Les cultures de couverture : des alliées efficaces pour améliorer la fertilité du sol

Il a été abondamment démontré que les cultures de couverture (aussi appelées cultures couvre-sol) aident à réduire l'érosion du sol et à améliorer sa structure, en plus d'y apporter des éléments nutritifs. Que les cultures de couverture soient utilisées depuis des décennies ou uniquement depuis tout récemment, il est utile de savoir ce que chaque type de cultures peut ou non apporter à la fertilité du sol.

Les cultures de couverture apportent des éléments nutritifs aux systèmes culturaux de trois manières principales :

  1. En fixant l'azote atmosphérique et en procurant de l'azote assimilable pour la culture subséquente.
  2. En prévenant les pertes d'éléments nutritifs qui se produiraient autrement en leur absence (par le lessivage ou le ruissellement en surface).
  3. En améliorant le recyclage des éléments nutritifs dans le sol.

Certaines espèces utilisées semées comme culture de couverture peuvent fixer des centaines de livres d'azote à l'acre. Ce qui compte toutefois, c'est la quantité d'azote qui peut être rendue disponible et être prélevée par la culture suivante. Ainsi, une pleine parcelle homogène de trèfle rouge (figure 1) apporte un crédit d'azote au maïs de 60 à 70 lb/acre. Les apports précis en crédits d'azote n'ont pas été établis pour d'autres légumineuses utilisées comme culture de couverture en Ontario.

Figure 1. Parcelle de trèfle rouge au début de l'automne à la suite d'une récolte de blé.

Figure 1. Parcelle de trèfle rouge au début de l'automne à la suite d'une récolte de blé.

Une culture de couverture comprenant des espèces à racines profondes réduit les quantités d'azote des nitrates qui risquent d'être perdues par lessivage durant l'automne, l'hiver et le printemps. Quand on souhaite retenir l'azote durant l'hiver, il peut être très efficace de semer une graminée ou une céréale comme le seigle par exemple. Les plantes possédant de profondes racines pivotantes, comme le radis, peuvent aussi capter de l'azote en profondeur, bien que dans certains cas l'azote soit libéré au début du printemps avant le prélèvement par une culture comme le maïs. Les cultures de couverture les plus efficaces en matière de réduction des pertes de nitrates sont celles qui accumulent une quantité raisonnable de biomasse à l'automne ou au printemps et qui possèdent des systèmes racinaires à la fois profonds et denses. En recouvrant la surface du sol, les cultures de couverture peuvent aussi réduire les pertes d'éléments nutritifs attribuables au ruissellement de surface. À long terme, les cultures de couverture améliorent la structure du sol, l'infiltration d'eau, la capacité de rétention d'eau du sol et l'érosion hydrique.

Lorsqu'un gel survient, cependant, les cultures de couverture peuvent libérer du phosphore dissous. Les quantités dégagées dépendent de l'espèce qui a été semée. Une partie du phosphore dissous peut pénétrer dans le sol durant les épisodes de dégel, alors qu'une autre partie peut être perdue par ruissellement à la surface. Des recherches sont en cours en Ontario dans le but d'établir les espèces et les méthodes d'élimination de la culture qui sont associées au plus faible risque de pertes de phosphore vers les eaux de surface.

Dans l'ensemble, les effets que procurent certaines cultures de couverture en matière de réduction d'érosion, d'amélioration de l'infiltration d'eau et de réduction du lessivage des nitrates en font un choix valable pour prévenir les pertes d'éléments nutritifs des champs.

Finalement, les cultures de couverture peuvent aussi améliorer le recyclage des éléments nutritifs. Qu'est-ce que cela signifie au juste? Cela veut dire que les cultures de couverture, par l'intermédiaire des sucres qu'elles libèrent de leurs racines et de leurs résidus, fournissent de la nourriture aux organismes qui vivent dans le sol. En stimulant l'activité biologique dans le sol, les cultures de couverture peuvent accélérer la décomposition des résidus des cultures et le recyclage des éléments nutritifs en les faisant passer d'un état organique (non assimilable) à un état inorganique assimilable par les plantes. Ainsi, on observe constamment que les cultures de couverture améliorent les populations de vers de terre (figure 2), lesquels jouent un rôle très important dans le recyclage des éléments nutritifs.

Figure 2. Excréments de vers de terre dans un champ avec cultures de couverture. Les vers de terre jouent un rôle important dans le recyclage des éléments nutritifs du sol.

Figure 2. Excréments de vers de terre dans un champ avec cultures de couverture. Les vers de terre jouent un rôle important dans le recyclage des éléments nutritifs du sol.

Certaines cultures de couverture permettent aussi de récupérer des éléments nutritifs qui se trouvaient plus profondément dans le sol. Les cultures de couverture dont les racines s'enfoncent en profondeur, comme le radis fourrager (figure 3), le seigle ou le navet, contribuent à apporter une diversité d'éléments nutritifs provenant d'horizons plus profonds du sol à la surface, où ils peuvent être plus facilement assimilés par la culture suivante. De telles cultures de couverture poussent en automne et parfois au printemps lorsque le sol est suffisamment humide pour faciliter la pénétration des racines, même en sol lourd. Elles procurent alors un avantage additionnel en facilitant le développement en profondeur des racines de la culture commerciale de la prochaine saison.

Figure 3. La racine pivotante du radis fourrager peut se développer en profondeur dans le sous-sol. (Source : http://notillveggies.org/2014/08/28/recycling-sulfur-with-brassica-cover-crops/)

Figure 3. La racine pivotante du radis fourrager peut se développer en profondeur dans le sous-sol. (Source)

Les cultures de couverture ne sont toutefois pas une panacée pour la fertilité du sol, mais elles peuvent être des alliées très efficaces pour l'améliorer. Certains des avantages qu'elles procurent ne sont utiles qu'à court terme, comme le crédit d'azote obtenu par les légumineuses, alors que d'autres deviennent manifestes à plus long terme. Les résultats obtenus dépendent souvent de la combinaison entre les espèces de cultures choisies, les pratiques utilisées et les objectifs poursuivis. Pour les producteurs qui commencent à utiliser les cultures de couverture, il est préférable de procéder d'abord à petite échelle pour acquérir de l'expérience. Pour en savoir davantage, consulter le site Web du Midwest Cover Crop Council (en anglais seulement) ou le site Web sur les cultures de couverture (ou couvre-sol) du MAAARO.


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