Rapport sur les grandes cultures de l'Ontario - Sommaire de la saison
2005 pour les cultures de fourrage
| Auteur : |
Le personnel du MAAARO |
| Date de création : |
03 novembre
2005 |
| Dernière révision : |
03 novembre
2005 |
Table des Matières
- D'importantes destructions de luzerne dues à
l'hiver dans l'Est de l'Ontario
- Les nouveaux ensemencements
- Le rendement et la qualité des premières
coupes
- Les deuxième et troisième coupes
- Des stocks de foin limités dans certaines
régions
- Les insectes
- Les pâturages
- La période critique de la récolte d'automne
- Le maïs à ensilage
- Les défis de 2006
D'importantes destructions de luzerne dues à
l'hiver dans l'Est de l'Ontario
Dans l'Est de l'Ontario, de nombreux peuplements de luzerne ont eu
à souffrir de l'hiver. La région la plus touchée
s'étend de Brockville à la limite du Québec et
va jusqu'au comté de Renfrew (340 000 acres de mélanges
de luzerne). Plus de 70 à 80 % de la luzerne de cette région
a subi des dégâts, dont les nombreux champs de la vallée
d'Ottawa qui ont totalement été détruits. Le
dactyle pelotonné a également été détruit
par l'hiver. De même, le niveau de destruction par l'hiver de
la luzerne a été supérieur à la normale
dans la région du Centre-Est de l'Ontario (de Toronto à
Kingston).
Cette mauvaise acclimatation à l'hiver est la conséquence
des températures chaudes de l'automne et du gel tardif, suivis
par le temps chaud et la saturation des sols de décembre 2004.
Le froid extrême et la mince couche de neige du début
janvier ont probablement augmenté l'étendue des dégâts
provoqués par le froid. D'autres facteurs y ont contribué,
comme les récoltes extensives de la période critique
de la récolte d'automne 2004 (on avait besoin de fourrage et
le temps était clément), la formation d'une couche de
glace, plusieurs maladies touchant la racine de la luzerne et le déchaussage
des couronnes sur les sols lourds. Les peuplements malades les plus
anciens plantés dans des sols plats et argileux ont été
les plus sensibles aux dégâts. De nouveaux ensemencements
ayant subi de graves dégâts dus à la cicadelle
de la pomme de terre en 2004 ont également semblé plus
atteints.
Dans les régions où la luzerne avait été
victime de destruction par l'hiver, de nouveaux semis extensifs de
luzerne ont été pratiqués (plus d'une fois et
demi la superficie dans l'Est), ainsi que des réensemencements
ponctuels et des ensemencements de fourrages d'urgence comme les céréales,
les mélanges de céréales et de pois, le maïs
d'ensilage ou le sorgho.
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Les nouveaux ensemencements
La résistance à l'hiver des semis d'été
de 2004 a été mauvaise là où le temps
sec d'août et de septembre avait diminué ou retardé
la levée jusqu'à l'automne.
Grâce aux bonnes conditions d'ensemencement d'avril et du début
de mai de cette année, la plupart des nouveaux semis de fourrage
ont été en terre au bon moment. Les précipitations
ont été variables dans toute la province. Certaines
régions sont restées sèches en juin et juillet
tandis que d'autres recevaient une pluie suffisante. Dans les régions
recevant des pluies clairsemées, la levée des nouveaux
ensemencements a été compromise. À cause du temps
chaud et sec et de la levée inégale, et par crainte
de compromettre la croissance de la luzerne, aucune lutte n'a été
menée dans plusieurs nouvelles plantations de luzerne contre
les mauvaises herbes de types plantes à grandes feuilles, ce
qui a entraîné de graves proliférations de mauvaises
herbes. Les graminées annuelles ont également été
denses dans plusieurs nouvelles plantations. Il est possible que le
peuplement en ait été diminué. Le peuplement
et la vigueur de ces champs devront être examinés au
début du printemps. De plus, plusieurs nouvelles plantations
contre-ensemencées de cultures-abris de céréales
ont été touchées par le manque d'humidité,
et l'implantation en a souffert.
Une importante superficie a été consacrée aux
semis d'été, mais dans les régions restées
sèches en août, plusieurs agriculteurs ont renoncé
à effectuer des semis d'été de fourrage. La levée
a été retardée et l'implantation a été
réduite dans les régions subissant un mois de septembre
sec.
Le rendement et la qualité des premières
coupes
Le temps frais du printemps, suivi du climat très sec de juin,
a contribué à réduire le rendement du fourrage
dans plusieurs parties de la province. La croissance relative de la
luzerne et de l'herbage a été très régionale.
Avec les nombreux jours frais, les nuits froides et un degré-jour
de croissance (DJC) réduit pour avril et mai, la croissance
et le développement de la luzerne sont largement restés
sous la normale dans la plus grande partie de la province, à
la fin de mai. Dans certaines régions de faible UTM, il est
possible que le point de végétation de la luzerne ait
été affecté par les dures gelées du début
de mai, et que le développement du bourgeon auxiliaire qui
s'en suit ait pris part au retard de croissance. Le temps frais a
retardé la croissance et le développement des légumineuses,
plus encore que ceux des graminées, qui ont pratiquement été
normaux. La situation inverse s'est produite dans plusieurs des sols
plus légers du Sud-Ouest, où la luzerne a pris un bon
départ sous la chaleur précoce d'avril.
Par conséquent, plusieurs peuplements mixtes ont produit une
importante proportion d'herbage, ce dernier étant plus mature
que les légumineuses lors de la récolte. Les niveaux
de fibre de la luzerne étaient supérieurs à la
normale, par rapport au stade de développement.
Les dates optimales de récolte de première coupe de
la luzerne pure de « qualité laitière »
ont généralement eu lieu une semaine à 10 jours
après la normale. Les rendements de la première coupe
de l'ensilage de luzerne préfanée ont généralement
été réduits, mais la qualité du fourrage
était excellente. Cependant, la chaleur extrême qui a
sévi à partir du début de juin a fait mûrir
la récolte très vite et a augmenté les rendements,
mais a rapidement et considérablement fait chuter la qualité.
Les rendements des fourrages coupés plus tard ont été
très variables dans toute la province, en fonction des précipitations
reçues dans chaque région.
Les analyses en laboratoire des premières récoltes
de luzerne (mai) ont révélé une excellente qualité
avec un haut niveau de PB et un bas taux de fibres (FDN). Les coupes
tardives étaient de moins bonne qualité. Plusieurs échantillons
de peuplements mixtes de luzerne et d'herbage ont montré des
niveaux normaux de FDN et des niveaux inférieurs de PB.
Le temps sec de juin a fourni des conditions idéales pour
le séchage du foin. Les stocks de foin de qualité «
chevaline » (sans dégâts dus à la pluie,
ni poussière) sont meilleurs que ceux de l'an passé.
Grâce aux bonnes conditions de séchage du foin, les besoins
en épandage d'acide propionique ou d'ensilage ont été
réduits, sauf dans certaines parties de l'Est de l'Ontario
où les précipitations de juin ont été
excessives.
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Les deuxième et troisième coupes
Les rendements des deuxième et troisième coupes ont
également varié à l'extrême dans toute
la province, en fonction des précipitations reçues dans
chaque région. Les champs situés dans des régions
sèches et ayant eu une récolte tardive n'ont eu qu'une
faible repousse. Certaines régions ont connu des rendements
de première coupe inférieurs à la moitié
de la normale, et quasiment aucune seconde coupe. À cause de
la pénurie de foin, plusieurs pâturages de régions
précocement entrées dans le « trou de l'été
» ont dû être supplémentés.
Des stocks de foin limités dans certaines
régions
Les stocks de foin sont réduits dans la plupart des régions
d'élevage, dont les régions nordiques de Bruce-Grey,
Simcoe, Durham, Kawartha Lakes, Peterborough, Quinte, Renfrew, Manitoulin
et Algoma. La réduction des stocks de ces régions a
entraîné une augmentation des prix du foin. Plusieurs
des éleveurs touchés ont vendu du bétail au début
de l'automne (avec des prix bonifiés), ou se sont servi de
fourrages de rechange comme le maïs à ensilage (dans les
régions où c'était possible).
Les insectes
Quelques seuils d'intervention contre les charançons postiches
de la luzerne ont été signalés dans le Sud-Ouest.
Cependant, très peu de pulvérisations ont été
nécessaires. Contrairement à ceux de 2004, les niveaux
de cicadelle de la pomme de terre ont, contre toute attente, été
très bas dans toute la province.
Les pâturages
Comme pour le foin et l'ensilage préfané, l'afflux
printanier de la production de pâturage a également été
réduit par la fraîcheur du printemps et le temps sec
de juin. Des dégâts ont été provoqués
par le bétail sorti en fonction du calendrier plutôt
que du développement du pâturage. Plusieurs pâturages
de régions précocement entrées dans le «
trou de l'été » ont dû être supplémentés
en fourrages conservés.
La bonne gestion et la rotation des pâturages ont réduit
le besoin de fourrages conservés durant l'été.
Les pâturages se sont rétablis plus rapidement au cours
de l'automne lorsque le bétail a été déplacé
vers des pâturages de « sacrifice » pendant la saison
sèche. Plusieurs pâturages ont gravement été
endommagés par un surpâturage continu lorsque les stocks
de bétail ont dépassé les apports en fourrage.
Le temps sec n'a rien arrangé.
La période critique de la récolte
d'automne
À la suite du temps sec de septembre et au manque de fourrage
de première et deuxième coupe, une importante superficie
de fourrage a été récoltée au cours de
la période critique de la récolte d'automne. Le risque
de destruction de la luzerne par l'hiver pourrait en être accru.
Ces champs devraient être surveillés de près au
printemps afin de voir s'il est besoin d'une action correctrice. Plusieurs
producteurs qui avaient besoin de fourrage ont attendu le gel meurtrier
avant de prendre la dernière coupe.
Le maïs à ensilage
Le rendement et la qualité du maïs à ensilage
ont été variables, mais généralement bons.
Dans la plupart des récoltes, le maïs à ensilage
était prêt pour la récolte dès la fin d'août
et le début de septembre, c'est-à-dire presque 3 semaines
avant le temps normal. La culture de maïs ayant mûri et
séché très rapidement, une certaine quantité
de maïs à ensilage a été récoltée
alors que le taux d'humidité était trop bas. Le maïs
à ensilage récolté et entreposé dans des
piles ou des silos-boudins a constitué une bonne solution de
fourrage de fin de saison pour les opérations laitières
et bovines nécessitant des stocks de fourrages supplémentaires.
Les défis de 2006
Les stratégies pour garantir des stocks de fourrage suffisants
pendant la saison sèche
Le temps sec a des conséquences sur les rendements des pâturages
et du fourrage, et il réduit les stocks de fourrage. Les agriculteurs
doivent trouver des stratégies de gestion pour les périodes
de temps sec, dont le pâturage en rotation, l'emploi de cultivars
résistants à la sécheresse et l'utilisation de
fourrages annuels comme le maïs à ensilage.
La lutte contre la destruction de la luzerne par l'hiver
La destruction de la luzerne par l'hiver demeure une préoccupation
dans plusieurs parties de la province, particulièrement dans
l'Est de l'Ontario. Plusieurs facteurs de risques y contribuent, comme
le climat, le type de sol, le drainage, les ensembles de maladies,
les dégâts dus à la cicadelle de la pomme de terre,
le choix des cultivars, la fertilité, ainsi que la période
critique de la récolte d'automne et la gestion de la coupe.
Les solutions visant à diminuer les conséquences de
la destruction par l'hiver en réduisant au minimum le stress
subi par la plante incluent l'amélioration du drainage et de
la structure du sol, la lutte contre la menace d'insectes, une fertilité
appropriée, le choix de cultivars rustiques, l'accroissement
des intervalles de coupe et le respect de la période critique
de la récolte d'automne.
www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/91-077.htm
Le pâturage en rotation
Le passage du pâturage continu au pâturage en rotation
par la subdivision des champs et les déplacements fréquents
du bétail peut améliorer substantiellement la production.
Le système de pâturage en rotation peut aller jusqu'à
doubler la production de fourrage par rapport au système continu,
et réduire la quantité de foin utilisée pour
l'alimentation pendant la sécheresse du « trou de l'été
». La rotation du pâturage dans 5 ou 6 enclos, avec des
périodes de pâturage de 5 à 7 jours et 28 à
30 jours de repos, fonctionne assez bien. Même un système
plus intensif de 4 enclos, 10 jours de pâturage et 30 jours
de repos peut donner une production supérieure à celle
du pâturage continu.
www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub19/p19toc4.htm
La gestion de la récolte pour un foin sec de qualité
À cause des pluies fréquentes et des courtes plages
de temps possibles pour la fenaison, les quantités de foin
sec de qualité exempt de dégâts causés
par la pluie ou de moisissures ont été réduites.
Il peut être décourageant de vouloir prédire le
climat. Cependant, un bon entretien et un bon réglage de la
conditionneuse, une gestion stratégique de l'andainage et l'utilisation
d'acide propionique pour conserver le foin pourront aider les producteurs
à réduire les risques d'obtenir un foin de mauvaise
qualité.
La cicadelle de la pomme de terre
Les niveaux de cicadelles de la pomme de terre sont souvent élevés
dans plusieurs parties de la province (comme les comtés du
lac Érié), et entraînent d'importants dégâts,
une perte de rendement et l'échec de certains ensemencements.
Les nouveaux ensemencements de luzerne sont particulièrement
vulnérables. Les dégâts causés à
la luzerne par la cicadelle de la pomme de terre sont souvent sous-estimés.
Il faut effectuer plus de dépistages dans les champs de luzerne,
et procéder à des applications d'insecticide lorsque
les seuils d'intervention ont été dépassés.
Il faudrait examiner la possibilité d'utiliser des cultivars
résistants à la cicadelle de la pomme de terre dans
les régions où les niveaux de cicadelles sont généralement
élevés.
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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