Soufre et fertilité dans le maïs

Étant donné qu'en 2016, les applications de soufre ont eu beaucoup d'effet sur les rendements en blé, certains producteurs se demandent si le soufre peut avoir un tel effet sur le maïs.

Sources de soufre en Ontario

Historiquement, l'effet du soufre sur les rendements a été rare dans les grandes cultures en Ontario. Bien que certaines quantités de soufre soient libérées naturellement par la minéralisation de la matière organique du sol, de grandes quantités ont été également apportées par les dépôts de soufre atmosphérique provenant d'émissions d'origine industrielle, surtout du Sud de l'Ontario. Sauf dans le Nord de l'Ontario, les quantités de soufre apportées ne limitaient pas la croissance des cultures.

Comme les émissions de soufre ont été nettement réduites au cours des dernières décennies, il s'en est suivi une baisse importante des dépôts de soufre atmosphérique. Environnement Canada a mesuré des niveaux de dépôts de sulfates de l'ordre de 5 à 10 lb de S/acre dans le Sud et l'Est de l'Ontario en 1990. En 2010, ces niveaux avaient baissé pour atteindre environ 3 lb de S/acre. Comme le rythme de déposition de soufre atmosphérique a diminué et que les rendements des cultures ont augmenté, on a observé l'effet du soufre dans certains champs et certaines années pour des cultures comme le blé, la luzerne et le canola.

Recherches ontariennes

Certaines recherches sur le soufre et son effet sur la fertilité ont été réalisées dans le maïs en Ontario. En 2012-2013, le MAAARO a étudié l'effet de l'ajout de 10 lb/acre de soufre inclus dans un engrais sec de démarrage en mélange dans des sols de de texture moyenne à légère à 21 sites dans le Sud de l'Ontario. Comparativement à l'application de MAP uniquement (40 lb/acre de P2O5) en bande (2 po x 2 po), aucune augmentation significative de rendement n'a été observée lorsqu'on a ajouté du soufre au MAP à tous les endroits évalués. Des rapports détaillés peuvent être consultés sur le site Web de l'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de l'Ontario (Crop Advances). Des résultats semblables ont été observés dans un projet de recherche réalisé par l'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes du Middlesex à 13 sites en 2006.

Les champs qui risquent d'en profiter le plus

Chez les plantes, le soufre est nécessaire pour la production de 2 des 21 acides aminés, pour la formation des vitamines et enzymes liées à la chlorophylle, ainsi que pour la fixation de l'azote par les légumineuses. Les carences en soufre se manifestent par un jaunissement généralisé et un rabougrissement des plants affectés. Contrairement à l'azote, le soufre n'est pas mobile à l'intérieur des plants, donc les symptômes de carence vont être visibles sur tout le plant. Dans les cultures comme la luzerne, une application manuelle d'engrais soufrés (sulfate de potassium) peut être utilisée à des fins d'évaluation pour obtenir une réaction visuelle. Il se peut que dans d'autres provinces on ait recours à des analyses de sol pour évaluer sa teneur en soufre afin de prédire l'effet des apports de soufre; toutefois, aucun protocole de ce genre n'est utilisé à cette fin en Ontario.

Les champs qui sont le plus susceptibles de réagir aux applications de soufre sont ceux qui sont pauvres en matière organique (avec moins de potentiel de minéralisation) ainsi que les sols à texture grossière (où les sulfates risquent d'être lessivés). La minéralisation risque d'être plus lente au cours des printemps où la température est plus fraîche que la normale, et des précipitations sous les moyennes peuvent réduire les dépôts d'origine atmosphérique. Les risques de carence peuvent être moindres dans les champs où du fumier est régulièrement épandu en raison du dégagement de soufre provenant de ce dernier.

Évaluation de l'effet du soufre

Certains producteurs ont signalé qu'il y avait des risques de pertes de rendements s'ils n'appliquent pas de soufre et ont décidé d'en inclure dans le cadre de leur programme régulier de fertilisation. Étant donné que l'on dispose de peu de moyens pour évaluer en postlevée si les apports de soufre sont suffisants (c.à.d. par les analyses de sol), le recours aux bandes d'essais à la ferme pourrait être un moyen de connaître un peu l'effet du soufre sur les cultures à la ferme même. En gardant les mêmes doses pour tous les autres éléments nutritifs, on peut ajouter un engrais soufré à la bande d'essai et comparer les résultats avec ceux des bandes où aucun engrais soufré n'a été ajouté.

Les engrais soufrés sont offerts soit sous forme élémentaire soit sous forme de sulfates. Le soufre élémentaire ne peut pas être prélevé par les plantes, et doit d'abord être oxydé par les bactéries du sol pour être disponible sous forme de sulfate assimilable. Ce processus prendre douze mois ou plus, ce qui signifie que le soufre élémentaire n'est pas disponible pour la culture l'année d'application. Les engrais à base de sulfates sont immédiatement assimilables par les plantes et peuvent être obtenus sous forme de produits secs (sulfate d'ammonium, sulfate de potassium, sulfate de magnésium) ou liquides (thiosulfate d'ammonium). Les engrais sous forme de sulfates sont susceptibles d'être lessivés, et comme l'azote ils peuvent être perdus entre les saisons de croissance.


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