Conseils sur le désherbage automnal

De nombreux producteurs ont constaté l'utilité de faire des traitements d'herbicides en automne contre les mauvaises herbes vivaces, surtout le laiteron vivace et le pissenlit (figure 1). Ils observent souvent une réduction des peuplements l'année suivante ainsi qu'un retard dans la levée des pousses. Cela donne à la culture semée un avantage concurrentiel sur ces mauvaises herbes vivaces. Malheureusement, les conditions au moment du traitement peuvent être très variables et avoir un effet sur l'efficacité de l'herbicide. Examinons ensemble quelques suggestions pour tirer profit au maximum de cette période d'épandage.

  1. Choisir les produits, les doses et les mélanges en cuve les plus efficaces pour lutter contre les mauvaises herbes vivaces ciblées. Le tableau 1 résume ce que les chercheurs du secteur public ontarien estiment le plus efficace pour lutter contre les vivaces l'automne.
  2. Traiter quand les températures de l'air sont supérieures à 8°C pendant au moins deux heures après l'application. Il est donc suggéré de faire les traitements tard en matinée ou au milieu de la journée, afin que la plante visée assimile le glyphosate durant les périodes chaudes de la journée.
  3. Après un épisode de gel, attendre deux à trois jours avant d'évaluer l'état des mauvaises herbes; si la plante ciblée semble en bon état et que les températures de l'air sont au-dessus de 8°C, reprendre alors les traitements. Ainsi, l'asclépiade est très sensible au gel. La figure 2 montre un plant d'asclépiade trois jours après qu'un soir les températures aient atteint un minimum de moins 3°C. Il serait inutile d'appliquer du glyphosate sur une espèce de mauvaise herbe dans cet état, puisque ses feuilles ne sont probablement pas en état d'assimiler aucun herbicide. Par contre, le pissenlit et la carotte sauvage n'ont pas été affectés par le même épisode de gel (figures 3 et 4); on peut donc dans ce cas rependre les traitements d'automne contre ces espèces en se fiant à l'état de leurs feuilles.
  4. Si l'on souhaite travailler le sol, attendre au moins 72 heures après l'application d'herbicide contre des plantes vivaces. Plus on attend pour travailler le sol après un épandage d'herbicide, plus la translocation de l'herbicide dans le plant sera efficace à le combattre.

Tableau 1. Meilleurs choix d'herbicides contre la plante vivace visée, selon des recherches menées par le Département de phytotechnie de l'Université de Guelph.

Plante vivace
Produit (s) Dose Efficacité moyenne (seuil d'efficacité)
Pissenlit
Glyphosate (540 g/L) 1,34 L/ac 90% (84 - 100%)
Laiteron vivace
Glyphosate (540 g/L) 1 L/ac 90% (85 - 100%)
Chardon des champs
Glyphosate (540 g/L) 1,34 L/ac 90% (85 - 100%)
Luzerne
Glyphosate (540 g/L)+ 2,4-D Ester (564 g/L) 0,67 L/ac + 0,5 L/ac 95% (90 - 100%)
Carotte sauvage
Glyphosate (540 g/L) 1,34 L/ac 82% (49 - 100%)
Bardane
Glyphosate (540 g/L) 1,34 L/ac 90% (85 - 100%)
Trèfle rouge
Glyphosate (540 g/L)+ Distinct 0,67 L/ac + 200 g/ac 99% (96-100%)

Figure 1. Effet d'un traitement automnal au glyphosate (à gauche) le printemps, comparativement à aucun traitement (à droite).

Figure 1: Effet d'un traitement automnal au glyphosate (à gauche) le printemps, comparativement à aucun traitement (à droite).

Figure 2: Plants d'asclépiade dans du chaume de blé trois jours après un gel où les températures nocturnes sont descendues à moins 3°C.

Figure 2: Plants d'asclépiade dans du chaume de blé trois jours après un gel où les températures nocturnes sont descendues à moins 3°C.

Figure 3: Pissenlit en bon état trois jours après un épisode de gel.

Figure 3: Pissenlit en bon état trois jours après un épisode de gel.

Figure 4: Carotte sauvage en bon état trois jours après un épisode de gel.

Figure 4: Carotte sauvage en bon état trois jours après un épisode de gel.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca