Rapport sur less cultures en Ontario - Sommaire de la saison

Table des matiéres

  1. Conditions météorologiques
  2. Blé d’automne
  3. Céréales de printemps
  4. Maïs
  5. Soya
  6. Haricots comestibles
  7. Canola
  8. Fourrages
  9. Gestion du sol

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Ceci est le dernier bulletin InfoCulture de l'année. La parution de ce bulletin reprendra au printemps 2002 au début de la saison des semis.

Voici donc un sommaire de l'année pour chacune des cultures ainsi qu'un aperçu des défis qui, de l'avis des spécialistes du MAAO, se poseront en 2002. À vous de profiter de l'hiver pour assister à des rencontres, vous renseigner et trouver des solutions aux défis décrits ci-dessous et à ceux que vous entrevoyez.

Conditions météorologiques

Après plusieurs hivers cléments, l'hiver 2000-2001 a été marqué par d'importantes chutes de neige et des températures froides. De fortes pluies en janvier ont causé des inondations par endroits. Le printemps est arrivé tôt et les vents doux du sud ont rapidement fait baisser les taux d'humidité du sol. Le temps doux et sec a abruptement cédé la place au début de mai à des conditions fraîches et humides qui ont perduré jusqu'au début de juin. Le reste de la saison de croissance se résume à du temps chaud et sec. Selon Environnement Canada, l'été 2001 a été le plus sec en 54 ans. Suivant la région, le nombre de jours consécutifs où il est tombé moins de 3 mm de pluie se situe dans bien des cas entre 15 et 25 jours et même davantage. La période de sécheresse s'est étendue du 25 juin au 10 août dans une bonne partie de l'Ontario. Certaines régions de la province ont reçu aussi peu que 9 % des précipitations normales pour le mois de juillet. Les périodes les plus chaudes enregistrées au cours de la saison de croissance 2001 se sont situées entre le 19 et le 25 juillet et entre le 4 et le 10 août. Au cours de ces périodes, les températures diurnes ont été supérieures à 30 ° C et les températures nocturnes, supérieures à 17 ° C. Ces chaleurs extrêmes, conjuguées au manque de pluie ont frappé durement les cultures. Les conditions sont restées relativement sèches jusqu'à la mi-septembre, après quoi un système d'humidité s'est installé et a persisté jusqu'à la fin octobre, amenant des niveaux de pluie record dans le sud-ouest de l'Ontario. La plupart des régions ont connu leur première gelée avant le 8 octobre. Dans l'ensemble, les régions ont reçu un nombre d'unités thermiques dépassant les moyennes à long terme.

Blé d'automne

Somme toute, la culture s'est bien remise de l'hiver. Les épandages d'azote ont généralement été faits à temps. Au début du printemps, la pression exercée par la moisissure des neiges a été forte dans les régions ayant reçu des accumulations de neige abondantes. La moisissure des neiges a surtout sévi dans le blé semé tôt, du fait de la plus grande surface foliaire offerte en proie aux moisissures et du fait également de la plus grande facilité de propagation d'un plant à l'autre. Les zones des champs où la neige est restée le plus longtemps sont celles qui ont connu l'incidence la plus forte de moisissure. Les comtés le long du lac Huron sont ceux où les peuplements de blé ont subi les plus lourdes pertes attribuables à la moisissure. Dans ces régions, on a brûlé chimiquement bien des champs de blé pour faire place à du maïs ou à des haricots.

Cette année, en Ontario, le hanneton européen et le criocère des céréales ont causé peu de dommages dans le blé. Le modèle de prévision des infections par Fusarium avait prévu des risques d'infection de moyens à élevés dans une partie importante de la superficie consacrée au blé d'automne. Toutefois, quelques jours seulement après cette alerte, les conditions météorologiques jusque-là pluvieuses ont cédé la place à la sécheresse, si bien que ces risques sont devenus faibles. Cette situation a créé une certaine confusion quant à la nécessité de faire une pulvérisation au Folicur. Au moment de la récolte, les infections au Fusarium atteignaient des niveaux critiques dans certaines régions, mais quelques chargements de blé seulement ont été détériorés. Dans le sud-ouest de l'Ontario, une flambée de rouille jaune striée s'est déclarée peu avant la récolte. Les applications de Folicur effectuées cette année ont permis de maîtriser d'autres maladies foliaires.

Les rendements du blé d'automne ont en général été supérieurs à la moyenne, offrant une bonne qualité dans l'ensemble et des prix élevés à la récolte. Bien des producteurs ont touché une prime pour la teneur en protéines des cultivars de blé roux vitreux d'automne.

Les rendements économiques du blé ayant été intéressants cette année, bon nombre de producteurs comptaient en semer cet automne. Malheureusement, dans bien des cas, les retards dans la récolte du soya les en ont empêché. La superficie ensemencée de blé en vue de la récolte de 2002 correspond donc à environ 60 % de ce qui avait été prévu (soit essentiellement la même superficie que l'an dernier). Le blé semé tôt a donné d'excellents peuplements. Les semis tardifs et l'excès d'humidité ont ralenti la levée dans certaines parties de la province.

Défis pour 2002

Lutte contre les mauvaises herbes. Il y a tout intérêt à combattre les mauvaises herbes tôt au printemps. Dans le blé en semis direct, un herbicide de contact constitue une bonne solution pour détruire les pissenlits et autres vivaces ainsi que les mauvaises herbes annuelles d'automne.

Engrais de démarrage. Des essais ont montré que les engrais de démarrage favorisent l'établissement, la croissance précoce et le rendement du blé d'automne. Un nombre limité d'essais ont indiqué une réaction positive à une application au moment des semis de 100 lb de phosphate d'ammonium diacide/acre. Des essais en plein champ sont en cours pour évaluer ce lien en fonction des analyses de sol et des types de sol.

Lutte contre les infections causées par Fusarium. Les essais au champ se poursuivent pour raffiner encore plus le modèle de prévision des risques d'infection par Fusarium et les pratiques de gestion nécessaires.

Évaluation des cultivars de blé de printemps. Des cultivars de blé de printemps de qualité proposant de plus grands rendements et des caractéristiques améliorées offrent de nouvelles possibilités aux régions où la saison est plus courte (moins de 2750 UTM). Pour être bien évalués, ces cultivars devront faire l'objet de bandes d'essais sur des fermes.

Céréales de printemps

Les superficies ensemencées d'avoine, d'orge et de céréales mélangées sont restées à peu près les mêmes que les années précédentes, alors que les superficies ensemencées de blé de printemps ont connu une hausse de 10 à 15 % par rapport à l'an dernier. La majorité des céréales de printemps ont été semées dans la dernière semaine d'avril et la première semaine de mai. Les conditions météorologiques qui ont marqué la première partie de la saison de croissance ont été fraîches et suffisamment humides pour permettre un bon départ de la culture. Cette année, la pression exercée par la maladie est restée faible, même dans le cas de la brûlure de l'épi causée par Fusarium dans le blé de printemps. La sécheresse est survenue assez tard dans la vie de cette culture pour que le remplissage du grain ne soit pas affecté. Les rendements en grain ont été de 10 à 15 % supérieurs à la moyenne. La qualité a été excellente avec des teneurs en protéines et des poids au boisseau généralement plus élevés que la moyenne et peu, sinon aucune infection par Fusarium. Le rendement en paille a également été excellent.

Maïs

La deuxième moitié d'avril a été douce et sèche, ce qui a permis aux producteurs d'ensemencer de maïs une vaste superficie, dès le début de mai. Le maïs a levé uniformément, de nombreux champs ayant même présenté des plants aussi uniformes que des poteaux de clôture. Le maïs promettait d'offrir des rendements records. Les plants qui avaient un système racinaire bien développé avant le mois complet de pluie et de conditions fraîches ont offert la meilleure tolérance au stress. La concurrence exercée en début de saison par les mauvaises herbes au niveau de l'azote a été très évidente cette année. Les programmes d'herbicide ont été exposés à tous les problèmes météorologiques possibles : temps trop sec, trop humide, trop froid, etc. Les traitements de présemis avec incorporation au sol et de prélevée ont offert une bonne maîtrise là où le sol renfermait suffisamment d'humidité. Dans quelques cas, les lits de semence grumeleux ont réduit l'efficacité des traitements herbicides de présemis avec incorporation ou de prélevée. La sécheresse du sol et la faible pression exercée par les mauvaises herbes ont incité bien des producteurs à n'intervenir qu'au moment des traitements de postlevée. Toutefois, le passage rapide à du temps frais, mouillé et venteux pour le reste du mois de mai et le début de juin a soumis le maïs à un stress considérable, ce qui a retardé encore davantage les traitements herbicides de postlevée. Les traitements de postlevée ont donc dû être modifiés pour convenir aux mauvaises herbes plus grosses et au maïs plus avancé. Au retour du temps doux et sec en juin, le maïs affichait une croissance phénoménale, incompatible avec un traitement sans risque.

La pression exercée par les maladies foliaires a été faible en raison de la sécheresse. Comme celle-ci a persisté jusqu'au moment du remplissage des grains, les réserves réduites emmagasinées dans les tiges ont affaibli les plants. Les tiges affaiblies ont donné prise aux organismes responsables de la pourriture. Or, l'action de ces organismes, conjuguée à celle de la pyrale du maïs et aux vents forts à maturité ont provoqué un bris important des tiges dans certaines régions. Peu de cas de pourriture de l'épi ont été signalés.

Le temps pluvieux a retardé la récolte. Lorsque le temps ne permettait plus de récolter le soya, bien des agriculteurs se tournaient vers la récolte du maïs. Dans les régions ayant reçu de la pluie au cours de la troisième semaine de juillet et où les sols étaient moins vulnérables à l'assèchement, les producteurs ont été surpris par les rendements, qui ont été de moyens à supérieurs à la moyenne. Les rendements ont oscillé entre 30 et 180 boisseaux à l'acre.

Défis pour 2002

Gestion de l'azote. Le personnel du MAAARO chargé des grandes cultures a lancé en 2001 un projet triennal portant sur l'étude des facteurs météorologiques et des pratiques liées aux sols et à la gestion des cultures de nature à améliorer la gestion de l'azote dans le maïs et d'autres grandes cultures.

Maïs semé tôt. En 2001, le maïs semé tôt qui a bénéficié d'un bon système racinaire, a affiché une plus grande tolérance au stress occasionné par les conditions froides et humides qui ont persisté jusqu'en juin. Au retour du temps doux en juin, le maïs s'est rapidement remis et a présenté une bonne croissance.

Taux de semis et interactions entre hybrides. Au moment de choisir un hybride, il faut se demander quel taux de semis est optimal pour cet hybride et lequel offre le meilleur potentiel de rendement et une tige vigoureuse.

Hanneton européen. Ce ravageur des pelouses s'attaque maintenant au maïs et au blé. Des travaux sur le terrain sont en cours et visent à mieux comprendre la biologie de ce ravageur et les pratiques le lutte intégrée les mieux adaptées aux grandes cultures.

Soya

On se rappellera sans doute de l'année 2001 comme de l'une des pires pour les producteurs de soya. Le bilan de fin d'année se résume à ceci : qualité et rendements réduits. Une partie de la culture a été semée au début de mai, mais le reste des semis ont été retardés jusqu'à la fin de mai et au début de juin en raison des conditions pluvieuses.

Le temps frais et humide a fourni un milieu propice à la prolifération des limaces, de la mouche des légumineuses, des pourritures des racines de début de saison causées par Pythium notamment et des taches brunes. Comme la destruction chimique des mauvaises herbes dans certains champs en semis direct a été effectuée plutôt tard, les mauvaises herbes ont été difficiles à combattre et ces mauvaises herbes se sont accaparées de la précieuse humidité du sol. Bien des traitements herbicides de postlevée n'ont pas été suffisamment efficaces, ce qui a obligé à faire des traitements de pré-récolte. La lutte contre les mauvaises herbes dans le soya Roundup Ready a donné de bons résultats, ce qui en a incité plusieurs à semer ces cultivars cet automne en vue de la récolte de l'an prochain.

Les chaleurs extrêmes, la sécheresse et la présence du puceron du soya en août ont provoqué l'avortement des fleurs et des gousses, surtout dans la partie supérieure du plant. Par conséquent, bien des champs de soya ont commencé à perdre leurs feuilles et à s'assécher prématurément. La pluie tombée au cours de la troisième semaine d'août est arrivée trop tard pour être d'une quelconque utilité à la plupart des peuplements. La chute des gousses et leur fendillement ont été fréquents cette année, alors que ces phénomènes sont normalement inhabituels. Le calibre des fèves a été petit, et bon nombre de fèves destinées aux marchés du soya à identité préservée (IP) n'ont pas respecté les normes de qualité nécessaires en raison des conditions météorologiques et des dommages occasionnés par les insectes et la maladie. Les coccinelles, qui se nourrissent de pucerons, ont vu leur nombre augmenter considérablement, mais une fois que les dommages à la culture ont été passablement étendus.

La fumagine a commencé à apparaître sur les feuilles de soya, réduisant du coup l'activité photosynthétique. Depuis la mi-septembre, le mauvais temps a considérablement retardé la récolte, de telle sorte que de 20 à 30 % de la culture de soya était encore sur pied à la fin octobre. Les rendements vont de 0 à 40 boisseaux/acre. L'on s'attend à ce que le rendement moyen pour l'ensemble de l'Ontario se situe légèrement au-dessus de 20 boisseaux/acre, soit le rendement le pire depuis 1960. L'éventualité d'une pénurie de semences de soya a incité l'Association canadienne des producteurs de semences à déclarer une situation d'urgence afin de permettre la recertification du soya provenant de champs ensemencés avec de la semence certifiée, pourvu que toutes les exigences liées à la production de semence sélectionnée aient été respectées.

Défis pour 2002

Avantages et risques liés à la culture de soya à identité préservée (IP) et de soya Roundup Ready (RR). Après une année décevante avec le soya IP, bien des producteurs soupèsent les avantages et les risques liés à ce marché. La frustration ressentie cette année au niveau de la lutte contre les mauvaises herbes amène de plus en plus de producteurs à évaluer la possibilité d'utiliser du soya RR sur leur ferme.

Puceron du soya. Les fortes infestations par le puceron du soya dans bien des champs ont eu des répercussions dramatiques et soulevé des craintes pour l'avenir. Les études démontrent que ce n'est que dans des périodes de sécheresse grave que les pucerons font des ravages aussi considérables. Il existe des différences entre cultivars au niveau de leur tolérance aux pucerons. Les recherches en cours et les essais au champ révèlent que l'efficacité des traitements contre les pucerons est variable.

Engrais potassique dans le soya. L'association pour l'amélioration des sols et des cultures de Elgin poursuit depuis trois ans un projet qui vise à évaluer la dose de potasse et sa mise en place dans le soya.

Travail du sol dans le soya en semis direct. Les recherches effectuées sur les méthodes de travail du sol en Ontario de 1997 à 2000 indiquent que le rendement du soya en semis direct est équivalent à celui du soya cultivé dans des champs labourés à l'automne à la charrue à versoirs en vue de semis en lignes jumelées écartées de 56 cm (22,5 po) ou moins. Certains producteurs signalent que leur soya en semis direct a donné un rendement inférieur à celui du soya soumis à des méthodes traditionnelles de travail du sol. Il faudra encore d'autres essais en plein champ pour expliquer ces résultats et déterminer les avantages éventuels d'une certaine forme de travail du sol léger ou de travail du sol à l'intérieur des rangs, au moment des semis sur des sols dont la texture va de moyenne à lourde.

Haricots comestibles

La perspective de prix plus élevés et d'une réduction des superficies consacrées à cette culture ailleurs ont incité les producteurs à semer une superficie plus grande que celle qui était initialement prévue. Dans l'ensemble, la superficie consacrée aux haricots blancs devait représenter entre 55 000 et 58 000 acres. La pluie au moment des semis a entraîné certains retards. Comme le maïs et le soya, les plants ont souffert du temps chaud et sec; ils sont restés petits et n'ont pu dans bien des cas remplir les rangs. Plus tard dans la saison, la punaise terne a causé certains dommages aux semences. Les cultivars japonais de haricots comestibles ont été très sensibles à la chaleur et ont donné un nombre réduit de gousses dans bien des champs.

Les traitements de pré-récolte au glyphosate ont agi lentement et les producteurs ont été réticents à pulvériser leur culture étant donné que celle-ci offrait un potentiel de rendement réduit. La majorité de la culture a été récoltée sous de bonnes conditions. Les rendements ont correspondu en général à la moitié ou au tiers du rendement normal. Le calibre des semences est beaucoup plus petit que la normale. Les prix à la récolte ont été intéressants dans toutes les catégories de marché, dans la mesure où les normes de qualité étaient respectées.

Défis pour 2002

Traitements des semences. Les premiers essais des nouveaux traitements des semences destinés à maîtriser les maladies sévissant au départ de la culture, comme les organismes responsables de la pourriture des racines et la maîtrise en début de saison des cicadelles ont donné de bons résultats. Bacillus subtillus et T22 font partie des produits destinés au traitement des semences qui nécessitent des essais en plein champ.

Calibre de la semence. Le petit calibre des semences produites en 2001 constitue un facteur de qualité qui est pris en compte par les acheteurs. Y a-t-il des pratiques de gestion qui peuvent améliorer le calibre des semences?

Canola

On estime que la superficie ensemencée de canola de printemps représente entre 35 000 et 45 000 acres, soit une superficie qui ne cesse de diminuer par rapport aux années précédentes. Les coûts et les perspectives de rendements ont milité en faveur d'une augmentation des semis de blé de printemps ou de soya plutôt que de canola. La faible superficie ensemencée de canola d'automne a rapporté aux producteurs des rendements supérieurs à la moyenne, les plants ayant bien survécu à l'hiver et connu une bonne croissance. La plupart des cultures de canola de printemps ont été semées dans les quelques jours qui ont précédé le 1er mai. Les conditions météorologiques, immédiatement après les semis, sont restées sèches et venteuses pendant plusieurs jours. Même si le sol était humide plus en profondeur, la surface du sol où étaient enfouies les semences était sèche et poudreuse, tant et si bien que la levée a été lente et inégale. Le temps frais de la fin mai et du début juin a d'abord favorisé le canola. Par la suite, celui-ci a souffert de la chaleur et de la sécheresse qui ont sévi au stade de fin floraison, ce qui a provoqué l'apparition de signes d'échaudage sur les fleurs et les gousses. L'aspect du canola Roundup Ready dans les champs de soya Roundup Ready incite à se montrer prudent dans la planification des rotations des cultures et des programmes de lutte contre les mauvaises herbes.

Les rendements ont été variables d'une région à l'autre de la province, allant de 40 % sous la moyenne à 20 % au-dessus de la moyenne. Les prix à la récolte ont été de 100 $/tonne supérieurs à ceux de l'année dernière. La perte du seul cultivar de canola d'automne enregistré, Artic, a déçu l'industrie, qui se montre toutefois enthousiaste face aux nouveaux cultivars d'automne prometteurs qui font maintenant partie du programme d'évaluation ontarien et qui présentent une bonne résistance au charbon et une bonne survie à l'hiver.

Défis pour 2002

Semence de canola primé. Les premiers essais sur la semence de canola primé ont donné une levée et un établissement rapides. Dans le cadre des essais réalisés dans l'ouest du Canada, le canola primé a aussi fleuri un peu plus tôt. La gestion et le volet économique de cette pratique ont encore besoin d'être étudiés.

Canola d'automne. À l'automne 2001, des essais de rendement ont été mis sur pied pour évaluer les nouveaux cultivars prometteurs de canola d'automne affichant une bonne survie hivernale et une résistance au charbon. Des bandes d'essais seront nécessaires pour évaluer ces nouveaux cultivars ainsi que les pratiques agronomiques les mieux adaptées à leur culture.

Doses d'azote sur le canola hybride. Les recherches et essais en plein champ effectués sur les doses d'azote à administrer au canola de printemps ont donné des résultats mitigés. Il faudra donc de nouveaux essais pour mieux régler les doses d'azote.

Fourrages

La survie à l'hiver de la luzerne a été bonne en général. Les stocks de fourrages accessibles au printemps ont été considérés en général plus que satisfaisants. Les conditions fraîches et sèches au début du printemps ont retardé et réduit la vigueur de la pousse initiale. La pluie en juin a corrigé la situation. Des dommages occasionnés par la tache des feuilles et la tige noire ont amené une certaine perte de surface foliaire à la première coupe. De graves infestations par le charançon postiche de la luzerne ont été signalées dans le sud-ouest de la province. Une pulvérisation a été nécessaire dans les régions où les seuils d'intervention ont été dépassé et notamment sur certaines repousses de la deuxième coupe.

Les rendements de la première coupe ont été de bons à excellents. Comme les stocks d'ensilage et les pâturages étaient considérés comme plus que suffisants, les prix du foin sur pied ont alors été faibles. La qualité du fourrage a été jugée bonne, les analyses de laboratoire ayant indiqué des teneurs en fibres normales et une digestibilité des fibres (dNDF) légèrement supérieure à la normale. La sécheresse qui s'est installée en juillet a réduit considérablement les rendements de la deuxième coupe, particulièrement dans les champs fauchés plus tard. La repousse destinée à la troisième coupe a dans bien des cas été inexistante en raison d'un manque d'humidité. Les champs de luzerne ont réagi au manque d'humidité par une réduction du nombre de tiges, une moins grande élongation des tiges et des rendements réduits, mais aussi par une augmentation du rapport feuille-tige. L'analyse des fourrages de la deuxième et de la troisième coupes a parfois révélé de faibles teneurs en fibres au détergent neutre (NDF) et des teneurs en protéines brutes plus grandes.

Les nouveaux semis printaniers de fourrage ont été moins qu'idéaux, selon la pluie, le type de sol, la date des semis, les cultures-abri et les pratiques culturales. La superficie qui a été ensemencée durant l'été a été considérablement réduite par la sécheresse. La cicadelle de la pomme de terre, qui a atteint des niveaux de population extrêmement élevés dans certaines régions, a causé des dommages qui sont venus s'ajouter aux dommages déjà occasionnés par le temps sec.

Bien des pâturages ont été surpâturés avant la mi-juillet en raison du temps sec et ont obligé les producteurs à servir du foin à leurs animaux. Malgré cela, les gains de poids des bovins soumis à une rotation des pâturages ont été assez bons.

Les producteurs ont dû réévaluer leurs stocks de fourrages et élaborer différentes stratégies pour s'assurer d'approvisionnements convenables. Cette situation a amené une hausse des prix du foin et du foin sur pied. Certains veaux de boucherie ont été sevrés plus tôt que la normale et été vendus. Certains champs de luzerne ont été fauchés bien avant la période critique de récolte d'automne, avec pour résultat que les rendements de la luzerne seront certainement plus bas l'an prochain, ce qui devrait forcer certains producteurs à acheter du foin.

Le maïs d'ensilage représentera une part plus grande des rations. La plupart des champs de maïs ont été endommagés par la sécheresse, ce qui a nui au développement des grains. Dans les champs où le développement des épis a souffert, le maïs a été récupéré comme maïs d'ensilage. Dans l'ensemble, la qualité du maïs d'ensilage a été extrêmement variable, la plus large part du maïs d'ensilage offrant une énergie digestible plus faible. Le temps sec a fait en sorte qu'il a été difficile de planifier au bon moment la récolte du maïs d'ensilage, du sorgho et du millet. Le risque de nitrates dans les fourrages a été préoccupant au moment de la récolte, bien que peu de cas aient été signalés.

Défis pour 2002

Évaluation des hybrides de maïs d'ensilage quant au rendement et à la qualité. Plusieurs fournisseurs de semence de maïs ont concentré leurs efforts de recherche sur l'élaboration d'hybrides de maïs spécifiquement conçus pour l'ensilage. On dispose de peu d'information sur la performance des hybrides destinés à l'ensilage. L'association pour l'amélioration des sols et des cultures Est et Centre mène un projet triennal sur les rendements en matière sèche et les caractéristiques de qualité de l'ensilage. L'association travaille également au perfectionnement des méthodes permettant d'évaluer la qualité. La deuxième année du projet est maintenant terminée. Des essais en plein champ sont encore nécessaires.

Défis posés par la lutte contre les mauvaises herbes en 2002

Résistance des mauvaises herbes. La résistance des mauvaises herbes continue d'être préoccupante. Si vous avez observé des échappées de mauvaises herbes qui normalement auraient dû être maîtrisées par votre programme herbicide et si vous ne parvenez pas à expliquer l'inefficacité des traitements, il est possible que vous ayez affaire à un cas de résistance à l'herbicide employé. Un bon indice d'une résistance est la destruction de toutes les espèces combattues à l'exception d'une seule. Les mauvaises herbes résistantes peuvent apparaître par plaques ou sous forme de stries correspondant au trajet de la moissonneuse-batteuse si on les remarque tôt. Avec le temps, les mauvaises herbes résistantes s'étaleront au champ au complet. Depuis 1997, on a identifié de manière positive dans les champs de soya de l'Ontario des plants d'amarante réfléchie, d'amarante de Powell, d'herbe à poux et de morelle noire de l'Est résistants aux herbicides du groupe 2 (tels que Pursuit, Pinnacle, Classic, Ultim, etc.).

Moment des traitements herbicides de postlevée. Le recours de plus en plus fréquent aux programmes de lutte contre les mauvaises herbes en postlevée dans le maïs et le soya rend crucial le choix du moment où effectuer le traitement. Comme la fourchette de temps est assez étendue, il est tentant d'attendre que la plupart des mauvaises herbes aient levé avant de pulvériser. Toutefois, les mauvaises herbes qui lèvent en même temps que la culture exercent une très grande concurrence pour l'humidité (surtout les printemps secs) et les éléments nutritifs. Les traitements effectués peu après la levée peuvent se faire en deçà d'une fourchette de temps assez étendue et comportent peu de risques. Il est important d'étudier avec soin votre programme de lutte contre les mauvaises herbes.

Destruction chimique avant les semis de maïs et de soya

En 2001, le moment du traitement destiné à détruire la végétation a été retardé dans un certain nombre de champs, ce qui a privé les cultures d'une part importante de l'humidité et de l'azote présents dans le sol. Les mauvaises herbes de plus grande taille se sont aussi avérées plus difficiles, voire impossibles, à détruire.

Gestion du sol

Un mois d'octobre très humide a forcé bien des producteurs à faire les récoltes dans des conditions moins qu'idéales. Il y a eu suffisamment de pluie dans bien des régions pour mouiller le sol jusque sous la semelle de labour. Un certain nombre de producteurs travaillent leurs champs en profondeur périodiquement ou envisagent de le faire cet automne de manière à remédier à la compaction du sol qu'ils ont causée. À ce moment-ci de l'année, un travail du sol en profondeur ne fait que lisser le sol sans remédier à la compaction du sol. Si vous envisagez de travailler le sol en profondeur, il vaut mieux semer une culture qui peut être récoltée tôt et effectuer l'opération lorsque le sol est sec à la profondeur de travail du sol.

Cette année aura permis de souligner encore une fois l'importance d'une bonne gestion du sol. Les champs ayant un sol de bonne qualité ont fourni des rendements nettement plus élevés. Les cartes de rendement font nettement ressortir les zones des champs plus grands où la structure du sol est meilleure. Voici quelques stratégies de gestion visant le maintien ou l'amélioration de la qualité du sol : inclure dans la rotation du maïs-grain, des céréales et des fourrages (si possible), réduire le travail du sol dans la mesure du possible, éviter la compaction du sol et, autant que faire se peut, enrichir le sol de matière organique sous forme de fumier, de biosolides et de cultures de couverture.


Auteur : Les spécialistes des sols et des cultures du MAAARO
Date de création : 30 Octobre 2001
Dernière révision : 11 Juillet 2017

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