La gestion des cultures fourragères sous des conditions sèches

Les conditions sèches qui ont prévalu dans certaines parties de la province soulèvent des inquiétudes quant à l'approvisionnement en fourrages. Plusieurs mesures peuvent cependant être prises pour s'assurer d'avoir suffisamment de fourrages jusqu'au printemps.

Évaluer les besoins

La première étape en vue de s'assurer de disposer d'une quantité suffisante de fourrages pour passer l'année est de connaître la quantité dont la ferme a besoin. Les ruminants consomment environ 2 % de leur poids vif en matière sèche de fourrages par jour. Pour calculer les besoins quotidiens des animaux, utilisez la formule suivante pour chaque type de bétail présent à la ferme :

Ingestion quotidienne de matière sèche en fourrages = poids vif moyen X le nombre d'animaux X 0,02.

Faites la somme des résultats pour chaque catégorie d'animaux afin d'obtenir le total de l'ingestion quotidienne de matière sèche. Multipliez la valeur obtenue par le nombre de jours d'alimentation requis. Ajoutez 10 à 25 % à ce total afin de tenir compte des pertes par gaspillage. La valeur finale obtenue constitue une approximation réaliste de la quantité de fourrages requis.

Au moment de faire la somme des quantités de foin en réserve et des fourrages dans les silos, assurez-vous de prendre note du rendement en matière sèche. Si les quantités de fourrages disponibles sont inférieures aux besoins des animaux, il est temps de prévoir des mesures pour remédier à la pénurie de fourrages.

Protéger les pâturages

Les pâturages qui ont été bien gérés dès le début de la saison vont être moins affectés par le temps sec. Étant donné que les précipitations contribuent à la croissance des graminées, la période de reprise est plus longue par temps sec. En faisant paître les animaux sur d'autres cultures, on peut prolonger la période de jachère des pâturages vivaces pour favoriser une meilleure reprise. De plus, le broutage d'une autre culture peut prolonger la saison de pâturage et réduire le nombre de jours d'alimentation requis. La plupart des cultures de couverture peuvent être broutées, ainsi que les résidus des cultures céréalières. Le pâturage rationné est la meilleure méthode pour ce type de cultures, car il minimise les risques pour la santé des animaux et permet une répartition plus uniforme du fumier dans le champ.

S'il est impossible d'utiliser d'autres types de pâturage, on peut donner des fourrages récoltés aux animaux afin de protéger les pâturages et les rendements potentiels de l'année suivante. Assurez-vous de tenir compte de ces jours d'alimentation lorsque vous évaluerez les besoins en fourrages de la ferme.

Tenir compte de la fertilité

Si des précipitations sont prévues, il peut être utile d'appliquer 55 à 75 kg de N/ha (50 à 68 lb/acre) pour accroître les rendements des pâturages ou du foin à l'automne. On ne doit appliquer d'azote toutefois aux cultures fourragères après la mi-septembre, sous peine de réduire la rusticité du peuplement.

Les recommandations relatives aux applications de phosphore et de potassium pour les cultures fourragères sont basées sur les analyses de sol. On peut trouver ces recommandations dans la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures. L'application de potassium (K) au cours des six semaines qui précèdent la période critique de la récolte d'automne améliore la rusticité de la culture.

Faire analyser les fourrages

S'assurer qu'on dispose d'une quantité suffisante de fourrages ne représente qu'une partie de l'évaluation des besoins de la ferme à cet égard. En effet, sans analyse des fourrages, il est impossible de savoir si leur valeur nutritive permettra de maintenir la production animale. En faisant analyser chaque lot séparément (en combinant des échantillons des champs et des fauches), on peut faire broute les différentes catégories de bétail dans les parcelles qui conviennent le mieux à leurs besoins. Les analyses de fourrages peuvent aussi être utilisées pour équilibrer les rations.

Le temps sec peut causer une accumulation de nitrates dans les fourrages à croissance rapide, comme le maïs à ensilage, le sorgho, le sorgho soudan, les brassicacées et les céréales. Les signes d'intoxication aiguë aux nitrates sont notamment, une démarche chancelante, des vomissements, une respiration difficile, une décoloration bleu-gris des muqueuses ainsi que la mort. Une intoxication chronique aux nitrates se manifeste souvent par la présence d'animaux peu performants, d'avortements en début de gestation et de naissances prématurées. L'analyse des fourrages pour les nitrates permet aux producteurs de contrôler la présence de nitrates dans les rations et de prévenir des problèmes de santé chez les animaux.

Se procurer tôt des aliments additionnels

S'il est impossible de remédier au manque de fourrages avec les cultures produites sur l'exploitation, on peut alors envisager d'en acheter. Assurez-vous d'effectuer ces achats assez tôt en saison, puisque les prix ont tendance à augmenter durant les mois d'hiver et au printemps à mesure que les stocks baissent. Consulter le service gratuit OntarioHayListings.ca pour l'achat de foin et de paille en Ontario.

Faire face aux intempéries

Il peut devenir très stressant de faire face à des conditions de croissance difficiles, et il est facile de se sentir dépassé par la situation. Si vous ressentez le besoin d'en parler, ou si vous recherchez de l'assistance dans votre région, vous pouvez appeler la Ligne d'aide sur la santé mentale au 1 866 531-2600.

On peut trouver la plupart des ressources concernant la production des cultures fourragères et les pâturages sur le site des Intempéries du MAAARO.


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Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca