L'année 2017 pourrait-elle être celle de la légionnaire uniponctuée?

Deux facteurs accroissent chaque année le risque d'infestations par la légionnaire uniponctuée. D'abord le temps frais et humide en avril qui est néfaste pour les ennemis naturels de cet insecte; puis, les fronts d'orages violents qui transportent de nombreuses populations de papillons de nuit en provenance du sud des États-Unis, où ils passent l'hiver. Ce printemps en Ontario et dans les États avoisinants, les pièges ont permis de capturer plus de légionnaires uniponctuées adultes que la normale et une ou deux semaines plus tôt que les années précédentes. Cela signifie qu'en 2017, on pourrait connaître une forte invasion de légionnaires uni dans le maïs, les céréales et les cultures fourragères mixtes.

Les papillons nocturnes préfèrent pondre leurs œufs dans une végétation de graminées, notamment les mauvaises herbes de graminées, les céréales, les cultures fourragères mixtes et les cultures de couverture de graminées. Les larves éclosent à partir des œufs et s'alimentent la nuit pendant environ un mois. À son plein développement, la larve de la légionnaire uniponctuée mesure 4 cm (1½ po) de longueur. Elle va du vert terne au brun et peut être facilement confondue avec d'autres chenilles, dont le ver-gris panaché et la légionnaire d'automne. La légionnaire uniponctuée possède deux traits distinctifs : des bandes latérales bordées de blanc longent le corps et des bandes diagonales sombres au haut de chaque fausse-patte abdominale (figure 1).

Figure 1 . Légionnaire unipontuée

Figure 1. Légionnaire unipontuée

La légionnaire uniponctuée s'alimente surtout de juin à la mi-juillet, mais elle peut commencer à s'alimenter dès la fin mai. Dans le maïs, les larves rongent le pourtour des feuilles, puis à mesure qu'elles grossissent et deviennent plus nombreuses, elles peuvent ne laisser que les nervures principales. Tant que le point végétatif n'est pas endommagé, le plant de maïs peut se remettre d'une infestation modérée. Dans les céréales et les cultures fourragères mixtes, les dommages dus à l'alimentation se manifestent d'abord sur le pourtour des feuilles, mais les larves peuvent rapidement se déplacer vers le haut des plants pour se nourrir des grains ou des barbes, ou sectionner complètement les épis de blé, de fléole ou d'autres petites céréales de la tige. On peut retrouver les épis sectionnés à la surface du sol, ce qui peut avoir un effet sur les rendements si le phénomène se produit à de nombreux endroits dans le champ.

Pour combattre la légionnaire uniponctuée, le dépistage doit être effectué tous les deux à trois jours. Cet insecte peut en effet envahir les champs voisins au cours d'une seule nuit en présence de plantes-hôtes dans les champs adjacents. Il est donc important de repérer les larves de la légionnaire uniponctuée lorsqu'elles sont encore petites (moins de 2,5 cm) pour que les insecticides soient efficaces.

Le meilleur moment pour inspecter les champs est à la brunante lorsque l'alimentation des larves est à son maximum. Dans le maïs, examiner 20 plants en cinq points du champ (100 plants au total). Dans les céréales et les cultures fourragères mixtes, examiner 10 sections du champ et évaluer le nombre de larves par 30 cm2 (1 pi2). Porter une attention particulière aux bordures de champ adjacentes à d'autres cultures de graminées hôtes. Durant le jour, par temps couvert, il est parfois possible de détecter des larves dans le verticille, à l'aisselle des feuilles ou au sommet du plant; par contre, les jours ensoleillés, on les retrouve plutôt parmi les débris de culture qui jonchent le sol ou sous des mottes de terre. On peut également trouver des excréments bruns sur les plants ou à la surface du sol. En présence de larves, noter leur taille et rechercher la présence d'œufs près de leur tête. Ces petits œufs, ovales et jaunâtres ont été pondus par des mouches parasites (figure 2). À l'éclosion de ces œufs, les asticots creusent des galeries à l'intérieur des larves de légionnaire et les tuent. Donc, en présence d'une importante population de larves porteuses de ces œufs, il n'est pas nécessaire de recourir à des insecticides puisque la lutte se fait naturellement de manière biologique.

Figure 2. Ces petits oeufs blancs, ovales et jaunâtres sont d'une mouche parasite.

Figure 2. Ces petits oeufs blancs, ovales et jaunâtres sont d'une mouche parasite.

Seuils d'intervention dans le maïs

L'application d'un traitement insecticide sur les plantules peut être justifiée s'il y a au moins deux larves non parasitées par plantule et si plus de 10 % des plants sont atteints et si les larves sont plus petites que 2,5 cm (1 po). Dans le maïs passé le stade 6 feuilles, et dans les céréales à tout stade, si 50 % des plants présentent des signes de dommages et sont infestés par des larves de moins de 2,5 cm (1 po) de longueur, un traitement insecticide peut être justifié. Tant que le point végétatif du plant n'est pas endommagé, le plant de maïs peut habituellement se remettre de dommages modérés.

Seuils d'intervention dans les cultures fourragères mixtes

Une intervention est justifiée à partir du moment où l'on compte au moins cinq larves de moins de 2,5 cm de longueur par superficie de 30 cm2 (1 pi2). Dans les cultures au stade de plantules, la présence de deux ou trois larves de moins de 2,5 cm de longueur dans un carré de 30 cm de côté justifie une intervention. Éviter tout traitement insecticide en présence d'un grand nombre de larves parasitées.

Seuils d'intervention pour les céréales

La lutte chimique est justifiée en présence de quatre à cinq larves non parasitées par 30 cm2 et si les larves ont moins de 2,5 cm. Si de nombreux épis ont été coupés, il peut être justifié d'effectuer un traitement si les larves qui s'alimentent encore de manière active sont plus petites que 2,5 cm à la condition que le délai d'attente avant récolte soit respecté.

Stratégies de lutte

  • Si les larves ont plus de 2,5 cm (1 po) de longueur, il n'y a aucun avantage à appliquer un insecticide puisque le gros des dommages est déjà fait et que l'insecticide ne sera pas efficace contre les plus grosses larves.
  • Il est possible de restreindre le traitement aux zones infestées. Si les légionnaires migrent depuis des champs adjacents, il peut être suffisant de pulvériser l'insecticide sur le pourtour du champ.
  • Bien respecter les délais d'attente avant récolte.

Visiter fréquemment le site Field Crop News (en anglais) pour les notifications de dépistage et consulter l'application Pest Manager app ainsi que la publication 812F du MAAARO, Guide de protection des grandes cultures pour les choix des insecticides à utiliser.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca