Efficacité des engrais azotés appliqués sur du maïs : données récentes sur le rôle joué par la température, sur le prélèvement de l'azote par les hybrides récents et sur les effets de l'épandage tardif

Des recherches menées dans la plupart des régions productrices de l'Ontario ont montré un net avantage de l'épandage d'azote en bandes latérales dans le maïs.

Des recherches menées dans la plupart des régions productrices de l'Ontario ont montré un net avantage de l'épandage d'azote en bandes latérales dans le maïs. En effet, l'azote appliqué plus près de la période de prélèvement maximum est rendu disponible au moment où la culture en a besoin, ce qui minimise aussi les risques de pertes par lessivage ou dénitrification.

On semble toutefois reconnaître maintenant plusieurs autres motifs de s'écarter de l'application complète en une seule fois et de fractionner les épandages d'azote dans le maïs.

Effets de la température sur la réaction du maïs aux engrais azotés

Une récente recherche a montré que les précipitations durant la saison de croissance peuvent influer sur le potentiel de rendement et l'efficacité des engrais azotés appliqués sur du maïs. Nicolas Tremblay d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) a analysé des données issues de 51 études réalisées en Amérique du Nord, notamment en Ohio et au Québec, qui portaient sur l'efficacité avec laquelle la culture du maïs utilise les engrais azotés. Il a conclu que des précipitations abondantes et uniformes contribuent beaucoup à intensifier la réaction du maïs aux engrais azotés dans les sols à texture fine (p. ex. loam argileux) et à texture moyenne. Des précipitations abondantes et réparties uniformément dans les semaines qui précèdent et qui suivent l'épandage en bandes latérales ont accru l'efficacité de l'azote sur les rendements en maïs.

Bill Deen de l'Université de Guelph a par ailleurs constaté entre 2000 et 2017, à Elora, que les précipitations survenues de la mi-juin à la mi-juillet avaient un effet sur les taux d'application optimaux d'azote. De manière générale, de plus grandes quantités de précipitations ont accru les valeurs du taux maximal d'azote économiquement rentable. Il est intéressant de noter que cette corrélation n'a pas été observée dans les essais antérieurs à 2000. Des résultats récents d'un essai à long terme sur la réaction du maïs aux engrais azotés à Elora (de 2009 jusqu'à maintenant) ont montré que le taux maximal économique d'azote pouvait être aussi bas que 118 lb/acre, et aller jusqu'à 230 lb/acre. Les précipitations durant la saison de croissance et la demande en azote de la culture ont été les facteurs déterminants.

Ces résultats combinés laissent croire qu'un ajustement de la dose en cours de saison, en fonction des conditions météorologiques actuelles et prévues, constitue une approche judicieuse.

Prélèvement d'azote après l'apparition des soies

Le prélèvement de l'azote par le maïs s'accélère autour du stade V5 (figure 1). À mesure que le maïs s'approche du stade reproductif après la formation des panicules, une portion de l'azote est déplacée ou remobilisée à partir des tissus végétaux pour répondre à la demande des grains. Le prélèvement de l'azote du sol se poursuit aussi durant les stades reproductifs.Figure 1. Prélèvement de l'azote par le maïs (Adapté avec l'autorisation de Iowa State University Extension)

Figure 1. Prélèvement de l'azote par le maïs (Adapté avec l'autorisation de Iowa State University Extension)

Il est également important de tenir compte du mode de prélèvement de l'azote par les hybrides modernes de maïs. Les plus nouveaux hybrides prélèvent une plus grande proportion de leur azote total après l'apparition des soies, 36 % comparativement à 30 % dans le cas des hybrides plus anciens (antérieurs à 1991). Par ailleurs, une plus grande proportion de l'azote du grain dans les hybrides plus récents provient du prélèvement de l'azote du sol après l'apparition des soies plutôt que de la remobilisation de l'azote à partir des tiges et des feuilles. En fait, à mesure que le stress lié à l'azote augmente, les plus récents hybrides sont en mesure d'accroitre leur prélèvement d'azote après l'apparition des soies, ce que les plus anciens hybrides n'arrivaient pas à faire.

Des recherches menées de 2014 à 2016 à Purdue ont montré que le report des dernières 40 lb/ acre d'azote au stade V12 n'avait pas d'effet négatif sur le rendement, mais augmentait l'efficacité du prélèvement d'azote. Josh Nasielski, un étudiant au doctorat avec Bill Deen à l'Université de Guelph, a observé, en 2017 à Elora, que d'attendre au stade V13 pour un épandage en bandes de la pleine dose d'azote n'avait pas d'effet négatif sur les rendements. Dans cet essai, un épandage supplémentaire généreux à la dose de présemis de 70 lb/acre d'azote au stade V13 apportait suffisamment d'azote à temps pour maximiser les rendements comparativement à une application complète unique.

Nouvelle approche relative aux engrais azotés

Grâce à l'utilisation des pulvérisateurs surélevés et au prélèvement plus tardif de l'azote que permettent les hybrides de maïs récents, les agriculteurs ontariens ont maintenant la possibilité d'épandre de l'azote plus tard en saison.

Un projet récent de l'OSCIA (deuxième volet) dans l'Est de l'Ontario a permis de montrer que des épandages tardifs d'azote étaient associés à une hausse des rendements de maïs à certains sites comparativement à des applications plus hâtives, en 2017, probablement en raison des conditions très humides qui ont prévalu durant cette saison de croissance. En 2016, toutefois, on n'a pas observé d'amélioration notable des rendements associés à un apport tardif d'azote.

Malgré les résultats différents obtenus jusqu'à maintenant sur les épandages tardifs d'azote, c'est par la pratique que l'on pourra vérifier de manière plus précise l'effet des précipitations et des conditions de croissance durant la saison. On pourra alors apporter ajuster les taux d'application de manière à mieux refléter le potentiel de rendement de la culture et ses besoins en azote.

Méthode éprouvée

En Ontario, le calculateur d'azote pour le maïs constitue un excellent point de départ pour établir le taux d'application d'azote requis. Il fournit en outre des recommandations fondées sur des décennies d'essais ontariens sur les engrais azotés et tient compte de facteurs comme le type de sol et les cultures précédentes. En combinant cet outil de travail avec des épandages fractionnés qui permettent de recourir à des doses mieux adaptées aux conditions de la saison, on arrive à répondre aux besoins de la culture tout en optimisant l'investissement requis pour les engrais azotés.


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