Les faits concernant la cécidomyie du chou-fleur dans le canola

En Ontario, la cécidomyie du chou-fleur (Contarinia nasturtii) est apparue pour la première fois en 2003, dans du canola. Ses effets sur les rendements du canola sont variables; ils sont fortement liés à l'importance des populations de cet insecte, au moment de l'infestation par rapport au stade végétal, et au moment du traitement à l'aide d'insecticides. Dans le Nord-Est de la province, les populations extrêmement nombreuses de cécidomyies du chou-fleur ont gravement nui aux producteurs de canola; en 2014, il a même été recommandé d'éviter la culture du canola pendant 3 ans dans la région de New Liskeard pour tenter de réduire ces mêmes populations.

On doit soumettre ce ravageur à des mesures intensives de contrôle et de lutte pour protéger les cultures. Une fiche technique sur la cécidomyie du chou-fleur a récemment été mise en ligne à l'adresse http://fieldcropnews.com/2016/05/swede-midge-in-canola-infosheet/ (en anglais seulement). Ce document contient d'autres informations sur le cycle vital de cet insecte, sur l'utilisation des pièges à phéromones pour la cécidomyie du chou-fleur et sur les pratiques culturales qui peuvent contribuer à réduire les dommages qu'elle cause.

Cycle vital

En Ontario, chaque année, quatre ou cinq générations se chevauchent de la mi-mai à octobre. La première émergence d'adultes se produit au milieu ou à la fin de mai, mais tous les individus n'émergent pas en même temps. On observe 2 premières cohortes dont les pics d'émergence sont décalés de 10 à 14 jours, de la fin mai au début juin. L'émergence est déclenchée par des pluies atteignant un total de 6 mm sur une période de 7 jours. Les adultes volent mal mais ils peuvent parcourir plusieurs centaines de mètres, ou beaucoup plus s'ils sont portés par le vent. Les femelles pondent des amas de 20 à 50 œufs sur les tissus végétaux les plus jeunes et dont la croissance est la plus active, où les larves se nourrissent pendant 1 à 3 semaines selon la température. Arrivées à maturité, les larves s'enfoncent à quelques centimètres sous la surface du sol où leur pupaison dure deux semaines, puis elles émergent sous forme d'adultes. Certaines larves de chacune des 4 ou 5 générations pénètrent dans le sol où elles passent l'hiver, et certains individus (2 à 10 %) restent dans le sol en diapause pendant 2 ans, peut-être plus.

Figure 1. Cycle vital de la cécidomyie du chou-fleur

Figure 1. Cycle vital de la cécidomyie du chou-fleur. Photos : Adulte - D. K. B. Cheung; œufs, larves et pupes - L. Des Marteaux

Facteurs de risque et dommages

Les cultures de canola sont à risque si elles se trouvent dans des régions où la cécidomyie du chou-fleur a déjà été présente, ou si elles sont à proximité de cultures de canola, de choux-fleurs ou de brocoli. Les mauvaises herbes et les cultures de couverture de la famille des crucifères (moutardes, tabouret des champs, bourse-à-pasteur, radis et canola spontané) sont également des hôtes de la cécidomyie du chou-fleur, et il faut donc éviter la proximité de ces espèces. Les cultures les plus à risque sont celles qui sont mises en terre à la fin mai ou au début juin parce qu'elles seront à leurs stades les plus précoces et les plus vulnérables au moment du pic d'activité de la cécidomyie du chou-fleur. Les cultures mises en terre précocement qui montent rapidement en fleurs ne subissent généralement pas autant de dommages.

Les enzymes présents dans la salive des larves dégradent les tissus végétaux, ce qui produit une enflure et une déformation des feuilles, des pousses et des bourgeons floraux. Sur les jeunes plants, le principal point végétatif peut mourir, ce qui empêche la montée en fleurs et produit des pousses borgnes. Des racèmes secondaires peuvent se former à partir des pousses primaires détruites, ce qui retarde la maturation. Si le plant de canola a dépassé le stade de la montée en fleurs (GS 30-39 ou 2.1-2.10) avant l'infestation par la cécidomyie, les effets de celle-ci ne seront généralement pas aussi prononcés, mais les tissus de tous les bourgeons à l'aisselle des feuilles seront susceptibles d'être infestés.

Figure 2. Dommages causés par la cécidomyie du chou-fleur dans le canola à plusieurs stades de développement; (a) GS 50 ou 3.1; (b) GS 50 ou 3.2; (c) GS 51 ou 3.3

Figure 2. Dommages causés par la cécidomyie du chou-fleur dans le canola à plusieurs stades de développement; (a) GS 50 ou 3.1; (b) GS 50 ou 3.2; (c) GS 51 ou 3.3

Dépistage de la cécidomyie du chou-fleur et lutte

Lorsqu'on constate des dommages sur des plants de canola, il peut être trop tard pour lutter efficacement contre cet insecte. Comme les larves sont également très petites et difficiles à voir, la surveillance doit se faire par piégeage des adultes. Commencer le piégeage au début de mai, dès l'émergence des semis, pour pouvoir déterminer le moment de la première émergence d'adultes ou de l'atteinte des seuils d'intervention. Commencer le contrôle des pièges lorsque les plants ont une vraie feuille, et continuer jusqu'à ce que la culture atteigne la pleine floraison. Comme les populations de cécidomyie du chou-fleur peuvent atteindre rapidement les seuils d'intervention, il faut vérifier les pièges régulièrement (tous les deux jours) pour calculer le nombre d'adultes capturés par piège par jour. On peut acheter les pièges à www.solida.ca .

Lorsqu'on a capturé un total de 20 adultes depuis le début du piégeage, le seuil d'intervention est atteint et c'est le moment du premier traitement insecticide. Des traitements ultérieurs pourront être nécessaires si on capture en moyenne cinq adultes par piège par jour et si le canola en est encore aux stades de pré-floraison. Les traitements insecticides doivent être effectués aussitôt que les seuils ont été atteints.

Matador ou Silencer (matière active : lambda-cyhalothrine) et Coragen (matière active : chlorantraniliprole) sont homologués pour la lutte contre la cécidomyie du chou-fleur dans le canola. Matador et Silencer sont des pyréthroïdes, et on ne doit donc pas les épandre pendant les heures chaudes de la journée; en effet leur efficacité décroit avec l'augmentation de la température. Avec Coragen, on doit employer un surfactant. Dans les 60 jours qui suivent la mise en terre, ne pas employer Coragen sur des semences traitées avec Lumiderm ou Fortenza (également des diamides du groupe de mode d'action 28) pendant la même saison. Voir sur l'étiquette du produit les autres informations et les précautions à prendre.

Il est important d'assurer une couverture complète pour obtenir un effet optimal. L'utilisation de grands volumes d'eau (plus de 200 l/ha) et la formation de petites gouttelettes permettent une bonne couverture et la pénétration du produit dans les interstices où les larves de cécidomyie du chou-fleur se nourrissent. Dans la plupart des cas il faut plusieurs traitements espacés d'au moins sept jours.


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