Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario - Sommaire de la saison 2005 pour le maïs

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

En 2005, nous établirons sûrement un nouveau record pour la production de maïs en Ontario, juste derrière l'exceptionnelle année 2004. Nous semblons nous rapprocher de la moyenne de 140 bois/acre et nous éloigner de la moyenne provinciale de 131 de l'an passé. La question qu'on entend dans les cafés depuis des semaines maintenant est : " d'où vient tout ce maïs? ". Ce sujet est particulièrement passionnant, étant donné qu'avant le 15 juillet, la plupart d'entre nous prévoyaient une baisse significative et largement répandue de la production, au vu de la longue période de sécheresse.

Examinons les points suivants :

La plupart des cultures de maïs ont été semées dans un sol en bonne condition avant le 15 mai 2005. Ce fait favorise une fermeture précoce du couvert qui retient une plus grande quantité de l'énergie solaire présente lors des plus longs jours de l'année (21 juin). Le maïs semé en avril a produit une population finale de plants plus restreinte que celui semé en mai. Les faibles niveaux d'humidité qui ont prévalu durant la plus grande partie de la saison de croissance, ajoutés à la disparition de quelques plants, ne semblent pas avoir eu un effet négatif sur le rendement.

Des recherches récentes sur l'azote et le travail du sol portent à croire que les jeunes plants de maïs qui subissent le stress de sols souvent saturés en mai et juin peuvent connaître des baisses de rendement significatives. Bien que certains plants soient devenus humides et froids à la fin avril et au début mai, le reste de mai et le mois de juin ont été exempts de ces longues périodes pluvieuses qui saturent le sol et agressent les plants de maïs. Ces conditions fraîches et humides sont particulièrement pénibles pour les jeunes plants de maïs lorsqu'elles ont lieu pendant la phase de formation de l'épi qui a lieu entre les stades foliaires 9 et 12. Malgré le temps sec, les conditions pour un haut rendement avaient été remplies au cours de l'année 2005, et ce, principalement grâce à la croissance rapide du couvert et à une profonde prolifération racinaire.

Bien entendu, des sols secs, une bonne croissance racinaire et une bonne structure du sol peuvent aussi subvenir en partie aux besoins en eau du plant, en particulier pour ce qui est des besoins en eau au moment de la pollinisation. Les pluies qui sont tombées sur la plus grande partie de la province entre le 15 et le 17 juillet ont été vitales pour le maïs. Si elles avaient été retardées de quelques jours, le rendement aurait considérablement chuté. C'est ainsi qu'une pluie bien utile a permis une production de grains moyenne ou supérieure dans la plus grande partie de la province.

Les plantations précoces et les bonnes conditions de croissance ont entraîné la pollinisation de la majeure partie du maïs à la mi-juillet. Cette synchronisation a permis au remplissage du grain de se dérouler dans un climat beaucoup plus chaud et à une période durant laquelle l'intensité de la lumière du soleil et la longueur des jours favorisent une photosynthèse optimale. M. Tollenaar, de l'Université de Guelph, a mesuré pendant des années les taux réels de photosynthèse durant la période de remplissage du grain sur des plants de maïs. Il en a conclu qu'il existe très peu de changements dans le taux maximum de photosynthèse d'une année à l'autre. Mais cette année constitue l'exception. Le taux de photosynthèse de 2005 est supérieur de 20 % à la moyenne. L'explication de ce phénomène reste obscure. Une floraison femelle précoce peut avoir produit des plants qui ont connu des températures plus chaudes après la pollinisation. On peut lier une partie de ce fait à l'augmentation de l'intensité du rayonnement solaire. L'intensité du rayonnement solaire à Elora en 2005 était environ 10 % plus importante en juin et juillet, mais a respecté, en août, la moyenne des six années précédentes. Ces excellentes conditions de remplissage du grain ont entraîné un résultat supérieur à la moyenne de densité (poids au boisseau) et de taille du grain.

Les recherches suggèrent que l'activité photosynthétique et le remplissage du grain peuvent être interrompus par les basses températures nocturnes. Voici une autre raison qui explique que la floraison femelle du 18 juillet est bien meilleure que celle du 5 août, la période de remplissage du grain étant avancée tandis que les nuits fraîches de septembre sont loin. De ce point de vue, que dire de 2005? Nous avons vérifié les données météorologiques de Kitchener des années 2005 et antérieures pour la période allant du 10 août au 20 septembre, afin de calculer le nombre de nuits pendant lesquelles la température minimale est tombée sous 10° C. Comme on aurait pu s'y attendre, aucun coup de froid n'a eu lieu en 2005, mais le nombre de nuits à la température inférieure à 10 °C était sensiblement le même en 2005 qu'au cours des dernières années (en remontant jusqu'à 2001). Les UTM ne donnent pas de gros rendements par elles-mêmes. Cependant, ajoutées à certains des facteurs mentionnés, elles ont même permis à des hybrides à maturation tardive de disposer de bien assez de temps de croissance pour terminer la saison.

Il a été intéressant de lire quelques-uns des débats portant sur la contribution de la génétique aux rendements élevés constatés récemment. Je ne doute pas un seul instant que la résistance au stress améliorée de nos hybrides modernes est responsable d'une partie des rendements supérieurs de 2005 que nous avons mentionnés. Néanmoins, la contribution au rendement provenant de traits particuliers conférant une résistance à la pyrale du maïs ou à des herbicides précis est minime. Les conditions de croissance, et non pas les OGM, sont au cœur de la raison pour laquelle les moyennes habituelles de 135 bois/acre ont atteint cette année les 180.

Le charbon commun a touché plusieurs champs en 2005. Le charbon du maïs est favorisé par les hautes températures et est souvent associé aux épandages de fumier ou à l'utilisation excessive d'azote. Quelques hybrides ont montré une tendance marquée à l'infection par le charbon commun. Toutefois, les conséquences sur le rendement semblent être négligeables. Les maladies folicoles et la pourriture rouge des tiges ont été minimes en 2005. La plupart du temps, la qualité des tiges et leur résistance à la verse étaient bonnes et n'ont pas eu d'incidence sur les pertes de récolte.

En 2005, la longueur des spathes a été courte. Les dégâts causés aux épis par les insectes, les oiseaux et les vers de l'épi du maïs ont été supérieurs à la moyenne. Dans quelques régions isolées, les niveaux de vomitoxine des échantillons de grains de maïs étaient élevés. Cependant, le problème s'est révélé négligeable à l'échelle de la province.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 24 novembre 2005
Dernière révision : 07 juillet 2017

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