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Sommaire de la saison pour les cultures de fourrage - 2006 -
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| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
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| Date de création : | 31 octobre 2006 |
| Dernière révision : | 31 octobre 2006 |
Pour toute question, urgence ou pour émettre des commentaires sur ce rapport, veuillez appeler Info Culture, au 1 888 449-0937. Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO, à l'adresse http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/index.html. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures (20 $), la publication 812F Guide de protection des grandes cultures (15 $), la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes (15 $) et la publication 505 Ontario Weeds (15 $). Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466-2372.
Le fourrage de la plupart des régions du sud de l'Ontario a d'excellents rendements saisonniers et est de bonne qualité. Les stocks de foin et d'ensilage préfané sont à des niveaux moyens à élevés, ce qui crée une pression à la vente par rapport à l'an passé. Le nord-ouest de l'Ontario constitue l'exception : à cause du temps sec, les rendements et les stocks ont considérablement diminué à Rainy River et à Kenora. Les autres régions touchées étaient également situées dans Algoma, Manitoulin, Bruce, Grey, Simcoe et Huron. Le climat humide de mai et juin a déçu les attentes concernant la qualité de la première coupe dans certains comtés de l'est de l'Ontario. Dans plusieurs endroits de la province, comme les comtés du Centre-Est, les hauts rendements des récoltes suivantes ont permis de compenser le temps sec et la pénurie de foin de 2005.
De nouveau, et même si la situation s'est avérée moins grave qu'en 2005, de nombreux peuplements de luzerne ont été détruits par l'hiver dans l'est de l'Ontario. Jusqu'à 40 % de la culture de luzerne a été touchée et des champs ont été complètement dévastés. La région qui part de Brockville et va jusqu'à la limite du Québec pour remonter jusqu'à Ottawa a été la plus atteinte. Cette mauvaise résistance à l'hiver découle des températures chaudes de l'automne et du gel tardif, suivis par un temps humide et par la saturation des sols survenue en décembre 2005. Le froid extrême et la mince couche de neige de début janvier ont probablement augmenté l'étendue des dégâts provoqués par le gel. Les champs coupés au cours de la période critique de la récolte d'automne 2005 ont été plus gravement endommagés. D'autres facteurs ont contribué à cette situation, comme la formation d'une couche de glace, des ensembles de maladies touchant la racine de la luzerne et le déchaussage des couronnes sur les sols lourds. Les peuplements malades les plus anciens, plantés dans des sols plats et argileux, ont été les plus sensibles aux dégâts.
La destruction de la luzerne par l'hiver n'a pas été très sévère dans la plupart des autres parties de la province, et ce, malgré les récoltes généralisées de la période critique de la récolte d'automne 2005 motivées par les faibles stocks de fourrage et un climat propice. De nouveau, dans plusieurs régions, des récoltes ont eu lieu durant la période critique de 2006. La récolte au cours de cette période contribue à aggraver le risque de destruction par l'hiver, comme nous l'avons constaté dans l'est de l'Ontario.
La résistance à l'hiver des semis d'été de 2005 a été mauvaise là où le temps sec d'août et de septembre avait diminué ou retardé la levée jusqu'à l'automne. Les conditions d'ensemencement d'avril et du début mai de 2006 furent excellentes. La plupart des nouveaux semis de fourrage étaient en terre au meilleur moment. Alors que la plupart des régions bénéficiaient d'une bonne humidité en mai et juin, certaines zones de Huron, Bruce, Grey et Simcoe étaient asséchées. Dans les régions où les pluies ont été retardées, la levée des nouveaux ensemencements a été compromise.
De manière générale, l'implantation estivale effectuée au cours des dates d'ensemencement optimal semble bien se porter. Les champs ensemencés plus tardivement ont connu une levée tardive à cause du climat sec d'août et risquent de voir leur implantation réduite. Tôt au début du printemps prochain, il faudra les surveiller pour assurer leur résistance à l'hiver.
Quelques seuils d'intervention contre les charançons postiches de la luzerne ont été signalés dans le Sud-Ouest. Cependant, très peu de pulvérisations ont été nécessaires. Les concentrations de cicadelle de la pomme de terre ont été inférieures aux seuils d'intervention dans plusieurs parties de la province, et plus particulièrement dans les comtés limitrophes au lac Érié. Très peu de champs ont été pulvérisés, mais un nombre croissant de fermiers touchés songent actuellement à utiliser des cultivars résistants à la cicadelle de la pomme de terre.
À cause du temps sec, les rendements et les stocks de foin sont limités dans plusieurs régions d'élevage du nord-ouest de l'Ontario, en particulier Rainy River et Kenora. Des demandes d'indemnités dans le cadre de l'assurance de précipitation pour les cultures fourragères ont été reçues pour certaines zones des comtés de Manitoulin, Algoma, Huron, Bruce, Grey et Simcoe. Cette année, Agricorp a payé des indemnités de 2,2 millions de dollars à un total de 400 clients, ce qui est nettement moins qu'en 2005. Les données pluviométriques peuvent être consultées sur le site Web d'Agricorp, à l'adresse www.agricorp.com.
Dans la majeure partie du sud de l'Ontario, les dates optimales de
récolte de la première coupe de la luzerne pure de "
qualité laitière " ont eu lieu aux alentours de
la troisième semaine de mai. Les rendements de la première
coupe pour l'ensilage de luzerne préfanée ont généralement
été excellents. Les précipitations de la dernière
semaine de mai ont retardé l'ensilage par certains fermiers,
ce qui a provoqué une légère diminution des concentrations
de protéines brutes et une légère augmentation
des concentrations de fibres par rapport aux seuils cibles de 20,
30 et 40. Malgré tout, et selon les données d'Agri-Food
Laboratories, la digestibilité des fibres (DFDN) a généralement
dépassé les attentes.
Les conditions climatiques ont généralement été favorables au début de juin pour le séchage du foin, mais les périodes de pluie de la fin juin ont posé des problèmes à plusieurs fermiers. Les pluies excessives qui ont sévi en juin dans certaines régions de l'est de l'Ontario ont gêné la première coupe de foin sec exempt de dégâts dus à la pluie. Grâce aux bonnes conditions de séchage du foin du début de juin, les besoins en épandage d'acide propionique ou d'ensilage en grosses balles ont été réduits dans la plupart des régions.
Les rendements des deuxième et troisième coupes ont
également varié dans ces régions, mais de manière
générale, ils sont restés en dessous de la moyenne.
Les analyses en laboratoire de la deuxième coupe révèlent
que la plupart des échantillons possèdent un taux correct
de protéines, mais des concentrations de fibres supérieures
à la normale. La plupart des analyses des troisième
et quatrième coupes indiquent des concentrations très
élevées de protéines et de très faibles
concentrations de fibres.
La croissance du pâturage a légèrement été retardée par les températures fraîches et le manque de pluie d'avril et du début de mai. Vers la mi-mai, les taux d'humidité du sol se sont rétablis et la croissance a repris son cours normal. Dans la plupart des régions d'élevage, et particulièrement dans les comtés de Bruce, Grey et Simcoe, les mois de juin et le début de juillet ont généralement été chauds et secs. Le taux d'humidité des sols est resté bas jusqu'à ce que les pluies survenant à point nommé vers la mi-juillet restaurent le taux d'humidité dans la plupart des régions. De la fin juillet à septembre, la croissance est restée inférieure à la moyenne. Le gain de poids du bétail en prairies a généralement été supérieur à la moyenne, une herbe de bonne qualité étant disponible durant la saison du pâturage d'été.
On signale cependant plusieurs exceptions à ces bonnes conditions de croissance. Les comtés de Rainy River, Algoma et Manitoulin ont connu un climat sec à extrêmement sec tout au long de l'été. Il a fallu supplémenter à la mi-saison. Dans la région d'Algoma, le bétail a été retiré du pâturage collectif en août.
L'adoption accrue du pâturage en rotation a contribué à augmenter la productivité. Le secteur des ventes de clôtures signale une augmentation des ventes de clôtures portables et temporaires. Ce matériel permet au producteur d'optimiser la gestion des pâturages et d'aménager des périodes de repos qui favorisent la reprise de la croissance.
Le fourrage annuel, comme le sorgho commun, le navet et l'avoine tardive, est de plus en plus utilisé dans les programmes estivaux de pâturage et d'affourragement. Ces cultures permettent de combler certaines périodes creuses de la courbe de croissance du fourrage pluriannuel et d'étendre la saison de pâturage jusqu'en automne.
En septembre, dans la plupart des régions, les prés
de fauche semblaient prometteurs et la repousse d'automne était
vigoureuse. Les superficies de luzerne de certaines régions,
présentant un faible risque de destruction par l'hiver, ont
fait l'objet de récoltes au cours de la période critique
de la récolte d'automne. Une croissance vigoureuse a incité
plusieurs producteurs à effectuer une dernière coupe
après le gel meurtrier, qui survient généralement
au cours de la première semaine d'octobre.
La destruction de la luzerne par l'hiver demeure une préoccupation
dans plusieurs parties de la province, particulièrement dans
l'est de l'Ontario. Plusieurs facteurs de risques y contribuent, comme
le climat, le type de sol, le drainage, les ensembles de maladies,
les dégâts dus à la cicadelle de la pomme de terre,
le choix des cultivars, la fertilité, ainsi que la gestion
de la coupe. Les solutions pour limiter la destruction par l'hiver
consistent à réduire le plus possible le stress subi
par les plants. Elles incluent l'amélioration du drainage et
de la structure du sol, la lutte contre la menace d'insectes, une
fertilité appropriée, le choix de cultivars rustiques,
l'accroissement des intervalles de coupe et le respect de la période
critique de la récolte d'automne. Pour obtenir plus de renseignements,
consultez le site Web :
www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/91-077.htm
Les dégâts causés à la luzerne par la cicadelle de la pomme de terre sont souvent sous estimés. Les concentrations de cicadelles de la pomme de terre sont souvent élevés dans plusieurs parties de la province (comme les comtés du lac Érié), et entraînent d'importants dégâts, une perte de rendement et l'échec de certains ensemencements. Les nouveaux ensemencements de luzerne sont particulièrement vulnérables. Il faut augmenter le nombre des dépistages dans les champs de luzerne, et procéder à des applications d'insecticide lorsque les seuils de dépistage ont été dépassés. Il faudrait examiner la possibilité d'utiliser des cultivars résistants à la cicadelle de la pomme de terre dans les régions où les concentrations sont généralement élevées.
Le temps sec a des conséquences sur les rendements des pâturages
et du fourrage, et tend à réduire les stocks de fourrage.
Les agriculteurs doivent trouver des stratégies de gestion
en cas de temps sec, comme le pâturage en rotation, l'emploi
de cultivars résistants à la sécheresse et l'utilisation
de fourrages annuels comme le maïs à ensilage.
Le passage du pâturage continu au pâturage en rotation
par la subdivision des champs et les déplacements fréquents
du bétail peut améliorer substantiellement la production.
Le système de pâturage en rotation peut aller jusqu'à
doubler la production de fourrage par rapport au système continu,
et réduire la quantité de foin utilisée pour
l'affouragement pendant la sécheresse du " trou de l'été
". La rotation du pâturage dans 5 ou 6 enclos, avec des
périodes de pâturage de 5 à 7 jours et 28 à
30 jours de repos, fonctionne assez bien. Même un système
plus intensif de 4 enclos, 10 jours de pâturage et 30 jours
de repos peut donner une production supérieure à celle
du pâturage continu. Pour obtenir plus de renseignements, consultez
le site Web :
www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub19/p19toc4.htm
À cause des pluies fréquentes et des courtes plages
de temps possibles pour la fenaison, les quantités de foin
sec de qualité exempt de dégâts causés
par la pluie ou la moisissure sont réduites. Il peut être
décourageant de vouloir prédire le climat. Cependant,
un bon entretien et un bon réglage de la conditionneuse, une
gestion stratégique de l'andainage et l'utilisation d'acide
propionique pour conserver le foin pourront aider les producteurs
à réduire le risque d'obtenir un foin de mauvaise qualité.
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