Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario - Sommaire de la saison 2005 pour le canola et les haricots comestibles

Table des matières

  1. Le canola de printemps
  2. Le canola d'automne
  3. Les défis de 2006
  4. Les haricots secs
  5. Les défis de 2006

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Le canola de printemps

L'année 2005 restera gravée dans les mémoires comme une année très décevante pour le canola, autant dans le rendement que dans la qualité. Le temps chaud précoce en saison a permis l'ensemencement d'une bonne partie de la culture du canola de printemps à la mi-avril. Mais les conditions climatiques ont brusquement changé le 21 avril, lorsque la pluie et la neige ont recouvert une grande partie de la province, interrompant la plantation entreprise depuis 3 semaines. Les températures sont demeurées sous la normale en mai, ce qui a entraîné une levée et une croissance lentes des cultures précoces. La lenteur du développement de la culture et la présence massive d'altises ont rendu nécessaire la lutte contre l'altise des feuilles dans beaucoup de plantations plantées précocement. Le canola semé en mai a levé plus rapidement, souvent en une semaine. Les populations ont été excellentes, même si certains déséquilibres causés par la sécheresse du sol ont été signalés, avec des levées prenant parfois jusqu'à un mois. Le temps chaud et sec de juin a persisté jusqu'en août, et on a enregistré plus de 24 journées avec une température égale ou supérieure à 30° C en juin et juillet. En général, le volume du couvert de canola a été réduit par manque de pluie (plus de sept semaines dans certaines régions). Bien souvent, les plants de canola n'occupaient pas tous les rangs. Le canola précocement semé a été le plus touché : dans certains champs, le plant en pleine floraison ne dépassait pas la hauteur du genou. La période de floraison a considérablement été écourtée (jusqu'à une semaine). L'avortement des fleurs et le flétrissement des plants étaient visibles à la mi-journée.

Le charançon de la graine du chou a posé moins de problèmes dans le canola précoce qu'au cours des années précédentes. Le temps chaud et sec a favorisé l'apparition de populations denses de punaises et de punaises ternes. Au cours de la floraison, il a fallu pulvériser quelques champs pour lutter contre ces ravageurs. Le climat a fait diminuer la menace de maladies dans la plupart des champs. Quelques pulvérisations seulement ont été effectuées pour lutter contre la pourriture sclérotique (blanche).

Les rendements ont été très variables, avec une fourchette allant de 0,5 tonne par acre à 1,2 tonne par acre, et un rendement à long terme de 0,66 à 0,75 tonne par acre.

Les premiers envois de canola de printemps à ADM Windsor ont mis à jour un gros problème de qualité dû à la présence de grains brunis. ADM a suspendu la réception de canola pendant une courte période, et a interrompu l'acheminement des grains dans le réseau de silos. La qualité a été très décevante. Beaucoup de cultures n'ont pas atteint les grades 1 ou 2 exigés par les sites ADM de la plupart des régions agricoles. L'analyse de la qualité des échantillons par l'Agence canadienne d'inspection des aliments a confirmé la mauvaise qualité de l'huile, ainsi que la quasi-impossibilité du traitement en vue de la consommation humaine. Le taux élevé de grains brunis provient du stress hygrométrique sévère et de la grande chaleur qui ont sévi durant la période du remplissage. Une fois broyés, les grains brunis, qui contiennent des taux élevés d'acide gras libre, aggravent la rancidité et contribuent à réduire la qualité de l'huile. Pour atteindre le grade 2 et éviter le déclassement, l'échantillon doit contenir moins de 5 grains brunis sur 1 000. Le 30 août, ADM a annoncé une révision de sa liste des remises, et indiqué que seuls les grades 1 et 2 du canola seraient acceptés.

Au cours des 24 dernières années, l'Ontario avait la réputation de produire du canola de grade 1 et 2. Les cultivars actuels démontrent une excellente tolérance au syndrome de la « graine brunie », mais leur résistance n'est pas totale. Pour 2006, ADM est confiante en l'avenir du canola ontarien et, malgré une saison aux caractéristiques climatiques aussi mauvaises que celles de 2005, les attentes sont en faveur d'un retour de la production céréalière de l'Ontario à un haut niveau de classification.

Le canola d'automne

La résistance à l'hiver du canola d'automne va de faible dans le Sud-Ouest à bonne dans des régions agricoles plus traditionnelles. On pense que la majeure partie de la réduction de peuplement observée provient du dégel de février, alors que les températures grimpaient au dessus de 20°C. Laissés avec une mince couche de neige, les champs étaient bien souvent inondés. Cette période a précédé une chute rapide des températures (jusqu'à 40°C) qui a provoqué des dégâts par le gel sur les couronnes et les racines.

Les températures fraîches de la plus grande partie du mois de mai ont favorisé le développement d'un couvert épais ainsi qu'une pollinisation précoce. Les températures élevées et la sécheresse sont apparues vers la fin de la floraison jusqu'au stade de remplissage de la graine, et ont provoqué un flétrissement des plants, l'avortement des fleurs et une maturité précoce.

Les populations de charançon de la graine du chou ont été inférieures à celles des années précédentes. La menace de pourriture sclérotique a été faible dans la plupart des peuplements. Les rendements du canola d'automne se situent sur un éventail allant de 0,75 à 1,25 tonne par acre, la plupart étant classés dans les grades 1 et 2.

La sécheresse des mois d'août et de septembre a permis d'effectuer en automne l'ensemencement du canola d'automne, mais a entraîné une levée retardée et inégale. On estime que la superficie sera semblable à celle des années précédentes (4 à 5 000 ac.).

Les défis de 2006

Les possibilités commerciales

Le canola constitue une culture de rotation appréciable dans les zones agricoles du Nord. Les problèmes de qualité rencontrés cette année à cause du brunissement des grains ont eu lieu pour la dernière fois en 1988. Les analyses de la qualité des cultivars menées lors des Essais de rendement de l'Ontario peuvent fournir des renseignements sur les différences de potentiel de brunissement des grains entre les cultivars. D'autres possibilités commerciales doivent être explorées.

Le canola d'automne

Bien que sa qualité soit acceptable, le rendement du canola d'automne a été inférieur à celui des années précédentes. Il faudra plus d'essais sur site et de recherches pour créer une recette de production d'un canola d'automne « gagnant ».

La fertilité du soufre

Le canola de printemps et celui d'hiver de l'année 2005 ont clairement souffert d'une carence en soufre. Était-ce juste un phénomène ponctuel, dû aux conditions météorologiques de cette année? Des essais supplémentaires au champ sont nécessaires pour définir les différents besoins concernant le soufre (quantité, échéancier, zone d'épandage), autant pour le canola de printemps que pour celui d'automne. Le remplacement d'une partie de l'azote uréique par du sulfate d'ammonium pourrait constituer une solution économique permettant d'introduire du soufre dans le plan de fertilité.

Les haricots secs

En 2005, le sol a été sec mais généralement plus frais qu'à l'ordinaire au moment de la plantation, avec des températures courantes de 10 à 15°C. Avant la fin de la deuxième semaine de juin, presque 75 % de la superficie prévue pour les différentes espèces de haricots avait été plantée. La sécheresse du sol a entraîné une levée inégale dans plusieurs régions.

À cause des quelques fronts orageux provenant des E.-U., les populations de cicadelles ont été très faibles pendant presque toute la saison. Quelques pulvérisations ont dû être effectuées contre les populations élevées de punaises ternes dans plusieurs régions, et contre les tétranyques dans une moindre mesure.

Les couverts des haricots ont été plus bas que la moyenne pendant presque tout le mois de juillet. Entre la fin juin et le début août, les pluies ont été intermittentes, mais ont permis un regain de croissance et de développement des gousses. Les pluies torrentielles de l'Ouest de l'Ontario ont saturé les sols et des régions entières de champs ont développé une « coulée grise ». Le diagnostic posé sur les plants des champs touchés a confirmé que la cause en est le pourridié fusarien. Le pourridié fusarien est le pourridié le plus commun chez les haricots secs de l'Ontario. La maladie se répand souvent rapidement lorsque les sols se gorgent d'eau après une longue période de sécheresse. Certains champs ont subi de sévères infections de brûlures bactériennes. L'anthracnose a progressé très lentement dans les haricots blancs : seuls des plants malades isolés ont été observés dans quelques champs.

En août, les températures plus fraîches et l'augmentation de l'humidité du sol ont permis un bon remplissage et un bon développement des grains. Dans la plupart des régions, les rendements ont été moyens ou supérieurs. La taille et la qualité des grains étaient bonnes. La faible humidité du grain lors de la récolte a constitué un problème qui a, dans certains cas, provoqué des retards dans la récolte. Une infestation précoce de punaises ternes a provoqué une augmentation du déclassement.

Les défis de 2006

Les stratégies de lutte intégrée contre les cicadelles et les punaises ternes

L'homologation d'un nouvel insecticide de protection de semence (thiamethoxin) pour la lutte contre les insectes terrestres et les cicadelles précoces offre un nouvel outil pour lutter contre de vieux ennemis. Les punaises ternes peuvent provoquer l'avortement de la fleur et des dégâts aux grains, et entraîner une augmentation du déclassement.

L'agronomie pour les créneaux du marché

L'expansion dans la superficie des types de créneaux du marché exige le soutien de la recherche agronomique et la poursuite de la démarche d'information.

La moisissure blanche, la rouille du soja, l'anthracnose

Ces maladies n'ont pas posé de gros problèmes cette année, mais sont toutes potentiellement destructrices. L'application de fongicides a été le sujet principal de la journée sur les fongicides pour les haricots secs qui s'est tenue cet été au Centre de recherches Huron.

La rotation des cultures

Une bonne rotation des cultures constitue la pierre angulaire de la production de haricots comestibles. Elle permet de réduire les risques liés à la moisissure blanche, au pourridié et au nématode du soya. C'est la façon la plus économique d'améliorer les rendements de haricots secs. Pour augmenter la superficie consacrée au soya et aux haricots secs en Ontario, il faudra faire attention au calendrier de rotation afin de réduire les risques liés à la production. Étant donné qu'ils peuvent agir sur la production de haricots secs, il faudra également porter attention aux intervalles de rotation des herbicides.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 octobre 2005
Dernière révision : 07 juillet 2017

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