Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario - Sommaire de la saison 2005 pour les cultures de fourrage

Table des matières

  1. D'importantes destructions de luzerne dues à l'hiver dans l'Est de l'Ontario
  2. Les nouveaux ensemencements
  3. Le rendement et la qualité des premières coupes
  4. Les deuxième et troisième coupes
  5. Des stocks de foin limités dans certaines régions
  6. Les insectes
  7. Les pâturages
  8. La période critique de la récolte d'automne
  9. Le maïs à ensilage
  10. Les défis de 2006

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

D'importantes destructions de luzerne dues à l'hiver dans l'Est de l'Ontario

Dans l'Est de l'Ontario, de nombreux peuplements de luzerne ont eu à souffrir de l'hiver. La région la plus touchée s'étend de Brockville à la limite du Québec et va jusqu'au comté de Renfrew (340 000 acres de mélanges de luzerne). Plus de 70 à 80 % de la luzerne de cette région a subi des dégâts, dont les nombreux champs de la vallée d'Ottawa qui ont totalement été détruits. Le dactyle pelotonné a également été détruit par l'hiver. De même, le niveau de destruction par l'hiver de la luzerne a été supérieur à la normale dans la région du Centre-Est de l'Ontario (de Toronto à Kingston).

Cette mauvaise acclimatation à l'hiver est la conséquence des températures chaudes de l'automne et du gel tardif, suivis par le temps chaud et la saturation des sols de décembre 2004. Le froid extrême et la mince couche de neige du début janvier ont probablement augmenté l'étendue des dégâts provoqués par le froid. D'autres facteurs y ont contribué, comme les récoltes extensives de la période critique de la récolte d'automne 2004 (on avait besoin de fourrage et le temps était clément), la formation d'une couche de glace, plusieurs maladies touchant la racine de la luzerne et le déchaussage des couronnes sur les sols lourds. Les peuplements malades les plus anciens plantés dans des sols plats et argileux ont été les plus sensibles aux dégâts. De nouveaux ensemencements ayant subi de graves dégâts dus à la cicadelle de la pomme de terre en 2004 ont également semblé plus atteints.

Dans les régions où la luzerne avait été victime de destruction par l'hiver, de nouveaux semis extensifs de luzerne ont été pratiqués (plus d'une fois et demi la superficie dans l'Est), ainsi que des réensemencements ponctuels et des ensemencements de fourrages d'urgence comme les céréales, les mélanges de céréales et de pois, le maïs d'ensilage ou le sorgho.

Les nouveaux ensemencements

La résistance à l'hiver des semis d'été de 2004 a été mauvaise là où le temps sec d'août et de septembre avait diminué ou retardé la levée jusqu'à l'automne.

Grâce aux bonnes conditions d'ensemencement d'avril et du début de mai de cette année, la plupart des nouveaux semis de fourrage ont été en terre au bon moment. Les précipitations ont été variables dans toute la province. Certaines régions sont restées sèches en juin et juillet tandis que d'autres recevaient une pluie suffisante. Dans les régions recevant des pluies clairsemées, la levée des nouveaux ensemencements a été compromise. À cause du temps chaud et sec et de la levée inégale, et par crainte de compromettre la croissance de la luzerne, aucune lutte n'a été menée dans plusieurs nouvelles plantations de luzerne contre les mauvaises herbes de types plantes à grandes feuilles, ce qui a entraîné de graves proliférations de mauvaises herbes. Les graminées annuelles ont également été denses dans plusieurs nouvelles plantations. Il est possible que le peuplement en ait été diminué. Le peuplement et la vigueur de ces champs devront être examinés au début du printemps. De plus, plusieurs nouvelles plantations contre-ensemencées de cultures-abris de céréales ont été touchées par le manque d'humidité, et l'implantation en a souffert.

Une importante superficie a été consacrée aux semis d'été, mais dans les régions restées sèches en août, plusieurs agriculteurs ont renoncé à effectuer des semis d'été de fourrage. La levée a été retardée et l'implantation a été réduite dans les régions subissant un mois de septembre sec.

Le rendement et la qualité des premières coupes

Le temps frais du printemps, suivi du climat très sec de juin, a contribué à réduire le rendement du fourrage dans plusieurs parties de la province. La croissance relative de la luzerne et de l'herbage a été très régionale. Avec les nombreux jours frais, les nuits froides et un degré-jour de croissance (DJC) réduit pour avril et mai, la croissance et le développement de la luzerne sont largement restés sous la normale dans la plus grande partie de la province, à la fin de mai. Dans certaines régions de faible UTM, il est possible que le point de végétation de la luzerne ait été affecté par les dures gelées du début de mai, et que le développement du bourgeon auxiliaire qui s'en suit ait pris part au retard de croissance. Le temps frais a retardé la croissance et le développement des légumineuses, plus encore que ceux des graminées, qui ont pratiquement été normaux. La situation inverse s'est produite dans plusieurs des sols plus légers du Sud-Ouest, où la luzerne a pris un bon départ sous la chaleur précoce d'avril.

Par conséquent, plusieurs peuplements mixtes ont produit une importante proportion d'herbage, ce dernier étant plus mature que les légumineuses lors de la récolte. Les niveaux de fibre de la luzerne étaient supérieurs à la normale, par rapport au stade de développement.

Les dates optimales de récolte de première coupe de la luzerne pure de « qualité laitière » ont généralement eu lieu une semaine à 10 jours après la normale. Les rendements de la première coupe de l'ensilage de luzerne préfanée ont généralement été réduits, mais la qualité du fourrage était excellente. Cependant, la chaleur extrême qui a sévi à partir du début de juin a fait mûrir la récolte très vite et a augmenté les rendements, mais a rapidement et considérablement fait chuter la qualité. Les rendements des fourrages coupés plus tard ont été très variables dans toute la province, en fonction des précipitations reçues dans chaque région.

Les analyses en laboratoire des premières récoltes de luzerne (mai) ont révélé une excellente qualité avec un haut niveau de PB et un bas taux de fibres (FDN). Les coupes tardives étaient de moins bonne qualité. Plusieurs échantillons de peuplements mixtes de luzerne et d'herbage ont montré des niveaux normaux de FDN et des niveaux inférieurs de PB.

Le temps sec de juin a fourni des conditions idéales pour le séchage du foin. Les stocks de foin de qualité « chevaline » (sans dégâts dus à la pluie, ni poussière) sont meilleurs que ceux de l'an passé. Grâce aux bonnes conditions de séchage du foin, les besoins en épandage d'acide propionique ou d'ensilage ont été réduits, sauf dans certaines parties de l'Est de l'Ontario où les précipitations de juin ont été excessives.

Les deuxième et troisième coupes

Les rendements des deuxième et troisième coupes ont également varié à l'extrême dans toute la province, en fonction des précipitations reçues dans chaque région. Les champs situés dans des régions sèches et ayant eu une récolte tardive n'ont eu qu'une faible repousse. Certaines régions ont connu des rendements de première coupe inférieurs à la moitié de la normale, et quasiment aucune seconde coupe. À cause de la pénurie de foin, plusieurs pâturages de régions précocement entrées dans le « trou de l'été » ont dû être supplémentés.

Des stocks de foin limités dans certaines régions

Les stocks de foin sont réduits dans la plupart des régions d'élevage, dont les régions nordiques de Bruce-Grey, Simcoe, Durham, Kawartha Lakes, Peterborough, Quinte, Renfrew, Manitoulin et Algoma. La réduction des stocks de ces régions a entraîné une augmentation des prix du foin. Plusieurs des éleveurs touchés ont vendu du bétail au début de l'automne (avec des prix bonifiés), ou se sont servi de fourrages de rechange comme le maïs à ensilage (dans les régions où c'était possible).

Les insectes

Quelques seuils d'intervention contre les charançons postiches de la luzerne ont été signalés dans le Sud-Ouest. Cependant, très peu de pulvérisations ont été nécessaires. Contrairement à ceux de 2004, les niveaux de cicadelle de la pomme de terre ont, contre toute attente, été très bas dans toute la province.

Les pâturages

Comme pour le foin et l'ensilage préfané, l'afflux printanier de la production de pâturage a également été réduit par la fraîcheur du printemps et le temps sec de juin. Des dégâts ont été provoqués par le bétail sorti en fonction du calendrier plutôt que du développement du pâturage. Plusieurs pâturages de régions précocement entrées dans le « trou de l'été » ont dû être supplémentés en fourrages conservés.

La bonne gestion et la rotation des pâturages ont réduit le besoin de fourrages conservés durant l'été. Les pâturages se sont rétablis plus rapidement au cours de l'automne lorsque le bétail a été déplacé vers des pâturages de « sacrifice » pendant la saison sèche. Plusieurs pâturages ont gravement été endommagés par un surpâturage continu lorsque les stocks de bétail ont dépassé les apports en fourrage. Le temps sec n'a rien arrangé.

La période critique de la récolte d'automne

À la suite du temps sec de septembre et au manque de fourrage de première et deuxième coupe, une importante superficie de fourrage a été récoltée au cours de la période critique de la récolte d'automne. Le risque de destruction de la luzerne par l'hiver pourrait en être accru. Ces champs devraient être surveillés de près au printemps afin de voir s'il est besoin d'une action correctrice. Plusieurs producteurs qui avaient besoin de fourrage ont attendu le gel meurtrier avant de prendre la dernière coupe.

Le maïs à ensilage

Le rendement et la qualité du maïs à ensilage ont été variables, mais généralement bons. Dans la plupart des récoltes, le maïs à ensilage était prêt pour la récolte dès la fin d'août et le début de septembre, c'est-à-dire presque 3 semaines avant le temps normal. La culture de maïs ayant mûri et séché très rapidement, une certaine quantité de maïs à ensilage a été récoltée alors que le taux d'humidité était trop bas. Le maïs à ensilage récolté et entreposé dans des piles ou des silos-boudins a constitué une bonne solution de fourrage de fin de saison pour les opérations laitières et bovines nécessitant des stocks de fourrages supplémentaires.

Les défis de 2006

Les stratégies pour garantir des stocks de fourrage suffisants pendant la saison sèche

Le temps sec a des conséquences sur les rendements des pâturages et du fourrage, et il réduit les stocks de fourrage. Les agriculteurs doivent trouver des stratégies de gestion pour les périodes de temps sec, dont le pâturage en rotation, l'emploi de cultivars résistants à la sécheresse et l'utilisation de fourrages annuels comme le maïs à ensilage.

La lutte contre la destruction de la luzerne par l'hiver

La destruction de la luzerne par l'hiver demeure une préoccupation dans plusieurs parties de la province, particulièrement dans l'Est de l'Ontario. Plusieurs facteurs de risques y contribuent, comme le climat, le type de sol, le drainage, les ensembles de maladies, les dégâts dus à la cicadelle de la pomme de terre, le choix des cultivars, la fertilité, ainsi que la période critique de la récolte d'automne et la gestion de la coupe. Les solutions visant à diminuer les conséquences de la destruction par l'hiver en réduisant au minimum le stress subi par la plante incluent l'amélioration du drainage et de la structure du sol, la lutte contre la menace d'insectes, une fertilité appropriée, le choix de cultivars rustiques, l'accroissement des intervalles de coupe et le respect de la période critique de la récolte d'automne.

Le pâturage en rotation

Le passage du pâturage continu au pâturage en rotation par la subdivision des champs et les déplacements fréquents du bétail peut améliorer substantiellement la production. Le système de pâturage en rotation peut aller jusqu'à doubler la production de fourrage par rapport au système continu, et réduire la quantité de foin utilisée pour l'alimentation pendant la sécheresse du « trou de l'été ». La rotation du pâturage dans 5 ou 6 enclos, avec des périodes de pâturage de 5 à 7 jours et 28 à 30 jours de repos, fonctionne assez bien. Même un système plus intensif de 4 enclos, 10 jours de pâturage et 30 jours de repos peut donner une production supérieure à celle du pâturage continu.

La gestion de la récolte pour un foin sec de qualité

À cause des pluies fréquentes et des courtes plages de temps possibles pour la fenaison, les quantités de foin sec de qualité exempt de dégâts causés par la pluie ou de moisissures ont été réduites. Il peut être décourageant de vouloir prédire le climat. Cependant, un bon entretien et un bon réglage de la conditionneuse, une gestion stratégique de l'andainage et l'utilisation d'acide propionique pour conserver le foin pourront aider les producteurs à réduire les risques d'obtenir un foin de mauvaise qualité.

La cicadelle de la pomme de terre

Les niveaux de cicadelles de la pomme de terre sont souvent élevés dans plusieurs parties de la province (comme les comtés du lac Érié), et entraînent d'importants dégâts, une perte de rendement et l'échec de certains ensemencements. Les nouveaux ensemencements de luzerne sont particulièrement vulnérables. Les dégâts causés à la luzerne par la cicadelle de la pomme de terre sont souvent sous-estimés. Il faut effectuer plus de dépistages dans les champs de luzerne, et procéder à des applications d'insecticide lorsque les seuils d'intervention ont été dépassés. Il faudrait examiner la possibilité d'utiliser des cultivars résistants à la cicadelle de la pomme de terre dans les régions où les niveaux de cicadelles sont généralement élevés.


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 03 novembre 2005
Dernière révision : 07 juillet 2017

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