Rapport sur less cultures en Ontario - Sommaire de la saison

Table des matiéres

  1. Conditions météorologiques
  2. Blé d'automne
  3. Céréales de printemps
  4. Gestion du fumier
  5. Maïs
  6. Soya
  7. Haricots comestibles
  8. Canola
  9. Fourrages

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Voici un bref résumé de la saison de culture 2002 et un exposé des points à surveiller en prévision de la saison de croissance 2003. Il est conseillé aux producteurs durant l'année qui vient d'assister à des réunions, de poser des questions et de prendre part à des projets afin de faire la lumière sur différents points dont ceux qui sont abordés ici.

Conditions météorologiques

L'automne pluvieux que nous avons connu en 2001 a cédé le pas à un hiver doux caractérisé par des chutes de neige inférieures à la normale. Le printemps 2002 est arrivé vite et a bénéficié de vents doux du sud qui ont permis de commencer tôt à travailler les champs. Le temps doux et sec a pris fin brusquement au début de mai avec l'arrivée de conditions fraîches et pluvieuses qui ont persisté jusque dans la troisième semaine de mai. L'ouest de l'Ontario a reçu des précipitations de 25 à 50 % supérieures à la normale en mai, tandis que l'est de la province recevait jusqu'à 100 % plus de pluie que la normale. En juin, par rapport à la normale, l'est de l'Ontario est demeuré plus pluvieux et l'ouest, plus sec. Les pluies ont eu tendance à tomber au début de juin et vers la fin juillet. Au cours des 10 derniers jours de juillet, les précipitations ont été éparses, certaines régions ayant alors enregistré jusqu'à 225 mm (9 po) de pluie.

Le reste de la saison de croissance peut se résumer à du temps chaud et sec qui s'est soldé dans bien des régions par des précipitations correspondant à seulement 30 à 50 % des normales. Août n'ayant pas apporté de pluie, les teneurs en eau du sol ont été dangereusement faibles en bien des endroits. Les précipitations ont été particulièrement éparses dans le sud-ouest de l'Ontario. Il y a eu plusieurs périodes de 5 à 7 jours consécutifs où la température s'est maintenue au-dessus de 30 °C (plus de 40 jours au total), dont 5 jours d'affilée en septembre, ce qui est très rare. Ces périodes de chaleurs extrêmes ont eu leurs répercussions sur les cultures, surtout dans les régions éprouvées par la sécheresse.

Blé d'automne

La petite superficie (540 000 acres) ensemencée en 2001 a entamé l'hiver sous des conditions moins bonnes que la normale, où seul le blé semé tôt affichait une belle croissance. Le blé semé tard dans des argiles lourdes n'a survécu que dans les champs bénéficiant d'un réseau de drains souterrains. Les conditions printanières ayant été favorables, la culture a eu la chance de se remettre de ce mauvais départ.

Dans l'ensemble, les résultats ont été excellents pour le blé d'automne, avec pour la quatrième année consécutive, un rendement moyen pour la province autour de 75 boisseaux/acre. La qualité a été bonne, même si les teneurs en protéines ont été plutôt variables et se sont situées en moyenne à environ 1 % sous les teneurs de l'année précédente. Une bonne partie de la culture de blé vitreux d'automne a été privée des primes pour la teneur en protéines. Compte tenu des prix du blé qui s'annoncent intéressants et de l'automne excellent que l'on a connu, la superficie ensemencée de blé atteint un record de plus de 1 million d'acres!

Céréales de printemps

Toutes les cultures de céréales de printemps ont connu un accroissement considérable des superficies qui leur ont été consacrées. Les facteurs de stress qu'ont été les chaleurs extrêmes et la sécheresse au stade du remplissage des grains ont contribué à abaisser les rendements des céréales de printemps, qui atteignent tout juste la moyenne. L'orge est la culture qui a le plus souffert de ces conditions chaudes et sèches. Le blé de printemps et l'avoine se sont mieux comportés. La qualité meunière du blé de printemps à été inférieure à la normale, en raison des températures extrêmement élevées qui ont nui à la qualité protéique de la culture.

Défis pour 2003

Lutte contre les mauvaises herbes

Lutte contre le pissenlit et les annuelles d'automne : Le traitement le plus efficace, souvent négligé, consiste à brûler chimiquement ces mauvaises herbes au glyphosate avant les semis de blé d'automne. Des études préliminaires démontrent que les traitements herbicides à base de dicamba peuvent endommager les cultures et entraîner du coup des baisses de rendement considérables. Il faudrait que les méthodes de lutte contre les mauvaises herbes fassent l'objet d'études et que les conclusions de ces études soient communiquées aux producteurs.

Semis sur sol gelé des céréales de printemps

Les rendements élevés des céréales de printemps sont déterminés en bonne partie par les dates de semis. La technique des semis sur sol gelé est prometteuse du fait qu'elle permet de devancer les semis. Des études sont encore nécessaires pour déterminer si elle constitue une solution viable pour les producteurs de céréales de printemps.

Rouille jaune du blé

La rouille jaune du blé est une maladie nouvelle qui risque d'être dévastatrice dans les cultures de blé d'automne en Ontario. Nous avons besoin d'une étude sur le terrain ainsi que d'un projet de recherche pour connaître le seuil d'intervention contre cette maladie.

Fusariose

Une épidémie de fusariose a été évitée de près cette année, les cartes de prévisions ayant montré des zones à risques d'infection élevés. Dans bien des cas, le pire a été évité grâce aux conditions météorologiques qui ont suivi l'établissement des cartes. La recherche sur la fusariose et le perfectionnement du modèle de prévision de la fusariose demeurent au premier rang des priorités.

Gestion du fumier 

Des essais sur le terrain sont nécessaires pour dégager le pour et le contre des épandages automnaux de fumier sur le blé d'automne.

Protéines et azote

La gestion de l'azote peut influencer les teneurs en protéines des blés tendres et des blés vitreux. De nouveaux essais sur le terrain et des projets de recherche sont nécessaires pour mieux cibler le choix du moment des épandages et les doses d'azote à respecter.

Carie naine

Plusieurs champs de blé d'automne ont été infectés par la carie naine même si la semence avait été traitée au Dividend, qui assure une maîtrise de la maladie. Des recherches sont en cours pour expliquer cette situation.

Qualité du blé de printemps

La qualité du blé de printemps telle qu'elle est mesurée par « l'indice de chute » peut être influencée par les conditions météorologiques avant la récolte. Quelles sont les pratiques de gestion à employer pour se donner toutes les chances d'obtenir une qualité élevée?

Maïs

Les conditions chaudes et sèches qui ont prévalu fin avril-début mai ont permis des semis relativement hâtifs. À la mi-mai, le temps s'est mis à la pluie et les températures sont tombées bien en deçà des moyennes saisonnières. Ces conditions ont retardé la levée du maïs qui avait été semé tôt et ont donné des peuplements clairsemés. Le maïs semé plus tard en mai sous des conditions plus favorables a levé beaucoup plus rapidement et a donné des densités de peuplement finales bien plus élevées.

La plus grande partie de la province a reçu très peu de précipitations entre la mi-juin et la fin juillet. Les pluies providentielles pour les cultures sont tombées, dans la plupart des régions, au cours des dix derniers jours de juillet, juste avant la pollinisation du maïs. Ces pluies ont assuré une pollinisation réussie et une bonne épiaison presque partout. Par la suite, le remplissage des grains a été compromis par un manque de pluie. De nombreux champs se sont tellement asséchés que les plants ont dû utiliser les réserves d'eau contenues dans leurs propres tiges et feuilles pour assurer le remplissage des grains.

La région située au sud et à l'ouest de London est celle où le manque de pluie a été le plus criant, la sécheresse et cette situation a perduré une bonne partie de la saison de croissance. Les rendements ont accusé une diminution importante dans cette région où des rendements moyens de l'ordre de 60 à 100 boisseaux/acre sont monnaie courante. Le reste de la province a moins souffert, de telle sorte que le rendement moyen pour l'ensemble de la province devrait s'établir autour de 108 boisseaux/acre.

Défis pour 2003

Gestion de l'azote

Les analyses de la teneur des sols en nitrates effectuées au début de juin ont indiqué en général des concentrations de nitrates quelque peu sous la moyenne. Cette situation était probablement attribuable aux températures basses de mai, qui auraient ralenti la libération de l'azote contenu dans les matières organiques du sol. Pour compenser les teneurs réduites en azote résiduel, les producteurs ont augmenté dans certains cas les doses d'azote épandues en bandes latérales.

Les spécialistes des grandes cultures du MAAO continuent, de concert avec les producteurs et les chercheurs, à suivre l'évolution des concentrations de nitrates dans le sol au cours de la saison de croissance. L'amélioration de la gestion de l'azote par l'interprétation des réactions des cultures, des facteurs météorologiques et des concentrations de nitrates dans les sols constituera une priorité en 2003.

Gestion du fumier

Des améliorations devront être apportées à la gestion du fumier. Cela obligera les producteurs à faire davantage d'analyses de la teneur du fumier en éléments nutritifs, à accroître la précision des taux d'épandage, à assurer une plus grande uniformité des épandages et à prévoir avec plus de justesse les besoins d'azote des cultures de maïs à venir.

Lutte contre les ennemis des cultures

Les populations d'altises du maïs ont été exceptionnellement élevées cette année, ce qui a augmenté les risques de transmission de la flétrissure de Stewart, une maladie qui affecte à la fois le maïs sucré et le maïs de semence. Le ver de l'épi du maïs a été repéré dans plusieurs champs de culture commerciale du maïs cette année. Normalement, ce ravageur n'attaque pas le maïs de grande culture. Des programmes de surveillance seront peut-être nécessaires pour en assurer dorénavant la maîtrise.

Taux de semis et interactions entre hybrides

Dans le choix d'un hybride, il faut se demander quel est pour cet hybride le taux de semis optimal qui procurera à la fois le meilleur potentiel de rendement et une bonne vigueur de la tige. Quels sont les risques associés aux fortes densités de peuplement lorsque les précipitations tombent en deçà des moyennes?

Consolidation des sols

Jusqu'à combien les agriculteurs de l'Ontario devraient-ils investir dans le travail du sol en profondeur? Le compactage du sol nuit-il véritablement aux rendements du maïs? Quels sont les types ou les conditions de sol qui bénéficient le plus d'un travail du sol intensif?

Soya

Les semis ont été pour la plupart retardés jusqu'à la fin mai et le début juin en raison du temps froid et pluvieux. Dans certaines zones circonscrites, il a fallu reprendre les semis. Il reste que dans l'ensemble de la province, au départ, les densités de peuplement étaient bonnes.

Le temps chaud et sec qui a caractérisé le reste de la saison de croissance a eu comme répercussions, des feuilles jaunes, l'avortement des fleurs et des gousses, le gaufrement des feuilles et le syndrome des « graines vertes ».

À la récolte, les graines vertes ont été préoccupantes, surtout dans le sud-ouest. Dans la majorité des champs, elles représentaient moins de 15 % de la récolte, mais dans certains champs de Elgin, Lambton, Chatham-Kent, Essex et Middlesex, les pourcentages ont été beaucoup plus grands. Les graines vertes ont entraîné des baisses de prix et certaines difficultés à commercialiser le soya.

Même si certaines régions ont connu des rendements supérieures à la moyenne, la plus grande partie de la province n'a pas eu cette chance. Les rendements sont allés de 8 à 65 boisseaux/acre en fonction surtout de l'importance des précipitations reçues à partir de la fin juillet jusqu'à la fin août. La moyenne provinciale d'environ 33 boisseaux/acre déclarée à ce jour se situe bien en deçà de la normale.

Défis pour 2003

Plus de soya en semis direct?

La pratique du semis direct dans le soya ne cesse de gagner en importance, en partie à cause de l'utilisation croissante du soya Roundup Ready. Les recherches sur le travail du sol menées de 1997 à 2000 ont démontré que les rendements du soya en semis direct étaient équivalents à ceux du soya cultivé dans des sols labourés à la charrue à versoirs, sur des rangs écartés de 56 cm (22 ½ po) ou moins et dans des rangs jumeaux. Certaines années, les producteurs rapportent que dans les sols lourds, leur soya en semis direct fournit un rendement inférieur à celui du soya soumis aux pratiques traditionnelles de travail du sol. Des essais au champ sont nécessaires pour explorer les avantages éventuels d'une forme ou une autre de travail du sol superficiel ou de travail du sol sur le rang lorsque les semis se font dans des sols lourds.

Résistance aux herbicides

La résistance des mauvaises herbes aux inhibiteurs de l'acétolactate synthase (ALS) (herbicides du groupe 2) comme Pursuit, Classic, First Rate, Pinnacle et Broadstrike Dual est préoccupante. Les types de mauvaises herbes résistantes confirmés comprennent les amarantes, les herbes à poux, les morelles et la sétaire verte. Les producteurs qui ont observé des échappées de mauvaises herbes inhabituelles cette année devraient en parler à leur agro-fournisseur pour voir s'il n'y a pas lieu de craindre l'apparition d'une résistance.

Risques et avantages du soya à identité préservée

Les prix négociés pour le soya à identité préservée sont certainement alléchants, mais après une autre année décevante dans le cas de certains cultivars, les producteurs continueront de soupeser les risques et les avantages liés à ce marché.

Avantages des semis hâtifs de soya

Les semis hâtifs peuvent aider les plants à s'enraciner plus profondément et à ainsi mieux résister par la suite aux sécheresses estivales. Ils donnent la possibilité aux plants de tirer parti au maximum de la saison de croissance. Il reste que même si quelques producteurs obtiennent de bons résultats en semant tôt, les avantages en termes de rendement et les risques liés à cette pratique méritent encore de faire l'objet d'essais au champ.

Lutte contre les ennemis des cultures

Le puceron du soya est arrivé tard cette année et n'a pas menacé les cultures. La chrysomèle du haricot a été observée dans plusieurs champs du sud-ouest de l'Ontario. Même s'il ne s'agit habituellement pas d'un ravageur qui compromet les rendements en Ontario, ce coléoptère n'en demeure pas moins, aux États-Unis, un vecteur de virose, en l'occurrence la marbrure des gousses du haricot. Or, une étude menée cette année en Ontario démontre une incidence accrue de cette maladie. Il est recommandé de continuer à surveiller ces ravageurs dans le cadre des programmes de dépistage sur le terrain.

Haricots comestibles

L'attrait des prix élevés offerts en pré-saison conjugué à la faiblesse des prix du maïs et du soya explique l'accroissement important de la superficie consacrée aux haricots blancs et, dans une moindre mesure, de la superficie consacrée aux haricots noirs et à d'autres types de haricots. Dans l'ensemble, les superficies ensemencées de haricots blancs ont doublé par rapport à l'année précédente, dépassant la barre des 100 000 acres. Le gros de la culture a été semé dans des conditions de sol excellentes, de telle sorte qu'à la mi-juin, les semis étaient déjà à 75 % terminés. De fortes populations de cicadelles sont apparues peu après la levée des haricots et ont persisté tout le mois de juillet.

Un certain nombre d'orages isolés au cours des 10 derniers jours de juillet ont favorisé la prolifération de la moisissure blanche. Le produit Ronilan a obtenu une homologation d'urgence aux fins des épandages aériens. Août a vu revenir le temps chaud et sec au lieu de la pluie qui était attendue. Après les orages, les dommages par l'ozone (c.à-d. la pollution atmosphérique) se sont vite manifestés chez certains types de haricots (notamment les haricots noirs). Le jeu combiné de la sécheresse et de la forte incidence de brûlure bactérienne a hâté la maturité. Les programmes de dessiccation avant la récolte se sont en général traduits par des résultats rapides et efficaces. La couleur, le calibre et la qualité des haricots ont été bons pour toutes les classes de haricots. La faible teneur en eau des graines à la récolte a causé des dommages mécaniques et fait craindre pour les opérations de manutention. Les rendements se sont situés de 10 à plus de 30 boisseaux/acre.

Défis pour 2003

Lutte contre les mauvaises herbes

Du fait de la sensibilité de différents types de haricots à certains herbicides, il faudra poursuivre les recherches dans ce domaine et diffuser de l'information sur le sujet.

Lutte contre les ennemis des cultures

Les cicadelles sont arrivées tôt et ont persisté, ce qui a nécessité des interventions répétées. Les stratégies de lutte varient selon les seuils, le moment des pulvérisations et les doses. L'anthracnose a été observée dans quelques champs en 2002. Parmi les pratiques qui permettent de tenir l'anthracnose en échec, mentionnons l'utilisation de cultivars résistants et de semence contrôlée, et le traitement des semences au DCT.

Dans les haricots secs, le pourridié est la maladie la plus grave et la plus difficile à combattre. Outre la rotation des cultures, diverses stratégies de lutte sont à l'étude, notamment l'expérimentation de traitements des semences et d'épandages d'azote.

Perspectives

La superficie ensemencée de haricots blancs a diminué ces dernières années en Ontario, au profit de régions où cette culture se pratique à moindre coût. Par contre, l'Ontario a connu un accroissement de la superficie ensemencée de plusieurs types de haricots colorés. L'Ontario possède l'infrastructure nécessaire et jouit de la renommée et du savoir-faire voulus pour produire différentes classes de haricots de grande valeur. Il faudra se pencher sur les possibilités qui s'offrent et en tirer parti.

Canola

Du fait des prix élevés, les superficies ensemencées de canola ont fait un bond de 50 % par rapport à l'année précédente, pour s'établir à plus de 55 000 acres. Le temps chaud et sec du mois d'avril a permis d'effectuer tôt une partie des semis. Toutefois, le temps pluvieux et froid du mois de mai a retardé les semis jusqu'à la fin mai sur une superficie appréciable.

La canicule qui a sévi à partir de la troisième semaine de juin a imposé un stress considérable aux cultures, notamment à celles qui avaient connu un départ tardif. Les températures élevées qui ont perduré, conjuguées à la faiblesse des précipitations ont soumis la culture à plus de facteurs de stress qu'elle ne pouvait en prendre. Il s'en est suivi un avortement massif des fleurs et des gousses. Les résultats préliminaires laissent entrevoir pour cette année un rendement moyen autour de 1600 lb/acre. La qualité de la semence était excellente à la récolte.

On évalue à 5 000 acres la superficie qui a été ensemencée de canola d'automne cet automne.

Défis pour 2003

Calibrage des semoirs

Compte tenu de la tendance à mélanger de moins en moins d'insecticides aux semences au profit de l'utilisation de semences enrobées, un volume moins grand de produit s'écoule par les éléments semeurs, ce qui occasionne des problèmes de calibrage sur certains semoirs à céréales. Un certain nombre de producteurs obtiennent de bons résultats en mélangeant de l'engrais à la semence dans le but d'obtenir une augmentation de volume. L'engrais le plus apprécié jusqu'ici à cet effet est le phosphate monoammonique. Des études sont nécessaires sur les doses d'engrais qu'on peut utiliser sans crainte et sur les produits (engrais ou autres) qui conviennent le mieux.

Semence prégermée de canola

Un nombre restreint d'essais réalisés en Ontario et dans l'Ouest canadien démontrent qu'il y aurait des avantages à utiliser de la semence ayant subi un traitement de prégermination. La semence prégermée favoriserait en effet l'établissement des peuplements et la vigueur à la levée.

Gestion de l'azote

Le Ontario Canola Grower's appuie des essais effectués dans le cadre de recherches sur les doses d'azote et l'équilibre azoté, essais qui mesurent les concentrations d'azote dans le sol avant les semis et après la récolte.

Lutte contre les ennemis des cultures

Le charançon de la graine du chou est un nouvel ennemi du canola de printemps et du canola d'automne qui pourrait bien être inquiétant. Un dépistage plus intensif sur le terrain et l'établissement de seuils d'intervention sont nécessaires.

Fourrages

La survie à l'hiver de la luzerne a été excellente en général. Le temps doux du début d'avril a fait sortir la luzerne de dormance, mais le temps frais et pluvieux apparu à la mi-avril a retardé considérablement la croissance du fourrage. Les retards de croissance ont été beaucoup plus grands chez les légumineuses que chez les graminées. Les rendements de la première coupe ont été en général de très bons à excellents. Dans bien des cas, la qualité du foin a été moins bonne du fait de sa forte teneur en graminées. Les analyses en laboratoire réalisées à la première coupe ont révélé des teneurs en fibres au détergent neutre (NDF) plus élevées que la normale, mais une digestibilité des parois (DNDF) souvent plus élevée que prévu.

Le temps sec a entraîné des baisses de rendement à la deuxième et à la troisième coupes et nuit à la productivité des pâturages. Les analyses en laboratoire réalisées à la deuxième et à la troisième coupe ont révélé des teneurs en protéines brutes souvent plus élevées et des teneurs en fibres au détergent neutre (NDF) plus faibles que la normale.

Les pâturages broutés en permanence étaient déjà en général surpâturés et vidés de leur contenu en juillet. Il a fallu compléter par du foin la ration des animaux broutant ces pâturages. Les pâturages inscrits dans un programme de rotation des pâturages ont été plus productifs.

Les semis printaniers de fourrages se sont bien comportés dans la mesure où ils ont été faits tôt. Les champs ensemencés plus tard ont donné des rendements de beaucoup inférieurs en raison du temps sec. La sécheresse a par ailleurs compromis les semis d'été dans bien des régions de la province.

Les producteurs qui disposaient de peu de réserves de fourrages ont ensilé davantage de maïs pour compenser. Dans les zones fortement touchées par la sécheresse, les grains de maïs ayant souffert d'un mauvais remplissage ont été récupérés et ont été récoltés comme maïs d'ensilage. La qualité du maïs d'ensilage a été extrêmement variable, le maïs ayant été d'une qualité excellente dans certains cas, mais d'une qualité caractérisée par une très faible énergie digestible dans d'autres. Le temps sec a rendu difficile l'évaluation du moment optimal où récolter le maïs d'ensilage. Au moment de la récolte, on s'est inquiété des concentrations de nitrates dans les fourrages, surtout là où la récolte devait servir à l'affouragement en vert.

Défis pour 2003

Stratégies visant à assurer des réserves suffisantes de fourrages par temps sec

Le temps sec nuit aux rendements des pâturages et des cultures fourragères et réduit de ce fait les réserves de fourrages. Les producteurs doivent absolument mettre au point des stratégies de gestion destinées à les protéger des répercussions des sécheresses, notamment par des programmes de rotation des pâturages, la culture d'espèces fourragères résistantes à la sécheresse et la culture d'espèces annuelles dont le maïs d'ensilage.

Évaluation du rendement et de la qualité des hybrides de maïs d'ensilage

Les fournisseurs de semence mettent au point des hybrides de maïs en axant la sélection sur le rendement à l'ensilage et sur l'énergie digestible. Peu d'information est publiée sur le rendement des hybrides de maïs d'ensilage. L'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de l'Ontario - Centre est poursuit un projet sur trois ans qui étudie le rendement en matière sèche et les caractéristiques de qualité des hybrides destinés à l'ensilage. Un projet de recherche mené par Agriculture et Agroalimentaire Canada, le DFO et le OCA étudie ces hybrides en les soumettant à des analyses de la teneur en amidon et de la digestibilité des fibres.

Cicacelle de la pomme de terre

Les infestations par la cicadelle de la pomme de terre ont été très fortes dans certaines parties de la province, s'ajoutant ainsi aux dommages causés par la sécheresse. Les nouveaux peuplements de luzerne ont été particulièrement touchés. Les dommages par la cicadelle de la pomme de terre dans la luzerne sont souvent sous-estimés. Il faut intensifier le dépistage de ce ravageur dans les champs de luzerne et faire un traitement insecticide dès que les seuils d'intervention sont dépassés.

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Auteur : les spécialistes des sols et des cultures du MAAO
Date de création : 13 novembre 2002
Dernière révision : 06 juillet 2017

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