Remarques sur la santé du sol

Dans bon nombre de régions, en raison du manque de pluie en 2016, la saison fut une bonne occasion de constater les bénéfices à long terme associés à une bonne gestion des sols. Dans certaines régions, le manque d'eau a été tellement extrême que ces effets n'ont pas pu être observés, mais ailleurs, la croissance des cultures dans les champs qui avaient été bien entretenus a été visiblement meilleure que dans les parcelles voisines dont la gestion était déficiente. Les sols plus en santé présentaient une bonne structure, un compactage minimal et étaient plus riches en matière organique. Ces caractéristiques ont permis aux racines de pénétrer plus rapidement et plus profondément dans le sol, d'atteindre davantage d'horizons du sol et pouvoir ainsi prélever plus d'eau et d'éléments nutritifs. Ces sols dont les agrégats sont stables et qui possèdent beaucoup de pores présentent des taux d'infiltration plus élevés lorsqu'il pleut. Les plus hautes teneurs en matière organique dans ces sols retiennent davantage d'humidité qui peut être utilisée par la culture. La figure 1 montre un champ présentant une faible capacité de rétention d'eau, ce qui entraîne une grande variabilité dans la culture de céréales.

Figure 1. Exemple d'une faible capacité de rétention d'eau.

Figure 1. Exemple d'une faible capacité de rétention d'eau.

La figure 2 représente un champ où l'on épand du fumier et où l'on fait des rotations depuis longtemps, ce qui donne un champ de maïs uniforme malgré les conditions sèches.

Figure 2. Exemple d'une bonne capacité de rétention d'eau et d'une culture uniforme.

Figure 2. Exemple d'une bonne capacité de rétention d'eau et d'une culture uniforme.

Les essais sur le terrain concernant la santé des sols, réalisés au printemps et à l'été, ont permis de faire plusieurs constatations intéressantes. Dans les champs où l'on pratique l'agriculture de précision, nous avons observé avec intérêt ce qui a causé les différences dans la carte des rendements. Dans certains cas, il s'agissait des sols qui se sont formés dans ces champs il y a des milliers d'années. On a vu une section en terrain bas avec un loam sableux riche en matière organique, dont les rendements ont été faibles alors qu'ils auraient dû être élevés. Cette situation était due à la présence d'une couche de sable dans le sous-sol sans capacité de rétention d'eau. La topographie joue certainement un rôle lorsque l'eau descend la pente vers le bas ou dans les dépressions, mais dans certains cas, l'érosion due au travail du sol a entièrement éliminé la couche arable dans le haut de la pente, réduisant ainsi considérablement les rendements comparativement à une section dont la couche supérieure du sol est conservée (figure 3).

Figure 3. Exemple d'érosion due au travail du sol.

Figure 3. Exemple d'érosion due au travail du sol.

Dans d'autres champs, les faibles rendements étaient attribuables à faible pH, à des carences en éléments nutritifs, à de faibles teneurs en matière organique ou à des populations élevées de nématodes nuisibles. Il est donc important de tenir compte de tous les aspects du sol lorsqu'on tente d'établir la cause des faibles rendements dans une section du champ.

Garder de la végétation sur les champs!

Il est important aussi de bien gérer les résidus à la récolte, de les laisser intacts et de semer dans ces résidus au printemps.

Si un certain travail du sol est nécessaire,

  • laisser au moins le sol recouvert à 50 % au début de l'hiver afin de protéger le sol contre l'érosion. Dans le cas des résidus de soya ou de haricots secs comestibles, il ne faut donc pas travailler le sol ou très peu. Seul un passage avec un travail vertical permet de conserver les résidus qui recouvrent le sol?;
  • réduire le travail du sol au minimum au printemps pour laisser au moins 30 % de la surface recouverte après les semis?;
  • ensemencer du blé d'automne permettra de couvrir le sol et de le protéger durant l'hiver?;
  • se rappeler que les instruments aratoires qui déplacent beaucoup de sol comme le chisel ou d'autres types de herses contribuent à l'érosion du sol.

Planification pour 2017

Durant l'hiver, il est bon de réfléchir à ce qui pourrait être fait pour contrer les problèmes d'érosion du sol, augmenter la teneur en matière organique dans les champs ou dans certaines parties de ces derniers, ajouter une autre culture à la rotation, utiliser des cultures de couverture et modifier les instruments aratoires pour réduire le compactage du sol.

Des programmes, comme ceux qui sont offerts dans le cadre de Cultivons l'avenir 2 et de l'Initiative de gérance agroenvironnementale des Grands Lacs, peuvent fournir le financement requis pour améliorer la gestion et la santé du sol. Les Offices de protection de la nature peuvent aussi offrir des programmes destinés aux champs agricoles cultivés.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca