Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario - Sommaire de la saison 2005 pour les céréales

Table des matières

  1. Les céréales d'hiver
  2. Les céréales de printemps
  3. Les semis de l'automne 2005

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Incroyable!! La culture de blé d'hiver de 2005 a tenu bon, et a fini par produire un rendement provincial moyen de 71,5 bois/acre! Malgré le record de chaleur et absolument aucune précipitation tout au long du processus de remplissage du grain, la culture s'est quand même située dans la ligne de tendance du rendement de 1,5 bois/acre. Nous sommes passés à une pluie d'un nouveau record de rendement! La qualité de la culture était excellente, avec de hauts niveaux de protéines, des poids au boisseau élevés et un impressionnant indice de chute!

Déprimant!! La culture n'a pas pu lutter contre les températures élevées et le manque de précipitations : les rendements des céréales de printemps ont considérablement chuté. Le blé de printemps a atteint une décevante moyenne de 40 bois/acre, ce qui représente 17 % de moins que la projection de 48 %. Les grains de printemps sont encore plus décevants : 952,5 kg/acre seulement, c'est-à-dire 24 % de moins que la projection de 1 247. La qualité est à la limite du correct, le poids au boisseau parvient à peine à lui permettre de décrocher un grade, et les grains racornis constituent l'ordinaire.

Une superficie record de blé d'hiver a été plantée cet automne. Bien que les chiffres définitifs ne soient pas encore connus, les estimations indiquent plus d'un million d'acres de blé planté. Au moins 80 % de cette culture a été plantée à temps dans des conditions de sol parfaites. Le rendement potentiel devrait être excellent!

Les céréales d'hiver

Environ 780 000 acres de blé d'hiver ont été plantés au cours de l'automne 2004, dont au moins les ¾ en temps opportun. Dans le Sud-Ouest, la culture a passé l'hiver dans des conditions idéales. La destruction par l'hiver est inférieure à 1 %! Même le blé planté en novembre a démontré une excellente résistance à l'hiver. On ne peut pas en dire autant du Centre et de l'Est de l'Ontario, où, au mieux, la résistance à l'hiver a été anecdotique. Au printemps, les dommages hivernaux causés par la couche de glace et les sols mouillés et détrempés ont réduit les peuplements et obligé à replanter dans certains champs de ces régions.

La disparité entre le Sud-Ouest et le Centre-Est s'est confirmée au printemps. Dans le Sud-Ouest, les excellentes conditions et la sécheresse du sol ont permis de rouler dans les champs et d'y répandre l'azote en temps opportun (mi-avril). Il faisait tellement sec dans cette région qu'on s'est inquiété des pertes d'azote par vaporisation. Cependant, les pertes, si toutefois elles ont eu lieu, n'ont pas été assez importantes pour diminuer le rendement. Dans les régions de l'Est et du Centre, alors qu'ils appliquaient de l'azote avant le stade de croissance rapide, les producteurs ont dû lutter pour éviter que les sols mouillés ne se détériorent en ornières.

Fin avril, les importantes quantités de neige qui sont tombées dans la plus grande partie de la province, suivies d'un mois de mai frais, ont considérablement ralenti le développement de la culture. L'épiaison a été retardée de 3 à 5 jours, et a débuté aux alentours du 30 mai. La fraîcheur du sol a entraîné des symptômes de carence en manganèse (Mn) plus apparents qu'à la normale. Dans plusieurs cas, ces symptômes n'étaient toutefois pas dus à une carence en manganèse, mais à une réaction physiologique aux mauvaises conditions climatiques en général. Cela ramène à l'importance de l'approche progressive, qui consiste à traiter manuellement une petite partie du rang et observer la réaction de la culture avant de consacrer un budget important au traitement du champ entier.

L'Enquête sur l'émergence des mauvaises herbes, menée par Mike Cowbrough, spécialiste des mauvaises herbes du MAAARO, est une nouveauté de cette année. Un dépistage a été effectué toutes les deux semaines dans plusieurs champs de la région agricole du blé, afin d'identifier les espèces de mauvaises herbes, leur densité et la période d'émergence. Selon cette enquête, la moitié seulement des champs de blé font face à une menace suffisant à justifier des mesures de lutte contre les mauvaises herbes. Le second objectif de cette enquête est d'aider les producteurs à appliquer les herbicides au bon moment. Cette année, nous avons encore eu un certain nombre de cas d'applications tardives d'herbicide (stade de sortie de la feuille) qui ont considérablement fait chuter le rendement. L'enquête sera poursuivie et raffinée pour l'an prochain, parallèlement à la poursuite de recherches poussées sur ce sujet.

Le temps sec a contribué à maintenir le faible taux de maladies dans presque toutes les cultures, particulièrement pendant les périodes clés du développement. Jour après jour, les indices élevés d'UV ont produit de nombreuses mouchetures physiologiques (insolation), souvent confondues avec des maladies. La rouille jaune du blé est apparue à haute densité dans quelques champs, mais ne s'est généralement pas répandue dans la culture. La tache des glumes causée par Stagonospora (Septoria) est également apparue dans quelques champs. Ces faibles taux d'atteinte ont contribué à réduire la réaction aux fongicides foliaires. Certains résultats intéressants ont été obtenus avec le nouveau fongicide Headline. De nouveaux essais seront effectués l'an prochain. Dans certains champs (mais pas dans tous), une augmentation substantielle du rendement a été obtenue avec ce fongicide, et ce, même en l'absence de maladies. Cependant et pour l'instant, il reste impossible de prévoir la réaction.

Les insectes n'ont constitué qu'une faible menace dans la plupart des cultures de blé. Bien qu'on ait observé de nombreux pucerons, et que des cas isolés de criocères des céréales aient été rapportés, la lutte contre les insectes n'a pas été nécessaire.

Le temps sec et frais de mai est devenu chaud et sec en juin. Ce climat semblable à celui de juillet a entraîné une épiaison et une pollinisation rapides : ce processus qui dure normalement six jours n'en a pris que trois. Le climat demeurant chaud et sec, les risques de fusarium sont descendus au niveau le plus bas connu à ce jour. Une superficie plus importante qu'au cours des précédentes années a été pulvérisée avec du Folicur par des producteurs désireux de protéger cette culture prometteuse. Comme prévu, le temps sec et chaud prévalant au moment du remplissage du grain a contribué à réduire la réaction aux épandages de Folicur. Le fusarium a brillé par son absence dans la culture de cette année.

Le temps chaud et sec a commencé à créer la panique dans les cultures de blé. Dans plusieurs champs, les feuilles inférieures ont commencé à « brûler » et certains cultivars ont présenté le symptôme de la feuille d'oignon, exactement comme le maïs soumis à la sécheresse. Ce phénomène, qui s'est produit durant le stade crucial de la sortie de la feuille, a fait l'objet de préoccupations. Ces symptômes ont été amplifiés dans les cultures soumises à d'autres stress. Les rotations courtes, la compaction et les sols secs sablonneux ont tous montré des symptômes de stress grave, qui ont entraîné des rendements très faibles. Dans plusieurs champs, la période de remplissage du grain est passée des 21 jours prévus à 14 jours. La récolte a été avancée en conséquence.

Le climat chaud et sec a entraîné la production d'une paille extrêmement courte. Il n'y a quasiment eu aucune verse. La récolte a commencé avec une paille dure et verte et des grains racornis qui ont donné du fil à retordre aux conducteurs de moissonneuses-batteuses. Malgré tout, le grain a continué à remplir les cellules! Même si les rendements ont été inférieurs à ceux des années précédentes, les producteurs ont obtenu 10 boisseaux de blé par acre de plus que ce qu'ils attendaient! La qualité du grain était excellente. Les rendements de paille n'ont pas atteint ceux du grain, et ont été inférieurs de 20 % à la normale.

Est arrivée ensuite la pluie du 16 juillet qui a sauvé la culture de maïs. Étrangement, le blé tendre blanc d'hiver, qui était loin de la maturité, a immédiatement germé. Même certains cultivars de blé tendre rouge d'hiver ont germé, et la moisissure est apparue dans les échantillons. Malgré cette germination, l'indice de chute est demeuré élevé dans la plupart des cas, grâce à l'exceptionnel indice de chute initial. À la fin de la récolte, on a pu constater que la grande majorité de la culture était excellente. L'importance de la récolte du blé blanc en temps opportun reste cependant un sujet à régler.

Le taux de protéines de la culture dépasse le niveau de l'an passé de ¾ de point à 1 point. Même si c'est une bonne chose pour le blé de force rouge, le taux de protéines du blé tendre est pratiquement trop élevé pour la mouture et la cuisson. Le nombre élevé de grains de petite taille a légèrement fait chuter le rendement de cette année et a rendu difficile le réglage des broyeurs. Malgré tout cela et pour résumer, la culture a été bien meilleure que prévu!

Les céréales de printemps

Cette année, la superficie de céréales de printemps a augmenté de 15 % environ, principalement à cause du faible revenu généré par la culture de maïs. Malheureusement, les céréales de printemps n'ont pas connu les mêmes bons résultats que les céréales d'hiver.

L'ensemencement s'est fait à temps dans le Sud-Ouest, et la plus grande partie de la culture était en terre à la mi-avril. Cependant, à cause de l'humidité du sol, une grande partie de la culture des régions Nord et du Centre-Est a été plantée trop tard. Même dans le Sud-Ouest, une bonne partie de la culture n'a pas été plantée avant la neige d'avril, et les ensemencements restants ont été retardés jusqu'en mai. Pour la première fois depuis quatre ans, il n'y a quasiment eu aucune occasion pour l'ensemencement des céréales en sol gelé. Les conditions climatiques variaient de la couverture de neige au temps sec, sans aucune nuit froide.

La levée s'est bien passée dans presque toute la culture, bien que la sécheresse du sol l'ait rendue inégale sur une grande superficie. Une fois la culture plantée, le climat est devenu extrêmement sec et les semis qui n'avaient pas été faits pendant la période humide ont connu une levée tardive. Le temps sec qui a prévalu dans presque toute la province a permis aux producteurs d'effectuer des applications d'herbicide et d'azote au bon moment.

Grâce aux faibles précipitations, les taux d'atteinte sont restés très bas dans la culture de printemps. Les insectes ont causé d'autres problèmes, avec des cas graves de pullulation de noctuelles ponctuées. Certains champs ont complètement été dénudés par les noctuelles ponctuées. Certains producteurs n'avaient pas effectué les sérieux dépistages qui leur auraient permis de détecter la pullulation avant que les dégâts n'atteignent un stade critique. Les criocères des céréales ont également posé des problèmes dans certains champs, mais n'ont pas causé autant de dégâts que les noctuelles ponctuées.

La chaleur ininterrompue (au-delà de 30°C) et les conditions de sécheresse extrême tout au long de la croissance et du développement de la culture ont eu de lourdes conséquences. Certaines cultures n'ont pas dépassé une hauteur de 40 cm (16 po). Les rendements de paille ont quasiment été nuls dans ces champs. Dans plusieurs autres, ils ont été inférieurs à la moitié de la normale. Les rendements ont considérablement chuté (20 %), ainsi que la qualité. La moisissure a déclassé la culture de blé de printemps, et bien des champs d'avoine ont eu du mal à atteindre le poids au boisseau. La taille des grains étant trop petite et les niveaux de protéines trop élevés, les champs d'orge de brasserie ont peiné à se classer.

Les céréales de printemps n'ont pas donné une récolte aussi catastrophique que celle du canola de printemps. Néanmoins, les résultats obtenus par la plupart des producteurs ont été extrêmement décevants.

Les semis de l'automne 2005

Une superficie record de blé a été plantée cet automne (environ 1,2 million d'acres). Le pourcentage le plus élevé revient toujours au blé tendre rouge, qui est passé de 2/3 de la culture l'an passé à ¾ en 2005. Une grande partie de cette culture a été plantée bien avant la date de plantation optimale. Cette partie de la culture a fait l'objet d'inquiétudes quant au virus de la jaunisse nanisante de l'orge et à la mouche de Hesse. De même, lorsque les semences conservées à la ferme ont été utilisées, aucun traitement des semences n'a été appliqué dans les régions précises qui avaient sonné l'alarme du danger potentiel de carie pour la culture de l'année précédente.

Les mois d'automne ont connu des températures bien supérieures à la normale. Le mois d'octobre a été le plus sec qu'ont connu bien des endroits. Alors que la plupart des champs bénéficiaient d'une excellente implantation, les champs dans lesquels les producteurs avaient décidé de planter peu profond plutôt que dans l'humidité ont connu une levée très variable.

Le jaunissement de plusieurs des champs de blé précocement ensemencés a provoqué une immense déception. On a attribué ces symptômes à plusieurs facteurs allant de la carence en azote ou en manganèse à la rouille, en passant par le manque d'humidité. Quelle qu'en soit la raison, ces symptômes devraient avoir peu d'impact sur le rendement potentiel de la culture de l'an prochain. Le blé planté au bon moment, qui connaît une bonne croissance et dont le tallage et le développement de la couronne ont lieu en automne, laissera espérer un bon rendement potentiel si la prochaine année se montre coopérative.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 novembre 2005
Dernière révision : 07 juillet 2017

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