Certains mélanges en cuve peuvent diminuer l'efficacité des herbicides

Un agriculteur souhaite mélanger un « activateur de plantes » avec du glyphosate dans le but de maîtriser les mauvaises herbes dans un champ de soya résistant au glyphosate. D'après le site Web du fabricant, le produit en question « peut être combiné à d'autres traitements » (ex. : engrais, herbicides, insecticide, etc.). Toutefois, la liste d'ingrédients du produit contient beaucoup de cations, qui vont « fixer » le glyphosate et réduire l'efficacité du désherbage (Hall et al., 2000). L'agronome de confiance de l'agriculteur recommande de ne pas mélanger ce produit avec du glyphosate et m'a envoyé un échantillon afin que je puisse en évaluer l'effet sur l'efficacité de l'herbicide.

L'intuition de l'agronome était juste. La maîtrise du chénopode blanc a été nettement réduite lorsque « l'activateur de plantes » a été ajouté au glyphosate (figure 1). La mesure du poids sec du chénopode blanc ramassé dans chaque traitement a montré que l'application de glyphosate avait réduit de 90 % la biomasse de chénopode blanc, alors que le mélange en cuve de « l'activateur de plantes » et de glyphosate ne l'avait réduit que de 40 %.

Le mélange en cuve d'un herbicide avec un engrais n'est pas une pratique illégale. L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) a publié en 2009 une note appelée de manière non officielle politique afférente aux mélanges en cuve qui autorise un opérateur à mélanger des produits qui sont homologués pour utilisation sur la culture visée. Toutefois, la note précisait aussi que « L'ajout d'un engrais pouvant cependant augmenter les risques de blessure à la culture hôte, l'utilisation initiale devrait être limitée à un secteur restreint pour confirmer les résultats avant d'étendre l'utilisation à l'ensemble de la culture ». En d'autres mots, c'est l'exploitant qui décide de choisir le résultat visé, qu'il s'agisse de la sécurité pour la culture ou de l'efficacité contre les mauvaises herbes.

Message à retenir : S'assurer qu'il existe suffisamment de preuves théoriques et pratiques démontrant la compatibilité des produits dans un mélange en cuve sous peine d'obtenir des résultats pouvant s'avérer coûteux.

Référence : Hall, G. J., C. A. Hart et C. A. Jones, Plants as sources of cations antagonistic to glyphosate activity, 2000, Pest Manag. Sci. 56:351-3

Figure 1 . Maîtrise du chénopode blanc 10 jours après un traitement au glyphosate (centre) comparativement à un traitement avec un mélange en cuve composé de glyphosate + un « activateur de cultures » (à droite) et un témoin non traité (à gauche).

Figure 1. Maîtrise du chénopode blanc 10 jours après un traitement au glyphosate (centre) comparativement à un traitement avec un mélange en cuve composé de glyphosate + un « activateur de cultures » (à droite) et un témoin non traité (à gauche).


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