Utilisation des tiges de maïs pour l'alimentation animale ou la litière

De L'utilisation des tiges de maïs pour l'alimentation animale ou la litière a suscité beaucoup d'intérêt cette année, surtout dans certaines régions plus sèches de la province. Il n'est pas toujours évident de disposer des tiges de maïs dans le cadre d'un système de culture, et bien qu'il y ait de nombreuses manières de le faire, la solution sera différente d'une ferme à l'autre. Dans le cas des élevages, ou des exploitations à proximité d'un élevage, le pâturage des tiges de maïs ou leur récolte mécanique peuvent être envisagés. Il y a de nombreux avantages à faire brouter les tiges de maïs et à les éliminer, mais cela entraîne aussi des coûts dont il faut tenir compte.

Le pâturage du maïs peut être une excellente solution d'éliminer les résidus. Les bovins vont digérer les tiges et les décomposer, en laissant presque tous les éléments nutritifs dans le champ, lesquels seront encore plus assimilables par la prochaine culture. Le pâturage des tiges de maïs peut se faire relativement facilement en installant une clôture électrique, et en offrant aux animaux une source d'eau et un bloc de sels minéraux. Selon le type de bétail au pâturage et la qualité des tiges, il peut être nécessaire ou non de compléter l'alimentation en offrant du foin ou une source de protéine. Les tiges de maïs conviennent mieux aux vaches de boucherie taries au deuxième trimestre, et un acre de tiges de maïs peut habituellement nourrir une vache de boucherie pendant un ou deux mois. La valeur des unités nutritives totales (UNT) dans les tiges de maïs avoisine normalement 70 % après la récolte, puis elle chute à 40 % avec le temps. Cela est en partie attribuable au lessivage des éléments nutritifs, mais aussi parce que les bovins consomment d'abord les meilleures feuilles et les grains. S'il y a beaucoup de grains dans le champ, soit sur le sol ou dans les petits épis qui n'ont pas été ramassés par la moissonneuse, il pourrait être nécessaire de limiter le pâturage pour éviter les excès de consommation de grains. On peut soit restreindre les périodes de pâturage, ou prévoir du pâturage par bandes. De cette manière, la valeur énergétique de la ration restera plus uniforme avec le temps. Une fois que les animaux auront consommé la plupart des feuilles et des épis dans le champ, il sera probablement temps de commencer à leur donner des suppléments sous forme de foin ou de protéine. Leur état corporel et les indices de matières fécales doivent être suivis durant le pâturage pour s'assurer du bon état des animaux.

Les tiges de maïs peuvent être mises en balles pour l'alimentation ou la litière (figure 1). Lorsqu'on met en balle des tiges de maïs, on retire la matière organique et des éléments nutritifs du champ et le sol devient davantage exposé. Afin de protéger la santé du sol et prévenir l'érosion, le sol doit être recouvert à 30 % après la mise en balles. Si les tiges sont remises dans le champ sous forme de compost ou de fumier, on n'a probablement pas à se préoccuper des pertes de fertilité ou de matière organique. Toutefois, si le fumier est constamment épandu ailleurs, ou si les tiges sont vendues, la fertilité du sol peut chuter rapidement si on omet d'y remédier. La récolte des tiges de maïs accroît davantage l'usure de la machinerie que celle d'autres cultures fourragères ou de la paille, et cet aspect doit être pris en compte. Quand on récolte les tiges, elles sont généralement coupées ou hachées, ratissées puis mises en balles quand elles sont sèches.

Figure 1. Balles de tiges de maïs

Figure 1. Balles de tiges de maïs

Selon l'International Plant Nutrient Institute, une tonne métrique de tiges de maïs contient 8 kg (18 lb) d'azote, 3 kg (6,5 lb) de phosphore et 20 kg (44 lb) de potassium sur la base du poids en matière sèche. Avec des prix de 54 cents/lb pour l'azote, 55 cents/lb pour le phosphore et 37 cents/lb pour le potassium, les tiges de maïs valent 31,84 $/sur base de matière sèche. De plus, les tiges de maïs retireront de la matière organique valable et des résidus qui recouvrent le sol, ce qui doit être pris en compte dans la fixation du prix. Après la récolte, s'il y a moins de 30 % de résidus laissés sur le sol, les risques d'érosion seront plus élevés. Si les tiges peuvent être récoltées, il faut aussi calculer les coûts du hachage, du ratissage, de la mise en balles et du transport. Les tiges de maïs peuvent être une source économique d'alimentation et de litière pour le bétail et de bonnes pratiques peuvent contribuer à augmenter les rendements culturaux, mais tout cela n'est pas « gratuit », et exige une bonne gestion pour que ce soit avantageux et pour le bétail et pour les champs cultivés.


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