Lutter contre la vergerette du Canada résistante au glyphosate avec des cultures de couverture et le travail du sol

Mon collègue, Clarence Swanton (de l'Université de Guelph) avait l'habitude de dire que selon des recherches qu'il avait réalisées dans les années 1980, personne ne devrait s'attendre à maîtriser les mauvaises herbes avec des cultures de couverture. Ces dernières servaient surtout à prévenir l'érosion du sol et à améliorer la santé de ce dernier, mais se révélaient peu utiles à réduire de manière significative les populations de mauvaises herbes. Toutefois, Clarence Swanton a dû réviser ce point de vue qu'il maintenait depuis longtemps sur les cultures de couverture utilisées dans la lutte contre les mauvaises herbes, compte tenu des récentes observations recueillies dans le cadre d'essais à la ferme où du seigle céréalier semé à l'automne a réduit les populations de vergerette du Canada résistante au glyphosate.

Un étudiant de deuxième cycle de l'Université de Guelph, Ted Vanhie, sous la supervision de Clarence Swanton et de François Tardif, se penche sur une approche de lutte intégrée contre la vergerette du Canada résistante au glyphosate, en ayant recours au travail du sol, aux herbicides et à du seigle céréalier d'automne. La démarche s'appuie sur l'hypothèse que les semis de seigle céréalier sur sol gelé précédant une culture de soya pourraient significativement réduire les populations de la vergerette du Canada et améliorer l'efficacité des herbicides. Voici quelques observations formulées par Ted Vanhie au cours du printemps 2018 :

  • Le travail du sol à l'automne, suivi de semis de seigle céréalier, s'est révélé la meilleure méthode de lutte contre la vergerette du Canada résistante au glyphosate en l'absence d'herbicides (figure 1).
  • Bien qu'on ait tout de même trouvé de la vergerette du Canada résistante au glyphosate dans les parcelles sans travail du sol ensemencées avec du seigle céréalier d'automne, les plants de vergerette étaient moins nombreux et plus petits comparativement aux parcelles sans seigle ni travail du sol à l'automne (figures 2 et 3).
  • La lutte contre la vergerette du Canada avec des herbicides a été améliorée dans les parcelles non travaillées où du seigle d'automne avait été semé (figure 4 : données préliminaires de Ted Vanhie).
  • Le seigle céréalier semé à raison de 50 à 60 lb/acre n'a offert qu'une faible couverture du sol et a procuré peu d'ombre. On a émis l'hypothèse qu'un phénomène d'allélopathie inhibait le recrutement de vergerette du Canada résistante au glyphosate (figure 5). De futurs essais permettront de vérifier cette hypothèse.

Figure 1. Vue d'ensemble du niveau d'efficacité procuré par le seigle céréalier semé l'automne précédent (mi-novembre) à raison de 60 lb/acre (à gauche), comparativement à l'absence de seigle céréalier (à droite).

Figure 1. Vue d'ensemble du niveau d'efficacité procuré par le seigle céréalier semé l'automne précédent (mi-novembre) à raison de 60 lb/acre (à gauche), comparativement à l'absence de seigle céréalier (à droite).

Figure 2. Hauteur de la vergerette du Canada résistante au glyphosate dans les rangs de seigle céréalier semé l'automne.

Figure 2. Hauteur de la vergerette du Canada résistante au glyphosate dans les rangs de seigle céréalier semé l'automne.

Figure 3. Hauteur de la vergerette du Canada résistante au glyphosate en l'absence de seigle céréalier d'automne.

Figure 3. Hauteur de la vergerette du Canada résistante au glyphosate en l'absence de seigle céréalier d'automne.

Efficacité visuelle d'Eragon LQ (59 mL/ac) + l'adjuvant Merge (400 mL/ac) dans la lutte contre la vergerette du Canada, appliqués selon trois différents systèmes de travail du sol (pas de travail, léger travail, travail intensif) en présence ou absence de seigle céréalier d'automne comme culture de couverture (60 lb/ac).

Figure 4. Efficacité visuelle d'Eragon LQ (59 mL/ac) + l'adjuvant Merge (400 mL/ac) dans la lutte contre la vergerette du Canada, appliqués selon trois différents systèmes de travail du sol (pas de travail, léger travail, travail intensif) en présence ou absence de seigle céréalier d'automne comme culture de couverture (60 lb/ac). Source : Données préliminaires provenant du projet de maîtrise de l'étudiant de deuxième cycle, Ted Vanhie.

Le recrutement de la vergerette du Canada résistante au glyphosate semble arrêté dans un rayon de 10 à 15 cm de la rangée extérieure de seigle céréalier, alimentant l'hypothèse que les différents résultats entre les traitements, dans les populations de mauvaises herbes, pourraient être dus au phénomène d'allélopathie.

Figure 5. Le recrutement de la vergerette du Canada résistante au glyphosate semble arrêté dans un rayon de 10 à 15 cm de la rangée extérieure de seigle céréalier, alimentant l'hypothèse que les différents résultats entre les traitements, dans les populations de mauvaises herbes, pourraient être dus au phénomène d'allélopathie.

Remerciements relatifs au financement du projet

Ce projet a été financé en partie dans le cadre du Partenariat canadien pour l'agriculture, une initiative fédérale-provinciale territoriale. En Ontario, l'Agricultural Adaptation Council assure la prestation des services issus de ce Partenariat.

Le projet est également financé en partie par les Grain Farmers of Ontario.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca