La lutte contre les maladies pour 2018 commence dès maintenant!

La récolte de blé d'automne est terminée dans la province et les rendements ont été de bons à supérieurs à la moyenne dans la majorité des régions; la qualité est bonne et il y a eu très peu de signalements de Fusarium/DON. La rouille jaune, surtout dans les comtés d'Essex/Chatham-Kent, n'a pas causé, cette année, de gros problèmes dans les champs qui avaient été ensemencés avec des variétés vulnérables, car il y a eu peu d'inoculum (spores) en provenance des États-Unis, et aussi parce que le dépistage a été intensifié et que les traitements de fongicides ont été effectués au bon moment. Rappelez-vous de tenir compte des indices de gravité de la maladie dans le cas de la fusariose de l'épi, de la rouille des feuilles et de la rouille jaune, etc., au moment de choisir les variétés de blé cet automne. Consultez votre fournisseur de semences ou le rapport sur les essais de rendement du blé d'automne en Ontario pour plus d'information sur des variétés en particulier.

Les producteurs se demandent souvent si le fait d'avoir de la rouille jaune cette année signifie qu'on en aura aussi l'an prochain. La réponse facile est NON, étant donné que les rouilles du blé ont besoin de plants verts pour survivre; alors tant qu'on aura des hivers, on repart à zéro chaque année. Les hivers doux des deux dernières années ont contribué à étendre la zone géographique de la rouille dans le sud des États-Unis, où la rouille jaune peut passer l'hiver, et ils ont favorisé la venue en Ontario de plus de spores que la normale, qui sont également arrivés plutôt qu'à l'habitude. Le réseau sur la rouille des céréales, auquel le MAAARO participe, continuera de surveiller les conditions d'hivernage de la rouille des feuilles et de la rouille jaune cet hiver et au printemps prochain.

Que les conditions aient été sèches ou humides, la récolte du soya peut être menacée par certaines maladies. Dans certaines régions, la température a favorisé la présence du nématode à kyste du soya (NKS) et le syndrome de mort subite; ailleurs, la météo a favorisé la moisissure blanche. Cette dernière est facile à identifier, alors que le nématode du soya et le syndrome de mort subite peuvent être confondus avec d'autres problèmes courants. Pour vérifier s'il s'agit bien du NKS, déterrez des plants avec une pelle et dégagez délicatement le sol pour vérifier sur les racines la présence de petits kystes blanc jaunâtre. Si vous ne voyez que peu ou pas de kystes sur les racines, cela montre que la population de nématodes est faible ou qu'il s'agit d'une variété hautement résistante. Si vous observez 50 kystes ou plus, il s'agit soit d'une variété moins tolérante, soit qu'une population de nématodes se transforme en une population qui peut se reproduire avec le gène de résistance au NKP, PI88788. Dans de nombreuses régions du Midwest américain, comme l'Iowa, l'Illinois, le Missouri et d'autres États, les populations de NKS qui peuvent se reproduire avec le gène de résistance PI88788 sont très courantes (50 % des champs analysés ou plus). En Ontario, on retrouve ces populations de NKS, mais dans une moindre mesure. Elles ont été observées dans 25 % ou plus des champs analysés par Tom Welacky au centre d'AAC à Harrow.

Alors comment garder les populations de NKS à un faible niveau ou retarder les changements de populations? La lutte contre le NKS comprend la rotation avec des cultures non hôtes comme le blé et le maïs, la rotation entre des variétés résistantes ainsi qu'entre les gènes de résistance PI88788 et Peking. Envisagez aussi le traitement des semences contre le NKS, le dépistage des kystes, et faire analyser le sol pour détecter la présence de NKS afin de surveiller les populations de nématodes. En présence de NKS, on doit se rappeler que quelles que soient les conditions, le NKS fera diminuer les rendements chaque année. Le NKS se démarque par sa persistance et c'est pourquoi on le qualifie de « voleur silencieux » des rendements.

Dans le cas du syndrome de mort subite, les symptômes sur les feuilles se manifestent sous forme de zones jaunes et brunes entre les nervures qui, elles, demeurent vertes; le trouble peut être confondu avec une carence en manganèse. Les feuilles vont tomber, mais les pétioles vont rester sur les plants infectés par ce syndrome. Pour confirmer qu'il s'agit bien du syndrome de mort subite, tranchez une racine des tiges et vérifiez la présence de pourriture sur les racines et de traces brunes décolorées dans la tige. Le cœur restera blanc en cas de syndrome de mort subite.

Comme nous approchons de la fin de la saison de croissance 2017, c'est le moment idéal de faire une rétrospective de la saison et de prendre note des zones de vos champs qui ont présenté des problèmes et qui n'ont pas donné les rendements attendus. Il est possible que le capteur de rendement révèle certains symptômes visuels ou des diminutions de rendement. Tenez compte de ce que vous avez observé et appris cette année et intégrez ces données dans vos plans pour l'année prochaine. Prévoyez d'effectuer un dépistage avant la récolte ou un échantillonnage des champs après la récolte. Vos observations actuelles concernant les maladies, les insectes, les mauvaises herbes et les autres problèmes vous aideront à choisir les variétés qui conviennent ainsi que les stratégies de lutte, non seulement pour l'année prochaine, mais pour l'avenir en général.

Commencez par prélever un échantillon de sol pour les mesures en rapport avec ce dernier, comme le pH, la fertilité, etc., et planifiez votre travail de manière à corriger ces points en 2018. Si vous prévoyez semer du soya dans ces champs l'année prochaine, vous pouvez séparer l'échantillon en deux pour faire effectuer des analyses permettant de dépister le NKS. Cette analyse devrait être réalisée tous les quatre à six ans afin d'évaluer les changements qui surviennent dans les populations de NKS. Rappelez-vous DE NE PAS semer les mêmes variétés résistantes au NKS d'une année à l'autre dans un même champ, car cela pourrait modifier les populations de NKS, ce qui rendrait inefficace la résistance variétale et ferait augmenter les populations de NKS dans le champ.

Le choix du bon matériel génétique pour 2018 est indispensable pour obtenir des rendements élevés, et il est important de se rappeler de tenir compte des traits de tolérance ou de résistance aux maladies dans le processus de décision relatif au choix des hybrides ou variétés. Des maladies comme la moisissure de l'épi et le dessèchement dans le maïs, le nématode à kyste du soya, ainsi que la fusariose de l'épi et les rouilles dans le blé et l'avoine, la pourriture des racines par Phytophthora, le syndrome de mort subite et de nombreuses autres sont une source de risques chaque année dans toute la province. Rappelez-vous que chaque champ est différent et choisissez au départ des hybrides ou des variétés dont la résistance ou la tolérance est appropriée au champ où ils sont semés, selon le potentiel de risque de la maladie (abondance de résidus de cultures, rotations courtes comme maïs/maïs, soya/soya), surtout dans les champs qui présentent des antécédents de maladie. La meilleure manière de se défendre est de bien préparer son combat!

On peut donc réduire les risques de maladie dans ses champs pour l'année suivante en choisissant les hybrides ou variétés appropriés selon les maladies à combattre! Vérifiez les essais de rendements des variétés de maïs, de soya et de céréales pour l'Ontario et communiquez avec votre fournisseur de semences pour en savoir davantage sur les différents hybrides et variétés. Ne prenez pas cette importante décision à la légère!

Sites Web (en anglais) sur les essais de rendements de variétés en Ontario :


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca