de sol, le drainage, les ensembles de maladies, les dégâts dus à la cicadelle de la pomme de terre, le choix des cultivars, la fertilité, ainsi que la gestion de la coupe. Les solutions pour limiter la destruction par l'hiver consistent à réduire le plus possible le stress subi par les plants. Elles incluent l'amélioration du drainage et de la structure du sol, la lutte contre la menace d'insectes, une fertilité appropriée, le choix de cultivars rustiques, l'accroissement des intervalles de coupe et le respect de la période critique de la récolte d'automne.

La cicadelle de la pomme de terre

Les dégâts causés à la luzerne par la cicadelle de la pomme de terre sont souvent sous estimés. Les concentrations de cicadelles de la pomme de terre sont souvent élevés dans plusieurs parties de la province (comme les comtés du lac Érié), et entraînent d'importants dégâts, une perte de rendement et l'échec de certains ensemencements. Les nouveaux ensemencements de luzerne sont particulièrement vulnérables. Il faut augmenter le nombre des dépistages dans les champs de luzerne, et procéder à des applications d'insecticide lorsque les seuils de dépistage ont été dépassés. Il faudrait examiner la possibilité d'utiliser des cultivars résistants à la cicadelle de la pomme de terre dans les régions où les concentrations sont généralement élevées.

Les stratégies pour garantir des stocks de fourrage suffisants pendant la saison sèche

Le temps sec a des conséquences sur les rendements des pâturages et du fourrage, et tend à réduire les stocks de fourrage. Les agriculteurs doivent trouver des stratégies de gestion en cas de temps sec, comme le pâturage en rotation, l'emploi de cultivars résistants à la sécheresse et l'utilisation de fourrages annuels comme le maïs à ensilage.

Le pâturage en rotation

Le passage du pâturage continu au pâturage en rotation par la subdivision des champs et les déplacements fréquents du bétail peut améliorer substantiellement la production. Le système de pâturage en rotation peut aller jusqu'à doubler la production de fourrage par rapport au système continu, et réduire la quantité de foin utilisée pour l'affouragement pendant la sécheresse du « trou de l'été ». La rotation du pâturage dans 5 ou 6 enclos, avec des périodes de pâturage de 5 à 7 jours et 28 à 30 jours de repos, fonctionne assez bien. Même un système plus intensif de 4 enclos, 10 jours de pâturage et 30 jours de repos peut donner une production supérieure à celle du pâturage continu.

La gestion de la récolte pour un foin sec de qualité

À cause des pluies fréquentes et des courtes plages de temps possibles pour la fenaison, les quantités de foin sec de qualité exempt de dégâts causés par la pluie ou la moisissure sont réduites. Il peut être décourageant de vouloir prédire le climat. Cependant, un bon entretien et un bon réglage de la conditionneuse, une gestion stratégique de l'andainage et l'utilisation d'acide propionique pour conserver le foin pourront aider les producteurs à réduire le risque d'obtenir un foin de mauvaise qualité.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 31 octobre 2006
Dernière révision : 07 juillet 2017

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