Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario - Sommaire de la saison 2005 pour le soya

Table des matières

  1. Introduction
  2. Lutte contre les mauvaises herbes
  3. Pucerons du soya
  4. Nématodes à kystes du soya
  5. Tétranyques
  6. Récolte
  7. Les défis pour la campagne 2006

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Introduction 

D'après les estimations du moment, plus de 80 p. 100 des champs de soya de la province ont déjà été moissonnés. Dans certains secteurs de l'Ouest où le sol est de texture plus lourde ainsi que dans la plus grande partie de l'Est, la récolte a été ralentie par le temps humide des trois dernières semaines.

Les producteurs de soya ont été aux prises avec plusieurs difficultés durant cette campagne 2005 : infestations d'acariens du soya, de tétranyques, de chrysomèles du haricot et de nématodes à kystes du soya et conditions météorologiques défavorables. Selon leur secteur géographique, les producteurs n'ont pas tous souffert autant. Certains ont dû affronter plusieurs problèmes à la fois, d'autres seulement un, d'autres encore ont été totalement épargnés. Les champs ont manqué d'eau dans de nombreuses régions, tandis que certains secteurs de l'Est ontarien ont reçu trop de pluie en juin. En dépit de ces contretemps, les rendements ont généralement atteint ou dépassé la moyenne. D'après les rendements dont nous avons eu connaissance jusqu'ici, le minimum a été de 25 boisseaux à l'acre et le maximum de 75 boisseaux à l'acre. Dans les comtés de Perth et d'Oxford, de nombreux champs ont donné plus de 50 boisseaux à l'acre. Dans le reste de la province, la majorité des champs ont affiché des rendements situés entre 35 et 45 boisseaux à l'acre. À l'échelle provinciale, on s'attend à ce que la moyenne tourne autour des 41 boisseaux à l'acre.

Le soya a été semé sur plus de 2,3 millions d'acres en 2005, ce qui le place au premier rang des grandes cultures en Ontario. Comme le printemps a été sec dans la majeure partie de la province, presque tous les champs ont pu être semés dans de bonnes conditions et à l'intérieur de la plage de temps idéale. De nombreux producteurs ont pu terminer leurs semis de soya avant le 25 mai. Cependant, dans certaines régions, comme dans les comtés de Huron et d'Elgin, les champs étaient si secs que la levée a été médiocre et qu'il a fallu ressemer par endroits. Néamoins, à cause du printemps sec qu'a connu la majeure partie du sud-ouest de la province, les plants de soya ont dû développer d'excellents systèmes racinaires durant la phase végétative de la croissance. Ce développement vigoureux des racines en début de saison a beaucoup aidé les plantes à résister au manque d'eau plus tard dans la saison.

La formation des gousses a été excellente cette année dans les régions qui ont bénéficié d'averses au bon moment, durant le stade de la floraison, au début de juillet. Après cela, le temps est demeuré sec presque partout dans la province. En conséquence, le nombre élevé de gousses ne s'est pas forcément traduit par un rendement plus élevé parce que les fèves étaient moins grosses qu'à l'ordinaire. Les pucerons du soja et/ou les tétranyques ont également réduit le rendement dans les régions où ces ravageurs ont sévi.

Lutte contre les mauvaises herbes

La sécheresse du début de la campagne 2005 a compliqué la tâche pour ce qui est des mauvaises herbes. Comme elle a inactivé les herbicides de prélevée, il a fallu faire de nouvelles pulvérisations, mais beaucoup de mauvaises herbes s'en sont sorties indemnes. L'accès aux produits a également été restreint ce printemps. Lorsque finalement les pluies sont arrivées, une vague tardive de mauvaises herbes est apparue et les herbicides n'ont eu que peu d'effet. À ce stade tardif, les herbicides avaient perdu de leur efficacité et, comme les mauvaises herbes ne levaient pas uniformément, les producteurs ont eu du mal à déterminer à quel moment il était opportun de pulvériser un herbicide de postlevée. Les traitements de postlevée ont souvent été appliqués trop tard à cause des conditions météorologiques ou d'une levée échelonnée des mauvaises herbes ou parce qu'il y avait trop d'acres à traiter dans une période optimale trop courte.

On a constaté également un peu partout que les plants de soya avaient souffert des applications de mélanges en cuve d'herbicides de postlevée. À cause de la chaleur et de la sécheresse, les plants ont mis plus longtemps que d'habitude pour reprendre leur développement après ces traitements. Les niveaux élevés d'ensoleillement et d'ultraviolets et les périodes de smog ont fait apparaître sur les plants des symptômes de dommages environnementaux souvent confondus avec des symptômes de dommages par les herbicides et les maladies.

Pucerons du soya

Des petites populations de pucerons du soya ont fait leur apparition début juin dans le sud-ouest de l'Ontario et, dès la fin de juin, on pouvait observer ce ravageur dans presque tous les champs de la province. Les producteurs ont donc pulvérisé des aphicides sur de nombreux champs cette année. On estime que le rendement sauvegardé par ces traitements va de 0 à 10 boisseaux à l'acre, selon la santé de la culture et le degré d'infestation par les pucerons. En moyenne, des comparaisons entre des champs traités avec un aphicide et des champs voisins non traités montrent que les premiers ont donné de 3 à 5 boisseaux de plus à l'acre.

Nématodes à kystes du soya

Le temps chaud et sec de cet été a créé les conditions idéales pour le développement du nématode à kystes du soya (NKS) et les dommages de ce ravageur étaient manifestes dans de nombreux champs du sud-ouest de l'Ontario. Par temps chaud et sec, le degré d'infestation du sol par les NKS n'a pas besoin d'être aussi élevé que durant une année normale ou une année de stress moins élevé pour endommager les parties aériennes des plants. Autrement dit, le soya peut subir des dommages quand les NKS sont moins nombreux qu'à l'habitude. Les pertes de rendement imputables à ce ravageur ont varié de minimes à fortes (50 p. 100 et plus) en fonction du niveau d'infestation du sol, des conditions environnementales, de la rotation culturale et de la variété.

Tétranyques

Le temps chaud et sec a favorisé la pullulation des tétranyques. Cette année, les populations de ce ravageur ont été plus importantes et ont touché de plus grandes surfaces que d'ordinaire en Ontario. Les tétranyques sont souvent apparus par foyers peu étendus mais intenses en bordure des champs, puis ont envahi rapidement le reste du champ parce que le temps restait sec. Il a fallu pulvériser des insecticides sur de grandes superficies pour enrayer les infestations.

Récolte

En raison de la chaleur et de l'ensoleillement intense de 2005, le soya a mûri plus rapidement cet automne dans de nombreuses régions de la province. La récolte a commencé durant la première moitié de septembre et, au 1er octobre, de nombreux producteurs avaient déjà fini. Certaines fèves affichaient à la récolte un taux d'humidité de seulement 8 p. 100, mais la majorité des fèves ont été récoltées à 12-15 p. 100 d'humidité. Certains champs n'ont pas mûri de manière uniforme et la présence d'un grand pourcentage de tiges vertes a ralenti les moissonneuses et compliqué la récolte.

Divers problèmes de qualité des fèves sont devenus apparents une fois que la moisson battait son plein. À cause du manque d'eau dont les plants avaient souffert durant le stade du développement des fèves, certains producteurs se sont retrouvés avec des fèves mûres vertes. Dans le sud-ouest, les fèves ont été endommagées en fin de saison par les attaques des chrysomèles du haricot et des sauterelles. La pourriture phomopsis de la graine a fortement déclassé certains lots de fèves.

Les défis pour la campagne 2006

Augmentation des superficies en soya

On s'attend à une nouvelle augmentation de la superficie semée en soya en 2006. La planification d'une bonne rotation culturale sera d'autant plus difficile qu'on cultivera plus de soya. Or, une bonne rotation est indispensable pour réduire au minimum les dégâts par les maladies et les insectes et maintenir une bonne structure du sol. Les plants de soya contribuent peu à améliorer la structure du sol et restituent très peu de matière organique au sol.

Nématodes à kystes du soya et insectes ravageurs du soya

Le nématode à kystes du soya (NKS) continue d'être un des ravageurs qui occasionnent de fortes pertes dans le soya dans le sud-ouest de l'Ontario. Le NKS s'est d'ores et déjà répandu vers l'est jusqu'aux comtés de Brant et de Peel et vers le nord jusqu'au comté de Bruce. Les producteurs de ces régions devront adapter leurs pratiques de lutte antiparasitaire pour limiter les attaques et la propagation de ce ravageur. Le fait de cultiver continuellement des variétés sensibles au NKS dans les mêmes champs peut favoriser une forte augmentation des populations de NKS dans le sol.

Le puceron du soya a également donné du fil à retordre aux producteurs en 2005. Ceux-ci devront tout faire, dans le proche avenir, pour que les pulvérisations couvrent toutes les parties aériennes des plants s'ils veulent maîtriser les populations de pucerons à un niveau acceptable. L'observation des champs restera un outil essentiel pour découvrir les infestations d'insectes ravageurs du soya et déterminer à quel moment optimal les traitements antiparasitaires doivent être effectués pour donner leur plein avantage économique.

Rouille du soya

Aucun cas de rouille du soya n'a été découvert en Ontario en 2005. Jusqu'ici, la Caroline du Sud est l'État américain le plus au nord et à l'est que la maladie a réussi à atteindre. Néanmoins, le secteur ontarien du soya devra surveiller de près l'extension de la rouille du soya en 2006 et se tenir prêt, le cas échéant, à appliquer des fongicides pour stopper son avancée. Le MAAARO, l'OSG et les fabricants de fongicides poursuivront cet hiver leurs démarches auprès de l'ARLA pour que des fongicides obtiennent l'homologation pour usage sur le soya en urgence, ainsi que l'homologation complète.


Auteur : Les spécialistes des grandes cultures du MAAARO
Date de création : 27 octobre 2005
Dernière révision : 07 juillet 2017

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