Cultures de couverture : l'expérience de 2016

L'année 2016 a été une autre année intéressante en ce qui a trait aux cultures de couverture. Il y a eu quelques difficultés au printemps, mais l'automne qui s'est prolongé a permis une excellente croissance des cultures de couverture. C'était la deuxième année de différents projets pour certains et bon nombre de producteurs ont réalisé leurs propres essais. Le projet de l'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de la région de St Clair était l'un de ceux-ci. Quatre autres régions sont partenaires dans ce projet : Ottawa Rideau, Quinte, Eastern Valley, East Central. Les cinq volets du projet portent sur des mélanges multi-espèces de cultures de couverture, les crédits d'azote provenant de légumineuses en cultures de couverture, les cultures de couverture et les pertes de phosphore ainsi que sur l'effet des cultures de couverture sur les insectes, les limaces et le nématode à kyste du soya.

De nombreuses discussions ont eu lieu sur les bénéfices que procurent les cultures de couverture provenant de mélanges multi-espèces. Plusieurs s'interrogent sur le nombre d'espèces à inclure dans un mélange. Les raisons d'inclure plus d'une espèce dans le mélange de semences d'une culture de couverture sont nombreuses, notamment la diversité, la variété des types de racines, la production de biomasse, la présence de légumineuses et de non-légumineuses et l'obtention d'un établissement et d'une croissance plus uniformes. Dans le cadre du projet, de petites parcelles des mélanges de cultures de couverture comprenant de 3 à 14 espèces (exemples aux figures 1 et 2) ont été ensemencées et ont fait l'objet de quatre répétitions. Les mesures de la biomasse ont été prises pour chacun des mélanges. En octobre, l'accumulation de biomasse a été supérieure dans le cas des mélanges comprenant six espèces comparativement aux mélanges de trois espèces, mais il n'y a pas eu de hausse significative dans la biomasse dans le cas des mélanges comprenant plus de six espèces. Les quantités de biomasse mesurées en novembre n'étaient pas significativement différentes pour aucun des mélanges. Cette observation laisse croire que si la culture de couverture est fauchée en octobre, une plus grande quantité de biomasse sera produite quand le mélange contient au moins six espèces. Si la culture est laissée jusqu'en novembre, trois espèces dans le mélange suffiront en ce qui a trait à la quantité de biomasse aérienne.

Figure 1. Mélange comprenant trois espèces, utilisé pour les mesures de la biomasse aérienne et souterraine. Le mélange comprenait les espèces suivantes : avoine, trèfle incarnat et radis.

Figure 1. Mélange comprenant trois espèces, utilisé pour les mesures de la biomasse aérienne et souterraine. Le mélange comprenait les espèces suivantes : avoine, trèfle incarnat et radis.

Figure 2. Mélange multi-espèces pour culture de couverture, comprenant du sarrasin, du tournesol, de la moutarde, de la phacélie, du lin, de la fèverole, du chanvre du Bengale, des pois, de la gesse commune et de l'avoine.

Figure 2. Mélange multi-espèces pour culture de couverture, comprenant du sarrasin, du tournesol, de la moutarde, de la phacélie, du lin, de la fèverole, du chanvre du Bengale, des pois, de la gesse commune et de l'avoine.

Les mélanges de culture de couverture contenant des espèces qui pourraient être tuées par le gel à l'automne ont produit davantage de biomasse aérienne que les mélanges composés d'espèces qui survivent à l'hiver. Par conséquent, si une culture de couverture est semée en août pour être fauchée à l'automne, l'accumulation de biomasse sera supérieure si le mélange contient de l'avoine, par exemple, plutôt que du seigle. Par ailleurs, les proportions de recouvrement du sol au printemps pour les différents mélanges (la première année du projet) ont varié de 52 à 82 %, ce qui démontre que les mélanges de cultures de couverture ont très bien protégé le sol durant l'hiver. On pourrait obtenir divers pourcentages de recouvrement du sol niveau en choisissant en conséquence les espèces contenues dans le mélange.

La biomasse aérienne ne représente toutefois qu'un aspect des avantages liés aux cultures de couverture. Les racines constituent un élément majeur des possibilités d'amélioration associées aux cultures de couverture. Durant l'automne 2016, la récolte de biomasse provenant de deux parcelles multi-espèces a été utilisée pour tenter de mesurer la biomasse souterraine?; un mélange simple à trois espèces et un mélange comprenant de nombreuses espèces ont été choisis à des fins de comparaison. Le creusage et le nettoyage des racines prennent du temps, et la biomasse racinaire n'est peut-être pas tellement révélatrice dans le cas de cultures de couverture comme le sarrasin et la phacélie dont les racines sont délicates et fragiles. Les mélanges comprenant plus d'espèces présentaient le double de la biomasse totale (souterraine + aérienne) que les mélanges simples à trois espèces.

Le mélange de légumineuses évalué pour l'apport en crédit d'azote n'a pas procuré de crédit d'azote à la culture de maïs subséquente. Il se peut toutefois que le temps sec ait eu un effet négatif à cet égard.

Le volet sur le phosphore va bon train. Les données sur le ruissellement et l'eau d'infiltration sont recueillies et d'autres mesures prises cet automne et cet hiver, puis tôt au printemps, permettront d'établir les pertes de phosphore associées à plusieurs cultures de couverture. Les résultats du volet du projet portant sur les insectes et les maladies seront diffusés sous peu.

L'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de la région de Thames Valley a terminé la deuxième année du projet sur les cultures de couverture intitulé « Roots not Iron ». Trois types de semis de cultures de couverture ont été évalués. Un ensemencement de seigle sous couvert de maïs sur pied n'a pas eu d'effet significatif, en moyenne, sur le rendement de la culture subséquente de maïs, mais des pertes importantes de rendement ont été observées à un emplacement. Des pertes significatives ont toutefois été constatées quand du maïs a été semé dans une culture de couverture verte. Deux hypothèses ont été envisagées : d'une part les pousses de maïs auraient réagi à la présence des autres pousses vertes à proximité, ce qui aurait modifié la courbe de croissance du maïs et, d'autre part, la difficulté à obtenir un contact suffisamment étroit entre la semence et le sol en raison de la présence d'abondantes racines vivantes. Le fait que les plantes sont en mesure de réagir à la présence d'autres plants à proximité a été bien documenté par Clarence Swanton de l'Université de Guelph et par d'autres phytoécologistes. Selon les données sur les rendements dans le cadre de ce projet, il semble que le soya soit mieux en mesure que le maïs de supporter le stress causé par la présence d'une plante verte voisine. Les rendements de soya n'ont pas été significativement différents lorsque ce dernier a été semé dans une culture de couverture verte comparativement à ceux de la parcelle témoin.

Un sondage a été réalisé auprès des producteurs qui ont semé des cultures de couverture ce printemps. Comme pour les producteurs du projet « Roots not Iron », bon nombre des producteurs interrogés ont connu des baisses de rendement, surtout dans le cas de maïs semé dans des plants levés de seigle. Trois principaux facteurs ont été établis pour en expliquer la cause, le premier étant une mise en place déficiente des semences et une mauvaise fermeture de rang en raison du sol enherbé, ce qui a réduit les peuplements. Le deuxième facteur est le manque d'humidité au moment de l'établissement et des premiers stades de croissance en raison de l'utilisation de l'eau par les pousses de seigle et la destruction lente du seigle. Finalement, plusieurs ont émis l'hypothèse d'avoir semé trop tôt, ce qui a occasionné du lissage et contribué à la faiblesse des peuplements. Les précipitations locales ont également joué un rôle. En effet, aux endroits où il a plus au bon moment, l'effet négatif sur les rendements n'a pas été aussi marqué.


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