Des problèmes avec votre sol?

Dégradation du sol

La dégradation du sol peut être présente dans de petites sections du champ ou affecter l'ensemble de celui-ci, et cette dégradation peut prendre de nombreuses formes. La dégradation d'un sol est un processus qui s'établit avec le temps et peut avoir de lourdes répercussions sur les rendements des cultures. Il est assez courant d'observer des signes de dégradation sur les épaulements en terrain vallonné. L'érosion liée au travail du sol est la principale cause de perte de sol arable sur les buttes et les épaulements. Dans les cas graves, le sol peut carrément disparaître de l'horizon A ou de la couche arable. Il arrive que l'horizon B et une partie de l'horizon C soient exposés aussi.

La détérioration de la structure du sol et le compactage constituent d'autres formes de dégradation du sol. Un sol dont la structure est déficiente se fragmente en grosses mottes qui font surface quand on creuse ou quand le sol est labouré. Les agrégats dans ces sols se défont au contact de l'eau et ont tendance à former une croûte. En sol compacté, une couche dense se forme dans la zone racinaire. Ces deux types de dégradation nuisent à l'infiltration d'eau, au drainage, à la circulation de l'air dans le sol ainsi qu'au développement des racines.

Sol ayant une structure déficiente.

Figure 1. Sol ayant une structure déficiente.

Une trop faible quantité de matière organique dans le sol représente une autre forme de dégradation du sol. Le manque de matière organique nuit à la capacité de rétention d'eau du sol, à sa structure, au cycle des éléments nutritifs et à la stabilité des agrégats. Par ailleurs, des teneurs en éléments nutritifs et un pH qui sont nettement inférieurs ou supérieurs aux valeurs recommandées pour une culture peuvent nuire à la productivité de cette dernière. Les carences en éléments nutritifs, tout comme les excès parfois, peuvent avoir des répercussions sur le développement de la culture, et un pH qui ne se situe pas dans la fourchette idéale peut aussi nuire à la croissance des plants et à la disponibilité des éléments nutritifs.

Aspects à vérifier

Les horizons de sol érodés, comme mentionné plus haut, s'observent habituellement dans les épaulements et les buttes bien qu'une forte érosion hydrique puisse aussi éroder les horizons de sol dans les zones du champ où l'eau s'écoule. Recherchez les sections du champ où les plants sont moins développés et où la surface du sol est plus pâle. À l'aide d'une pelle ou d'une sonde tubulaire (le type de sonde utilisé pour prélever des échantillons destinés aux analyses de sol), évaluez la profondeur de l'horizon A (couche de sol arable) sur les buttes et les épaulements.

L'horizon A est habituellement à une profondeur de 15 à 30 cm (6 à 12 po), mais celle-ci varie selon le type de sol. Comparez la profondeur de la couche arable à celle que l'on observe dans les zones non cultivées comme le long des clôtures ou des boisés, ou avec les données de la carte de sol pour vérifier la profondeur initiale de cet horizon.

On peut vérifier si la structure est déficiente en creusant le sol avec une pelle et en vérifiant si les mottes contiennent de larges pores et se fragmentent rapidement en plus petits agrégats, ou si elles demeurent en gros agrégats. On peut aussi vérifier la présence d'un horizon compacté en creusant jusqu'à 60 cm (2 pi) de profondeur et en examinant si la paroi du trou présente une couche compactée (une couche dense qui résiste à l'insertion d'une lame de couteau). On peut utiliser une tige flexible que l'on pousse lentement dans le sol pour vérifier si on rencontre plus de résistance à une certaine profondeur. Pour plus d'information sur les méthodes permettant de vérifier la présence de compactage, consultez le Guide agronomique des grandes cultures, publication 811F du MAAARO, ou le site Web du MAAARO.

Un échantillon pour analyse de sol peut aussi être utilisé pour établir la proportion de matière organique dans le sol; il faut simplement demander à ce que cette analyse soit effectuée. Un sol de couleur pâle révèle habituellement une faible proportion de matière organique. Une analyse courante de la fertilité du sol permet d'évaluer le niveau de fertilité et le pH du sol.

Méthodes pour améliorer un sol érodé

Si l'horizon A est gravement érodé sur une butte, il peut être souhaitable d'y transporter du sol. On peut ainsi rapporter du sol qui s'est accumulé dans des dépressions. Il est toutefois recommandé de consulter un spécialiste des sols pour repérer les endroits d'où l'on peut prélever du sol et pour établir les quantités à déplacer sans nuire au développement de la culture.

On peut améliorer une butte peu ou modérément érodée par un apport de matière organique sous forme de fumier, de compost, de biosolides ou d'autres matériaux organiques. Il faudra ensuite tenir compte du niveau de fertilité de la butte en question après avoir ajouté ces amendements. Une fois le sol ajouté, il vaut mieux travailler minimalement ou pas du tout cette zone afin de prévenir d'autre érosion et perte de matière organique et pour garder le sol en place.

En présence d'une pente forte ou d'autres facteurs qui rendent difficile la production de la culture, il peut être préférable de ne pas utiliser cette superficie pour une culture annuelle. On peut choisir d'y produire des cultures vivaces, des arbustes ou des arbres.

Une structure déficiente peut aussi être améliorée par l'apport de matière organique. Semer des cultures de couverture et avoir recours à des rotations culturales plus longues, surtout avec des céréales et des cultures vivaces (les racines vivantes favorisent la présence de liants biologiques qui donnent une bonne structure au sol et peuvent ameublir les horizons compactés). Éviter le travail du sol, car il détruit la structure du sol et contribue à réduire la teneur en matière organique. Les sols dont la structure est très déficiente peuvent avoir besoin d'être un peu plus travaillés les premières années jusqu'à ce que la matière organique soit incorporée et que la vie du sol reprenne. La fertilité et le pH peuvent devoir être ajustés dans le cadre de la réparation du sol.

Le compactage du sol peut aussi être amélioré par l'apport de matière organique, avec des cultures et des cultures de couverture en rotation avec des cultures à racines fibreuses et à racines pivotantes. Un travail du sol en profondeur peut aider à réduire le compactage s'il est effectué à la profondeur de la couche compactée et quand le sol est relativement sec. Pour prévenir le retour du compactage, éviter les pratiques qui l'ont causé au départ.

On peut ajouter des amendements organiques aux sols dont la teneur en matière organique est faible, par l'apport de fumier, de compost, de biosolides et d'autres matériaux organiques. Surveiller bien la teneur en matière sèche des amendements, car si cette dernière est élevée on obtiendra plus de matière organique par unité de matériau. Vérifier aussi le contenu en éléments nutritifs des matériaux ajoutés afin de ne pas causer de surplus. La teneur en matière organique prend un certain temps avant d'augmenter, selon les pratiques de gestion du sol et les taux d'application de la matière organique. Améliorer les rotations culturales, réduire le travail du sol et poursuivre les épandages de matière organique en vue de maintenir le niveau de matière organique une fois qu'il a été amélioré.

La teneur en éléments nutritifs et le pH peuvent être corrigés avec des engrais commerciaux, des amendements organiques et de la chaux.

Quelques changements peuvent suffire pour corriger ou améliorer les problèmes du sol. Il est cependant important de tenir compte de tout le système cultural au moment d'apporter des changements. Plus on aura recours à des pratiques d'amélioration du sol, plus les améliorations se concrétiseront rapidement et efficacement.

Les racines vivantes améliorent la structure du sol.

Figure 2. Les racines vivantes améliorent la structure du sol.


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