Perfectionner les stratégies sur l'azote dans la culture du maïs

L'algorithme de la fertilité de l'azote (N) proposé par le chercheur Dave Hooker dans le cadre de la récente Conférence de l'Est de l'Ontario sur les cultures au campus de Ridgetown de l'Université de Guelph, était le suivant : « 80 % de la dose de N recommandée pour l'application en présemis, puis 1 lb/acre additionnel de N pour chaque millimètre (mm) de pluie, du stade de croissance V7 au stade VT dans le maïs. »

Les chercheurs B. Deen, D. Hooker et J. Nasielski de l'Université de Guelph ont analysé plusieurs des essais à long terme portant sur l'azote dans le maïs, réalisés aux stations de recherche d'Elora et de Ridgetown afin de trouver les facteurs qui avaient le plus d'effet sur la dose économique optimale (DEO) d'azote dans le maïs-grain en Ontario. Ce sont les précipitations survenues entre les stades de croissance du maïs V7 et VT (voir le tableau 1) qui présentaient la corrélation la plus élevée avec la dose économique optimale d'azote réelle chaque année. Cette période se situe normalement entre la mi-juin et la mi-juillet.

Tableau 1. Stades végétatifs du maïs

Tableau 1. Stades végétatifs du maïs

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Les pulvérisateurs sur tracteur enjambeur que l'on trouve maintenant (figure 1) offrent aux producteurs la possibilité d'appliquer l'azote plus tard en saison que s'ils ont recours à l'épandage traditionnel en bandes latérales qui se fait du début à la mi-juin. La possibilité d'épandre l'azote plus tard en saison permet aux agriculteurs de planifier les moments d'épandage ainsi que les doses d'azote appliquées chaque année. En apportant la plus grande partie de l'azote requis par le maïs plus tôt en saison et en utilisant cet algorithme, les producteurs peuvent évaluer avec plus de précision le solde de l'azote nécessaire qui reste à appliquer en se basant sur les précipitations qui surviennent entre la mi-juin et la mi-juillet, pour optimiser ainsi le rendement en grain.

Figure 1. Exemple d'un pulvérisateur d'engrais liquide sur tracteur enjambeur

Figure 1. Exemple d'un pulvérisateur d'engrais liquide sur tracteur enjambeur

À la figure 2, la dose économique optimale (DEO) est marquée d'une étoile sur chaque courbe de rendement. On constate que dans une monoculture de maïs, la DEO se situe entre 140 et 260 kg/ha selon les années (même sol, même gestion et même hybride). Une analyse plus poussée des données a montré que la plupart des années, une dose d'azote d'au plus 30 kg/ha supérieure à la DEO ou de 30 kg de N/ha de moins que la DEO est associée à un écart d'environ 10,00 $ par rapport au revenu net maximum par acre. La figure 3 illustre les revenus nets à l'acre indiqués en vert sur la courbe de rendement du maïs pour chaque année.

Figure 2. Effet de l'azote sur le rendement d'une monoculture de maïs sur 10 ans (2008-2018), station de recherche d'Elora, Université de Guelph, B. Deen (Ph. D.)

Figure 2. Effet de l'azote sur le rendement d'une monoculture de maïs sur 10 ans (2008-2018), station de recherche d'Elora, Université de Guelph, B. Deen (Ph. D.)

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Figure 3. Revenu net en fonction de la dose d'azote pour une monoculture de maïs sur 10 ans (2008?2018), station de recherche d'Elora, Université de Guelph, B. Deen et J. Nasielski (Ph. D.), Université de Guelph.

Figure 3. Revenu net en fonction de la dose d'azote pour une monoculture de maïs sur 10 ans (2008?2018), station de recherche d'Elora, Université de Guelph, B. Deen et J. Nasielski (Ph. D.), Université de Guelph.

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Alors quelle est donc la dose d'azote recommandée en présemis? Les doses totales d'azote recommandées en présemis peuvent être calculées avec le Calculateur d'azote de l'Ontario, pour une pratique normale, ou selon les DEO obtenues au champ au cours des années précédentes. D'après plusieurs essais réalisés dans l'Est de l'Ontario, la DEO moyenne dans une rotation maïs-soya pour la plupart des champs est d'environ 130 lb de N/acre, avec une variation de +/- 30 lb/acre pour une année donnée. Ces valeurs ont été obtenues en 2017 alors que les précipitations avaient été supérieures à la normale en juin et juillet, et que la DEO avait été d'environ 160 lb/acre. L'établissement de la dose de N en présemis doit aussi tenir compte d'autres facteurs comme la rotation des cultures, la matière organique, le fumier épandu, le type de sol, le ratio entre le prix du maïs-grain et celui de l'azote, et bien sûr les précipitations. Le tableau 2, par exemple, montre les quantités de N qui peuvent être réduites en fonction de la culture précédente, comparativement à une monoculture de maïs.

Tableau 2. Ajustements des apports en azote basés sur la culture précédente (Guide agronomique des grandes cultures, publication 811F du MAAARO)

Culture précédente Ajustement (kg/ha)
Maïs-grain
0
Maïs à ensilage
14
Céréales
12
Soya
30
Haricots secs comestibles
30
Trèfle en culture couvre-sol (enfoui)
82
Trèfle en culture couvre-sol (semis direct)
67
Fourrages vivaces
-
Moins du tiers en légumineuses
0
Un tiers à un demi en légumineuses
55
Plus de la moitié en légumineuses
110

La DEO, ou dose économique optimale d'azote, est très variable d'une année à l'autre. Plusieurs facteurs contribuent à cette variation, comme la rotation des cultures, la matière organique, le fumier et le type de sol, et surtout les précipitations, particulièrement entre la mi-juin et la mi-juillet. L'utilisation de pulvérisateurs sur tracteurs enjambeurs permet aux producteurs de fractionner leurs applications d'azote au cours de la saison jusqu'au stade de croissance V13 (lequel survient habituellement à la mi-juillet). Ces applications fractionnées offrent aux producteurs la possibilité d'optimiser l'utilisation de l'azote et de maximiser leur revenu net.


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